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Auteur Sujet: A propos de la perdrix / gélinotte (grouse) un oiseau de survie  (Lu 552 fois)

10 octobre 2020 à 16:05:34
Lu 552 fois

cochise


Bonjour à tous,


en guise de présentation je vous présente une petite histoire vécue  dans le Nord Canadien....

 
connaissez vous la chasse à la gélinotte, version survie ?

Ce volatile que dans le Nord du Québec on appelle parfois ‘’perdrix’’ bien qu’il n’en soit pas vraiment une.

La perdrix au sens québecois est un terme général parfois utilisé pour trois ou quatre oiseaux différents (gélinotte, tétras, lagopède..) ainsi que pour la vraie perdrix grise (hungarian partridge) importée d’Europe comme gibier de tir pour peupler les terrains devenus agricoles d’oû avaient largement disparu les espèces forestières (comme sur les Basses Terres du Saint Laurent)

Dans une trousse de survie de la wilderness nord-américaine devrait toujours figurer un petit rouleau de fil d'acier semi-rigide de 60 centimètres pour confectionner un collet au sol ainsi qu’un collet à gélinotte/grouse au bout d’une perche de fortune.

J’explique….


un début septembre dans la toundra arborée du  Nord du Quebec…

Thomas mon guide Montagnais et moi-même sommes  embarquées  depuis une dizaine jours  dans un voyage en canoe sur le bouclier Canadien

Après un chavirage, à court de nourriture  dans la cabane de chasse/pêche inoccupée depuis longtemps qui nous abrite depuis qu’un brouillard digne de Terre-Neuve s’est abattu sur le lac rendant le ravitaillement aérien impossible, il faut trouver une solution.

Après  près de 48 heures  nous sommes toujours ‘’fogged in ‘’ comme disent les anglophones. Sans nourriture autre que des bleuets, vraiment peu caloriques, du brûlé voisin, après avoir vainement tenté de rendre comestibles des petits pois secs trouvés dans un bocal de verre d’un gallon laissé là, probablement depuis des années et toujours aptes à servir de chevrotines dans un calibre 12 au terme de leur ébullition, les hameçons et le fil nylon habituellement logés dans une poche déchirée de la chemise de Thomas mon compagnon Montagnais ayant été perdus dans le chavirage...

...la faim commence à nous tirailler l’estomac.

Heureusement mon compagnon, Thomas le Montagnais a, dirait-on maintenant, un plan B !

….le plan perdrix /gélinotte

Thomas extirpe de l’autre poche, non déchirée, de sa chemise un petit rouleau de ce fil d'acier munie d’un nœud coulant pré noué, se saisit de sa hachette et s’en va confectionner une perche de 3 à 4 mètres de long à partir d’une jeune épinette. Il attache l’autre extrémité du fil au bout de la perche. De mon côté je me saisis de mon marteau-pic … et nous voila embarqués dans la toundra arborée à la chasse à la perdrix/gélinotte/grouse.

Deux hommes marchant l’un derrière l’autre foulant d’un pas souple et silencieux la blancheur neigeuse de l'épais tapis de mousse à caribous, le premier muni d’un long bâton, le second d’une sorte de marteau et en quête de nourriture… la scène ne devait pas être très différente avec des chasseurs du paléolithique. Je ne me suis jamais senti aussi proche d'eux qu'à ce moment là.
  J'ai  faim!

Il n’a pas fallu longtemps pour tomber sur une famille, la mère et quatre ou cinq juvéniles perchés dans l’épinette. Délicatement Thomas lève sa perche, passe le collet autour du cou du plus gros oiseau et donne un coup sec décapitant proprement le volatile, tête et corps tombant séparément au sol ! Les autres volatiles restent imperturbables de sorte que Thomas en cueille ainsi trois ou quatre autres, le cinquième s’étant envolé quand le marteau que je lui avais lancé l’avait frôlé… le coup passa si près que l’oiseau s’envola aurait dit VH.

Vous comprenez maintenant les différences qu’il peut y avoir entre une perdrix/gélinotte du Québec et une perdrix ''bien de chez nous''.

 En France une telle équipée nous aurait laissé, je pense, Grosjean comme devant !.

Nous avons emmené notre gibier, sans les têtes laissées au sol pour la prochaine martre. Il a bouilli dans le grand faitout de fer blanc de la cabane. Il est certes devenu comestible et nourrissant mais le précédent occupant ayant consommé tout le sel de la salière… çà n’a pas été un repas gastronomique !

         cochise

14 octobre 2020 à 01:40:31
Réponse #1

Galileo


La Gelinote c'est le Rantanplan des oiseaux, pas fut fut du tout.

I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

14 octobre 2020 à 07:37:43
Réponse #2

cochise


bonjour,


Tout à fait exact…

 Comme tu le sais, il me semble que tu vis en Alberta, p'être bien à Edmonton (héraldique) les anglophones l’appellent d’ ailleurs ‘’ fool hen’’ qu’il faut traduire par ‘’ poule idiote’’   ‘’ stupide poule’’ …. et non pas par ‘’poule du fou’’ comme dans Wikipedia en français


Definition of fool hen :  a grouse that exhibits little alertness or fear of man (Une grouse  peu méfiante et qui se laisse facilement approcher par l’homme)
« Modifié: 14 octobre 2020 à 08:41:03 par cochise »

14 octobre 2020 à 09:56:20
Réponse #3

Lovac Joca


Géologue archétypal (j'en ai un à la maison), complètement marteau de son outil fétiche, solutionnant tous les avatars de l'univers avec... quitte à en faire une arme de chasse???
Pour plus de précision la prochaine fois, cf le montage joint.

Amicalement

... et sympa les petits récits, ça fait du bien quand on est pas dehors, just go on!
quemque trahit voluptas sua

16 octobre 2020 à 06:29:27
Réponse #4

cochise



16 octobre 2020 à 08:40:35
Réponse #5

Lovac Joca


quemque trahit voluptas sua

 


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