Je viens de recevoir ça de mon fréro, il l'a écrit en trois heures dans un train et voulait partager ses humeurs. Il ne va que sur ses 25 ans mais il a beaucoup voyagé, pour plein de raisons, et ça a toujours été du voyage, rarement du tourisme. Sans dec il a été en voyage permanent pendant des années.
13 mai 2010
En train vers Cologne
La Quête
La vie est une fée avec moi,
J'la remercie déjà maint'nant,
Pour tout l'amour et toute la joie,
Qu'elle m'a offerts au fil du temps.
Au-delà d'un toit et d'un repas,
De la chaleur d'un foyer,
De deux jambes et de deux bras,
Et d'une excellente santé,
Au-delà de la chance à l'école,
De l'amour d'une famille,
Des amitiés les plus folles,
De bons moments avec les filles,
Au-delà de toutes ces choses,
Qui manquent à tant d'gens,
Qui font qu'mon monde est rose,
Éclatant tel un diamant,
Je dois à cette vie des voyages,
Des découvertes en pagaille,
Qui m'ont rendu un peu plus sage.
Tel un aveugle lisant du braille,
J'ai appris à mieux voir,
Appris à connaître et écouter,
Éclairer dans le noir
Dont jusque-là j'm'entourait.
Pour beaucoup il est dev'nu facile,
De parcourir la Terre,
On va d'hémisphère en hémisphère,
Comme jadis on allait de ville en ville.
Mes voyages ne sont pas exceptionnels,
Juste une somme d'histoires personnelles,
Parfois partagées, souvent solitaires,
Elles m'ont bâti comme autant de pierres.
Avec le temps, les paroles et les images
Mûrissent pour me transmettre un message,
Je réfléchis, j'analyse et je transpose,
L'étranger à mon quotidien si rose.
Comme le dit si bien Yoda,
Chaque chose est une leçon, il faut
Juste comprendre les mots qu'elle a,
Pour te faire passer son credo.
Voici donc sous vos yeux ébahis,
Un simple moment de partage,
Un instant où je vous dis,
Ce que m'ont apporté ces voyages.
Mes voyages je les ai faits c'est tout con,
Car j'croyais qu'ailleurs c'était mieux
Ailleurs, juste ailleurs, mon vieux,
Un besoin irrationnel d'évasion
L'ego un peu gros pour l'baluchon,
Je m'suis pris des claques pour de bon,
J'ai découvert les êtres humains,
Et c'que j'ai vu m'a fait du bien.
Des gens qui parlent, des gens qui luttent,
Des gens qui glandent, des gens qui règnent,
Des gens qui bossent, des gens qui buttent,
Des gens qui s'aiment, des gens qui saignent.
Des gens des montagnes ou des plaines,
Des gens tout pâles ou noirs comme l'ébène,
Paysans du cru ou citadins pur jus,
Fervents chrétiens ou bouddhistes convaincus.
Le monde est plein d'êtres humains,
Dont les vies n'ont rien en commun,
J'ai vu la faim et l'abondance,
La détermination et la malchance.
Abdoulaye part vendre ses sacs colorés,
Avec pour seul espoir celui de manger,
Respirant la joie de vivre, et le rire,
Le visage éclairé par un sourire.
J'ai vu des étudiants américains,
Venir se saouler en Europe,
Venus changer d'air et de train,
Un verre à la main, à la bouche une clope.
Il y a aussi la famiglia dall'amico mio,
L'Italie profonde, les bras grands ouverts,
Chaleureux et rigolos,
Ils m'ont accueillis comme un frère.
Au Népal j'ai rencontré BB Basneth,
Un vieux paysan qui m'parlait tout net,
De la communauté qu'il dirigeait,
A moi l'étranger venu étudier.
Il m'a présenté ses copains, des paysans
Dont les champs maintenant,
Ne peuvent plus nourrir les p'tits,
Et qui luttent pour remplir un bol de riz.
Il y a cette vieille dame de Pabré,
Et cet improbable à Pachaco,
Norbu Wangdi le joyau,
Et le Larlé Naaba Tigré,
Il y a ceux qui sont devenus
De vrai amis à mes yeux,
Et les gens de passage, un peu
Comme une illusion perdue.
Je ne peux pas tous les citer,
Je ne veux pas tous les citer,
Rester dans le vague ça permet,
De laisser la liste se rallonger.
Tous ces gens m'ont enrichi,
De la paix qu'ils m'ont apportée,
De l'Estonie à Ouagadougou,
De Pampelune à Kathmandu.
Ma morale à moi, mon apprentissage,
Est tout simple et tout net, un petit message
Désolé s'il te déçoit mais pour moi,
C'est le plus beau qui soit.
C'que j'en retire malgré toutes nos différences,
C'est qu'dans la vie on n'a qu'un but,
Tous le même malgré les apparences,
Celui d'être bien, tout juste.
Chacun l'exprime à sa façon,
On est marqués par notr' culture,
Mais aussi par notre condition,
Ou encore par la nature.
On a tous un côté pile
Un côté face,
Celui qui est tranquille,
Et celui qui crie « tu t'casses! »
Chacun cultive son jardin,
C'est normal on veut y être bien
Mais sous ces multiples aspects,
On est tous les mêmes, c'est ça l'secret.
Je sais pas si tu m' comprends bien,
Si j'arrive à faire passer,
Un message qui m'a marqué,
A un âge où on cherche un chemin.
La suite logique de ce message d'espoir,
Est plus triste et plus noire,
C'est la question éternelle
Pourquoi toutes ces querelles ?
Arrête-toi une seconde, range ton ego,
Écoute ton voisin même s'il fait le beau,
Et marchez dans le même sens,
C'est ça le salut je pense.
C'est pas instinctif, peut-être même artificiel,
Mais les lois de la jungle c'est pas pour nous,
C'est l'écoute et le partage qui mis bout à bout,
Donneront à tous ce qu'ils désirent plus que l'ciel.
J'avais une quête vers un but indéfini,
Elle s'est terminée le jour où j'ai compris
Que le but est là, c'est pas une ligne d'arrivée,
Mais au fond le bonheur, c'est tout le trajet !