Bein, je ne sais pas trop comment prendre le post de Rafaf. C'est même pas de l'inconscience due à la jeunesse avec excès de hardiesse, quelques prises de risques, oubli de certains matériels, etc.
Là c'est encore autre autre chose presque une crise de trip mystiquo/shamanique avec déconnexion de toute forme de réalité 
En plus, tu nous demande si tu risquais vraiment gros alors que tu en as eu un apperçu avec la réaction du proprio du refuge qui lui, connait vraiment bien le coin.
Alors je ne sais pas trop comment réagir, car d'un côté tu accepte de partager un expérience qui n'est pas à ton avantage (ce qui est plutôt rare), mais de l'autre c'est tellement incroyable que c'est à se demander à quoi tu pouvais bien penser ou si tu ne cherchais pas inconsciemment à te mettre en sévère difficulté.
Hé bé... jpensais pas que j'allais me faire psychanalyser comme ça!!
Bon alors je vais me justifier, et répéter à nouveau que NON je ne fais pas la maline et que oui, j'adopte un profil bas (mais pas de là à lire certaines interprétations erronées qui me font bondir, sans réagir).
D'abord, pour ce qui est du "trip mystico/shamanique", je me marre. Ok la religion c'est pas trop à la mode, mais bon c'est pas parce que j'ai dit que j'avais prié qu'il faut en déduire que je suis mystique... Enfin, si vous me connaissiez, l'idée ne vous serait pas venue à l'esprit, mais forcément sur un forum vous ne pouvez pas deviner.
Ensuite, pourquoi est-ce que j'en ai parlé sur ce forum? Ce qui m'est arrivé ce jour-là, j'ai besoin de revenir dessus en présence de personnes expérimentées. C'est-à-dire des personnes dont je sais qu'elles ne me diront pas: "mets un chandail tu vas attraper froid", juste parce qu'il y a un peu de vent dehors. Des personnes dont je pense que si elles me disent "t'es inconsciente", c'est parce que je le suis vraiment, et non parce que ce sont des pantouflards.
Ok jme suis déjà faite engueuler par ce Jean-Jacques qui est un mec de la montagne, donc sa parole avait beaucoup de valeur à mes yeux. Mais jme suis faite engueuler, point barre. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de revenir sur cette histoire, et d'en tirer les conclusions appropriées. En vous lisant, je crois que c'est chose faite, et je vous remercie vraiment tous pour cela (merci Did notamment, 100% d'accord avec le fait que pour poser un choix il faut avoir conscience des options).
La montagne est un milieu qui m'est totalement étranger, et mon erreur a été de traverser ce milieu étranger sans me renseigner. Cependant, je puis dire en toute franchise que si
une seule personne m'avait dit, avant ou pendant mon ascension vers Roncevaux, que j'étais tarée et que ce que je faisais était dangereux, je me serais arrêtée; je ne me serais pas crue plus forte. Car, ne connaissant pas la montagne, j'aurais fait confiance aux autres et reconnu mon ignorance. Mais les 2 personnes qui ont m'ont vue (le gars à l'accueil des pèlerins, et l'employé de l'auberge) se sont simplement
étonnés, et du coup ça ne m'a pas du tout alertée. Car c'est vrai que le rythme sur ce chemin de St Jacques, c'est plutôt 20km par jour que 40, c'est plutôt auberge que belle étoile, c'est plutôt butagaz que feu. Donc si on fait différemment, on étonne, voilà tout. Et je pensais qu'il ne s'agissait que de cela.
Ensuite, est-ce que c'est honorable de ma part de parler ici de cet épisode qui n'est guère à mon avantage? Non, car c'est un forum Internet où je suis anonyme. Me faire engueuler par le Grand Manitou ou par Corin ici, jvous assure que c'est autre chose que Jean-Jacques en réel. Donc c'est tout simplement plus confortable pour moi. Cet épisode, je l'ai très peu raconté à mon retour, justement parce que ce n'est jamais agréable de parler de ses erreurs et d'exposer sa connerie.
Est-ce j'ai juste envie de montrer mon "intrépidité" en prétendant "braver la mort"? D'abord, je n'avais pas conscience de braver la mort. Ensuite, au sujet de l'"intrépidité": je hurle quand un de mes frères me fait peur dans l'escalier, je saute sur mon lit pour pas me faire attraper le pied par la sorcière qui est au-dessous, et à chaque marche de nuit que je fais mon objectif principal est de me forcer à ne pas psychoter au moindre bruit, et à réduire mon rythme cardiaque ridiculement élevé. Je suis une trouillarde, voilà la réalité, et je n'en ai même pas honte, parce que je suis comme ça et c'est tout. Alors si vous me soupçonnez de vouloir me montrer intrépide, vous avez tort. En revanche, j'ai des "qualités" dont je suis fière, et peut-être que dans mon post je les ai complaisamment mises en avant (
mea culpa); passer une nuit de m*rde sous la pluie, c'est quelque chose que j'accepte sans problème mentalement, parce que je l'ai déjà vécu, parce je suis endurante, parce que j'aime pas me plaindre. De ça je suis fière, et pourtant c'est con, car c'est comme la peur, je suis comme ça, et c'est tout. Ya pas à être fier ou avoir honte de quoi que ce soit, faut faire avec ce qu'on est et essayer de progresser.
Enfin, réfléchir à ce que j'aurais fait si aucune voiture ne s'était arrêtée: je pense vraiment que j'aurais fait demi-tour. La brume commençait à s'installer, j'avais même sorti ma frontale et mis le mode clignotant pour pas me faire écraser. J'aurais eu peur de me perdre, et je me serais dit: "bon tant pis, demi-tour". S'il n'y avait pas eu de brume, j'aurais peut-être continué, car je me serais dit qu'en forçant le pas, j'avais assez d'heures de jour devant moi pour suivre la route et arriver à Roncevaux (trempée certes). J'avoue qu'en plein mois de juillet je ne pensais pas avoir affaire à des risques d'hypothermie (d'ailleurs jconnaissais même pas le mot à ce moment-là...); c'est con de ma part, mais pour moi le froid a toujours été un problème de confort (donc un problème à pas prendre en compte, dans ma tête), et non de sécurité (enfin sauf s'il fait très très froid bien sûr). Quand j'ai marché de St Jacques à Finisterre, les 100 derniers km avant l'océan, il a plu des cordes sans s'arrêter pendant les 2 jours et demi de marche, et j'étais en tee-shirt, et parfois je grelottais, et si j'ai été tentée de prendre un bus, ce n'était pas pour me protéger de l'hypothermie, mais juste pour arrêter d'en baver. Dans mon enfance j'ai souvent campé dehors par grand froid, j'ai grelotté toutes les nuits dans mon sac de couchage pas du tout adapté (je n'ai découvert ça que plus tard! je pensais que c'était normal d'avoir froid, qu'il n'y avait rien à faire contre), je me souviens qu'il y avait des glaçons dans le jerricane, et que je ne sentais plus du tout mes pieds.
Tout cela vous expliquera peut-être pourquoi je ne me suis pas arrêtée ce jour-là...
NB: Pour la "sourde inquiétude du Wadi Rum": je suis justement en phase de préparation, en raison de mon inexpérience; chose que j'aurais dû faire avant St Jacques, ok. Je suis au courant que la zone où on va, avec ses étendues désertiques et ses fortes chaleurs, est extrêmement dangereuse, que tout va très vite (la femme d'un ami a failli mourir en Jordanie, à 10 minutes près elle y passait, pour n'avoir pas assez bu... et pourtant elle avait pas mal bu; ce récit m'a beaucoup marquée; et mon père médecin n'arrête pas de me mettre en garde, surtout lui qui a failli y passer en Afrique). J'ai "peur" de ce voyage pour ces raisons, et notamment parce que je ne serai pas seule, et que du coup j'angoisse à l'idée qu'il arrive quelque chose à mon compagnon de voyage (si je meurs toute seule au milieu du désert, d'un côté c'est mon problème; mais je m'imagine très très mal rentrer avec le cadavre de ma cousine sur les bras, et moi vivante). Alors on se prépare, voilà.