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Auteur Sujet: Les SAR en France  (Lu 3297 fois)

04 avril 2008 à 13:52:44
Lu 3297 fois

Bartlett


J'ai lu l'excellent  bouquin de Cody Lundin et je voudrais savoir comment transposer la partie sur les secours en France.
Par exemple le truc de l'empreinte de chaussure sur une feuille d'aluminium est trés futé mais je ne suis pas sur que  les gendarmes francais soient habitués a rechercher des empreintes.
D'une maniére générale qui devons nous contacter si le randonneur ne donne pas de nouvelles a l'horaire prévu ?
Comment ensuite s'organisent les secours, ont t'ils un délai minimum avant de lancer une recherche ?
C'est réaliste de penser qu'on enverra un hélicoptére en recherche ? ( je ne parle pas de haute montagne mais au maxuimum du Vercors ou de la Charteuse ).
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

04 avril 2008 à 14:23:26
Réponse #1

bloodyfrog


Salut Bartlett,

Le truc de l'empreinte de pas, je pense que c'est un truc utile si tu voyages dans une zone très sauvage, sans chemins balisés...
Pour que ce soit utile, il faut aussi un spécialiste du tracking qui soit capable de la repérer, mais surtout de la lire (déterminer quel direction tu prends, depuis quand tu es passé, si blessé, etc...)

Ces deux choses (zone très nature et tracker) ben c'est pas vraiment chose courante en France et en Europe occidentale...

Si pas de nouvelles du randonneur, tu appelles en effet la gendarmerie la plus proche de la zone. Tu dois être capable de renseigner l'équipe de recherche sur son point de départ, sa destination, son itinéraire prévu, éventuellement son plan bis (si gros temps, si fatigue, etc...) le dernier contact avec cette personne (heure, lieu), son signalement (description physique mais aussi couleur de la veste, état de forme, d'esprit au moment du départ, etc...)...
Pour ça, il faut que le randonneur te donne quelques infos lui même...

Les secours s'organisent dès reception du message d'alerte. C'est souvent là dessus qu'il faut s'entendre avant de partir: à partir de quel moment doivent s'inquieter/alerter les proches.
Les moyens mobilisés dépendent de la dispo, des conditions météo, des renseignements ci dessus, etc... en fonction du risque potentiel pour la personne disparue.
Les secours français ne sont pas reconnus pour leur attentisme, en règle générale.

Manu. :)



« Modifié: 04 avril 2008 à 14:34:03 par bloodyfrog »

04 avril 2008 à 14:38:51
Réponse #2

Lynx


Salut
Bonne question. Fil a nourrir pour en sortir un wiki a mon sens.
J'ai pas bien le temps mais je prends le temps de faire une recherche fouillée mais pour avoir vécu la disparition d'un copain et se confronter a la recherche (que nous avons bouclés avant les gendarmes) je te livre un petit post fourre tout.

la démarche semble être
  - identifier qu'il y a une chance que ce soit bien une disparition accidentelle et non volontaire c'est dans cela que le temps de déclenchement des secours peut varier, d'ou lutilité d'avertir des gens ou de laisser un mot sur la table en partant par exemple.
  - rechercher des indices (lieu de destination annoncé, recherche du véhicule)
  - reconnaisance si possible (aerienne en dispo de l'hélico suivant le cas) avec chiens si possible
  - recherche par les moyens technologiques (Telephone portable en particulier si en fonction)
  
 
Pour les massifs que tu évoques, les recherches hélicos sont parfois peu utiles sous couvert forestier, sauf a faire comprendre à l'accidenté qu'on le recherche. Il existe plusieurs cas récents en Bauges et Chartreuse qui se sont tous soldés par des echecs des premiéres recherches (aeriennes, pedestres). Même un effectif nombreux n'a pas permis de trouver les victimes des accidents qui n'ont été retrouvées que plusieurs mois plus tard, décédées bien sur.

Le probléme est que ces massifs sont forestiers et trés accidentés, une victime d'une chute inconsciente pourra tout à fait être masquée a la vue des secouristes si elle est tombé dans un trou, dans une végétation dense etc. Et donc il faut beaucoup de monde pour effectuer ses recherches.

Malheureusement, les secours en montagne sont aujourd'hui fortement corporatisés et, hormis les problémes entre les corps de secours (pompiers, gendarmerie, CRS)  et a l'interieur même de ces structures (hyerarchie, procédure...) on a également écarté les société de secours en montagne bénévoles dont il existe encore des traces en haute savoie.

Pour avoir initié une réflection la dessus dans mon coin et écrit à certains politiques (naif que je suis) je me suis rendu compte que nous sommes une fois de plus bouffé par l'administratif. Responsabilités procédure droit.... bref

J'ai, pour finir eu un témoignage d'un membre du secours en montagne d'un club de haute savoie. Lors de la disparition de deux jeunes, branle bas le combat a la mairie. Pompiers, gendarmerie, sous préfet, membre du secours benevole. Grosses discution sur l'organisation de la procédure de secours, attentes d'autorisation, montées descentes de hyerarchie etc.
Bref, cela avait l'air de s'éterniser. En discutant avec la famille, des gens du secours bénévole qui connaissent leur montagne comme leur poche ont émis une hypothése assez fiable de la destination des jeunes. Bien sur, trop compliqué pour le prefet de prendre la responsabilité de les envoyer, question d'assurance, etc. Les pros n'étaient pas prêt dans la procédure, il fallait encore attendre je ne sais qui ou je ne sais quoi. Resultat, les bénévoles se sont barrés et sont montés direct là ou attendaient les jeunes.  Ils les ont ramenés a la salle des fêtes alors que les gendarmes étaient en train de voir avec les pompiers comment s'articuler entre eux...

Pour en revenir a mon pote que l'on recherchait sur plusieurs départements, nous avons déclenché des recherches via le net et la communauté grimpante, et nous avons entrepris de couvrir un maximum de départs de rando avec nos moyens perso, et c'est ce qui nous a permis de le retrouver, décédé malheureusement.
Cela a été un excellent moyen d'accélérer les recherches.

Pour un autre cas, c'est un retraité d'un club qui a retrouvé la personne disparue tombée a flanc de falaise sous un pin. Il a méthodiquement reconnu en rappel tout un flanc de montagne des jours durant jusquà retrouver la personne. Les secours sont ensuite intervenus pour relever le corps.

Bref  j'ai l'impression que  la réaction des secours pour ce genre de recherche a une géométrie assez variable.
si les secours sont trés trés efficace sur des procédures classiques (entorse sur un chemin, personne égarée) une personne qui disparait sans indice particulier peut être extrêmement difficile à retrouver dans ce genre de massifs.

Voilà désolé pas le temps de faire un truc béton, a suivre donc

Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

04 avril 2008 à 16:56:18
Réponse #3

Bartlett


Merci pour vos réponses.

Si  je devais redefinir  le but de mon fil, ce serait d'avoir une bonne connaissance des SAR pour :

1 Leur faciliter la tache par ma préparation avant randonnée (message, equipement etc..).

2 Savoir determiner sur le terrain quand je dois rester sur place en me  signalant pour les attendre, et quand je dois me sortir tout seul de la situation ou je me suis fourré, fracture ouverte ou pas. :glare:

A propos des chiens, il m'est venu une idée (probablement débile).Avoir des vetements portés par la personne a rechercher a envoyer a l'équipe cynophile sur place.
Vous me le dites si j'ai trop regardé de films hein ? :lol:
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

05 avril 2008 à 17:59:31
Réponse #4

Bartlett


J'ai trouvé un document détaillant les secours en montagne de l'isére dont les moyens (notament héliportés) semblent transferable sur la Drome et donc le Vercors.

http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/documents/dossiers_de_presse/le_secours_en_montag/downloadFile/file/Le%20secours%20en%20montagne.pdf?nocache=1183391228.24

Il semble bien qu'il n'y ait pas de structure prédéfini, un commandement est mis en place pour coordonner les moyens disponibles.
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

05 avril 2008 à 20:36:35
Réponse #5

Patrick


J'ai trouvé un document détaillant les secours en montagne de l'isére dont les moyens (notament héliportés) semblent transferable sur la Drome et donc le Vercors.

http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/documents/dossiers_de_presse/le_secours_en_montag/downloadFile/file/Le%20secours%20en%20montagne.pdf?nocache=1183391228.24

Il semble bien qu'il n'y ait pas de structure prédéfini, un commandement est mis en place pour coordonner les moyens disponibles.
Un des problèmes français est la diversité des personnels affectés aux secours. Ainsi peuvent cohabitéer par exemple des gendarmes ou des CRS (selon la zone) secouristes, des brigades de police ou de gendarmerie traditionnelles, des sapeurs pompiers, voire en renfort des militaires casernés dans les environs.

La coordination est de la responsabilité du préfet ou du sous préfet.

 


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