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Auteur Sujet: Outil de coupe de moyen format  (Lu 5851 fois)

21 avril 2020 à 11:58:56
Réponse #75

Dutch


Salut Lambda, :)

Un peu plus haut, tu parles trempe partielle. Comment est-ce que tu t'y prends?
Jusque là j'ai essayé deux méthodes:
_Fer sous la braise, avec un extracteur de fumées comme accélérateur (détourné de mon atelier moto)
_Fer rougi au chalumeau oxy-acéthylène.

Dans les deux cas, j'ai trempé à l'huile, puis fait un revenu au dessus des braises jusque ce que ça refroidisse, soit au four à ménager à 300°.

Les résultats ne sont pas formidables. :-\
Soit je ne vois aucune différence, soit l'acier devient cassant, soit des scories se collent dedans (avec la soufflerie).

Tu utilises quel type d'huile? Minérale, synthèse, semi-synthèse?
Qu'est-ce que j'ai pu rater au niveau des "temps de cuisson"? :huh:

Merci d'avance!


NB: pour mes tests, j'ai utilisé des tronçons d'acier carbone, provenant tous d'une serpe cassée des années 1920.
Vraisemblablement forgée à l'origine, pas oxydée à cœur, mais dont j'ignore la nature exacte du métal.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

21 avril 2020 à 12:29:39
Réponse #76

Kilbith


Avant la réponse plus complète de l'ami Lambda...


Il me semble que tu n'as pas bien compris les mécanismes à l’œuvre en terme d'évolution du fer/C en fonction de la température et du temps  (changement de phase : austénite, perlite, bainite, martensite...).

Tu chauffes pour obtenir de l'austénite, tu trempes le plus rapidement possible pour obtenir le plus de martensite possible. Tu effectues un revenu pour "adoucir cette martensite" en fonction de l'objectif souhaité. En pratique, c'est plus compliqué, mais le principe est là. La seconde étape c'est de comprendre la notion de "grain".


Le truc c'est que les températures de chauffe, le temps de trempe et la température de revenue sont extrêmement dépendant de la qualité de l'acier utilisé.

En utilisant de l'acier de récup, en tant que débutant ce n'est pas possible d’effectuer l'apprentissage dans de bonnes conditions. La variabilité de la matière première entrainant plus de variabilité sur le résultat que la variation introduite par tes manips.

Pour répondre à ta question :

A la mimine tu fais toujours une trempe différentielle. Ne serait-ce que parce que ta lame ayant une épaisseur différente elle va refroidir à des vitesses différentes, d'autant plus que tu ne la plonges pas instantanément dans ton fluide de trempe. Ni ne la chauffe uniformément au moment du revenu.

Une trempe différentielle ne fera juste qu'accentuer ce que l'on fait naturellement.


J'aime particulièrement ces vidéos sur l'acier et les traitements (MAC par Argos) :
https://www.youtube.com/watch?v=TvQl-z908AM&list=PLeJ9Fg8RO1e1sT8vHtX4sYTiwTMBH0oC_



« Modifié: 21 avril 2020 à 13:52:23 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

21 avril 2020 à 14:45:16
Réponse #77

migmig


Merci pour la réponse, en effet je me doutais bien que l ergonomie était moyenne, mais c est une bonne idée je trouve !
Ça ne vaut pas une bonne bisaigue, mais ça a le mérite d être incorporé a un autre outil ! , En effet je n' amène pas ma bisaigue en promenade...., Même si j ai prévu de bricoler un peu !
Merci pour l idée !

22 avril 2020 à 08:01:59
Réponse #78

Dutch


Il me semble que tu n'as pas bien compris les mécanismes à l’œuvre en terme d'évolution du fer/C en fonction de la température et du temps  (changement de phase : austénite, perlite, bainite, martensite...).

Coté théorique, ça va à peu près.
Mais connaître le Code de la Route ne signifie pas savoir conduire... :-\

Comment faisaient les forgerons de l'Age du Fer pour évaluer la nature d'un métal & déterminer le traitement approprié?
J'imagine que leur matière première n'était pas homogène.

Parce qu'avec les moyens de chauffe & de trempe à ma disposition, je devrai pouvoir obtenir des résultats moins aléatoires.
A priori, c'est plutôt que je les utilise mal.
« Modifié: 22 avril 2020 à 08:19:24 par Dutch »
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

22 avril 2020 à 11:35:16
Réponse #79

Kilbith


Comment faisaient les forgerons de l'Age du Fer pour évaluer la nature d'un métal & déterminer le traitement approprié?

J'imagine que leur matière première n'était pas homogène.

Parce qu'avec les moyens de chauffe & de trempe à ma disposition, je devrai pouvoir obtenir des résultats moins aléatoires.
A priori, c'est plutôt que je les utilise mal.

En premier lieu on doit comprendre qu'il est difficile d'analyser des artefacts en fer/acier ancien. On dispose d'un échantillon faible, le plus souvent c'est très oxydé (et donc certaines parties disparaissent plus vite que d'autres) et on maitrise mal les phénomènes métallurgiques soumis à un temps très long.

A priori, la trempe était rarement maitrisée à l'age de fer. Nombre de lames étaient simplement écrouies, parfois un peu aciérée par cémentation  ou bien bénéficiaient par hasard de matière durcissante (phosphore). 

Dans les livres cités parlant des lames au moyen âge, ce qui apparait c'est que les lames sont très médiocres, très peu homogènes dans leur composition et (par conséquent) le TT aléatoire. Mais il y a des exceptions, sans que l'on sache si c'est voulu ou si c'est le hasard. Ceci dit, elles faisaient le taf.

A coté de ça on connait des lames remarquables de cette époque, mais ce sont des armes de prestige. Si dans 500 ans on inspecte un Ferrari ou une Rolls préservées dans un musée, il ne faudrait pas en tirer une conclusion sur la voiture de monsieur tout le monde en terme de performance et d'assemblage.

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'acier dont on dispose aujourd’hui est de grande qualité, super homogène et sophistiqué au niveau de la composition. Par rapport à ce qui se faisait il y a une centaine d'année.

Par exemple le "XC75" qui est pour la majorité un "simple acier au carbone" a en fait un ingrédient fondamental en plus souvent oublié et assez récent : le manganèse. En son absence, peu de coutelier et encore plus de forgeron/coutelier arriveraient à tremper convenablement une lame de nos jours.

Et ce "XC75" En plsu du manganèse est presque exempt de soufre, phosphore et autres impuretés qui en très petites quantités rendent une lame m*rdique (cf. le Titanic).

Comment faisaient les anciens?

Ils faisaient comme ils pouvaient. Tout d'abord arriver à produire une truc plus ou moins aciéré à partir de minerais travaillé au bas fourneau était un tour de force.

Selon le minerai, le combustible, le four on récupérait une masse informe de fer/scorie/partie aciérée. Puis s'en suivait un extrêmement long travail de martelage afin d'éliminer les scories. Il fallait la découper et à son aspect visuel, contact au marteau, étincelles, bruit et test à la lime...on mettait de coté les parties les plus utiles.

Les parties de fer aciérées plus ou moins identiques (fer aigre, fer doux...) et valables étaient amalgamées à la forge, plus ou moins bien.

S'en suivait souvent une phase de cémentation et de traitement thermique plus ou moins bien mené ou un simple travail à froid.

Si le matériel de base était homogène (minerai local bine connu, fer de marais, minerai réputé et disposant de traces de composant utile sans que l'on sache pourquoi) et que l'on disposait d'une ENORME expérience auprès d'un BON maitre....on pouvait sortir une lame valable passant les tests.

La connaissance se limitait à l'imitation et se basait sur l'oral : "Tu maintiens ta lame loin du souffle de la bête plongée dans la noirceur et quand ta lame reflète la couleur de la gorge de pigeon à l'automne, tu récites les 30 premières strophes du livre sacré puis tu la plonges dans de l'eau sanctifiée en récitant des mantras et en tremblant comme il se doit. Au bout de 30 respirations de cheval tu la présentes devant l'expression d'Ormuz jusqu'à ce qu'elle prenne la couleur du soleil couchant suivant la pleine lune des semailles sur la montagne de l'ouest."

Cette situation a perduré chez nous jusque vers les années 1700, sauf exception. Par la suite, avec la révolution industrielle on a eu un énorme progrès grâce à la méthode scientifique (travail sur des produits homogènes, essai-erreur, maitrise des conditions de réalisation).

Mais ce n'est que vers la fin du XIX siècle que l'on a commencé à comprendre ce qui se passait vraiment. Et des termes comme bainite, martensite, austénite....c'est seulement au XXème qu'ils sont arrivés.

Et si on prend un acier standard de la première moitié du XXème genre D2, A2, 01 : c'est généralement de la grosse daube par rapport aux mêmes aciers sortant actuellement d'un aciérie réputée.

L'acier moderne est plus constant dans sa composition, plus pur, sans agrégation...etc.

Si tu rates des trucs c'est probablement que tu manques de pratique, que tu es passé à cote d'un truc (ex: normalisation) ou que tu es passé à coté de quelque chose en matière de tour de main (ex : éviter les phénomènes de coalescence) ET surtout que tu utilises des matières premières inconnues et différentes.

Or, le TT sur un acier XC75 n'a rien à voir avec du C130 ou du A2 ou du D2....sans parler des aciers cémentés ou inox. Déjà, il faudrait employer des appellations normées modernes et pas ces appellations hors norme et très vagues.

Reste une question : force est de constater (puisque nous sommes là) que les lames approximatives du passé faisaient finalement le taf.

Par conséquent le moindre couteau actuel est souvent plus que suffisant et on fait probablement beaucoup de "surqualité".

Mais c'est aussi parce que la motivation ayant mené à l'achat de ces outils correspond souvent  des besoins élevés sur la pyramide  de Maslow.

Enfin, même avec une lame extraordinaire, si on fait une c*nnerie, elle va casser, s’ébrécher, s'user... Ce qui amène à la conclusion habituelle, les bonnes pratiques sont plus importantes que le matos.

Mais comme on a tous déjà des pratiques excellentissime,  :branleur:
...il faut bien progresser en utilisant du meilleur matos.    ;#
« Modifié: 22 avril 2020 à 12:26:19 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

22 avril 2020 à 12:15:59
Réponse #80

bloodyfrog


Kilbith président! :up:

'fin non, attends un peu, pas tout de suite... ;D

Merci pour ces posts!

Manu.

22 avril 2020 à 18:46:56
Réponse #81

Dutch


+1, c'est génialement instructif! :yeah:

Hormis mes lacunes sur le plan technique, il y a aussi une "erreur de casting" expliquant mon échec: sur les brocantes, j'achetais les fers forgés les plus anciens possibles, présumant qu'ils seraient de meilleure qualité que ceux industriels.
A la lumière du post de Kilbith, je me suis planté. :-\

En attendant le déconfinement, il faudra faire avec les moyens du bord...
Voilà où j'en suis avec la serpe:
_Usinage d'un pommeau dans une grosse rondelle:



_D'une garde avec un tronçon de sécateur au trou carré:





_Voilà à quoi ça ressemblera après ajustement:




_Au niveau finition, j'ai procédé à un microbillage, suivi d'un bronzage, puis de deux couches de peinture cuites au four:







Sauf avis contraire, je fignole tout ça & réassemble demain. :)

Sinon, "emporté par l'élan", j'ai commencé un Tanto avec le reste du sécateur.
Ça attendra que j'ai progressé au niveau de la trempe, car l'acier est très mou et la bouteille d'oxygène du chalumeau est vide...










« Modifié: 22 avril 2020 à 19:03:19 par Dutch »
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

22 avril 2020 à 18:52:34
Réponse #82

Ghjallone


Tu devrais essayer de fabriquer une virole pour ton manche, sinon il ne tiendra pas longtemps avant de se fendre. Au moins une coté lame, et si possible soudée à la rondelle.
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

22 avril 2020 à 19:10:07
Réponse #83

Dutch


Je ne pige pas ce que tu veux dire pour la virole. :huh:

Là, j'ai foré un emmanchement conique que je pensais entrer en force au maillet, avec de la résine époxy dedans & le pommeau serré par un écrou Nylstop.
Tu penses que c'est trop fragile?



En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

22 avril 2020 à 19:30:20
Réponse #84

jeanluc


Ghjallone veut dire  ; une virole AUTOUR du manche côté lame , car c'est là que vont se concentrer tous les efforts , transmis par la soie , avec un risque d'eclatement du bois, lorsque tu frappes avec ton outil
C'est ce que tu ressens dans la main avec un montage sur plate-semelle , mais la main sert d'amortisseur, jusqu'au tennis-elbow...

22 avril 2020 à 19:36:26
Réponse #85

Ghjallone


voila, un renfort autour du bois.
Et je pense aussi que tu devrais faire en sorte que le manche soit démontable sans trop de soucis, ce genre de manche ne tient pas ad vitam aeternam...  Un écrou sur l'extrémité de la soit serait pas mal.
Pour ce qui est de l'époxy, avec un coup de cire sur la soie, ça devrait permettre de démonter l'outil sans trop de soucis après le séchage... Un genre de glass bedding en somme.
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

22 avril 2020 à 20:32:42
Réponse #86

Dutch


Compris, j'étais parti sur une virole rotative type Opinel, dont l'utilité semblait... assez obscure.
Merci de l'info, je vais usiner un embout. :up:

Au niveau du manche, le jour où il est HS, je le pulvérise d'un coup de presse ou je le crame. Ce ne sera pas un souci.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

22 avril 2020 à 21:27:02
Réponse #87

NicoDesBois


A ce sujet, j'ai repéré la Gerber Versafix qui colle à mon cahier des charges, mais j'ai lu des avis (non étayés) sur une baisse de qualité de cette marque.
https://www.coutellerie-tourangelle.com/g3473-gerber-versafix-machete-xml-1750_438-33885.html

Quelqu'un aurait un retour argumenté sur ce qui cloche avec leurs produits?

"Lame en acier inoxydable" : c'est éliminatoire sur ce genre d'outil.
Epaisseur de lame de 3 mm, avec une mini-émouture en V : à part bâtonner pour fendre des bûches, ça ne doit pas couper grand chose.
Cher pour le service à en attendre.

23 avril 2020 à 10:37:33
Réponse #88

Dutch


Merci de l'info.
Elle était descendue tout en bas de ma liste au fil des alternatives évoquées sur ce topic.
Après ces précisions, je l'en retire.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

23 avril 2020 à 12:31:25
Réponse #89

Rantanplan


Citer
"Lame en acier inoxydable" : c'est éliminatoire sur ce genre d'outil.

J'ai été d'accord et je suis encore toujours suspicieux envers une lame longue en Inox.

Cependant, j'ai un Kreios d'Extrema Piccione, en inox N690 à 58HRC. J'étais très dubitatif sur le choix de l'acier sur un tel outil... Mais c'est souple comme un acier ressort !

Je n'ai pu l'utiliser que lors de deux bivouacs (merci le covid), certes, mais ça me fait cogiter...

23 avril 2020 à 13:17:08
Réponse #90

Pierrot


Citer
Cependant, j'ai un Kreios d'Extrema Piccione, en inox N690 à 58HRC. J'étais très dubitatif sur le choix de l'acier sur un tel outil... Mais c'est souple comme un acier ressort

Vu le prix du machin, ça a intérêt à être de qualité plus qu'excellente.....  :o :o :o

23 avril 2020 à 14:00:20
Réponse #91

Rantanplan


Vu le prix du machin, ça a intérêt à être de qualité plus qu'excellente.....  :o :o :o

Écoute...

J'ai 3 Fallkniven... Je suis perplexe concernant la renommée de la marque.

Niveau contrôle qualité, tous ont une ligne de lamination asymétrique, dont 1 particulièrement dégueulasse (TK3).
Le A1 pro (400e) a carrément un décalage de 1mm de différence d'émouture au niveau du ricasso.
Le MB (700e) est à peu près correct...  Mais c'est parceque j'ai demandé au vendeur de m'envoyer le moins pire !

Mais ce n'est pas le plus grave...
 
La principale source de consternation vient de la conception: manches trop courts et très rétrécis au talon = le couteau tend à s'échapper lors de coupe à la volée. Je suis aussi collectionneur donc à priori ça n'empêchera pas de trôner dans la vitrine. Au moins, je ne leur ferai pas perdre de la valeur en les rayant  ::).

Tout ça pour dire que le prix ne garantit ni une conception ingénieuse ni un contrôle qualité correct.

Concernant l'Extrema Ratio, le modèle en ma possession, le seul que je possède du fabricant d'ailleurs, présente des finitions soignées et un design dont je comprend la pertinence. Reste la nuance d'acier qui fait tache dans le tableau... Je comprend mal un tel choix sur un tel outil, mais comme je suis un médiocre métallurgiste, j’attends de voir à l'usage.

Et oui, à ce prix, c'est de la passion.

23 avril 2020 à 15:17:02
Réponse #92

Ghjallone


Les fallkniven ont toujours été connus pour ça: des outils de qualité mais avec une finition rudimentaire. Ca ne les empêche pas d'être fonctionnels.
Perso je n'ai jamais eu de soucis avec les manches des miens, même si le plus gros que j'ai eu de chez eux était un A1. Si tu as peur qu'il te glisse des mains, c'est à ça que sert le passe lacet au pommeau. ;)
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

23 avril 2020 à 15:19:30
Réponse #93

Kilbith


Bonjour,

Citer
J'ai 3 Fallkniven... Je suis perplexe concernant la renommée de la marque.

Je partage cet avis, ce sont de bon couteau avec un bonne fonctionnalité mais c'est cher pour ce que c'est. Un peu comme Fjallraven : on peut avoir de la top qualité en terme de finition, mais là le prix devient stratosphérique : ce doit être un penchant suédois. Je n'ai pas d'avis sur les extremaratio n'en ayant pas.

Mais je remarque que concernant  la composition des aciers : l'acier utilisé le plus souvent sur les couteaux Falkniven (VG10 de chez Takefu) est équivalent à l'acier de chez Bohler (N690) utilisé le plus fréquemment chez Extrema ratio.  C'est quasiment la même composition.

Après, surtout sur des aciers inox fortement alliés, c'est clair que c'est la qualité du traitement thermique qui est déterminante.

Si le traitement est correct, de nos jours un acier inox peut être utilisé sans problème pour faire un outil de force. D'autant plus que les lames sont souvent bine épaisses.

Et si on est inquiet, on peut toujours utiliser du CPM 3V qui est très solide et en pratique largement assez inoxydable pour les usages courant (selon le TT).

En revanche un acier moderne, inox ou pas, ne peut pas se contenter de traitement thermique approximatif. Il y a de grosses différences à 10°C prêt en température de trempe par exemple. Les aciers "simples" au carbone sont en général bien moins exigeant...

AMHA : Quand on est en contact avec un coutelier on devrait parler de l'émouture, de l'ergonomie de l'ensemble étui+couteau, cela va de soi et surtout d'où provient l'acier (fournisseur) ET du traitement thermique, ce qui inclue la qualité de la maintenance (étalonnage) des fours utilisés quand il s'agit d'acier fortement alliés.

Toute esquive derrière un soi disant "secret" est juste de l'enfumage en 2020.
« Modifié: 23 avril 2020 à 15:25:49 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 avril 2020 à 15:47:41
Réponse #94

Ghjallone


Il y a une différence de conception entre les ER et les Fallkniven: Les Fallkniven sont laminés. Et ça fait une grosse différence à l'utilisation, Noss l'avait montré dans une vidéo (pour ceux qui comme moi se rappellent de Knifetests). Un Fallkniven en VG10, même avec la couche centrale en vrac, est quasiment impossible à casser.
L'autre paramètre à prendre en compte, c'est que les Fallkniven ont en général une émouture convexe, qui est donc faite à la main. Ca prend du temps, de la main d'oeuvre... Fallkniven est aussi une des rares marques qui propose de refaire les manches et l'émouture d'un vieux couteau qui serait trop usé. En fait je pense que c'est la seule marque indus qui propose ce service. Ca étend considérablement la durée de vie du couteau, pour une utilisateur moyen.

Tout ça pour dire que oui, les Fallkniven coutent un bras. Mais vous ne trouverez probablement pas mieux pour le même prix.
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

23 avril 2020 à 16:00:29
Réponse #95

Kilbith


Il y a une différence de conception entre les ER et les Fallkniven: Les Fallkniven sont laminés. Et ça fait une grosse différence à l'utilisation, Noss l'avait montré dans une vidéo (pour ceux qui comme moi se rappellent de Knifetests). Un Fallkniven en VG10, même avec la couche centrale en vrac, est quasiment impossible à casser.
L'autre paramètre à prendre en compte, c'est que les Fallkniven ont en général une émouture convexe, qui est donc faite à la main. Ca prend du temps, de la main d'oeuvre... Fallkniven est aussi une des rares marques qui propose de refaire les manches et l'émouture d'un vieux couteau qui serait trop usé. En fait je pense que c'est la seule marque indus qui propose ce service. Ca étend considérablement la durée de vie du couteau, pour une utilisateur moyen.

Tout ça pour dire que oui, les Fallkniven coutent un bras. Mais vous ne trouverez probablement pas mieux pour le même prix.

Je me souvient très bien de Noss...et c'est vrai que le A1 laminé, le Glock et un Busse avaient plutôt bien performé...à la différence des échantillons d'autres fabricants tout aussi renommés.

Ceci dit, j'ai un A1 non laminé (mais en VG10). Bon honnêtement c'est du costaud et il fait le taf sans problème (quelques sangliers à son actif).

En théorie, c'est clair qu'un couteau laminé est plus solide que l'équivalent non laminé et moi j'aime bien. Ceci dit j'ai eu des problèmes avec un laminé Helle, qui s'est délaminé.

Pour l'émouture convexe des nouveaux Fallkniven, il m'avait semblé que comme nombre de couteaux actuels c'était plutôt le résultat de l'utilisation de bandes lors de la finition par les orientaux sous traitant.

Après le marketing a habilement  récupéré le truc en insistant sur le coté théoriquement plus solide d'un couteau à émouture convexe. C'est pas faux pour un tranchant utilisé en force. Mais ce n'est pas sans défaut.

On a eu la même chose avec les revêtements "anti frottement" ou "anti oxydation" qui étaient le plus souvent un cache misère afin de cacher une finition douteuse, ou l'absence d'un polissage de finition couteux, et qui nous était présenté comme un plus...et facturé en conséquence.

Malgré ces points (tous n'étant pas en rapport avec FK) je dois dire que je suis satisfait de mes 5 couteaux du fabricant Falkniven (et de mes vêtements Fjallraven) mais pas au point de les voir exempt de défauts.

 ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 avril 2020 à 16:38:03
Réponse #96

Ghjallone


On est bien d'accord, ils ont des défauts... Et il y a moyen de trouver mieux. Mais pour beaucoup plus cher.
Je ne sais pas comment ils font leurs émoutures, mais effectivement la logique voudrait qu'il y ait une ébauche sur CNC et une finition à la main... Quoi qu'il en soit, ça reste plus cher qu'une émouture totalement réalisée sur CNC, et le fait que ce soit fait à la main (en série, vu les prix...) implique qu'il y ait une certaine variabilité.
Sur les modèles haut de gamme comme le TK1 (un de mes couteaux favoris), la finition est un cran au dessus des séries moins dispendieuses... Mais le prix s'envole. Et depuis que j'ai acheté le mien, il a quasiment doublé.
J'ai eu un NL3 également, la finition était moyenne (coups de bande grossière bien visible, garde pas totalement symétrique), mais il n'y avait aucun défaut technique: émouture parfaite, montage solide, pas de jeu, étui bien réalisé
Mon A1 était impeccable, il était couvert de Teflon noir. ;D

Enfin bref, tout ça pour dire que à part"qu'est ce que c'est que cette finition" et "c'est trop cher", je n'ai jamais vu de vraies critiques concernant cette marque.
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

23 avril 2020 à 18:45:37
Réponse #97

Rantanplan


@Ghallone

Quand tu compares un A1 et un A1 pro en vue de dessus, le A1 pro a un manche encore plus fin, malgré la soie plus épaisse.
https://www.youtube.com/watch?v=XvjgLcZ83sQ

Certes, je ne prend pas un couteau de 6 pouces pour faire du chop "lourd" (je préfère la scie ou bâtonner). Cependant, l'ébranchage de perches de noisetier était anormalement inconfortable pour un couteau de ce gabarit.
L'ESEE6 souffre de la même maladie du "manche fuyant", mais j'ai assez d'épaisseur en largeur et hauteur pour arriver à un résultat satisfaisant en y rajoutant une dragonne enroulée autour des doigts (je dis ça, j'ai mis les plaquettes de l'ESEE5 dessus, qui sont plus larges + du grip de raquette !).

Concernant le trou de dragonne, ceux situés dans le manche, avant l'extrémité du couteau (contrairement à un ESEE6 par exemple où le trou est dans le talon dépassant) ne permettent pas d'élargir le manche avec de la bande de grip ET de conserver le trou sans faire de compromis sur la propreté. Tu dois en effet percer la bande, ça fait dégueulasse...
(Il y a du grip de raquette sur mon ESEE6 dont plusieurs surépaisseurs de grip en fin de manche pour compenser le problème de manche fuyant.)

De plus la garde du A1 pro est assez symbolique. Crois le ou non, j'utilise la pointe de mon couteau et les gestes d'estoc pour fendre du bois. Encore une fois, je me sentais anormalement mal à l'aise avec ce couteau, comme si je l'employais en dehors de son spectre d'utilisations. Toujours la faute au manche de taille réduite.

En fait c'est ça mon problème avec le A1 pro, l'impression d'avoir un Mora obèse en main qui ne fait rien de plus qu'un 3-4" à part peser plus lourd. 

Passons au Modern Bowie. Pour un couteau de ce poids et dimensions, j'attends qu'il tienne bien en main sur les gestes de taille, sans avoir recours à une dragonne. Et ce n'est clairement pas le cas. En plus de la forme fuyante, la longueur réduite du manche empêche la main de s'éloigner du centre de gravité pour accroitre l'inertie. Lorsque je veux couper des buchettes de la taille de mon avant bras, en station debout, le couteau performe en dessous de son poids (comme pour le A1pro).
(Et je n'aborde même pas l'étui cuir du MB, qui est certes de finitions impeccable mais très mal pensé.)

Oui, ces couteaux ont des qualités mais par rapport à mes habitudes d'utilisation et mes attentes, ils ont aussi des "erreurs" d'ergonomie rhédibitoires. Les défauts de production (petit décalages d'émouture & co) ne viennent en effet pas diminuer ni la solidité ni les performances de coupe... C'est juste que c'est chaud à justifier sur des tarifs haut de gamme.

Pour résumer, je n'explique pas la petitesse des manches chez Fallkniven: ça vient limiter les qualités de la lame. Je veux dire, c'est comme mettre des des roulettes de caddie sur une Ferrari: moi pas comprendre. Le manche du Bowie, pour moi, il est à dimensions exactes pour un petit couteau, et le manche du A1 pro, c'est AMHA bon pour un neck !

PS:
En termes d'ergonomie et d'esthétique, je suis très attiré par les couteaux Japs "Ken-Nata".



+ pas mal de questions d'ordre ethno / Historique, mais c'est un autre sujet  ;)
« Modifié: 23 avril 2020 à 19:09:07 par Rantanplan »

23 avril 2020 à 19:06:51
Réponse #98

christobal


Dans le milieu du tir à l'arc, nature, 3D et chasse à l'arc j'ai rencontré de nombreuses personnes qui avaient des problèmes avec leur Fallkniven, des tranchants qui voilaient ou à l'inverse qui s'écaillaient, donc pas mal de citrons et pas vraiment de quoi être enchanté .
Sur le F1 et le S1 les poignées sont trop courtes pour des mains de taille moyennes alors pour des grandes mains il faut oublier .
J'ai aussi pu constater que sur la série PRO et série X les lames ont une émouture très basse sur une lame très épaisse, ces modèles sont de vrais coins et leurs lames ont du mal à pénétrer correctement dans quelque matière que ce soit, bref encore des trucs pas très bien pensés .

Chez Extrema Ratio j'ai eu un Col Moschin, déception totale, il était infernal à affûter et ne coupait pas plus de cinq minutes d'affilée (certainement un problème lors des TTh), de plus la poignée est partie en javel rapidement .
Depuis j'ai eu l'occasion d'en essayer d'autres dont un Kreios .
Là j'ai été agréablement surpris par ses performances, notamment pour effectuer des coupes à la volée . Malheureusement l'ergonomie de la poignée est pas bien terrible, ils l'ont juste un peu rallongée et ajouté un ¨bec¨ sur l'arrière par rapport aux ¨modèles courants¨, en statique ça paraît correcte mais en utilisation prolongée elle devient très inconfortable, dommage !


23 avril 2020 à 19:12:44
Réponse #99

Ghjallone


@Ghallone

Quand tu compares un A1 et un A1 pro en vue de dessus, le A1 pro a un manche encore plus fin, malgré la soie plus épaisse.
https://www.youtube.com/watch?v=XvjgLcZ83sQ

Certes, je ne prend pas un couteau de 6 pouces pour faire du chop "lourd" (je préfère la scie ou bâtonner). Cependant, l'ébranchage de perches de noisetier était anormalement inconfortable pour un couteau de ce gabarit.
L'ESEE6 souffre de la même maladie du "manche fuyant", mais j'ai assez d'épaisseur en largeur et hauteur pour arriver à un résultat satisfaisant en y rajoutant une dragonne enroulée autour des doigts (je dis ça, j'ai mis les plaquettes de l'ESEE5 dessus, qui sont plus larges + du grip de raquette !).

Concernant le trou de dragonne, ceux situés dans le manche, avant l'extrémité du couteau (contrairement à un ESEE6 par exemple où le trou est dans le talon dépassant) ne permettent pas d'élargir le manche avec de la bande de grip ET de conserver le trou sans faire de compromis sur la propreté. Tu dois en effet percer la bande, ça fait dégueulasse...
(Il y a du grip de raquette sur mon ESEE6 dont plusieurs surépaisseurs de grip en fin de manche pour compenser le problème de manche fuyant.)

De plus la garde du A1 pro est assez symbolique. Crois le ou non, j'utilise la pointe de mon couteau et les gestes d'estoc pour fendre du bois. Encore une fois, je me sentais anormalement mal à l'aise avec ce couteau, comme si je l'employais en dehors de son spectre d'utilisations. Toujours la faute au manche de taille réduite.

En fait c'est ça mon problème avec le A1 pro, l'impression d'avoir un Mora obèse en main qui ne fait rien de plus qu'un 3-4" à part peser plus lourd. 

Passons au Modern Bowie. Pour un couteau de ce poids et dimensions, j'attends qu'il tienne bien en main sur les gestes de taille, sans avoir recours à une dragonne. Et ce n'est clairement pas le cas. En plus de la forme fuyante, la longueur réduite du manche empêche la main de s'éloigner du centre de gravité pour accroitre l'inertie. Lorsque je veux couper des buchettes de la taille de mon avant bras, en station debout, le couteau performe en dessous de son poids (comme pour le A1pro).
(Et je n'aborde même pas l'étui cuir du MB, qui est certes de finitions impeccable mais très mal pensé.)

Oui, ces couteaux ont des qualités mais par rapport à mes habitudes d'utilisation et mes attentes, ils ont aussi des "erreurs" d'ergonomie rhédibitoires. Les défauts de production (petit décalages d'émouture & co) ne viennent en effet pas diminuer ni la solidité ni les performances de coupe... C'est juste que c'est chaud à justifier sur des tarifs haut de gamme.

Pour résumer, je n'explique pas la petitesse des manches chez Fallkniven: ça vient limiter les qualités de la lame. Je veux dire, c'est comme mettre des des roulettes de caddie sur une Ferrari: moi pas comprendre. Le manche du Bowie, pour moi, il est à dimensions exactes pour un petit couteau, et le manche du A1 pro, c'est AMHA bon pour un neck !

PS:
En termes d'ergonomie et d'esthétique, je suis très attiré par les couteaux Japs "Ken-Nata".



+ pas mal de questions d'ordre ethno / Historique, mais c'est un autre sujet  ;)
L'ergonomie c'est souvent une question de préférences personnelles, ça ne se discute pas. Avec une dragonne les manches un peu fuyants ne m'ont jamais gêné, mais c'est juste moi.
Si ces couteaux ne te conviennent pas, proposes les à la vente... Je pense que ça intéressera du monde! ;)
j'ai toujours pardonné a ceux qui m'ont offensé.
mais j'ai la liste.

 


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