Donc...
Niveau consistance et couleur, la neige peut être très variable.
La consistance, elle, varie principalement avec les conditions météo des jours voire semaines précédents. Quand elle tombe, elle est généralement toute légère, avec des flocons en forme d'étoile s'enchevêtrant entre eux. Une sorte de feutre hyper léger, quoi...
Après l'action du soleil, la neige transforme, devient plus "pâteuse" (désolé je ne parle que d'expérience de terrain, pas comme un livre

). Plus lourde et cohérente, quoi. La super neige pour se faire des batailles de boules !
Le soir arrive, le froid de la nuit regèle le tout. Et paf une croute se forme, plus ou mons épaisse. Rejour, refonte. Renuit, regel. Etc. etc. ... On arrive finalement à de la neige "transformée", plus cohérente, avec des grains plus gros (je ne parle pas forcement du "gros sel", qui est une m*rde pas possible niveau avalanche, en se comportant comme un tapis de billes sur lequel le manteau neigeux peut glisser grâce à Newton).
Souvent cette neige bien transformée devient assez dure pour supporter le poids d’un mec en groles, sans raquettes ni skis. Cas typique de la neige de printemps en moyenne montagne, ou même d’été en Haute-Montagne. Crampons indispensables si y’a de la pente. Au cours de la journée elle ramollit en surface, devenant un délice pour le skieur de rando qui a su se lever tôt pour profiter du moment où, après un casse-croûte au sommet, le soleil lui adouci la descente juste comme il faut, avant que ça ne devienne trop mou et lourd à skier.
Niveau
couleur, la neige peut être, comme chacun sait, transportée par le vent. Hors, en se baladant, portée par la douce bise ou chahutée par la tempête, elle se charge de plus ou moins d’impuretés. Celles de l’atmosphère, par exemple, mais aussi celles rencontrées au contact des rochers, de la végétation…Elle prend des couleurs… Enfin surtout une petite nuance de gris. Celle neige transportée par le vent a tendance, naturellement, à se déposer à l’abris (on dit « sous le vent » ) des reliefs. Combes, creux, traces d’animaux. Où elle tranchera, de par sa grise mine, avec la neige environnante.
L’astuce, en voyant cette neige grisonnante (enfin elle reste quand même bien blanche, hein, il s’agit de nuances …), est de se douter du danger causé par le dépôt de neige plus ou moins épais, dont la cohésion avec la couche inférieure risque d’être assez faible. Bref, de suspecter un risque accru d’avalanche, dans le cas d’une combe, par exemple.
Ca me fait penser à une balade que j’ai faite dimanche dernier, où il a plu jusqu’à une altitude assez élevée. Avec ma Douce, qui aime comme moi observer les animaux se baladant dans notre « jardin », on est partis sous le crachin en fin de journée. La neige, à 1100 m d’altitude, était gorgée d’eau, on enfonçait comme pas possible (voir le récit du courageux Kai…). Dans un pré au dessus de chez nous, on a été attirés par une trace bizarre. Une trace de renard, qui dépassait de 3-4 cm de la surface de la neige environnante, toute grise et surmontée de débris végétaux. Dommage, je n’avais pas mon appareil photo, et de toute manière il n’y avait pas assez de lumière… En fait, ce qui s’est passé, c’est que le renard a dû faire sa trace une semaine auparavant dans la neige encore assez fraîche, et donc tasser cette dernière. Ce faisant, il l’a rendue plus résistante aux infiltrations d’eau, plus dure, quoi. Quelques jours après, on a eu pas mal de vent. De la neige a volé, ratissant les arbres, faisant tomber des aiguilles d’épicéa. La neige plus grise et plus dure car trimballée par le vent, les aiguilles et autres débris, se sont accumulés au fond de la trace. Arrive la pluie… Qui fait fondre et se tasser le manteau neigeux, sauf, bien entendu la neige accumulée dans la trace, qui s’est donc retrouvée au-dessus du lot, surmontée de son chapeau de débris végétaux. Très joli, et rarement vu (en ce qui me concerne).
J’ai failli oublier le cas des ponts de neige sur glacier, où la neige peut être plus foncée que la neige environnante, tout simplement de par la transparence. On peut également constater un léger enfoncement sur les zones de crevasse. Mais là je parle plutôt « littérature alpine », j’ai jamais trop eu l’occasion de le constater de moi même. Ca doit vraiment être très léger, difficile à voir pour les non initiés, et ce selon les périodes.
J’ai répondu à ta question, Miss Chester ?
Sylvain.