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Auteur Sujet: The Bystander Effect/L'Effet du témoin  (Lu 12694 fois)

24 juillet 2019 à 19:32:56
Réponse #50

Hurgoz


Yo,

Je partage pas mal ton approche, et ta mise en avant de l'humilité; je pense également que de travailler sur la prise en confiance en soi suffisante - et donc une certaine expérience - pour enclencher un processus d'action, est une condition sinequanone. (NB: processus d'action ne veut pas dire qu'on se transforme en Chuck Noris, hein! ;) ).

Là où je suis un peu plus mitigé c'est là dessus:
A l'inverse, la politesse et le vouvoiement, doublé d'un appel à l'aide et d'une verbalisation claire du problème ("Arrêtez s'il vous plait vous me faite peur, laissez moi tranquille ! à l'aide !!!") incitera beaucoup plus l'éventuel témoin en capacité de faire quelque chose, d'abord de part la clarification dans l'esprit du témoin, et éventuellement en jouant un peu sur la symbolique de la demoiselle en détresse, dans l'inconscient masculin collectif.

A lire, comme ça, tu attends une réaction bien plus complexe (garder l'esprit clair et lucide) à une victime qu'à des témoins....compliqué ;)

Après, pour ce qui est de l'inconscient masculin, c'est très dépendant du milieu dans lequel ont grandis les gens...sinon, si l'homme était tout le temps protecteur, les problèmes de harcèlement et de comportement merdiques vis à vis des femmes n'existeraient pas.

Tcho
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

24 juillet 2019 à 20:06:43
Réponse #51

Le-Jerome


Salut Hurgoz

A mon humble avis, la réaction à ce genre de situation (l'exemple de la femme harcelée), dépend en grande partie de l'éducation reçue et des comportements que l'on pratique au quotidien.
Je m'explique :
ayant travaillé en milieu éducatif (AVS en lycée) dans une classe un peu indisciplinée (mais pas du tout un public de cité, plutôt des gamins du terroir, enfants de classe moyenne provinciale), j'ai constaté la tendance de beaucoup de gamines :

- à se croire intouchables et invulnérables
- à répondre à leurs camarades de classe au moindre litige systématiquement par des "lâches moi n*que ta mère !" "c'est bon co**ard" etc, y compris par jeu, les gamines voulant adopter le parler des cailleras.
- à avoir de bonnes habitudes, comme celle de rentrer seules et beurrées à 17 ans, à pied par le centre ville à 3 heures du matin, les conditions idéales pour faire de "belles" rencontres  :(.

Si tu veux mon avis en cas de remarque assez osée d'un malotru croisé à cette occasion, il n'y a qu'un pas pour que l'intéressé se voit gratifié d'un "Vazy duc** lâches moi vas te faire f**tre..." et le reste à l'avenant, l'alcool aidant (par exemple).
Avec les possibles conséquences qu'on imagine.

Déjà une réponse polie et ferme (même si en théorie l'individu en est indigne) a plus de chance de ne pas contribuer au pire, et dans la mesure où "on combat comme on s'entraine", je pense aussi "qu'on répond comme on a l'habitude de parler"  :closedeyes:

On a fait une fois le test en cours de self, avec justement une gamine de 17 ans (se vantant elle même des comportements précités, le retour nocturne chez elle beurrée etc), mise en situation : le gars de 90 kg doit s'approcher d'elle, l'attraper, la tirer et la mettre au sol, rien de plus.
Elle n'a rien fait de ce qu'il fallait faire (malgré l'instruction préalable et les cours précédents) et s'est effectivement retrouvée parterre.

De là, la réaction intelligente devrait au moins être de se dire "voila ce qu'il risque de m'arriver si je continue mes imprudences, il faudrait peut être que je change mes mauvaises habitudes".
Mais ce n'est à mon avis pas le cas, par orgueil et paresse intellectuelle.
On ne l'a vraiment pas beaucoup revue ensuite...


Idem pour la personne incapable de courir 3 fois 25 mètres en sprint à l'échauffement (au cours de laquelle je fais jeter les gens à plat ventre pour se relever aussitôt et continuer de courir), du fait d'un surpoids (lié à une surconsommation de friandises et grignotage, ainsi que le tabac),
L'idée de ce drill/échauffement étant l'occasion d'entrainer tout simplement à la fuite sur une courte distance du genre :
une bagarre (qui ne me concerne pas) éclate par malchance au milieu de là où je me trouve, je cours 20 mètres, je trébuche en me retenant des bras et me relève, je continu de courir 25 m...
L'incapacité à suivre ce drill doit justement être une prise de conscience et une motivation pour arrêter de fumer, soigner son alimentation et compléter par un sport de remise en forme, c'est là qu'est la démarche sérieuse de SP/SD (en plus c'est bon pour la santé  :D ).
Mais la personne ne l'a pas fait, préférant tenir pour acquis son incapacité et espacer les séances de self.

Devant l'échec ou le constat du réel par eux même, dans le cadre d'un entrainement, beaucoup de gens renoncent à progresser et choisissent la facilité de l'abandon, toujours sous un prétexte fallacieux d'ailleurs.

Jérôme


« Modifié: 24 juillet 2019 à 20:16:43 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

25 juillet 2019 à 13:52:42
Réponse #52

Loriot


Pas grand chose à voir mais quand même un peu.
Arrêter de fumer, de boire de l’alcool ou de manger trop ça ne se décide pas sur un coup de tête ni sur l’idée de le faire. C’est comme la drogue!

Il s’agit de dépendance! Et c’est pas de courir 25 m se mettre à terre et courir 25 m qui va motiver quelqu’un à faire un sevrage d’une dépendance!
Pour quelqu’un qui a travaillé dans le social c’est un peu léger. (Et cela m’en conforte dans mon avis concernant certaines professions).

Sur le langage verbale je te rejoins.
La posture du corps est aussi très importante et pas assez souvent développée.
Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

25 juillet 2019 à 14:10:23
Réponse #53

gibbon_sceptique


Citer
Déjà, s'interroger sur le "bystander effect" suppose qu'on se considère soi même comme n'étant pas concerné, et qu'on agirait de toute façon, ce qui me semble déjà audacieux (je dirais même prétentieux) pour le quidam moyen, même entrainé.
Je ne vois pas la chose de la même manière.
S'interroger sur "l'effet témoin" c'est potentiellement essayer d'effectuer de la mise en situation mentale. Qu'est ce que je peux comprendre d'une situation qui me happe hors de mon quotidien, de mes préoccupations du moment ? Comment traduire ces (in)compréhension(s) en actes, et lesquels ? Bien évidemment qu'on est concerné !

Tout comme s'entrainer mentalement pour des efforts physiques, s'entrainer mentalement à divers scénarios-paramètres pour affronter une situation inconnue et chaotique ne suffit pas. Mais ça peut être un processus qui permet de grappiller des secondes sur l'indécision. Sans certitudes.


A côté de ça s'interroger sur la capacité d'action des autres acteurs présents en fonction du contexte, c'est aussi aider à modeler ses propres décisions.




Hors sujet

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De là, la réaction intelligente devrait au moins être de se dire "voila ce qu'il risque de m'arriver si je continue mes imprudences, il faudrait peut être que je change mes mauvaises habitudes".
Mais ce n'est à mon avis pas le cas, par orgueil et paresse intellectuelle.
On ne l'a vraiment pas beaucoup revue ensuite...


Citer
L'incapacité à suivre ce drill doit justement être une prise de conscience et une motivation pour arrêter de fumer, soigner son alimentation et compléter par un sport de remise en forme, c'est là qu'est la démarche sérieuse de SP/SD (en plus c'est bon pour la santé  :D ).
Mais la personne ne l'a pas fait, préférant tenir pour acquis son incapacité et espacer les séances de self.

Devant l'échec ou le constat du réel par eux même, dans le cadre d'un entrainement, beaucoup de gens renoncent à progresser et choisissent la facilité de l'abandon, toujours sous un prétexte fallacieux d'ailleurs.

Je ne crois pas que l'Homme soit un être entièrement pragmatique.
A défaut et pour supporter l'insupportable se mettent en place un certain nombre de processus (in)conscients, de conditionnements, de schémas mentaux qui permettent de se défendre - justifier. Bref vivre plus sereinement.
Sans compter la puissance du regard extérieur, du groupe.

Être mis face à ses faiblesses, remettre en cause des conditionnements - mécanismes de protections peut-être difficile à intégrer, voir simplement digéré ou même toléré. Dans le cadre d'un groupe de pairs encore plus.

Au delà de la paresse&co, arriver à passer les barrières pour provoquer une prise de conscience et des actions derrière... Subtil et délicat...
Empathie et bienveillance qu'y disaient.

27 juillet 2019 à 13:03:23
Réponse #54

Le-Jerome



A défaut et pour supporter l'insupportable se mettent en place un certain nombre de processus (in)conscients, de conditionnements, de schémas mentaux qui permettent de se défendre - justifier.

Être mis face à ses faiblesses, remettre en cause des conditionnements - mécanismes de protections peut-être difficile à intégrer, voir simplement digéré ou même toléré. Dans le cadre d'un groupe de pairs encore plus.

Au delà de la paresse&co, arriver à passer les barrières pour provoquer une prise de conscience et des actions derrière... Subtil et délicat...

C'est justement le préalable d'une formation correcte en sécu perso, qui doit aider et guider cette prise de conscience et cette remise en question des anciens schémas "rassurants" mais trompeurs, des idées fausses, des principes mortifères etc...
Mais j’admets (à regret) réellement que ce n'est pas donné à tout le monde.

@Loriot :
Il y le danger que la cigarette présente pour la santé (AVC, cardiovasculaire, cancer...) et pour le portefeuille (120€ par mois si 1 paquet tous les 2 jours), s'y ajoutent les risques liés à la surconsommation de friandises et autres cochonneries (triglycérides, surpoids), celui ressortant d'une mauvaise condition physique à l'entrainement doit servir de point de départ à une démarche de sevrage (par le fait d'une conséquence directement visible), ce ne sont pas les aides qui manquent.
Quand on veut on peut, même si c'est dur, de toute façon comme dit plus haut, une vraie démarche de sécu perso adaptée au monde d'aujourd'hui nécessite des efforts et de la difficulté, surtout au départ (oui je le maintien, je suis convaincu que les temps ont changé depuis 20 à 25 ans, et pas en bien -oh que non-dans la plupart des villes de France, par exemple).
« Modifié: 27 juillet 2019 à 13:08:26 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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