Salut, les Amis! Comme ça fait rêver, voir les meutes de loups au Canada...
En attendant, avec Bleunienn, nous sommes allées en forêt de Mayenne mettre en pratique ce que nous avions retenu du bivouac. C'est une forêt immense et majestueuse, et l'automne lui va bien. Plus de champignons, hélas, mais des châtaignes en quantité. L'installation des hamacs ne nous pas pris longtemps, pas assez longtemps, à vrai dire... Nous avions de quoi les attacher entre les arbres, mais pas de cordage pour fixer les quatre attaches du toit à la terre. Ce détail nous avait semblé négligeable par ce beau temps. Grave erreur !
Bref, le feu de bois allumé dans un trou à l'aide du fire-steel, le repas préparé, nous nous sommes promis d'emporter la prochaine fois de quoi confectionner une bûche suédoise, pour réchauffer et sécuriser nos nuits à la belle étoile. Le couteau et la lampe frontale que m'a offert Régis m'ont été d'une grande utilité toute la soirée. Merci, mon ami.
Voilà venue l'heure du coucher... Nous rejoignons chacune notre hamac, suspendus à quelques mètres l'un de l'autre, avec nos chiens sous le bras. Moi, je passe déjà un certain temps à expliquer à ma chienne, Unan, qu'elle doit s'accrocher en haut du tapis de sol posé au fond du hamac, pour ne pas tomber quand je provoque du tangage en m'asseyant. J'entends Bleunienn qui rigole, là-bas, dans l'obscurité. Je suppose qu'elle fait comme moi, la leçon à son chien. Ce n'est que quand je distingue : "Dépèche-toi, j'ai VRAIMENT besoin de toi.", que j'accours. Dans le faisceau de la lampe frontale, il y a un tas de toile, à quelques centimètres du sol, secoué de rire, dont dépassent deux jambes qui s'agitent vaguement, impuissantes à retrouver la terre ferme, coincées dans la fermeture éclair. La délivrance est rapide, ce sont les élastiques du toit qui ont lâché, il faut juste dénouer les arrimages de la couche. Donc, Bleunienn et Bosco se replient dans le camion.
Moi, je retourne à mon coin de forêt, bien décidée à passer cette nuit en osmose avec la nature. Enfin allongée, je refléchis à un tapis de sol qui ne glisserait pas. Là, entre la matière du hamac, celle du tapis et celle du sac de couchage, il y a incompatibilité, c'est une patinoire à trois étages. Bon, je bouge le moins possible. Unan se détend et descend contre mon épaule. On écoute la vie qui rôde autour de nous, c'est inquiétant et délicieux. Il fait un peu frais, mais je suis restée habillée. On verra au petit matin si mon équipement est suffisant. Une étoile me fait de l'oeil à travers les feuillages, à moins que ce soit un cerf borgne. Tiens, on a raté le brâme, c'est dommage. J'ai dû m'endormir, mais combien de temps, avant qu'en bonne Gauloise, le ciel ne me tombe sur la tête?... Le hamac n'était pas stabilisé, il a tourné sur ses extrémités. Et me voilà enroulée comme une grosse papillotte entre mes deux arbres, Unan et le tapis sur la tête, la fermeture au-dessus de moi. Extirpées de là tant bien que mal, nous avons pris à notre tour, dans la nuit noire, le chemin vers ce bon Kar Kousket (la charrette à dormir, en Breton, c'est ainsi que nous avons baptisé le camion.).
Le lendemain, le réchaud fabriqué par Bleunienn avec une boîte de Coca a fonctionné très bien. Autour du café, nous avons tiré les conclusions de cette première nuit mouvementée :
- Ne pas sous-estimer l'installation du matériel.
- Tendre les hamacs autour du feu, et éventuellement, d'une bûche suédoise.
- Revoir la matière du tapis de sol.
D'autres aventures suivront, et le souvenir du bivouac de la Meldeuse aussi, c'est sûr!
Amitiés à tous, et à bientôt.
Klorenn.