Nous disons la même chose : il faut la technique, et il faut le sang-froid ...
Pour moi, ce n'est pas évident pour deux personnes peu aguéries.
En général, on peut supposer que la demoiselle ne l'est pas du tout, que c'est la crise de confiance, si pas la crise de nerfs.
Cela se passera à la nuit tombante, voire à la nuit tombée parce que, aussi longtemps qu'il aura fait clair, ils auront bougé, dans l'espoir de retrouver leur chemin ...
Bien de la chance déjà s'il y a une frontale pour deux ...
Très difficile, dans ces circonstances, de bien prendre le temps qu'il faut ... La pression est là, pour allumer le feu le plus vite possible ... Hors, un feu avec du bois gelé, cela prend du temps.
Choisir un bon emplacement pour le feu et le bivouac.
Tendre le plaid correctement "en protection" , construire une plateforme pour isoler le feu du sol, trouver du bois mort, non pourri, pas trop mouillé ...
Faut plus qu'un canif pour débiter du bois suffisemment épais, à l'intérieur duquel on a des chances de trouver un coeur sec ...
Dans ce coeur sec, débiter beaucoup, vraiment beaucoup de fines "allumettes". Des courtes, des longues, des très longues ...
Beaucoup, vraiment beaucoup d'allumettes de plus en plus épaisses, avant d'arriver aux éclats de buchettes.
Toujours enlever l'écorce, bourrée d'humidité et toujours fendre les branches en quartiers ...
Avoir une première grosse réserve de bois "préparé" avant de penser à allumer ...
Une heure, deux?
Continuer encore et encore à augmenter cette réserve, à réalimenter le feu sans l'étouffer, à souffler s'il faiblit ...
Deux heures avant d'avoir une bonne réserve de braises ...
Réajuster la hauteur du plaid-tarp en fonction de la hauteur des flammes ...
Tout cela dans un vent chargé de pluie glacée ou de neige fondante ...
Ok, il sera à peine sept heures du soir ... et la nuit sera longue!
A partir de là, cependant la magie du feu fera son oeuvre ...
La demoiselle mouillée et frigorifiée sera un peu calmée et partiellement réchauffée.
Il faudra encore au moins une heure ou deux de collecte de bois pour assurer une provision suffisante pour la nuit.
Peut-être, si on a encore de l'énergie, fabriquer un réflecteur avec ce que l'on trouve ... Une CS, ce serait merveilleux!
Collecter de quoi s'isoler au mieux du sol et puis essayer de passer une nuit pas trop dure ... en espérant que la journée du lendemain permette de se tirer d'affaire (ce n'est pas gagné d'avance, si vraiment la météo est pourrie et le coin délicat ...)
Pour réussir cela "à l'improviste", il faut vraiment qu'au moins un des deux ait un sérieux background et soit moralement solide.
Maintenant, si on a affaire à deux mecs bien entraînés et forts dans leur tête ... bah, ceux là ne seront pas paumés.
Ils ne seront pas vraiment en perdition ... La décision de bivouaquer dans la tempète autour d'un feu sera un choix de prudence, et ne représentera pas une situation de survie ... Ceux là effectivement seront efficaces dans la construction de leur feu. Vraisemblablement, ils ne seront pas non plus sans un minimum d'équipement.