Beillon, je me permets cette réflexion par rapport à ta demande.
Je crois que ce que tu demandes n'est ni possible, ni utile si c'était possible.
Le matos change constamment, selon les personnes, l'environnement, la météo, la saison, le but... En faire une liste exaustive, avec évaluation et commentaires en plus, ce n'est pas colossal, c'est infini! J'ai essayé, pour ma petite personne uniquement, de me faire des checklists : pour une journée, pour une nuit, pour une semaine, un mois... à pied, en canot, en voiture... L'hiver, l'été et les innombrables entre deux saisons... J'ai renoncé.
Mais SURTOUT, le matos n'est rien sans l'expérience. En ce sens qu'il faut l'expérience, la pratique, pour utiliser un certain matos (ne compte pas uniquement sur le firesteel pour te faire un feu si tu n'as jamais essayé), et que l'expérience dicte le matos que tu utiliseras. Ça ne veut pas dire que ton matos sera plus ou moins sophistiqué ou épuré selon ton expérience, ça veut dire que tu vas utiliser le matos dont TU as besoin, qui TE convient. Par exemple, je fais du canot-camping en solitaire, en lacs, sans portages. J’ai de la place en masse pour du matériel. J’utilise donc mon vieux sac de couchage qui doit bien avoir 30 ans, doublé d’une simple couverture en polar. Ça prend la moitié de mon sac à dos, mais ça me convient très bien. En revanche, comme je suis seule et dans des endroits reculés, la sécurité est LA priorité : double redondance pour ce qui est de faire du feu, des premiers soins et des moyens de communication d’urgence.
L’expérience, en plus de se vivre de première main, ça se partage aussi, j’en conviens, et c’est sans doute ça que tu visais avec une telle demande. Mais l’expérience partagée va au-delà d’une liste commentée. À mon avis, la meilleure manière de profiter de l’expérience des « experts » concernant leur matos, c’est de lire des récits. En ce sens, d’ailleurs, ceux des « non vedettes » peuvent être tout aussi instructifs. Tu lis un compte-rendu d’une sortie, tu vois quel matériel a été utilisé, et comment. Tu t’imagines à la place du narrateur, tu t’interroges, tu te demandes si ça te conviendrait ou non, et souvent, ta conclusion peut être contraire à celle du narrateur, parce que tu es une personne différente, avec des besoins et une expérience différents. Puis, tu décides de faire des essais sur le terrain, dans diverses conditions, et encore là, tes conclusions peuvent être différentes, parce qu’on n’évalue pas toujours bien nos propres besoins et nos propres habiletés.
Voilà. J’espère t’avoir aidé dans ta réflexion.