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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Cannibalisme  (Lu 15488 fois)

30 novembre 2006 à 19:51:41
Lu 15488 fois

kazar


"The... horror."

- Colonel Kurtz - "Apocalypse Now"



"Au XVIe siècle, on trouvait des cannibales en Amérique centrale (les Aztèques), en Amérique du Sud ( Tupinambas et Tupinikims), et jusqu'au début du XXe siècle en Afrique équatoriale ou dans les îles du Pacifique ( Fidji, etc). Pour tous, manger de la chair humaine était un acte normal.

Les Aztèques mangeaient les victimes des sacrifice au dieu du soleil. Au Moyen-Orient, les Hittites empalaient, avec toute leur famille, les chefs des villes qui se révoltaient contre leur domination, les découpaient vivants en morceaux qu'ils mettaient à cuire et distribuaient au peuple pour frapper de terreur les opposants par la cruauté du supplice. Dans Très brève relation de la destruction des Indes, Bartolomé de Las Casas rapporte que certains chefs espagnols qui s'étaient alliés avec les indigènes pour conquérir le pays, toléraient que ces indiens traînassent avec eux des prisonniers destinés à nourrir la troupe. Lorsque les campements étaient installés, une boucherie se mettait en place, et des hommes, femmes et enfants étaient abattus, découpés et vendus comme pourceaux.

André Thévet, prêtre catholique qui avait accompagné Villegagnon jusqu'à la baie de Rio, est ensuite remonté le long des côtes d'Amérique dans les possessions françaises. Après avoir trouvé des cannibales au Brésil (Tupinambas), il en a aussi trouvé en Guyane et en Floride.

Georges Clemenceau rapporte qu'à la fin du XIXe siècle, on trouvait sur les marchés d'Afrique équatoriale des individus, hommes et femmes, sur lesquels chacun marquait le morceau qu'il désirait acheter pour manger. Lorsque tout était vendu, la personne était abattue, découpée, et les morceaux distribués aux acheteurs. Il ajoute: « Quelles pouvaient être les pensées de ces noirs qui voyaient leurs frères se partager leur futur cadavre ? Sans doute pensaient-ils que la veille encore, ils en faisaient autant. » Il termine : « Si nous apportons avec la civilisation l'interdiction du cannibalisme, n'allons-nous pas les condamner à la famine ? »

Enfin, plusieurs cas de cannibalisme touchant des villages ou régions entières ont été rapportés durant les période les plus noires de la Russie soviétique. "La famine atteint des proportions terribles. Les paysans ont mangé tout ce qui pouvait servir de nourriture, chats, chiens. À l'heure actuelle, ils sont en train de déterrer les morts pour les manger(…) Selon les témoignages des membres du comité exécutif de la volost [canton], le cannibalisme dans le bourg de Lioudbimovka prend des proportions dramatiques."[

En Amérique du Nord, les Algonquins, les Hurons, les Crees et les Iroquois étaient strictement exocannibales mais ne mangeaient que ceux qui mouraient au combat.

Au Brésil, les Amérindiens Tupi, exocannibales, tuaient et mangeaient leurs prisonniers. Ceux-ci provenaient de combats avec les peuples voisins. Le prisonnier - ou la prisonnière - était conservé un certain temps dans le village avant d'être tué. Ils ne cherchaient pas à s'enfuir, et devenaient très joyeux lorsque le moment d'être mangés arrivait. Jean de Léry raconte même qu'arrivant un jour dans un village, et voyant plusieurs indiens préparés et sur le point d'être tués, il aperçut une jeune femme qu'il avait convertie au christianisme lors de passage précédent. Il s'approcha d'elle et lui proposa de prier Dieu, lui disant qu'il allait intervenir pour la sauver. La femme se mit alors à rire, déclarant que « Dieu n'y était pour rien, que c'était son tour d'être mangée, et qu'elle espérait que sa viande serait bonne ». Jean de Léry termine : « et, tout en riant, elle s'avança, fit un signe au bourreau et elle mourut ainsi ». Le rituel était immuable : le corps entièrement rasé, l'anus bouché par un bois ou des herbes pour que rien ne se perde, le condamné était maintenu par une corde serrée autour de sa poitrine. Celui qui devait le tuer tenait en main un fort gourdin emplumé, et lui déclarait qu'il allait être tué et mangé. Le prisonnier répondait alors qu'il avait tué et mangé beaucoup de ce village, et que les siens viendraient le venger et les mangeraient tous. Après quoi, d'un grand coup sur la tête, le prisonnier était tué. Les femmes s'en emparaient, raclaient la peau et versait de l'eau chaude sur le cadavre, comme l'on fait en Europe pour un cochon. Puis un homme coupait les membres, dont les femmes s'emparaient pour danser et courir autour du feu. Enfin, le tronc était ouvert et dépecé, les viscères et la tête mise dans une marmite pour les femmes et les enfants, pendant que les membres et le tronc étaient posés sur une grille en bois au-dessus du feu. Celui qui avait tué se retirait pour jeûner pendant une journée. sources : Jean de Lery, Hans Staeden, André Thevet, Charles Villeneuve, Martin Monestier. "

Source Wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropophagie


La barbarie est-elle l'état naturel de l'homme? Comment gérer la faim, la vraie faim en situation de survie dramatique?


Lien chaud (quoique parfois cru) : http://www.zalea.org/article.php3?id_article=627



Stéphen.
« Modifié: 30 novembre 2006 à 20:15:45 par kazar »

30 novembre 2006 à 20:02:42
Réponse #1

DavidManise


Salut,

La barbarie est un concept qui n'existe tout simplement pas à l'état "naturel"...  autrement dit en-dehors de toute culture. 

Dès qu'on entre dans le monde de la culture, tout devient subjectif et le qualificatif de "barbare" est simplement ton point de vue.  Du point de vue d'un amérindien, c'est "barbare" de saccager une forêt, de tuer tous les animaux et de les laisser pourrir.

What you kill you eat ;D

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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30 novembre 2006 à 20:09:48
Réponse #2

kazar


Intellectuellement je comprend trés bien ce que tu dis David, mais émotionnellement cela m'effraie.


Cannibalisme dans la préhistoire :
http://www.hominides.com/html/dossiers/cannibalisme-anthropophagie-prehistoire.html


"Cannibalisme , anthropophagie , homophagie humaine , autant de synonymes pour désigner l'habitude de manger sans répugnance de la chair humaine . Cette pratique aux motifs nombreux remonte à la nuit des temps et se retrouve à un moment ou à un autre dans toutes les parties du monde sans exceptions ,y compris l'Europe de l'Ouest .

Ce qui fit écrire à Voltaire : "Comment des hommes séparés les uns des autres par de si grandes distances ont-ils pu se réunir dans une si horrible coutume ? Faut-il alors croire qu'elle n'est pas absolument aussi opposée à la nature humaine qu'elle le parait ?"  Les dieux de nombreuses mythologies n'ont-ils pas de surcroit montré l'exemple en se dévorant entre eux ou en mangeant leurs propres enfants ?

L'époque contemporaine semble offrir une résurgence notoire de cette pratique ancestrale . Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale , partout dans le monde , on signale des cas individuels ou collectifs de cannibalisme . Les raisons sont sensiblement les mêmes que par le passé : cruauté , sauvagerie , plaisir , gourmandise , médecine , religiosité , démence , amours déviants , superstitions , nécessité vitale , etc...

Quelles que soient les motivations qui ont poussé et continuent à pousser les hommes au cannibalisme , force et de constater que chaque peuple qui s'est livré à cette pratique a eu ses "recettes gastronomiques" destinées à mettre en exergue les goûts et les saveurs particulières de la viande humaine . Sexe , âge , parties corporelles destinées à la consommation sont pris en considération . Crue , saignante ou bien cuite , rôtie ou bouillie , grasse ou maigre , la chair humaine est préparée avec soin , car les cannibales se sont toujours attachés non seulement à la préparation et à l'assaisonement mais également au service et à la présentation de leurs victuailles humaines .

Là se tient peut-être la vraie différence et la supériorité de l'homme cannibale sur la bête carnivore ...".
Source : http://shunkawakan.free.fr/cannibale.htm

Stéphen.



30 novembre 2006 à 20:15:59
Réponse #3

kazar



30 novembre 2006 à 20:26:20
Réponse #4

Diesel


Intellectuellement je comprend trés bien ce que tu dis David, mais émotionnellement cela m'effraie.
Peut-être parce que tu as besoin d'une ligne claire entre ce qui est bien ou mal.
Malheureusement le bien ou le mal est un concept et chacun le perçoit différemment. Il n'y a qu'une seul chose qui importe : son bien-être. Le reste, ce sont des barrières créées par la morale et son éducation.

Pour en revenir au cannibalisme, il ne faut pas confondre rite religieux et dernière extrémité.
Dans certains cas, manger le mort était une forme de respect pour le défunt ou la victime et les gens s'appropriaient une partie de sa force, son courage etc .... et des gens qui n'avaient rien d'autre que cette solution pour survivre.
On ne trouve pas répugnant de manger du lapin, les japonnais si (par exemple) Sommes-nous des barbares pour autant ?
A leurs yeux, oui.
Tout est relatif.

30 novembre 2006 à 20:31:31
Réponse #5

zoltan charles henderson


Salut,

La barbarie est un concept qui n'existe tout simplement pas à l'état "naturel"...  autrement dit en-dehors de toute culture. 

Dès qu'on entre dans le monde de la culture, tout devient subjectif et le qualificatif de "barbare" est simplement ton point de vue.  Du point de vue d'un amérindien, c'est "barbare" de saccager une forêt, de tuer tous les animaux et de les laisser pourrir.

What you kill you eat ;D

David

Voila, tout est dit. :up:

On est toujours le barabare d'un autre. L'histoire regorge d'exemples.

30 novembre 2006 à 20:44:55
Réponse #6

DavidManise


Intellectuellement je comprend trés bien ce que tu dis David, mais émotionnellement cela m'effraie.

C'est bien normal.

Nos émotions sont conditionnées, en bonne partie, par nos valeurs et notre vision du monde.  Et notre vision du monde est elle-même en bonne partie dictée par notre culture.  Autrement dit, pour faire simple, notre réaction émotive (joie, colère, dégoût, horreur, etc.) face à une situation est largement définie par notre culture. 

Les tabous alimentaires, par ailleurs, sont quelque chose de très puissant.  On ne les dépasse pas facilement.  Le cannibalisme est d'autant plus difficile à accepter pour un occidental qu'il viole deux tabous/interdits majeurs de la culture occidentale : tuer un autre être humain, et manger un autre être humain.

Mais il faut réaliser que tout cela est défini culturellement.  C'est, par exemple, presque aussi dégueulasse pour un musulman de manger de la viande de porc que pour toi de manger de la viande humaine.  C'est un interdit alimentaire.  Après, la différence qui reste réside dans le fait que tuer un porc n'est pas aussi chargé émotionnellement que de tuer un être humain. 

Dans notre mythologie, le cannibalisme est associé aux pires des monstruosités.  C'est pas pour rien si Hannibal Lecter est cannibale.  Tu veux décrire un truc qui fait vraiment peur, tu décris un mec qui tue et mange son prochain sans même que ses battements cardiaques ne dépassent 80 pulsations par minute.

inhumain / humain
cannibale / non-cannibale
tue de sang froid / a du mal à tuer
négation de l'autre / tenir compte de l'autre
Etc.

Ciao :)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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30 novembre 2006 à 22:14:46
Réponse #7

kazar


Peut-être parce que tu as besoin d'une ligne claire entre ce qui est bien ou mal.
Malheureusement le bien ou le mal est un concept et chacun le perçoit différemment. Il n'y a qu'une seul chose qui importe : son bien-être. Le reste, ce sont des barrières créées par la morale et son éducation.

Peut-être en effet Diesel. Je vais y réfléchir.


un mec qui tue et mange son prochain sans même que ses battements cardiaques ne dépassent 80 pulsations par minute.

Voilà ce qui m'impressionne.

Un type qui à paris est cannibale ira direct en institut psychiatrique.
Un papou de nouvelle guinée qui il y a 150 ans mangeait un homme et serait transporté à notre époque ne serait pas catégorisé comme déviant par la psychiatrie.

Relativité...

Stéphen.

01 décembre 2006 à 17:49:26
Réponse #8

promeneur4d


J'ai pensé a un truc... un peu hs peut etre  :-\

Un bébé  il tete  (nooon)  Il n'a pas de mauvaise conscience... Sa mere lui donne une partie d'elle-meme. La difference c'est peut etre qu'elle n'en meurt pas. Mais si un adulte a faim il ne pense pas a teter et il aurait une mauvaise conscience si il le faisait et il serait degouté et pourtant il a teté quand il etait jeune :salive: .
On ne comprend peut etre pas ce que je veux dire moi-non plus d'ailleurs  ;D mais j'arrive pas a expliquer  :-\
Si 86% de la population d'un pays veut pas d'OGM dans les champs et qu'ils sont plantés quand même, peut on parler de démocratie?

01 décembre 2006 à 18:54:14
Réponse #9

Persea


Promeneur,

Je crois comprendre ce que tu veux dire, mais au-delà de la tetée, il y a d'autres formes d'échange d'une partie de soi vers autrui, le lait pour nourrir le bébé, mais également :

- le don d'organe
- le don de sang

Bien sûr, la finalité de ces derniers, c'est la survie, sauver une vie, mais s'alimenter aussi non ?


un mec qui tue et mange son prochain sans même que ses battements cardiaques ne dépassent 80 pulsations par minute.

Voilà ce qui m'impressionne.

Un type qui à paris est cannibale ira direct en institut psychiatrique.
Un papou de nouvelle guinée qui il y a 150 ans mangeait un homme et serait transporté à notre époque ne serait pas catégorisé comme déviant par la psychiatrie.

Relativité...

Stéphen.

Les battements cardiaques du papou s'accélèreraient sûrement si on lui imposait une "coutume occidentale" totalement nouvelle pour lui, genre les courses à l'hypermarché du coin durant la semaine de Noël/Nouvel An (déjà que moi ça me traumatise !), ou rouler  à pleine allure sur l'autoroute...

La photo qui ouvre "le bal" du premier message, c'est bien Vorace ?
<<Si tu bois le sang de notre Terre, moi, femme jaguar de la montagne je boirai le tien...>>

texte pris lors d'une manifestation anti-pétrole a Macas (peuple Shuar, Equateur)

01 décembre 2006 à 19:34:29
Réponse #10

James


Bah la seule question que l'on pourait se poser, c'est "la viande humaine est-elle bonne ou mauvaise pour la santee ?" T'imagines le prix de la viande bio?  ::) le reste n'est que tabou culturel ou psychologique.

On pourait se demander pourquoi un ne mange pas la viande de nos morts, une fois cuite y aurait pas de risque de contagion, et c'est une source de nouriture non negligeable. Le probleme, c'est que ce corps a manger etait anime par un esprit que l'on a peut etre connu. Bien que le cannibalisme ne soit plus a la mode de nos jours, certains boudhistes n'hesitent toujours pas a decouper leur morts, et les donner a bouffer aux vautours, pour prouver qu'il ne venerent pas la chair, mais l'esprit qui l'anime.
Chacun son truc hein ?

Parait que ca a le gout du porc, me demande si on peut en faire des bons lunzu, bien fumés ?  ;D ;D ;D ;D

Scuzez moi, je ne demarre pas sur les histoires de civilisation vs barbarie, car tout est relatif !

01 décembre 2006 à 19:46:55
Réponse #11

promeneur4d



Les battements cardiaques du papou s'accélèreraient sûrement si on lui imposait une "coutume occidentale" totalement nouvelle pour lui, genre les courses à l'hypermarché du coin durant la semaine de Noël/Nouvel An (déjà que moi ça me traumatise !), ou rouler  à pleine allure sur l'autoroute...


Je dois avoir du sang Papou car moi aussi je stresse quand je suis en ville  ^-^ quoique c'est moins depuis que je suis au lycée  :crazy:


Parait que ca a le gout du porc, me demande si on peut en faire des bons lunzu, bien fumés ? 
Parait meme que certains cannibales appelaient la viande humaine ''cochon longé''  ;D
franchement ca m'etonne pas on bouffe les memes choses (des cochonneries  :D  :bheurk: )
Si 86% de la population d'un pays veut pas d'OGM dans les champs et qu'ils sont plantés quand même, peut on parler de démocratie?

04 décembre 2006 à 17:23:33
Réponse #12

kazar


La photo qui ouvre "le bal" du premier message, c'est bien Vorace ?

Oui Persea.
« Modifié: 06 décembre 2006 à 02:09:48 par kazar »

04 décembre 2006 à 17:55:52
Réponse #13

Persea



Pour ce qui est du film "Vorace", je l'ai déjà vu, il est terrible !! Dans l'histoire, si je me souviens bien, ils deviennent cannibales en s'imaginant que ça leur procurerait une certaine puissance...  C'est une idée qui revient souvent, consommer l'autre, c'est prendre sa force....

Hors Sujet (désolée, faut bien que je le place quelque part, je ne vais pas ouvrir un sujet exprès..) :
Kazar, as-tu vu ? Tu es un "Coeur Sauvage" !! Ca fait peut-être déjà un moment que tu as ce titre, mais je viens de le voir.. C'est joli, j'aime bien !

Persea, éternelle Sachem qui ne sera jamais Coeur Sauvage.... ::) :D
<<Si tu bois le sang de notre Terre, moi, femme jaguar de la montagne je boirai le tien...>>

texte pris lors d'une manifestation anti-pétrole a Macas (peuple Shuar, Equateur)

04 décembre 2006 à 18:06:55
Réponse #14

kazar


Bonjour Persea. Je n'avais pas fait attention. "Coeur Sauvage"? Qu'est-ce que cela signifie?

Stéphen.

04 décembre 2006 à 18:20:54
Réponse #15

Persea


Ce que cela signifie ? Déjà que tu as dépassé les 500 messages à mon avis, et puis "Coeur sauvage", ma foi.... ça veut bien dire ce que ça veut dire, c'est toujours mieux que d'avoir le coeur citadin.... :o

En tout cas, fais gaffe à ton coeur, des fois qu'il y a des cannibales dans les parages....  :D
<<Si tu bois le sang de notre Terre, moi, femme jaguar de la montagne je boirai le tien...>>

texte pris lors d'une manifestation anti-pétrole a Macas (peuple Shuar, Equateur)

06 décembre 2006 à 02:10:20
Réponse #16

kazar


Salut,

La barbarie est un concept qui n'existe tout simplement pas à l'état "naturel"...  autrement dit en-dehors de toute culture. 

Dès qu'on entre dans le monde de la culture, tout devient subjectif et le qualificatif de "barbare" est simplement ton point de vue.  Du point de vue d'un amérindien, c'est "barbare" de saccager une forêt, de tuer tous les animaux et de les laisser pourrir.

What you kill you eat ;D

David

David, quand tu écris "dès qu'on entre dans le monde de la culture", est-ce que tu veux dire par là qu'il est possible de "sortir" du monde de la culture? Qu'est cette forme de pensée? Est-elle simplement conscience de la subjectivité et donc de la relativité de toutes les cultures (pas seulement celle qui a conditionné et structuré notre façon de percevoir le monde)? Ce serait dans ce cas une nouvelle forme de culture cherchant à englober les autres.
Où est-ce quelque chose de plus "primitif" (sens non-péjoratif), de plus "archaïque"?

Cela me fait penser à cet extrait de Lucien Renart sur la Voie Nagualiste de Castaneda lorsqu'il écrit : "Celui qui a quitté la forme humaine a réveillé en lui l'"homme ancien", l'"homme sans pitié", l'"homme reptilien", théozoomorphe, qui est en lui, qui sommeillait en lui, attendant pour se réveiller, l'affaiblissement de l'"homme nouveau", de l'humaniste, ennemi de l'esprit.
L'"implacabilité" de l'homme "ancien", "archaïque", n'est en rien "dureté" morale et "cruauté" mentale : c'est le "lac immense et sombre de la connaissance silencieuse"; c'est 'l'ancien, l'obscur, le silencieux, qui précède la raison" (Tchouang Tseu)."



Au-delà de l'impression que je pourrais donner de me chatouiller un peu trop la quenouille, ma question est la suivante : y a t'il une "mentalité survie" qui peut se rapprocher d'une façon de "penser" ou de percevoir plus basique, plus naturelle, plus élémentaire, plus fondamentale, plus instinctive, plus essentielle, pratique, concrête, vraie?

Sorry, j'ai du mal à exprimer mon idée...

La culture, la civilisation, sont, à travers/par l'homme des expressions de la nature. Elles forment comme une "bulle" de perception dans laquelle nous somme immergés dès notre naissance. La découverte d'autres cultures, d'autres modes de pensée fait parfois éclater notre petite bulle de culture égotique que nous pensions jusque là unique (du genre la Terre est au centre de l'univers). Mais même si notre bulle de culture s'élargit à celle des autres cultures, nous évoluons toujours dans de la culture humaine. D'ailleurs en tant qu'êtres humains je ne pense pas qu'il nous soit possible de penser autrement qu'en terme de besoins et d'intérêts humains.

Dans Wikipédia il est écrit : "La culture se définit de cette manière et comme un ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l'expérimentation, qui la développent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considéré comme acquisition de l'espèce, indépendamment de son héritage instinctif, considéré comme naturel et inné. Ce mot reçoit alors des définitions différentes selon le contexte auquel on se réfère." http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture

"...indépendamment de son héritage instinctif, considéré comme naturel et inné..."


David : en plus du mode de perception offert par la Culture humaine en général (ensemble des données acquises et transmises à l'intérieur des différents groupes sociaux), existe-t'il selon toi un mode de pensée ou de perception plus basique, à l'état plus ou moins latent en chacun de nous, à redécouvrir et développer en sitituation de survie?

Stéphen.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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