Salut,
L’intérêt de la méthode de la vidéo ( et de ses cousins et cousines, y compris le tampon longuement débattu au dessus ) est très discutable d'un point de vue purement théorique ( je parle de discussions entre professionnels formés ). D'un point de vue pratique, au niveau des premiers secours, en France, il est clair que ça n'a pas grand intérêt.
Les plaies par arme blanche ne sont pas si fréquemment que ça des cataclysme hémorragiques ( et quand elles le sont, un tampon fera rarement la différence ). En premier lieu, les méthodes classiques d'interruption de saignement sont généralement efficaces. Compression directe, pansement compressif etc...
En cas d'hémorragie tenace résistante à la compression, on peut tout simplement avoir recours au garrot. Oui, ce geste n'est pas tout le temps bon à jeter même si on fait beaucoup de prévention contre son usage abusif, les retours de la guerre en Irak nous ont appris que le garrot était en situation de combat ( qui s'applique aussi à une situation civile avec une attente longue des secours ou un délai prévisible long avant le transport à l’hôpital ) un bon moyen de dernier recours. Sa capacité à stopper l'hémorragie est excellente, et ça permet de retarder suffisamment le délai pour que les soins spécialisés / le transport se mettent en route derrière.
Le bourrage d'une plaie traumatique par divers matériels ( notamment un tampon, manquant cruellement d’asepsie et qui va permettre une inoculation profonde de germes ) n'est pas forcément une bonne idée, a fortiori dans les traumatismes thoraciques ( plaies potentiellement soufflantes ). Pour ce qui est des autres localisations:
A l'instruction TCCC, c'est enseigné pour les hémorragies se situant là où un CAT ou un compressif sont impossible, à l'aine par exemple
Une aine est tout à fait comprimable, même si c'est une situation d'attente peu confortable...
Pour rappel, les pansements hémostatiques ( poudre ou compresse ) sont toujours en cours d'évaluation dans le domaine militaire en France, et ne sont pas utilisés en pratique civile.
Enfin derniers rappels:
- Ne retirez jamais une arme blanche toujours plantée dans son point d'entrée, ne la triturez pas non plus.
- Appelez le 15 tout de suite. Quelque soient vos mesures d'attente, c'est l'intervention du SMUR puis le transfert en chirurgie qui vous sauvera en cas d'hémorragie grave... d'autant que lorsqu'elles sont effectivement grave, ce sont très souvent des hémorragies internes, et là tous les garrots et tampons / poudres hémostatiques du monde ne pourront pas grand chose pour vous.