En fait plus j'observe que quand les gens parlent de changement, ils souhaitent en fait ne rien changer mais que ce soient les autres qui changent.
C'est un peu différent mais cela me fait penser au
Guépard de
Lampedusa :
le guépard à la fin du livre dit :
«Tout doit changer pour que rien ne change.»
La situation de crise agit comme un révélateur des failles, limites ou obsolescence d'un système ; comment prolonger ce qui doit évoluer ?
«Tout doit changer pour que rien ne change.»
Qu'est-ce qu'on conserve ? qu'emporte-t-on avec soi ?
Pour cette femme dont tu donnes l'exemple, ce qui doit être conservé c'est certainement l'envie de sortir et de s'amuser, de passer des bons moments, de se sentir belle et désirée, etc.
En fait cela pose plus largement le problème de la communication : personne n'a envie de changer si cela paraît contraignant, désagréable, ennuyeux, etc.
Si on dit à cette femme ne va plus à cet endroit, ne t'habille plus comme cela, ne te comporte plus comme cela, etc. - ce qu'elle comprend, elle, c'est : ne t'amuse plus, ne passe plus de bons moments, ne te sens plus belle et désirée, etc.
Dans de telles conditions, le choix est vite opéré...
On réagit tous ainsi.
Pour qu'elle soit attentive au message qu'on souhaite lui faire passer, on doit aller sur son terrain, on doit sortir et s'amuser avec elle, passer de bons moments en lui montrant que c'est possible de le faire sans se mettre ostensiblement en danger.
Ce que je voudrais souligner c'est la dynamique du truc :
Prends quelqu'un, n'importe qui, et tu lui montres qu'il ne peut pas continuer à faire ce qu'il fait (c'est le bon sens), la personne piges le truc (normal, ça tombe sous le sens) mais c'est le bad trip car elle se retrouve devant un grand vide : «alors tout est fini... fini la grosse marade, fini les virées, fini (mettez ce qui vous chante) etc.»
Pour que le changement soit validé par la personne (consciemment ou pas) il faut que le bénéfice qu'elle retirait soit conservé :
Nos habitudes sont de puissants conditionnements qui agissent en nous aliénant : c'est la logique de l'addiction. C'est un système très positif, car dans la majeure partie des cas il nous permet de survivre en suivant ce qui nous convient, en recherchant ce qui nous fait du bien ;
Mais il peut aussi agir en frein sur-puissant...
Et déclencher l'angoisse, utiliser tout un panel inconscient ou psychosomatique de tactiques pour enrayer le changement.
Ou pire, faire aimer ce qui nuit à la personne.