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Auteur Sujet: Nos histoires courtes  (Lu 2249 fois)

20 décembre 2019 à 16:59:24
Lu 2249 fois

Karto


Nos histoires courtes.
J'ai failli l'intituler "nos p'tits riens".

On a tous des histoires trop courtes et trop peu dramatiques pour qu'on leur fasse un sujet sur un forum, mais qui font toujours réagir les potes quand on les raconte autour d'une table. Des histoires qui donnent leur propre lumière, avec un coeur original. Des scènes de vie (sauvage) dans lesquelles on se reconnaisse un peu les uns les autres.

Je vous propose que ce sujet soit leur rendez-vous. L'endroit où chacun amène ses petites histoires courtes.






Mon meilleur cousin, mon vieux pote, et moi, un mois de juillet sur une petite hauteur autour de 2000m avec vue sur le Mont Blanc. On avait passé la nuit précédente sous les étoiles du Désert de Platé. L'après-midi avait apporté une belle rincée pleine d'éclairs et on avait vu courir beaucoup de touristes en mode panique, pas convaincu qu'ils savaient eux-mêmes où ils espéraient aller si vite. Mais ce soir était doux. Mes deux compagnons se partageaient ma tente deux places. Ils l'avaient montée sur le seul endroit à peu près plat dans la zone, entre un lac et un petit sommet. Moi j'utilisais ma bâche 3x3, installée pour habiller tant bien que mal un accident de terrain en contrebas de la tente.

En début de nuit le vent a forci. J'ai lesté mes ancrages avec les plus grosses pierres que j'arrivais à porter. Puis, chevauchant le vent, un orage dantesque est tombé sur nous. Plusieurs centimètres d'eau qui ruisselait presque partout sous ma bâche. Les éclairs qui faisaient un barrage d'artillerie tout autour, tout près. Et surtout ce vent de dingue qui tournait, qui reculait, qui avançait, qui frappait, sans fatigue. Je m'étais déjà accroupi pour ne pas baigner, et j'avais refait mon sac pour épargner le matos. Avec ce vent qui maltraitait la bâche de plus en plus brutalement, j'étais presque sûr qu'elle se déchirerait en grand. Alors je me suis habillé comme pour marcher, j'ai posé mon cul sur le mousse roulé, mon sac devant moi, et j'ai attendu. J'ai écouté. Et là, moi qui à la maison ai toujours le sommeil si nerveux et si évasif, là mal assis les pieds dans l'eau, dans le noir, avec les tympans envahis par le roulement de la pluie et les claquements d'éclairs, tranquillement prêt à décamper sans mes futurs lambeaux de bâche, là, complètement paisible avec le sentiment d'être bercé par tous les dieux, je me suis endormi.


Épilogue : plus tard dans la nuit le ruissellement était évacué et le vent moins fort. La bâche avait tenu bon (Hilleberg, très solide). J'ai fini la nuit normalement du sommeil du juste dans mon matos parfaitement sec. Le matin les potes m'ont avoué qu'ils se demandaient si je serais toujours là, sûrs eux aussi que mon abri serait parti dans les nuages. Finalement ils ont eu une nuit moins cool que moi. La tente tenait solidement, elle est faite pour ça, mais eux pour s'alléger, confiants dans l'été, ils n'avaient pas pris l'intérieur. Y'avait eu autant de ruissellement chez eux que chez moi, mais eux étaient coincés à deux dans un abri beaucoup plus petit. Ils avaient passé la nuit complètement trempés, hommes et matos.





A toi camarade, offre-moi une histoire ! :)
« Modifié: 20 décembre 2019 à 18:28:01 par Karto »

20 décembre 2019 à 18:10:48
Réponse #1

Tompouss


Avril 2016, on pêche la carpe sur une île du vieux Rhin avec deux potes, c'est notre première sur ce bief juste en aval immediat d'un barrage, cette zone peutvêtre noyée en cas de grosse crue. Après une nuit tumultueuse et pluvieuse on observe l'eau monter, et les déchets accrochés dans les arbres à 3m au dessus de nos têtes. Vigicrue nous dit que ça pue, on décide de boucler le camp tandis que l'eau monte. En pateaugant sur une petite plage à l'abri du courant principal mon pote aperçoit un truc qui brille "tiens des clefs de bagnole" instant de flottement "oh put**n c'est mes clefs de bagnole !" Il les avait sans doute perdu la veille en déchargeant son zodiac.

L'eau continue à monter, vigicrue nous dit qu'on va morfler, on jette tout dans un zodiac pour qu'il serve de mule, on l'arnache au second et on file le plus vite qu'on peut, on voit les vannes s'abaisser progressivement le courant devient violent, ce bief étant calme on avait pas emmené de moteurs thermiques en complément des électriques, ça pue. On arrivera quand même à rejoindre la berge opposée puis la mise à l'eau. Le temps de charger les voitures le niveau a encore monté, les îles se font engloutir sous les eaux, je comprend mieux les panneaux danger partout  ::) bref on a eu chaud au cul et bougé au bon moment...

Y'a une suite à cette histoire, avec des photos drôles, je la garde au chaud pour quand je serai derrière un PC  ;#
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

20 décembre 2019 à 21:49:51
Réponse #2

Dutch


Pour rester dans le registre du liquide, une petite anecdote datant d'une vingtaine d'années.

Avec des amis d'enfance savoyards & amateurs de spéléo, on se donne rendez-vous pour un bivouac une beuverie en forêt.
A mon arrivée, ils avaient découvert une cavité non répertoriée (mais très humide) où, la météo s'annonçant incertaine, ils projetaient de passer la nuit.

Voyant la flotte qui dégoulinait après une semaine sans précipitations, j'émets l'avis que ce n'est pas une bonne idée: on risque de finir plus trempé qu'en prenant une averse à l'extérieur et si un cours d'eau souterrain refoule, on pourrait bien faire du rafting sur nos matelas gonflables.

Cette opinion toute personnelle m'a valu d'être propulsé géologue (sans en avoir la moindre compétence) & d'aller vérifier sur place pendant que les copains préparaient l'apéro (comme si j'avais pas déjà dit ce que j'en pensais ::))

Bon gré, mal gré, j'enfile un vieux casque en plastoc beaucoup trop petit pour moi (je fais du 61 de tour de tête) & j'y vais.
Plus je m'enfonce dans la grotte, plus le plafond est bas alors je baisse la tête.

Sauf qu'avec ce foutu casque, j'ai mal calculé, heurté un rocher & me suis retrouvé assis sur mon gros cul... ^-^
Sonné je me relève, mais comme le rocher n'avait pas bougé (c'est têtu ces engins),  je me retape la tête au même endroit.

Sauf que là, le casque trop petit s'est enfoncé sur ma tronche & la bande circulaire en plastique m'est passée sous les sourcils à l'impact.
En clair: j'étais aveugle & prisonnier de mon casque "façon Caliméro"

Comme j'avais tourné sur place en tentant de l'extraire, j'étais totalement désorienté.
Après plusieurs tentatives pour retrouver la sortie à l'aveugle & autant d'ecchymoses, j'ai fini par m'asseoir et attendre que mes potes se préoccupent de mon sort...

Bilan des opérations, ils m'ont retrouvé à l'exact opposé de la sortie, avec en prime un SAK planté dans l'oreille (une tentative ultime de libération du casque :-[).
Heureusement que le ridicule ne tue pas...

Edit: orthographe
« Modifié: 21 décembre 2019 à 00:30:38 par Dutch »
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

21 décembre 2019 à 08:14:30
Réponse #3

raphael


un poncho tarp peut avoir une troisième fonction : parachute ascensionnel lors d'episode cévenole

fin de l'histoire  ;#
Se connaitre et s'accepter


27 décembre 2019 à 10:22:02
Réponse #4

Karto


Tompouss et Dutch, j'aurais craché mon café de rire devant vos histoires ! C'est l'esprit, merci ! Raphaël ça c'était une bande annonce pour ton court-métrage, j'espère. ;)

Cette histoire est un peu plus longue. Elle est pas trop compressible en fait.
C'était début 2008. Depuis, le CEETS a progressé de tellements de pas de géant, que je pense qu'il y a prescription et que plus personne ne rougit de ses erreurs de jeunesse.

A l'époque la grille d'analyse sécu était inexistante. Les stages étaient exotiques. Là il faisait -11°C en journée, et les déplacements de la journée nous avaient vu progresser dans une gorge étroite de quelques mètres, le long d'un torrent à moitié gelé, entre des parois blanchies par la neige. La pause du midi, c'était dans une grotte. En fin d'aprèm on débouchait sur des prairies et des bois entourés de barres rocheuses, pas vraiment accessibles en véhicule, sans couverture téléphonique... La neige épaisse continuait toujours à tomber. On entassait les sacs de tout le monde sous des couvertures de survie, et le temps d'un module y'avait 5 cm dessus.

Le soir un mec a voulu faire un abri vraiment à l'arrache avec une couverture de survie fine. Je lui ai dit que son truc ça tiendrait pas, ni au vent, ni au premier paquet de neige qui tomberait d'un arbre. Il m'a dit "je te crois, mais j'ai besoin de le voir pour moi-même". Le type avait vécu plusieurs années dans les catacombes et était un débrouillard rusé. Ce que je savais pas à ce moment, aussi, c'était que son sac de couchage était un confort +14°C (trente degrés d'écart avec les températures nocturnes, et ouais à l'époque le matos n'était pas contrôlé).

Me suis pieuté vers 22 heures dans un bon duvet bien chaud. La neige tombait en paquet sur ma bâche, et en en glissant elle construisait toute seule des murets de part et d'autre. J'ai vite sombré dans un bon sommeil.

A minuit quelqu'un est venu me réveiller. C'était monsieur catacombe. Il tremblait tellement qu'il n'arrivait plus à parler. En fait il avait redescendu plusieurs échelons du règne animal, et j'avais devant moi un chien paniqué. Je l'ai touché : il portait un sweat en coton aussi mouillé qu'au sortir d'un bain. Il faisait -17°C. Il arrivait juste à me dire qu'il avait dégueulé plusieurs fois. Y'avait urgence. J'allais lui laisser mon duvet, j'étais déjà en train d'en sortir et de commencer à m'habiller. Mais d'abord fallait qu'il se désappe, sinon il allait tremper le duvet et ce serait encore plus la m*rde. J'essayais de lui dire, mais il a compris "duvet" et à partir de là il essayait juste de toutes ses forces de s'y réfugier. On a lutté, je l'ai déshabillé en luttant. C'est la seule fois que je me suis physiquement fighté avec un stagiaire. :D Une fois que je l'ai dépoilé je l'ai laissé libre. Il a disparu dans mon duvet. J'ai juste voulu lui dire "garde ta bouche devant le trou pour pas mouiller avec ta respiration", mais j'ai pas eu le temps : il a disparu comme un escargot, en boule dans la zone des pieds. Y'avait plus rien à voir.

A partir de là je suis allé réveiller David pour qu'on s'organise à deux. Lui a essayé de parler au mec, sans succès. Rien qui parle, rien qui bouge, mais ça respire. Moi pendant ce temps j'ai bûcheronné en vitesse et allumé un grand feu. Le feu nous chauffait nous, et chauffait de l'eau pour faire un roulement de bouillottes dans le sac avec le mec. On se sentait bien malins. Pas de réseau, pas d'accès, pas d'information concrète sur l'état du mec. On a fait toute la nuit comme ça : bûcheronner, aller et venir entre le feu et le patient, rester face à un mur de silence avec le mec, mais constater qu'il était au chaud. Nous on se passait à tour de rôle de le Def 4 de David pour s'enrouler un moment dedans. Pendant la nuit un autre mec s'est levé, transi de froid, mouillé (mais pas trempé comme l'autre). Il est venu près du feu qui chauffait comme un petit soleil. J'ai bûcheronné encore et encore.

Les humains en ont bien bavé cette nuit là. Une de ces nuits où on sent bien que la vie se mérite.

Aux premières lueurs de l'aube, quand tout devient gris et que des formes incertaines de dessinent sur la neige, là, j'ai vu... une petite souris. Une toute petite souris qui courait silencieusement sur la poudreuse, tantôt dessus, tantôt elle plongeait dans un trou, puis ressortait en mastiquant quelque graine qu'elle aurait trouvé au fond. Je l'ai admirée quelques minutes. Elle s'en foutait. Elle avait l'air bien. Grosse leçon d'humilité de la part de ce petit animal.



Histoire que ça reste une "histoire courte" sans épilogue forumistique, quelques changements standardisés après cette journée :
- choix de terrains avec une bonne couverture téléphonique et accessibles avec un véhicule tout-terrain
- quand possible et nécessaire, un véhicule tout-terrain est disponible et garé pas trop loin
- contrôle du matériel des stagiaires
- les stagiaires peuvent faire des expériences s'ils veulent, mais ils ont un abri de secours déjà monté, avec du bon matériel brutalement efficace
- rondes nocturnes sur les nuits difficiles
- feu pré allumé et entretenu sur les nuits difficile
- redondances sur le matos de sécu, par exemple un moniteur a deux sacs de couchage sur les nuits difficiles
« Modifié: 27 décembre 2019 à 10:47:11 par Karto »

27 décembre 2019 à 11:30:33
Réponse #5

raphael


Se connaitre et s'accepter


27 décembre 2019 à 14:35:29
Réponse #6

Baptistator


Quand je vivais sac au dos j'aimais bien dormir en forêt, c'est un lieu où je me sent bien et ou je peux me monter un petit camp ou je me sens en sécurité. Une nuit alors que j'étais au milieu d'un bois de hêtre je suis réveillé par un bruit de feuilles mortes.
J'ai l'habitude d'être réveillé par des animaux, ça m'est même arrivé d'avoir des sangliers qui passent sous le hamac, mais la le rythme du bruit m'évoque un bipède qui se dirige vers mon camp.
Pas de lumière quand je fais un peu de bruit le marcheur s'arrête quelques secondes avant de reprendre dans ma direction, le pas est assuré, il de cherche pas à être discret.
Je me racle la gorge pour faire savoir ma présence mais aucune réponse. Je lance un "qui est là" au cas où mais toujours rien. Mon cerveau se monte en boucle je commence à paniquer, j'echafaude tout les scénarios possibles pour essayer de comprendre qui peut bien se trimballer dans les bois au milieu de la nuit et pourquoi il se dirige vers mon camps sans chercher à se dissimuler ni répondre à mes appels...

La panique est totale, un temps je songe à partir en courant en abandonnant mon sac sur place mais la maxime de mon prof de forêt ("bebert" un jour il faudra que je vous le décrive tellement il est caricatural) tourne en boucle dans ma tête "souvenez vous qu'un forestier est la chose la plus dangereuse qui se trimballe dans les bois, ..." .

J'attrape mon courage à deux mains, et la machette dans la troisième (oui bon...) Et je me dirige vers le bruit. Je marche d'un pas souple sans faire de bruit, lentement en prenant soin de me dissimuler derrière les arbres. Quand j'estime être à trois mètre de l'intrus je bondis prêt à en découdre !

Et la rien... pas un bruit, pas l'ombre d'un humain, encore moins d'un animal. Je ne comprend pas... est ce un fantôme ? Je finis par me dire que je me suis monté le bourrichon pour rien et je rentre à mon camps rassuré.

Mais à peine recouché le bruit recommence... cet fois ci je veux en avoir le coeur net, je prend ma lampe et me dirige vers la source en balayant du faisceau. Et la je comprend...

Sur le sol un hérisson est en train de chercher sa pitance, du museau il écarte les feuilles mortes, un coup à droite, un coup à gauche, reproduisant à la perfection le bruit d'un homme qui marche... j'avais oublié que la nuit dans les bois tout les bruits sont amplifiés.

Voici l'histoire de comment j'ai failli fuir de terreur devant un hérisson

27 décembre 2019 à 17:43:11
Réponse #7

Magic Manu


Hé, Karto, ton sac de couchage, que tu t'es fait taxé par le stagiaire, c'était pas un Expe Warmth GT 900, par hasard? :doubleup:
Hope for the best, expect the worse...

27 décembre 2019 à 20:52:22
Réponse #8

Tompouss


Tiens Baptistator ton histoire de hérisson m'en rappelle une autre, c'était à une époque où ma meilleure lampe crachait du 30 lumens piles neuves avec son ampoule à filament. J'avais 15 ans, je pieutais chez mon grand père et mon portable sonne, ma mère est paniquée au bout du fil, le chien est au jardin et une bête pousse de grand cris vers lui, elle ose pas aller voir...  ::)

J'attrape la première lampe et le premier pétard que je trouve chez le grand père, calibre .12 et lampe à pile à lamelles de 4,5v mais si ces vielles lampes pourries là... Je me rue vers la maison de mes parents arme sous le bras (pas de vigilence attentat en 2006 quoi que en rase campagne ça aurait choqué personne), saute au dessus du portail allume ma lampe et... Je vois kedal ! Par contre j'entend les cris, fort... Et rauque put**n ! J'ai beau être armé je fais pas le malin, je flanque les framboisiers, les haies puis d'un coup ça crie sous mes pieds, put**n pourquoi ça crie sous mes pieds ? Après avoir manqué de salir mon froc je vois un hérisson en boule, le chien avait creusé une tranchée tout autour sans réussir à le prendre en gueule...

Bref j'ai failli me chier dessus devant un machin de 800gr tout mouillé  :lol:
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

27 décembre 2019 à 22:42:19
Réponse #9

Karto


(hors sujet)
Manu oui c'est lui.
Le même aussi qui s'était pris la montée des eaux à Skye.
Je suis sûr qu'il va vivre encore plein d'histoires héroïques. ;)

(dans le sujet)
"C'est des hérissons qui baisent", chez nous c'est l'expression générique pour tous les bruits terribles de bestioles nocturnes qu'on reconnaît pas.

27 décembre 2019 à 23:19:22
Réponse #10

Tompouss


(hors sujet)
Manu oui c'est lui.
Le même aussi qui s'était pris la montée des eaux à Skye.
Je suis sûr qu'il va vivre encore plein d'histoires héroïques. ;)

(dans le sujet)
"C'est des hérissons qui baisent", chez nous c'est l'expression générique pour tous les bruits terribles de bestioles nocturnes qu'on reconnaît pas.

Wahou jamais lu ce récit, belle plume, et puis bon l'Ecosse c'est mouillé mais quand on y a goûté  :love:

Bon allez pour le coup je reprend mon histoire de crue avec mes acolytes, on jette tout dans la bagnole dégoulinant de flotte et on bouge vers le canal, sur le trajet la pluie cesse et un grand soleil vient illuminer ce début de soirée d'avril (on se foutrait pas un peu de notre gueule ?) il reste peu de temps avant la nuit, on se pose donc le long du canal à 5min de la maison, on pose les cannes pour la nuit. Mes acolytes font leur bivouac, moi je me dis "fuck on va bouger demain matin, je dors à la belle, juste le prapluie au dessus de la tronche, après tout j'ai investi dans un wiggys et j'ai une couverture étanche". On se jette une bonne bière, repas à base de magrets, patates roties et une bouteille de rouge et on va se coucher.

On se réveille avec un cagnard de dingue pour un mois d'avril, je vais réveiller les deux autres qui se la jouent belle au bois dormant, mais pas avec un baiser, heureusement pour eux... "Avor ves tofards fa fe lèfe ?" Je capte pas trop, les deux trous de balles se marrent comme des baleines dans leurs duvets, je prend l'appareil photo en mode selfie et je capte mieux...



Je m'étais pourtant badigeonné la gueule d'anti moustique mais non il a fallu qu'un de ces saligauds me bouffe la lèvre, et comme je fais des réactions assez fortes vla le résultat...  :lol:

C'est pas fini, il reste une troisième nuit...
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

28 décembre 2019 à 06:36:51
Réponse #11

Van


Impressionnant !  :blink: C'est presque Coluche dans Banzaï  :D

28 décembre 2019 à 10:14:53
Réponse #12

Merlin06


Une idée de génie ce sujet.  :up:
Ma modeste contribution, leçon d'humidité: http://forum.davidmanise.com/index.php/topic,58543.msg461649.html#msg461649

Edit: je ne me lasse pas du parachute Raphaël. :D
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

02 janvier 2020 à 11:53:11
Réponse #13

Dutch


L'été dernier, bivouac familial de10 jours dans le Haut Jura.
Au 1er matin, on retrouve la poubelle éventrée, laissant supposer la présence d'un renard.

J'attache de la paracorde à la poignée d'un sac, mets toute la bouffe dedans & balance l'autre extrémité lestée dans le V d'un feuillus.
Puis, je demande à Junior d'hisser le sac & il s’exécute avec une énergie remarquable.

Tellement remarquable qu'il coince le sac entre le V des deux branches à 6/7 mètres de haut... ^-^
On a tout essayé: jeter des cailloux, grimper à l’arbre, le secouer comme un prunier, mais rien à faire. :bang:

On a du l'abattre pour récupérer nos provisions... :-[
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

13 janvier 2020 à 11:25:24
Réponse #14

Karto


Je viens de benner une très vieille polaire complètement usée. Pendant des années je l'avais portée fièrement avec une dizaine de trous fondus, chacun de la taille d'un ongle, sur le ventre et la poitrine.

C'est arrivé par un matin lourd et lent après une nuit de rigolade et de picole. Quelqu'un avait déjà remis un peu de bois sur le tas de braises de la nuit, et les potes s'étaient assis autour. On avait tous salement besoin de café. J'ai sorti ma popote, la Primus Eta avec l'échangeur de chaleur en dessous, l'ai remplie d'eau, et posée dans le feu.

Mon attention s'est ensuite portée sur un sac de bouffe. Le temps de déflouter les pensées, se laisser inspirer par les restes en vrac : faire cuire le dernier magret, et bouffer une merguez brûlée, froide et pleine de cendres en attendant que le canard soit bon ? Est-ce que ce serait pas un peu lourd, est-ce qu'un reste de pizza végétarienne serait pas mieux ? Non le canard et la merguez ce sera bon. Et pourquoi est-ce que quelqu'un me propose encore de la bière à cette heure ci ?

BOUM !
Déflagration. Premier réflexe de chacun, scanner rapidement les autres, pour vérifier mutuellement que tout le monde allait bien. Les visages, les corps, pas de mal. Quand j'ai réalisé qu'on a tous fait ça spontanément avant de se poser les autres questions, je me suis dit avec un sourire que, quand-même, on était un bon groupe.

A ce stade on était tous parfaitement bien réveillés. :D
Alors on a essayé de comprendre ce qui venait d'exploser. J'ai mis un moment à réaliser que ma gamelle n'était plus dans le feu. Elle gisait renversée à un bon mètre cinquante du foyer. Malgré un litre de flotte dedans, elle avait bondi aussi loin que ça. Je l'ai ramassée, regardée, et là dans l'échangeur j'ai vu un morceau de briquet fondu coincé dans les ailettes.

J'ai pris un autre briquet et constaté qu'on pouvait le loger dans le cercle d'ailettes sous la popotte, qu'il s'y encliquait et y restait facilement coincé. On avait notre explication. Un briquet que je stockais avec la popotte s'était caché là-dessous tout seul. Une fois bien confiné dans les braises brûlantes, on avait une petite bombe. Quand le briquet a explosé il a éjecté la popotte, le litre d'eau, et balancé un anneau de braises tout autour, dont celles qui ont percé ma polaire sur tout mon torse.


03 avril 2020 à 13:26:30
Réponse #15

Dutch


Bonjour à tous, :)

Une petite note d'humour en ces temps troublés.
Après avoir entendu le "chef désarmé" décréter la mobilisation générale, voilà ce qu'à trouvé mon élevage de nains pour se protéger du virus.  :blink:
Je précise qu'étant absent les 3/4 du temps, ils ont eu l'idée spontanément (ils doivent tenir ça de leur mère  ;# )







Même leur lapin est passé en mode camouflage! : :lol:








OK, faut bien qu'ils se dépensent, mais reste à savoir quoi faire de leurs tranchées quand ils auront fini leurs conneries...   :huh:
Je vais peut-être dériver les gouttières & enterrer 2 tonnes à eau pour arroser le jardin, ça rentabiliserait leurs efforts.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

03 avril 2020 à 13:35:43
Réponse #16

Karto


 :lol:

Merci.

(ils peuvent atterrir dans la fosse en s'éjectant de la balançoire)

03 avril 2020 à 14:26:40
Réponse #17

Dutch


L'idée leur est venue suite à cette vidéo qui s'est ajoutée "spontanément" à la playlist après un dessin animé: https://www.youtube.com/watch?v=SQ-3XhVvNDk

Je n'ai plus qu'à déplacer le portique car ils ne comptent pas en rester là, même si à mon avis ça va tourner au cloaque aux 1ères pluies... :-\
D'ailleurs, je viens de m'apercevoir qu'ils ont ruiné tous les seaux de la maison, pour terminer avec celui à Champagne... >:(

Z'ont de la suite dans les idées à cet âge... ::)
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

03 avril 2020 à 20:36:18
Réponse #18

Tompouss


Trop fort les enfants !  :lol:
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

03 avril 2020 à 21:09:19
Réponse #19

migmig


Ils sont plein d énergie à dépenser ces enfants... surtout en temps de confinement...
Super aussi la vidéo !!
Merci

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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