Pour pouvoir exploiter en pratique ce système sur le terrain : est-il possible de pratiquer le "bouche à nez" (par exemple) pour réchauffer l'hypothermique?
Concrètement, si on a une personne assez hypothermique pour qu'elle ne réagisse pas quand on lui souffle dans les bronches (troubles de la conscience ou inconscience), bien souvent il vaut mieux NE PAS tenter de la réchauffer sur le terrain : c'est une urgence vitale et des complications (notamment des arythmies, fibrillations et arrêts cardiaques) lors du réchauffement seront à prévoir...
L'hypothermie, sur le terrain, c'est le truc où VRAIMENT il vaut mieux prévenir que guérir.
Si la personne est juste en hypothermie légère (entre 34,5 et 35 à la louche), elle peut normalement se réchauffer toute seule si on la place dans un environnement neutre. A partir du moment où elle ne peut plus se réchauffer toute seule, on rentre dans la zone où ça sera risqué de le faire à sa place sans une équipe de réa. Bref, dans le doute -- et là les spécialistes me corrigeront

-- moi je serais plutôt du genre à distinguer deux cas de figure :
1) la personne a très froid, mais elle est consciente et relativement réactive (plus ou moins amorphe ou épuisée, mais pas incohérente on désorientée) : la placer dans un environnement neutre, ou l'isoler vraiment beaucoup (2-3 duvets, etc.), pour qu'elle se réchauffe d'elle-même... on peut éventuellement l'aider un peu avec des bouillottes mais elle s'en sortira sans.
2) la personne commence à s'enfoncer vraiment dans l'hypothermie (troubles de la conscience, rythme cardiaque ralenti), ou est carrément en coma hypothermique : c'est au-dessus de nos compétences, il lui faut une équipe de réa... là j'appelle la cavalerie. Je stabilise au mieux en l'isolant, MAIS JE NE LA RECHAUFFE PAS (pas d'apport de chaleur) et JE NE LA REMUE PAS : on doit absolument éviter que la masse sanguine de la périphérie ne soit poussée vers le noyau et les organes nobles.
Il reste le cas extrême où les secours ne sont pas et ne seront pas accessibles. Là, la règle est de réchauffer la personne LENTEMENT (1° par heure) et seulement au centre de la masse. La périphérie se réchauffera progressivement toute seule. Donc apports de chaleur uniquement au niveau du centre masse... mais il ne faut pas trop rêver... sans une équipe de spécialistes équipés, les chances de survie d'une personne en coma hypothermique sont infimes

Mieux vaut prévenir que guérir. Vraiment.
David