Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Néphropathie et herbes chinoises : prudence  (Lu 3374 fois)

29 février 2012 à 19:10:54
Lu 3374 fois

fry


Salut à tous,

J'ai choisi arbitrairement de ressusciter ce topic ( je cherchais un topic parlant de la médecine par les plantes / médecine chinoise etc ), qui traite à la fois des médecins naturelles et de prudence, afin de vous tenir au courant d'une très récente découverte du monde médical ( le couperet est tombé ces derniers jours en congrès international de Néphrologie ).

Deux maladies connues, autrefois distinctes, ont vue leurs deux appellations fusionner quand on s'est rendu compte qu'il ne s'agissait que d'une seule et même entité ( lien suspecté depuis de nombreuses années déjà, et prouvé à présent ).

Depuis de nombreuses années, une maladie portait le nom énigmatique de " Néphropathie des Balkans ", une néphrite ( atteinte du rein ) mystérieuse dont l'origine était parfaitement inconnue, et dont les causes et agents possibles étaient traqués sans relâche par les néphrologues ( spécialistes du rein ).

Qui est le responsable enfin démasqué ? Un nom barbare, l'Acide Aristolochique, que l'on retrouve plus particulièrement dans de nombreuses herbes chinoises couramment vendues et utilisées par des organismes peu contrôlés. La consommation de ces plantes entraîne une néphrite conduisant assez rapidement à une insuffisance rénale chronique nécéssitant la mise sous diaylse, mais il y a pire. En effet cet acide est aussi un cancérigène puissant, favorisant la survenue de cancers urothéliaux, au pronostic désastreux ( dans une série d'intoxication par des plantes chinoises en belgique, 45% des sujets concernés ont développé un cancer urothélial après leur mise en dialyse ).
Les médecines naturelles je n'ai rien contre bien entendu. La seule condition opposable, c'est d'avant tout ne pas nuire. Ici la question ne se pose plus. Il ne s'agit bien entendu pas de toutes les herbes chinoises, seulement celles contenant cet acide, qui sont formellement identifiées dans un lien que je copie/colle en dessous.

Je finis par la citation d'un néphrologue connu parmi les Blogueurs que nous appelleront " Kyste ", et qui date de 2008:

Citer
Il suffit d'éviter l'automédication avec des substances promettant monts et merveilles achetées sur internet ou dans des officines pas toujours recommandables. Si vous n'êtes pas malade, ne vous rendez pas insuffisant rénaux bêtement.


Voici la conférence de Nephrologie ( Kidney International, 2012 ): http://www.nature.com/ki/journal/v81/n6/full/ki2011428a.html
Voici le fichier identifiant les plantes à risque avec leur nom botanique et chinois: http://monographs.iarc.fr/ENG/Monographs/vol100A/mono100A-23.pdf

Post édité par la modération : le sujet semble mériter un fil séparé permettant une identification plus facile.
« Modifié: 29 février 2012 à 19:27:50 par Bomby »

29 février 2012 à 19:33:36
Réponse #1

Ulf


put**n de signal !

merci

Article c/c et transmis à qui de droit.

29 février 2012 à 22:44:11
Réponse #2

wash


perso , ça demande du recul ... faut pas oublier dans le medical c est du biz de plus en plus .. et ça serait tres bien pour l industrie pharmacetique que les herbes et autres infusions soient interdit .... ils ont deja voulu le faire il y a  qls temps ...
et pour suivre l actualitée medicale assez souvent ... tous les 6 mois y a une etude qui contredit l autre
bref ..... a suivre


29 février 2012 à 23:19:39
Réponse #3

Ulf


Citer
tous les 6 mois y a une étude qui contredit l autre

Certainement pas en ce qui concerne l'acide aristolochique. Invariablement, c'est un toxique et un cancérogène.

Bref, se soigner par les plantes oui MAIS à quelques conditions:
1 identifier la plante par son nom scientifique. Pour le cas cité en exemple, tout le merdier vient du fait que des gens ont consommé des plantes, non identifiées, sous appellation vernaculaire et étrangère qui plus est.
2 identifier les principes actifs connus dans cette plante et leurs concentrations moyennes... Concentrations qui peuvent fortement fluctuer d'un échantillon à un autre.
3 en parler à son pharmacien pour vérifier les interactions médicamenteuses, les effets secondaires et les contre indications des principes actifs identifiés.

Tout de suite, ça fait moins rêver.

Cordialement.

29 février 2012 à 23:21:07
Réponse #4

fry


Hélas, pas cette fois Wash.

Ce n'est pas un des gros titre de France Soir, qui pour le coup a gagné la palme du titre le plus débile, qualifiant récemment les somnifères de " tueurs en série " en se basant sur une étude américaine évoquant la possibilité d'une sur-mortalité liée à cette classe de médicaments sans la moindre preuve d'un lien direct dans sa méthodologie... c'est ce qu'on appelle le grand n'importe-quoi du journalisme pseudo-médical à spectacle. On ne dit pas qu'il n'y a pas de lien, seulement qu'avec de telles données, on a juste assez pour songer à programmer d'autres études plus orientées, sûrement pas pour retirer les somnifères de la vente.

Non, là c'est du sérieux. Les liens directs de causalité concernant la survenue de la néphrite ( et de l'insuffisance rénale qui en découle ) et des cancers urothéliaux sont établis, avec les plus hauts niveaux de preuves existants. L'étude Belge ( le premier lien, en anglais ) donne toutes ses études-références concernant la toxicité des herbes chinoises incriminées et du composant toxique isolé ( l'acide aristolochique ), elles sont toutes consultables. Ce n'est plus un débat de santé ( comme l'histoire des somnifères plus haut, largement à débattre, approfondir, et reconsidérer ), c'est désormais une connaissance acquise de la médecine.

Il n'y a aucune histoire de "Biz" là dedans tu peux me croire. Je regrette profondément toutes les histoires à grand spectacles qui éclaboussent la médecine ces temps-ci, et qui émoussent le jugement du grand public sur les véritables alertes de santé quand elles arrivent... c'est humain, à force de crier au loup on ne sursaute plus, d'autant que pour apporter un regard critique sur des publications d'un tel niveau de technicité il faut des connaissances approfondies.

01 mars 2012 à 12:48:16
Réponse #5

Nävis


Le sujet est très sérieux, et il ne s'agit pas d'une simple "attaque" contre la phytothérapie.
 
Le rappel de Fry est bienvenu, à l'occasion du congrès médical dont il fait mention. Car les produits douteux sont toujours en vente sur internet ou par des voies commerciales détournées. Ces mélanges sont souvent des préparations "pour maigrir", et cela continue à attirer des consommatrices, bien peu informées. Ces mélanges continuent de se vendre, sans que leur contenu en substances toxiques puisse être évalué par des autorités de contrôle.

Ce n’est pas quelque chose de nouveau (le sensationnel label "très récente découverte du monde médical" est un peu excessif).
Mais le fait que ce sujet soit toujours pertinent aujourd'hui indique à quel point la connaissance médicale des dangers et des risques n'est pas suffisante pour éviter que des cas se reproduisent. C’est cela qui me choque. Que le commerce puisse continuer, et passer par-dessus les barrières de contrôle.

Cela fait bien 20 ans que le sujet est étudié et fait l’objet de publications dans la littérature médicale.  
La contamination des champs de céréales des Balkans par des variétés d'Aristoloche date d'un bon moment. Ainsi que les effets dramatiques de l'intoxication chronique de l'Aristoloche sur les reins, et les cancers qui se déclarent ensuite. En Europe, l'implication de variétés d'aristoloche dans des mélanges pour maigrir venant d'Asie était dénoncée au milieu des années 90. Il y a même eu des rappels de préparations de plantes au début des années 2000.

01 mars 2012 à 13:41:07
Réponse #6

fry


Ce qui est très récent, c'est la catégorisation à un niveau de preuve maximal des liens entre les différentes pathologies, et leur rassemblement en une seule et même entité, au lieu de continuer à étudier chacun le problèmes dans son coin par des équipes différentes ne mettant pas en commun leur connaissance alors qu'ils bossent sur la même chose.
La nomenclature médicale a enfin changée et tout ça a enfin un nom et une classification dans les étiologies de néphrite. Comme précisé plus haut, la toxicité n'est effectivement pas connue d'hier, et parmi les étiologies de néphropathie des balkans, l'acide aristolochique était accusé en première mire depuis longtemps ( avec quelques autres causes soupçonnées )...

Sa non reconnaissance aux niveaux de preuve lui étant dû a contribué a sa faible médiatisation et un très large sous-diagnostic... c'est un problème de santé publique actuellement fortement méconnu, sous-diagnostiqué, et sous dépisté ( a l'époque, l'AA est qualifié par les nephrologue " d'excellent candidat " pour la maladie " mysterieuse " de la nephropathie des balkans ).
Je pense que ça va maintenant changer ( à voir comment la publi de Kidney International se répand actuellement parmi les praticiens et comment la nouvelle explose chez des médecins qui n'ont jamais entendu parler de néphropathie des balkans, alors que les cas dramatiques dont je parlais en Belgique et qui ont fait école datent de 1992... ).

Nävis a bien raison de dire que ce n'est pas nouveau, mais peut-être que cette fois ça va éveiller toutes les consciences. Chez les médecins ça a marché.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //