Disons que je fréquente ce forum parce qu'effectivement, j'ai envie de vie autonome/sauvage, mais plus sur la mer comme j'ai déjà fait. Plus globalement, il me semble que le "tout pétrole" et la centralisation de la distribution posent plusieurs problèmes, en bref, coût et vulnérabilité des infrastructures, incertitudes diverses quant à l'approvisionnement, pollutions, etc.
Je n'ai pas essayé ces solutions, essentiellement pour cause de "35 m² en centre-ville" où je ne peux pas construire de gros tas de compost !

Les avantages que je vois dans ces systèmes sont :
-relative facilité de mise en oeuvre. Dans les trois cas, c'est surtout de la chaudronnerie... Et de l'huile de coude. Financièrement, c'est très accessible.
-disponibilité des "carburants". De la biomasse essentiellement, c'est-à-dire du bois, des résidus agricoles/forestiers ou ménagers, voire dans le cas de la pyrolyse, des vieux pneus ou des bouteilles en plastique. C'est en fin de compte aussi de la biomasse, d'ailleurs, puisque ça vient du pétrole.
-adaptabilité. C'est-à-dire qu'on peut adapter des moteurs de bagnole, des cuisinières, des poêles et des lampes à pétrole (pour la pyrolyse) pour utiliser ces sources d'énergie.
-"zéro émission", en fait zéro émission de gaz carbonique
fossile, sauf si on pyrolyse les vieux pneus, bien sûr.
Voila pour les avantage, et maintenant les inconvénients :
Les gaz produits par le gazogène sont le méthane, l'hydrogène et le très toxique monoxyde de carbone, ce qui impose de prendre des précautions : installer le système loin de l'habitation, faire très attention quand on recharge et quand on éteint. Tous ces gaz sont inflammables aussi il faut prendre des précautions pour ça aussi.
Le système Jean Pain demande de la place, et les gaz produits sont : méthane, dioxyde de carbone et sulfure d'hydrogène, toxique et corrosif. Il faut des appareils résistant à cette corrosion car "désulfuriser" le gaz produit est assez compliqué (mais le taux de sulfure d'H dépend de la biomasse fermenté) ; et le méthane est difficile à stocker, or la production est continue, ce qui signifie qu'on doit parfois en brûler en torchère... Gâchis.
Et pour une distillation, il faut de la chaleur, ce qui implique de brûler du carburant pour en produire. Ce qui peut être un inconvénient si on n'a pas un gros tas de bois sous la main. Cependant une partie des gaz produits n'est pas condensable aussi on peut les utiliser pour alimenter la pyrolyse. De plus suivant la nature du matériau traité, l'huile de pyrolyse obtenue peut être corrosive, et de plus elle sera mélangé avec de l'eau et il faudra l'en séparer.
Tout cela ne sort pas du carton d'un fabricant et encore moins du chapeau d'un magicien. Il faut des essais, des erreurs, du temps et des investissement, et encore de la manutention de tas de bois, etc.
Le temps me manque aujourd'hui, mais j'ai rassemblé un peu de doc sur la méthanisation et le gazogène, que je peux partager via MP par exemple. En revanche je n'ai pas grand-chose sur la pyrolyse ; par contre en farfouillant j'ai cru comprendre que cette dernière technique intéressait le gouvernement français, ce qui me paraît un indice de sa validité.
Dans un prochain message je posterai quelques liens, mais là je dois filer.
Ascanio