P'tit préambule qui va bien :
L'auteur décline toute responsabilité dans l'utilisation bonne ou mauvaise des propos de cette contribution : ils ne sont que simples citations à titre de curiosité et de rappel de ce qui peut être trouvé dans la littérature, certains cours particuliers et très appliqués de secourisme, etc. Il incite chacun à vérifier par lui-même avant une éventuelle mise en application. En continuant à lire, vous vous engagez implicitement à n'engager aucune poursuite qui serait liée à cette contribution ni contre le contributeur, ni contre le propriétaire, ni les modérateurs et autres contributeurs du forum de David Manise, ni même contre ma soeur ou encore la société. De façon analogue, en poursuivant votre lecture, vous reconnaissez implicitement comprendre pleinement le sens de cet avertissement. Etc.
Contrairement à ce qui est trop souvent raconté, l'utilisation du garrot n'est pas toujours une aberration.
Elle est toujours dangereuse et la mise en oeuvre doit être réservée à des situations bien précises :
avant de soulever un obstacle qui comprime depuis longtemps un membre : on met alors le garrot entre la partie écrasée du membre et le tronc.
Lorsqu'on n'est pas en mesure de stopper autrement une hémorragie à un membre : par exemple en cas de multiples personnes inconscientes ou si vous avez mieux à faire que porter assistance directement (par exemple continuer votre scoubidou ou regarder la tv).
Lorsque les manoeuvres hémostatiques de point de compression local et distant ont échoué.
La certitude d'une prise en charge médicale évoluée dans la demi-heure est une circonstance facilitant la décision.
Le garrot présente deux risques majeurs : la mort et l'amputation, liés au choc endotoxinique.
Lorsqu'on met un garrot, les cellules en aval ne sont plus irriguées. Leur nécrose provoque la libération de toxines qui peuvent provoquer le décès si elles se diffusent dans l'organisme. Si l'équipe médicale ne sait pas quand un garrot a été posé, elle peut être amenée à amputer le membre pour prévenir ce choc ou si la compression a déjà provoqué des dégâts trop importants.
C'est pour éviter ce choc endotoxinique qu'on peut être amené à poser un garrot par exemple entre un arbre qui écrase une jambe et le tronc de la personne : dans ce cas il évite que les toxines libérées dans la zone écrasée par l'arbre ne soient diffusées dans le reste de l'organisme à la levée de l'arbre.
Bien utiliser un garrot :
uniquement quand il n'y a pas d'autres solutions en présence d'un risque mortel (écrasement prolongé de membre, avant de lever l'obstacle).
Uniquement sur un membre.
uniquement entre la zone lésée et le tronc de la personne.
il doit être assez large pour ne pas blesser les tissus qu'il enserre. Au besoin, interposer des épaisseurs de tissu.
il doit être serré avec modération, juste assez pour arrêter l'hémorragie. Un des moyens les plus pratiques est l'emploi d'une tige glissée dans le garrot et qu'on tourne pour faire varier la pression.
il doit rester visible en permanence : pas question de remettre des vêtements ou une couverture par dessus.
Il faut mettre sur le front ou toute autre zone très visible l'heure de pose du garrot, en heure SNCF (pour 8 heures du soir zéro minutes, mettre 20H00 et non 08H00 ...). Protéger l'inscription de l'effacement accidentel si absence de marqueur indélébile.
il faut desserrer régulièrement et progressivement le garrot avant de le serrer à nouveau. Les délais indiqués par la littérature varient de 10 à 30 minutes ...
Et hop là !