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Auteur Sujet: Un stage de survie qui tourne mal près de Lorient...  (Lu 4251 fois)

12 août 2020 à 14:41:46
Lu 4251 fois

Bomby


Salut à tous !

Ca fait un bon moment que je ne suis pas passé par ici mais un fait divers récent survenu pas très loin de chez moi me procure l'occasion de revenir écrire (un peu) et surtout lire sur ce forum.

Certains l'ont probablement déjà vu, un stage de survie organisé près de Lorient par un ancien militaire faisant cela depuis plusieurs années vient de fort mal tourner, en raison apparemment d'une confusion (dont l'imputation semble rester discutable à ce stade entre encadrant et participants) entre une plante comestible et plante toxique, ladite plante ayant en tout cas été utilisée par les participants pour se nourrir après avoir été "cuisinée" (nous dit la presse).
Ici un article sur le sujet, dont je copie ensuite la teneur

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/morbihan-stage-de-survie-la-victime-toujours-dans-le-coma-6934816



Citer

« Quand on ne connaît pas, on n’y touche pas. » John Malardé, organisateur de stages de survie qu’il déploie deux fois par mois en terre bretonne, l’assure. « Ulysse, ce jeune de 26 ans qui a été intoxiqué, a commis une erreur en ingérant cette plante que je n’avais pas autorisée et en la cuisinant pour d’autres. Depuis les faits survenus samedi, je prends chaque jour de ses nouvelles auprès de sa famille. Aujourd’hui, son état est stabilisé. Les nouvelles sont plutôt rassurantes même s’il se trouve toujours dans le coma ».

Œnanthe safranée

Pris en charge au centre hospitalier du Scorff à Lorient, Ulysse, originaire de région parisienne, n’est pas la seule victime de l’intoxication . « Ils sont huit au total à avoir ingéré cette ciguë », poursuit John Malardé. Il s’agit précisément d’« œnanthe safranée, une plante de même famille que la ciguë dont la consommation peut être mortelle même à faible dose », note le Parquet de Lorient, dans un communiqué, publié ce mardi 11 août 2020, dans la soirée.

Pronostic vital engagé

Ces participants, dont un enfant, ont été conduits pour la poursuite des soins au centre hospitalier de Lorient. « Si sept personnes étaient sortantes du centre hospitalier dès le lendemain sans séquelle, la personne la plus touchée par l’intoxication est toujours hospitalisée, son pronostic vital étant engagé », explique le substitut du procureur.

« C’était violent »

Une des victimes, qui a participé à ce stage, témoigne et ne confirme pas les propos de l’oganissteur : « John Malardé a désigné cette plante comme étant de la carotte sauvage comestible. Nous l’avons cuisinée devant lui. Nous avons tous été très malades, hospitalisés. Tous victimes de vomissements, de troubles de la vue, de paralysie, perte de conscience… C’était violent. Malheureusement, un jeune de 26 ans en a mangé plus que les autres. Nous nous en sommes tous mieux sortis. Pas lui. »

Enquête en cours

Une enquête de gendarmerie est en cours. Mardi soir, « les auditions des participants étaient en cours afin de préciser le déroulement de la soirée et de déterminer les éventuelles responsabilités des participants ou organisateurs du stage. Les investigations médico-légales (analyses toxicologiques…) sont également diligentées aux fins de savoir si l’intoxication à l’œnanthe safranée est la cause unique ou l’une des causes des symptômes constatés », conclut le Parquet de Lorient.

Bon, le déroulé précis des faits est, comme toujours en pareil cas, à prendre avec toutes les précautions d'usage. Et je n'ai aucune idée de la façon dont cette personne conçoit et anime les stages de survie qu'elle propose...

Ceci étant, et même si parfois les malchances s'enchaînent au-delà de toute probabilité statistique, je reste fort surpris qu'un tel problème puisse survenir dans un tel cadre. En particulier  d'une part sur le contenu du stage, je ne suis pas persuadé qu'apprendre à identifier certaines plantes comestibles relève des besoins d'instruction les plus immédiats en ce domaine ; d'autre part, sur la pédagogie et l'encadrement, les articles sur ce triste fait divers évoquent le fait que la victime de l'intoxication la plus sévère ait elle-même "cuisiné" la mauvaise plante pour elle-même et pour plusieurs personnes, et il me semble invraisemblable qu'une initiative de ce type puisse se dérouler sans un quelconque garde-fou dans un stage ayant une telle finalité.

Sans vouloir faire pour autant le procès de l'organisateur, ce qui serait peu approprié, notamment avec le peu d'éléments connus et leur fiabilité incertaine, je reste en tout cas vraiment interloqué par la possibilité qu'un tel évènement puisse survenir.

On peut en tout cas supposer qu'un tel accident risque d’entacher la crédibilité de l'ensemble de l'offre en matière d'enseignements de survie, quand bien même évidemment il y a certainement pourtant de très notables distinctions à opérer en son sein.

Si les très honorables instructeurs de survie qui fréquentent sinon animent les lieux ont quelques éclairages ou commentaires à apporter, ils seront naturellement les bienvenus !

Cordialement,

Bomby

12 août 2020 à 15:25:35
Réponse #1

azur


Je suis tombé par hasard sur l'article de la voix du nord, plus succinct: https://www.lavoixdunord.fr/850366/article/2020-08-11/morbihan-un-stage-de-survie-tourne-au-cauchemar-huit-participants-hospitalises

Citer
Samedi, plusieurs participants d’un stage de survie organisé dans la forêt de Kernaven à Kervignac (Morbihan) se sont retrouvés hospitalisés à la suite d’une intoxication alimentaire. « Il était 18 heures, la journée se terminait. On rentrait d’une marche d’initiation dans la forêt. Il s’est crispé et a été pris de vomissements », a ainsi raconté, à nos confrères de Ouest-France, l’organisateur du stage.


Entre malaises et vomissements

En effet, en rentrant d’expédition, un stagiaire parisien de 26 ans a été pris de convulsions, avant de s’effondrer et faire plusieurs crises d’épilepsies. Quelques minutes après, sept autres participants ont commencé à se sentir défaillir, oscillant entre malaises et vomissements. Tous hospitalisés, ils sont sortis indemnes de l’hôpital dimanche. Seul le jeune homme victime de convulsions était encore en observation lundi soir.

La gendarmerie a ouvert une enquête pour déterminer les causes de ce qui ressemble à une intoxication alimentaire collective. D’après Ouest France, l’organisateur du stage – un ancien militaire spécialisé dans ce type d’expérience – aurait présenté au groupe les plantes comestibles et non-comestibles pour survivre en forêt. Selon un membre de l’organisation, l’un membre du groupe aurait alors ramené et partagé une herbe nocive avec les autres membres. Découvrant la scène, l’organisateur est alors intervenu, mais il était trop tard. « Ils devaient amener leur propre gamelle faite à la maison, précise-t-il. Il n’était pas du tout question de manger des herbes. »


Une centaine d’euros

Ce stage de survie est présenté comme permettant d’acquérir les bases pour survivre en pleine nature  : purification d’eau, se faire des habits, se nourrir... Il devait durer 48 heures pour une prestation d’une centaine d’euros.

Si les faits rapportés sont exacts, plus qu'une erreur ou une faute de l'organisation, je trouve qu'on est typiquement dans le cas des "3 secondes avec la connerie"
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

12 août 2020 à 15:44:28
Réponse #2

Bomby


Je suis tombé par hasard sur l'article de la voix du nord, plus succinct: https://www.lavoixdunord.fr/850366/article/2020-08-11/morbihan-un-stage-de-survie-tourne-au-cauchemar-huit-participants-hospitalises

Si les faits rapportés sont exacts, plus qu'une erreur ou une faute de l'organisation, je trouve qu'on est typiquement dans le cas des "3 secondes avec la connerie"

Merci de cette autre source avec un récit différent sur des points qui ne sont pas tout à fait de détail...

On n'est pas forcément plus avancé sur la fiabilité de telle ou telle version mais cela a au moins le mérite de donner un éclairage alternatif qui mette moins a priori en cause la responsabilité de l'organisateur...

Très intéressant au passage de voir comment un article d'un média qui en cite un autre (qui se trouve pour ce dernier être un local de l'étape) apporte une version substantiellement différente de celle donnée par le média local pourtant cité !

Très intéressant aussi de voir à quel point les nuances ou différences du récit vont souvent trop facilement nous donner envie de tomber à bras raccourcis sur telle ou telle personne évoquée dans le récit, ce dont on fera pourtant bien de se garder...

Cordialement,

Bomby

12 août 2020 à 21:49:52
Réponse #3

guillaume


Je n'y étais pas, je ne jugerais pas. Attendons les résultats des différentes enquêtes. En attendant, bon courage aux intoxiqués, aux autres stagiaires et à l'organisateur.

Dans les stages avancés (niveau 2 et 3) du CEETS, il y a une initiation botanique : on monte d'un cran dans le niveau, on monte également d'un cran dans la règle des trois :).

Nous ne montrons que 3 plantes, 5 maxi (suivant l'intérêt du groupe et/ou les questions) pour éviter de les mélanger par la suite. Ces plantes ne sont que des plantes dont aucune confusion, même pour un novice est possible.

Ces plantes sont obligatoirement consommés cuites après avoir été contrôlé par un moniteur.

Il m'est arrivé de montrer de la carotte sauvage, notamment suite à des questions. J'ai toujours interdit d'en consommer en stage. Non pas que j'avais peur qu'il y ait confusion pendant le stage mais plutôt qu'il y ait confusion après le stage, quand les souvenirs se font lointains...

a+

12 août 2020 à 22:58:15
Réponse #4

Trailokiavijaya


Attention aux faits relatés par les journalistes aussi.

D'expérience perso de SPV, quand l'article sur l'accident -où on était intervenu la veille- sortait dans le journal local notamment, on avait parfois deux victimes en plus au lieu d'une seule, un homme de 36 ans qui se transformait en femme de 60, un chevreuil impliqué dont on avait jamais entendu parler, trois hélicos et le GIGN sur place, la voiture qui prend feu, etc.

C'était parfois assez hallucinant le décalage avec la réalité.

Ici c'est peut-être pour sortir l'article "putaclic" (si je puis dire) le plus rapidement possible.




Trail'

13 août 2020 à 07:59:35
Réponse #5

Tompouss


Si j'ai bien suivi le stagiaire à confondu la Ciguë avec la Carotte Sauvage et en a fait manger au reste du groupe ?

Histoire d'illustrer :
Ciguë


Carotte


J'ai souvenir que la carotte sauvage sent la carotte, forcément. C'est aussi le cas pour la Ciguë ? Je suis loin d'être un cador en botanique.
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

14 août 2020 à 13:32:13
Réponse #6

DavidManise


Salut,

J'ai passé la journée d'hier quasiment non stop au téléphone avec des journalistes, suite à cette histoire. 

Les infos que j'ai en off n'ont rien à voir avec ce qui est publié.  Mais clairement, le message que j'envoie c'est "c'est un sujet sérieux, y'a plein de gens qui débarquent sur le marché, ce genre d'accident n'est pas le dernier"...

Je ne connais pas l'organisateur, et je n'étais pas là, alors on va surtout éviter de juger ou de donner une opinion.  A fortiori sur un concurrent.  En attendant, du point de vue de la loi il est responsable de tout ce qui se passe sur son stage, et je crains fort que -- même s'il n'est pas directement responsable -- on lui reprochera probablement de ne pas avoir mis en place un dispositif qui prévienne ce genre de problème.

J'ai hâte de voir les résultats de l'enquête...  et ce qui en ressortira dans les prochains mois en termes de positionnement politique.

Dans tous les cas, le CEETS est depuis longtemps vigilant au fait que ce genre de problème allait arriver tôt ou tard, et nous sommes les premiers à être ultra-vigilants pour tout ça.  Dans l'absolu, on est des professionnels de la gestion du risque en milieu naturel. Mais même chez nous il y a des lundis matin. 

Tchüss...

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

14 août 2020 à 14:19:31
Réponse #7

Bomby


Salut,

J'ai passé la journée d'hier quasiment non stop au téléphone avec des journalistes, suite à cette histoire. 
(...)

Et ça commence à se voir : https://www.ouest-france.fr/societe/stages-de-survie-certains-se-proclament-specialistes-en-ayant-lu-deux-livres-sur-la-question-6937591...

Content que certains aient eu le réflexe de t'interroger, ami David... Et que dans cet article de Ouest France il y ait un lien vers le site du CEETS...

C'est juste dommage que dans l'équipe du CEETS, il n'y ait apparemment pas le moindre ex-participant à Koh Lanta, ce qui vous positionne quand même nettement moins bien que l'autre équipe de formation interrogée et citée !  :D

Citer
Les infos que j'ai en off n'ont rien à voir avec ce qui est publié.

Mais pourquoi ne sommes-nous pas vraiment surpris ? ;)

Ceci dit, évidemment, tu nous intrigues avec ce teasing...

Cordialement,

Bomby

EDIT : Au fait, en passant, j'en profite pour mettre ici un lien vers un article récent de David sur le thème "Comment choisir son instructeur de survie" : https://www.stages-survie-ceets.org/comment-choisir-son-instructeur-de-survie-2/.

Indépendamment de l'accident survenu durant le stage de Lorient, dont on sait peu de choses, c'est typiquement une question qui va agiter un peu les médias dans les heures et jours qui viennent...
« Modifié: 14 août 2020 à 14:41:30 par Bomby »

14 août 2020 à 19:03:17
Réponse #8

fan


Un article récent de la revue Prescire mentionne 16 cas d'intoxications à l'oenanthe safranée signalés aux centres anti poison entre 2012 et 2019, dont un homme de 63 ans décédé (confondu avec du persil tubéreux dans son jardin).
L'article renvoie vers une publication de l'anses de février 2020, avec des recommandations afin d'éviter la consommation de plantes toxiques.

https://www.anses.fr/fr/glossaire/1737
Une pomme par jour éloigne le médecin...à condition de bien viser!


15 août 2020 à 12:04:30
Réponse #10

Merlin06


"Déféré au parquet de Lorient, ce vendredi 14 août en fin d’après-midi, il a été présenté à un juge d’instruction. Il a été mis en examen des chefs d’homicide involontaire, de blessures involontaires, de faux et usages de faux et de détention illégale d’armes. Il a été placé en détention provisoire."
On dirait que la parquet en a profité pour charger la mule.  :huh:
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

15 août 2020 à 13:56:51
Réponse #11

Krapo


+++
On dirait que la parquet en a profité pour charger la mule.  :huh:

Pas vraiment !

C'est justement le rôle du parquet de relever toutes les infractions commises en les classifiant ! ;)
Laissons glouglouter les égouts !

15 août 2020 à 14:16:12
Réponse #12

DavidManise


Pas vraiment !

C'est justement le rôle du parquet de relever toutes les infractions commises en les classifiant ! ;)

+1

Si effectivement le monsieur a menti au sujet de son CV, pour attirer le chaland, c'est bien du faux et usage de faux.  Et c'est trop courant pour que ça ne soit pas souligné ici, AMHA.

L'enquête va suivre son cours et j'espère qu'on en saura plus sur le "comment".  Et pour l'heure, j'espère sincèrement que ça puisse instantanément servir de leçon à tous ceux qui prennent le sujet à la légère et qui s'improvisent instructeurs, en profitant du vide juridique et du marché qu'ils imaginent lucratif.

Dans le vide juridique actuel, c'est l'éthique de travail des formateurs qui garantissait jusque là la sécurité des stagiaires.  Depuis 10 ans au moins, au CEETS, nous craignions ce genre d'incident.  Tout le monde me trouvait ultra-dur dans le milieu avec la formation moniteur intransigeante et interminable, le long processus de sélection et mon emphase sur les aspects éthiques, qui DOIVENT être mis en premier plan, avant le business.  Mais c'est ce qui fait qu'on bosse depuis près de 16 ans maintenant sans incident majeur.

D'ailleurs on a sur le marché aujourd'hui quelques instructeurs qui ont abandonné le cursus CEETS parce qu'il était trop long, trop dur et trop exigeant.

Bref, à suivre... 

D'ici là, je suis plus que dispo si jamais les gens d'un ministère ont besoin de propositions sérieuses pour définir un cahier des charges précis pour un diplôme qui encadre la discipline : c'est déjà écrit depuis des années !

Stay safe, et n'allez pas en stage avec n'importe qui, par pitié...

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

15 août 2020 à 20:15:50
Réponse #13

Prairie


Alors je ne vais pas commenter la partie encadrement de stage et responsabilités, de bonne ou de mauvaise foi, le type est responsable.
Mais ayant commencé une formation en herboristerie et m'intéressant depuis à peine plus d'un an à ce qu'on peut faire des plantes sauvages, une des premières choses qui ressort des formations sérieuses, c'est de ne surtout pas commencer par les apiacées (ex ombellifères) parce qu'elles sont difficiles à identifier, les confusions faciles et parmi elles, il y a un paquet de mortelles. Ces informations sont par ailleurs accessibles facilement et gratuitement un peu partout....

Il n'y a pas tant de plantes mortelles en France mais les quelques unes de la famille des apiacées sont parmi les plus faciles à confondre, même en fleur (stade auquel vous ne ferez jamais d'erreur pour identifier une digitale ou un aconit tant la fleur est caractéristique).
Bref, les carottes sauvages et assimilées, on s’entraîne à les identifier mais pas plus quand on sait pas ou quand on s'adresse à des gens qui savent pas....

Quelle tristesse....

Sinon, les images ci-dessus sont faites pour illustrer . En vrai sur le terrain et sans l'une à côté de l'autre, ça peut quand même arriver de pas trop savoir.... 

On m'avait donné un truc, si la tige est glabre (petite ciguë, grande ciguë et oenante notamment), ça peut être mortel. Si elle est poilue, on peut être bien malade (cerfeuil des fous par ex) mais normalement on ne meurt pas. Il y a cependant des comestibles glabres et poilues.

Moi je m'en tiens à ombelles blanches: on regarde mais on mange pas.
Mais franchement, y a tellement d'autres plantes que ça vaut vraiment pas le coup de s'aventurer avec celles-ci sauf si vraiment on en fait une spécialisation.


Après c'est rigolo, depuis que les plantes sont à la mode, chaque intoxication fait l'objet d'un article dans les medias alors qu'avant il me semble que les journalistes s'en fichaient royalement.
« Modifié: 15 août 2020 à 21:46:51 par Prairie »

16 août 2020 à 11:43:10
Réponse #14

Boris


Sur le site de cet organisateur, les.concepts de survie se mélangent allègrement avec ceux de bootcamp,.aguerrissement,.tenues militaires et autres enterrement de vie de garçon.
On est loin a mon avis,  de la démarche d apprentissage de techniques.
Sa responsabilité est bien sûr engagée mais  peut être est il nécessaire de questionner cette envie de sensationnalisme (participer a un stage avec un ancien des forces spéciales...) et d une idée  qui voudrait qu un ancien membre de ces forces spéciales serait forcément en capacité d être un bon pédagogue et un bon technicien  dans ce domaine.
 je ne dis pas qu un ancien des forces spéciales n est pas en capacité de l' être. Je pense que mettre l accent sur cela est questionnant.

16 août 2020 à 22:39:36
Réponse #15

Merlin06


Yep, d'ailleurs si je me souviens bien on a un jeune camarade du forum qui a du faire face à un épisode de crise d'un ancien stagiaire de chez eux durant une de ses propres formations...  ::) :o
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

16 août 2020 à 22:58:38
Réponse #16

Bomby


Sur le site de cet organisateur, les.concepts de survie se mélangent allègrement avec ceux de bootcamp,.aguerrissement,.tenues militaires et autres enterrement de vie de garçon.
On est loin a mon avis,  de la démarche d apprentissage de techniques.
Sa responsabilité est bien sûr engagée mais  peut être est il nécessaire de questionner cette envie de sensationnalisme (participer a un stage avec un ancien des forces spéciales...) et d une idée  qui voudrait qu un ancien membre de ces forces spéciales serait forcément en capacité d être un bon pédagogue et un bon technicien  dans ce domaine.
 je ne dis pas qu un ancien des forces spéciales n est pas en capacité de l' être. Je pense que mettre l accent sur cela est questionnant.

Effectivement, il ne suffit certainement pas d'être un ancien FS pour être compétent pour enseigner la survie.

Et il suffit encore moins de prétendre en être un...

Mon fils me montrait tout à l'heure un post ponctuellement en ligne dans une story instagram sur un compte qu'il suit animé par des anciens FS reconvertis dans le coaching (Forces Spéciales Coaching, au cas où cela parlerait à certains). Dans ce post, non sourcé donc à recevoir avec précaution, il était indiqué que l'organisateur du stage de Lorient aurait été un "mytho" connu de longue date dans le milieu, ancien militaire dans les TDM  (troupes de marine) mais non pas réellement ancien des FS...

Malheureusement, cela ne me surprendrait finalement pas plus que ça : sur son site, il indiquait me semble-t-il fournir des tenues camouflées à ses stagiaires, et lui-même s'affichait toujours en camo et noir, ce qui me semblait étonnant sinon discordant par rapport à ce que je peux modestement connaître des habitudes des FS ou ex-FS une fois le travail terminé...

Cela pourrait aussi expliquer en partie la sévérité du Parquet dans sa communication et dans les qualifications pénales retenues (et notamment le faux et usage de faux, qui au départ pouvait sembler étonnant au regard de l'intoxication).

Et quant à aller chercher à s'installer comme instructeur de survie supposément ex-FS du côté de Lorient en falsifiant son CV et en s'habillant "tout en camo", alors qu'il y a plein de véritables FS et exFS dans le coin, tout à fait crédibles eux, cela révèlerait une sacrée déconnexion de la réalité !

Sans chercher à accabler l'intéressé, si cette mythomanie suspectée de l'intéressée est avérée, cela explique aussi bien plus facilement comment un tel drame peut survenir à l'occasion d'un stage prétendument de survie...

Peu fan d'une réglementation à tout va, j'avoue avoir été initialement sceptique face aux demandes de l'ami David de voir réglementer la profession... Mais ici les effets dramatiques de l'imposture alléguée militent très clairement dans son sens...

Cordialement,

Bomby

17 août 2020 à 05:56:52
Réponse #17

azur


Peu fan d'une réglementation à tout va, j'avoue avoir été initialement sceptique face aux demandes de l'ami David de voir réglementer la profession... Mais ici les effets dramatiques de l'imposture alléguée militent très clairement dans son sens...
En fait, je trouve le patron plein de réalisme dans cette affaire: si les spécialistes du domaine, reconnus et sérieux, ne se bougent pas pour faire des propositions cohérentes afin d'encadrer la discipline, les autorités finiront tôt ou tard par imposer un truc sorti du cerveau d'un technocrate qui aura vu 2 vidéos...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

17 août 2020 à 13:26:20
Réponse #18

Rantanplan


Citer
Peu fan d'une réglementation à tout va, j'avoue avoir été initialement sceptique face aux demandes de l'ami David de voir réglementer la profession...

Filtrer l'accès à une profession par un diplôme => plusieurs effets

1 tu bloques l'accès aux neuneus, mythos, beaufs et pas sérieux. Tu permets à d'autres, plus discrets mais peut être plus qualitatifs, de se déployer. 

2 réduction de l'offre -> moins de baston sur les prix -> la qualité augmente. Exemple: pour qu'un stage tarifé à 100€ soit rentable, combien de stagiaires ? Combien d'encadrants ? Même question avec des stages à 300 et +.

3 on veut faire quoi de la "survie" ? Une animation nature / une forme de tourisme un peu particulière ou une discipline à la croisée de diverses sciences (médecine, météorologie, nivologie, botanique...). Dans le second cas, un bon gros BAC+5 pour avoir le droit d'ouvrir une école de survie ne me parait pas si fou.

4 un diplôme très difficile d'accès changerait aussi les règles du jeu dans la construction de son CV, laissant moins de marge de manœuvre à la triche. A l'heure actuelle, on est crédible si on est "ancien militaire"*, participant d'une émission de TV réalité ou si on s'affiche régulièrement sur son instagram.


* Je n'ai rien contre l'armée, bien au contraire. Je veux dire... On peut servir dans tellement de métiers différents dont beaucoup ont peu de rapport avec la survie que la simple mention "ancien militaire" ne devrait pas être un argument de vente !  (A la limite, mentionner son affectation, genre "chasseur alpin, spécialiste ceci ou cela dans tel régiment", pourquoi pas.)
« Modifié: 17 août 2020 à 13:34:30 par Rantanplan »

17 août 2020 à 14:37:50
Réponse #19

Bomby


Filtrer l'accès à une profession par un diplôme => plusieurs effets
(...)

En fait, à partir du moment où on est à peu près certains qu'une telle profession va venir tôt ou tard, autant sans doute effectivement s'efforcer d'accompagner la chose, voire de la guider, selon le raisonnement très pragmatique exposé juste un peu plus haut par Azur :

Citer
En fait, je trouve le patron plein de réalisme dans cette affaire: si les spécialistes du domaine, reconnus et sérieux, ne se bougent pas pour faire des propositions cohérentes afin d'encadrer la discipline, les autorités finiront tôt ou tard par imposer un truc sorti du cerveau d'un technocrate qui aura vu 2 vidéos...

Il n'empêche que, même si les choses pouvaient bien se dérouler dans l'immédiat, à mon avis tôt ou tard le risque resterait réel de voir imposer sur le sujet des trucs sortis d'un cerveau de technocrate bien décalé du réel... Ou encore on aurait alors un risque de voir une forme de fédération exclusivement habilitée confisquée par tel ou tel clan voire personne et se prêter à telle ou telle dérive... Du classique chez nous quand on commence à réglementer, habiliter et déléguer...

Et puis, comme tu l'évoques, Rantanplan, il sera déjà franchement difficile de définir au départ le champ à réglementer, avec le risque évident de ratisser bien trop large et la difficulté de définir une qualification ou un diplôme ad hoc :

Citer
(...)3 on veut faire quoi de la "survie" ? Une animation nature / une forme de tourisme un peu particulière ou une discipline à la croisée de diverses sciences (médecine, météorologie, nivologie, botanique...). Dans le second cas, un bon gros BAC+5 pour avoir le droit d'ouvrir une école de survie ne me parait pas si fou.(...)

Bon courage à David et à ceux qui bossent sérieusement avec lui sur le sujet actuellement !

Bomby

PS : Il semble se confirmer que l'organisateur du stage, en fait ex mili du 3e RIMA, aurait exagéré son passé militaire pour en faire un pseudo passé de FS et que le Parquet à l'issue de l'enquête préliminaire ne croit pas à sa version des faits : https://www.lefigaro.fr/un-homme-decede-lors-d-un-stage-de-survie-dans-le-morbihan-20200817.

04 septembre 2020 à 08:04:41
Réponse #20

Merlin06


L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

04 septembre 2020 à 08:24:51
Réponse #21

DavidManise


Merlin : ça n'est pas le même John, là.  Celui-ci c'est John C.

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

04 septembre 2020 à 17:16:32
Réponse #22

Merlin06


Mea culpa. J'ai confondu John C et John Malardé.  :-[
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

05 septembre 2020 à 07:50:23
Réponse #23

b@s


Moi même, en tant qu'ancien membre des navy seals et des spetznaz... ;#

boutade mise à part, ce drame illustre que les mythos, outre le fait qu'ils sont pénibles, sont dangereux.
On en trouve dans les arts martiaux, ils ont d'ailleurs souvent entrainé les FS...
certains ont proposé de m'endormir en touchant trois points vitaux. à croire qu'il me manque un point vital, ça n'a pas marché.
On en trouve aussi dans les médecines alternatives, mais là c'est difficile de trier.

de l'autre coté de la médaille il y a aussi des wannabees qui après deux jours de stage se sentent le nouveau David Manise / Lee Morrisson/ ... et qui se sentent pousser des ailes un peu vite et peuvent faire des conneries... c'est très humain.

et puis il y a bien sur la connerie; celles qu'on peut tous faire. celle qui tue des jeunes en scooter, des moins jeunes qui n'ont bu que deux bières et qui peuvent conduire

quand un instructeur pas assez compétent (voir mythomane à rencontre un élève qui veut aller vite, c'est comme une allumette et de la paille...

07 septembre 2020 à 10:42:37
Réponse #24

NoName


Filtrer l'accès à une profession par un diplôme => plusieurs effets

1 tu bloques l'accès aux neuneus, mythos, beaufs et pas sérieux. Tu permets à d'autres, plus discrets mais peut être plus qualitatifs, de se déployer. 

2 réduction de l'offre -> moins de baston sur les prix -> la qualité augmente. Exemple: pour qu'un stage tarifé à 100€ soit rentable, combien de stagiaires ? Combien d'encadrants ? Même question avec des stages à 300 et +.

3 on veut faire quoi de la "survie" ? Une animation nature / une forme de tourisme un peu particulière ou une discipline à la croisée de diverses sciences (médecine, météorologie, nivologie, botanique...). Dans le second cas, un bon gros BAC+5 pour avoir le droit d'ouvrir une école de survie ne me parait pas si fou.

4 un diplôme très difficile d'accès changerait aussi les règles du jeu dans la construction de son CV, laissant moins de marge de manœuvre à la triche. A l'heure actuelle, on est crédible si on est "ancien militaire"*, participant d'une émission de TV réalité ou si on s'affiche régulièrement sur son instagram.


* Je n'ai rien contre l'armée, bien au contraire. Je veux dire... On peut servir dans tellement de métiers différents dont beaucoup ont peu de rapport avec la survie que la simple mention "ancien militaire" ne devrait pas être un argument de vente !  (A la limite, mentionner son affectation, genre "chasseur alpin, spécialiste ceci ou cela dans tel régiment", pourquoi pas.)

Ce serait, dans une moindre mesure, un peu comme ce qui s’est passé dans la profession des tatoueurs au début des années 2010.
Les « professionnels » poussaient comme des champignons et les mésaventures de certain(e)s client(e)s défrayaient les rubriques faits divers. Les protocoles de désinfections n’étaient parfois même pas identifiés.

Bref, une poignée de professionnels, sentant approcher l’établissement d’un cadre émanant du monde politique et pas nécessairement en adéquation avec le réel des pratiques et des contraintes de terrain; s’était organisée en syndicat proposant un cadre formulé par eux. À l’époque, une autre partie de la profession, historiquement de culture plutôt « alternativo-individualo-rebelle » leur reprochait de « collaborer » avec les monde politique institutionnel.

Finalement un cadre légal a bien été posé et ceux dont l’avis à été pris en compte, furent les professionnels organisés ; les autres l’ont plus ou moins subit en fonction de leur niveau de préparation.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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