Salut Pat...
Je comprends mieux.
Les "peureux" n'ont pas plus ou moins peur que les autres, à mon avis. Ils sentent juste moins d'obligation de rester face au danger, ou alors ils n'estiment pas avoir les moyens de faire face, etc. Mais la peur ressentie est similaire, à mon avis.
Je sais pas pour toi, mais perso ça m'est arrivé maintes et maintes fois d'avoir une seule envie, me barrer, mais de rester tout de même et faire face. J'avais pas le choix, c'était mon job... ou alors j'estimais que je ne pourrais pas me regarder dans la glace le lendemain si je laissais faire et que je passais mon chemin. J'avais la trouille. Sur une échelle de 0 à 10, 0 étant le calme plat et 10 étant la panique pure, je devais parfois être à 8, 9... et honnêtement je me voyais déjà mort, le bide ouvert ou handicapé à vie.
Je pense que le comportement NORMAL dans un pareille état d'anxiété est de tout faire pour faire descendre le niveau d'anxiété... donc en s'éloignant du risque, en négociant, ou en disant qu'on a piscine. Mais à partir du moment où la fuite est impossible, ou alors que pour une raison ou une autre elle n'est plus considérée comme un bon plan, la peur perd son utilité évolutive, qui est simplement de nous éloigner du danger et de nous préserver. Et quand la peur n'est plus utile pour nous préserver, on ne la ressent plus, tout simplement. On passe à autre chose.
On a peur AVANT de se battre. Quand on est dedans, on n'a plus peur...
Mais sans rire, c'est vraiment ça que j'appelle mon "mode combat". L'instant d'avant j'étais rempli de peur et d'envie de me tirer en douce... et l'instant d'après je suis un grizzli fou-furieux qui n'a plus rien à foutre de rien et qui se déchaîne complètement. C'est un sentiment que j'adore... de sentir que je bascule de la peur vers ça. C'est comme une libération... et de fait ça en est une. Majeure. On cesse de s'accrocher à sa petite carcasse et on y va librement.
Ce qui fait un guerrier (ce que je ne prétends pas être), bien souvent, c'est la capacité de se mettre dans cet état là alors qu'ils reste une possibilité de fuite. De considérer vraiment qu'on n'a plus rien à perdre alors qu'on pourrait tout simplement se barrer, quoi. Ça implique de négliger un peu sa propre vie.
J'ai été comme ça. Maintenant que j'ai des gamins, je me préserve pour être là pour eux. Ceci dit, si quelqu'un ou une bestiole s'en prend à eux, le guerrier refait vite surface. Il est encore là.
Bon bref...
Beaucoup de blabla pour pas dire grand chose... c'est dur à expliquer clairement. J'espère avoir réussi à faire transpirer le mécanisme psycho-évolutif que j'entrevois difficilement à travers les brumes de ma connerie...
Ciao !
David