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Auteur Sujet: Résistance et dissidence écologique  (Lu 5568 fois)

05 septembre 2019 à 19:21:06
Réponse #75

Hurgoz


Yo,

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L'opportunité des catastrophes globales

La question climatique es particulièrement intéressante, car elle met au défi notre capacité à coopérer à l'échelle du globe, ce qui constitue un moment unique dans l'histoire de notre espèce. C'est une sorte de jeu économique à très grande échelle où les participants sont les grandes organisations humaines (Etats, multi-nationales, communautés, ONG, etc). Sauf que, cette fois, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.
Malgré le fait que nous connaissions les risques, en menaces et les enjeux, l'action coordonnée et efficace a été reportée depuis des décennies. Les acteurs de négociations n'ont pas réussi à créer un climat de confiance d'équité et de sécurité, ni à créer des normes sociales et des institutions qui permettent de se coordonner en vue de la réalisation d'un objectif commun.
Les première expériences sur les mécanismes de coopération humaine au sujet du climat ont été menées il y a dix ans déjà par l'évolutionniste Manfred Milinski et son équipe du Max Planck Institute (Allemagne). Le climat est typiquement un cas de dilemme social: le coût individuel des mesures à prendre est très grand comparativement aux bénéfices collectifs, perçus comme lointains et globaux. Or, aujourd'hui, nos sociétés fonctionnent sur la logique - très problématique - des bénéfices individuels (privés) et des coûts collectifs (publics). Pour lutter contre le réchauffement, on compte sur l'exact inverse: des coûts individuels (pour chaque état ou chaque citoyen) et des bénéfices collectifs (une stabilisation du climat et un mieux-être global). Et l'on s'étonne que ça ne fonctionne pas!
Si, par exemple, notre pays s'engage dès aujourd'hui dans de courageuses et coûteuses mesure pour réduire l'extraction et la combustion d'énergies fossiles, mais que les autres pays ne suivent pas, les effets bénéfiques globaux seront ridicules et les coût pour notre pays seront immenses. A l'inverse, si tous les pays agissent sauf le nôtre, nous aurons les bénéfices...sans les coûts! Dans ce cas de figure, le meilleur choix stratégique rationnel à court terme est d'attendre (que les autres agissent). Au risque d'attendre longtemps....
Mis à part la démesure de ce dilemme social et des acteurs en jeu (ce qui est déjà en soi considérable), plusieurs obstacles empêchent la possibilité d'une coordiantion globale: l'bsence de récit commun, la question temporelle (les générations futures) et la question des inégalités.
Premièrement, chacun voit le problème climatique à sa manière. Les effets du réchauffement se font déjà sentir dans certaines régions, souvent des régions pauvres qui n'ont pas les moyens de mettre en place des mesures de lutte efficaces. D'autres régions, la plupart riches, sont encore protégées par une "prospérité" qui leur permet de mettre en place des mesures de résillience, mais qui leur fait croire qu'elle peuvent repousser la résolution du problème à plus tard. Certains croient encore qu'on peut "s'en sortir", d'autres ne croient plus en rien, d'autres se préparent activement; certains développent un certain ressentiment alors que d'autres ont peur de savoir ou d'agir, etc. L'imaginaire (la représentation du futur) est donc très diffèrent selon les régions où l'on vit et selon les classes sociales. Nous sommes loin d'avoir un récit commun, première étape dans l'élaboration d'un membrane de sécurité et la mise en mouvement ans la même direction.La "raison d'être" d'un éventuel super-superorganisme n'existe pas encore.
Deuxièmement, les négociations climatiques ont ceci de particulier que toutes les parties prenantes ne sont pas assises à la table des négociations. Il manque les "autres qu'humains" (animaux, plantes, champignons, bactéries, etc) qui sont pourtant concernés au premier plan; les humains qui ne sont pas représentés par des Etats, des multinationales ou des ONG (les peuples premiers, les habitants de pays non démocratiques ou oligarchiques, etc); et, surtout, les générations futures!
En 2013, une équipe de psychologues et d'évolutionnistes a invité cette dernière catégorie à prendre part à quelques expériences. Les particpants ont eu affaire à un jeu économique "climatique" dont l'enjeu était différé dans le temps: l'égoïsme était récompensé immédiatement, alors que les bénéfices étaient reportés d'un jour, de sept semaines (solidarité intragénérationnelle) et de plusieurs décénies (solidarité inter-générationnelle). Les résultats n'ont pas été encourageants. Le report dans le temps des bénéfices de la lutte contre le changement climatique a fait chuter les niveaux de contribution. Les gens ont préféré empocher l'argent et renoncer à en tirer des bénéfices ultérieur. Tous les groupes à solidarité inergénérationnelle ont échoué à atteint l'objectif commun! Cela monte que, dans notre sulture, il ne se passera rien tant qu'il y aura plus de bénéfices à ne rien faire qu'à agir pour le futur.
Troisièmement, les inégalités (de taille, de pouvoir et de richesse) entre pays constituent un frein considréable à toute avancée significative. A cela, s'ajoute le fait que les pays riches - qui ont le plus contribués à la situation - sont les moins touchés par les catastrophes et one les meilleurs capacités de résilience. Le cadre de départ des négociations est donc profondément injuste. Les pays non industrialisés sont amers: pourquoi n'ont ils pas le droit de brûler autant d'énergies fossiles que les pays industrialisés? Que ressentent les petit pays qui n'ont pas beaucoup d'influence dans les négociations? Et ceux qui disparaitront sous les eaux avant la fin du siècle?
En 2011, deux expériences de jeux économiques ont pris en compte le paramètre des inégalités en distribuant des montants différents aux joueurs (cad en créant des riches et des pauvres dès le début de la partie). Sous anonymat, cela s'est révélé désatreux pour le bien commun. Mais, en laissant la possibilité aux joueurs de dévoiler au groupe leur niveau de participation, le taux de participation a grimpé de manière exceptionnelle. Pourquoi? Parce que les "riches" annonçaient leur volonté de réduire les inégalités en participant proportionnellement plus au bien commun, ce qui a eu un effet positif considérable sur les joueurs "pauvres". En extrapolant, on peut donc imaginer quelle responsabilité ont les pays riches dans les négociations climatiques...
En faisant varier le niveau de risque climatique pour chaque catégorie (les riches et les pauvres), une équipe britannique a pu montrer que les taux de coopération s'effondraient lorsque 1) les niveaux d'inégalité entre participants étaient élevés mais aussi 2) le risque de souffrir du changement climatique était réservé aux plus pauvres (car les riches se sentent alors moins concernés). Fichtre! Mais c'est précisément la situation dans laquelle nous nous trouvons! Et les chercheurs de conclure: "nos résultats suggère que, si nous voulons éviter d'aggraver le réchauffement climatique, nous serions stupides de fonder nos espoirs sur un sens de l'altruisme ou même sur une maîtrise rationnelle de nos comportement. Les modèles théoriques ainsi que les exemples du monde vivant nous révèlent qu'une forme de contrainte est nécessaire pour stabiliser la coopération."
Comment sortir de ce fossé? A l'évidence, pour qu'une coopération globale émerge, il faut surmonter les obstacles que nous venons de décrire (récit d'inégalité). Mais nus disposons d'autres outils! Par exemple, renforcer la réciprocité par des contraintes (punitions) et des récompenses, mais aussi rendre plus visibles les mécanisme de réputation. Ainsi, dans une expérience de 2006, une équipe de chercheurs allemande a découvert deux manières d'augmenter considérablement les niveaux de contribution: rendre public le montant de la somme que chacun donnait (l'importance de la réputation) et mieux informer les sujets des risques, des enjeux et des menaces (l'importance de parler franchement des catastrophes!).
L'économiste Partha Dasgupta, dans une synthèse sur les rôle de la confiance dans les négociations, concluait que "les chances que l'humanité soit capable de contrôler la concentration de cabone dans l'atmosphère dans les limites temporelles raisonnables ne sont pas grandes". Toutefois, l'absence de conflits globaux majeurs laisse encore une petite chance à des groupes - ou à des groupes de groupes - de se coordonner, de mettre en place des sormes sociales et de tisser un nouveau récit commun....en lien avec les autres habitants de la Terre.

"L'entraide, l'autre loi de la jungle" de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle

Que je vous conseil vivement de lire  :up:

Tcho
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

11 décembre 2019 à 22:10:50
Réponse #76

oli_v_ier


est-ce que le marketing qui vante ce système climatiseur inverter R32 correspond à la réalité??

Il y a différents modèles (air/air, eau/eau, etc) mais généralement : non pas du tout, de l'avis d'un pote conseiller en énergie, qui a été installateur de PAC (entre autres) avant de changer de boulot.

Au delà de cet avis perso, il y a les faits : plus il fait froid et plus le coefficient de performance (COP) baisse. Quand le système vieillit c'est encore pire, même si tu mets le prix dans la maintenance.
Les données de COP constructeur sont vraies pour un système neuf fonctionnant à 7°C (pour les air/air)  :down: . A 7°C avec une maison bien isolée, on a à peine besoin de chauffer.
Le coefficient de performance ne baisse pas linéairement avec la température, ce qui fait qu'à 0°C tu consommeras énormément plus.
Et donc tu contribueras aux pics de consommation hivernaux lors des vagues de froid, ces pics de consommation étant très mauvais pour le bilan carbone puisque lors des fortes demandes, des centrales à gaz, fioul et charbon sont lancées pour compléter le nucléaire et le renouvelable.

Cela dit ton bilan carbone sera bien meilleur avec une PAC plutôt qu'avec une chaudière fioul (le pire).
Mais as-tu envisagé d'isoler ? Ta PAC durera 10 ou 20 ans (avec un COP qui diminue avec le temps), ton isolation durera le temps de la maison (si elle est bien réalisée *) sans frais additionnels (consommation d'électricité, maintenance et renouvellement).
Poêle à bois (pas à granulé) ? Dans l'idée de résilience : avoir son stock d'énergie chez soi et ne pas dépendre d'un approvisionnement extérieur qu'on ne peut pas substituer. Le chauffage bois pollue (particules fines), mais une maison bien isolée + bois sec = peu de combustion + peu de fumées.

* : quand je dis isolation, c'est pas juste changer les vitrages et les joints, mais un vrai projet global pour la maison, bien pensé.
Exemple :
"Celui-ci concerne une maison en pierre du XVIIIe siècle, rénovée en 2016 pour un coût total de 47.225 €, financés pour moitié par des aides et pour moitié par un emprunt à taux zéro. Les propriétaires payaient, avant travaux, 208 € de chauffage par mois ; aujourd’hui, ils n’en payent plus que 27 €, auxquels s’ajoutent 133 € de remboursement de prêt, sur quinze ans. « Ils ont gagné 48 € par mois, mais également une maison plus confortable et plus saine, car mieux ventilée », ajoute M. Legrand."
https://reporterre.net/Renovation-energetique-comment-passer-a-la-vitesse-superieure
« Modifié: 11 décembre 2019 à 22:26:08 par oli_v_ier »

11 décembre 2019 à 23:03:41
Réponse #77

Tompouss


J'ai du mal à comprendre l'orientation vers du air/air si t'as un chauffage au fioul et donc plancher chauffant et/ou radiateurs ?

650l de fioul/an je suppose que tu as déjà une isolation correcte ou alors une toute petite maison ?

Les PAC y'a beaucoup de marketing mais ça reste une solution pas trop con, c'est celle qui à ma préférence mais c'est utile de combiner à un truc plus roots fonctionnant sans électricité pour les pannes de courants et les grands froids, la bonne vieille cheminée ou un karlhoffe (je sais pas comment on dit en France de l'intérieur  ;#) c'est pas mal en complément.

L'avantage du Karlhoffe c'est qu'il accumule la chaleur et la restitue longtemps.

Edit : on dit Kachelhofe, un lien qui décrit la bestiole : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Kachelofe

Autre truc, la RT2012 (réalisé à grand coup de lobbys des vendeurs d'isolants) impose des normes de température mais ne parle pas du tout du confort et du ressenti thermique, des stratégies de chauffage/isolation axées sur ces deux points permettent une meilleure efficience du système de chauffe. De même selon la maison gaffe à conserver une bonne respirabilité au niveau des murs, sinon c'est les problèmes d'humidités à coup sûr (le pire étant les maison alsaciennes en torchis isolées par l'intérieur au polystirène, hérésie absolue  :blink:)
« Modifié: 11 décembre 2019 à 23:18:15 par Tompouss »
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

11 décembre 2019 à 23:20:58
Réponse #78

Hurgoz


Yo

un karlhoffe (je sais pas comment on dit en France de l'intérieur  ;#) c'est pas mal en complément.

Du coup, chez les non-consanguins ;# on appel ça un poéle de masse....il ne faut vraiment pas avoir de respect pour la déco d'intérieur pour inventer un truc pareil, note! :lol:

Tcho
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

12 décembre 2019 à 07:29:54
Réponse #79

Chill


Citation de: Vladimir
...
De plus,j'ai fait une demande chez le fournisseur d'électricité Cociter(Belgique) très bien côté par Greenpeace a la place de mon fournisseur actuel Octa+,

Commençons par une maxime : "Testis unus, testis nullus".

Attention à ce que peut dire Greenpeace sur l'électricité : par exemple, https://youtu.be/xx55qcGdXOo:(
J'ai rien contre personne, cependant certaines positions dogmatiques me chagrinent.  :huh:

J'ai cru comprendre que tu passes "tout" à l'électrique. Comment feras-tu les jours sans ?
Exemple : Une bouteille de gaz 13 kg se conserve très longtemps et permet un back-up pour la cuisine, le chauffage, et même l'éclairage, sans risque pour le sol. On peut aussi prendre plus mobile, genre Butagaz.

... et finissons par une autre maxime : "La diversité c'est la Vie.;)

    Chill.
Edit : correction latine.
« Modifié: 12 décembre 2019 à 18:10:49 par Chill »
"Un sauveteur isolé est en mauvaise compagnie."

12 décembre 2019 à 11:17:53
Réponse #80

Tompouss


Yo

Du coup, chez les non-consanguins ;# on appel ça un poéle de masse....il ne faut vraiment pas avoir de respect pour la déco d'intérieur pour inventer un truc pareil, note! :lol:

Tcho

Ca dépend de l'intérieur, dans un style vintage et surtout avec pas mal de bois les faïences passent bien, et sinon y'a des versions modernes  ::)





Après l'avantage c'est aussi quand tu as un modèle avec un four intégré, de pouvoir cuisiner des plats mijotés et du pain dedans  :) C'est toujours mieux que les poelles à pellets qui vont pousser les exploitations privées à faire plus que du bois de m*rde au détriment des belles futaies  :'(
Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

12 décembre 2019 à 18:45:38
Réponse #81

Kilbith


Citer
Ne rien faire parce que l'on se dit que de toute façon c'est foutu est un "CRIME CONTRE L'HUMANITÉ" et on ne vaudra pas mieux que les criminels génocidaires!!!! >:(

 ::)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

12 décembre 2019 à 22:57:12
Réponse #82

Van


Mais en attendant,chacuns a la responsabilité de faire le maximum avec ses propres moyens pour réduire son impact écologique,toutes énergies non consommées=0 Co2.

Le but est de réduire la gravité des conséquences,parce que malgré tout,et ce n'est plus un secret,quoi que l'on fasse pour réduire nos nuisances,on va morfler grave,les futures générations seront particulièrement exposée à la sixième extinction de l'humanité!! :(

Dans les années 70 on nous vendait la famine, la pénurie énergétique et le refroidissement climatique pour l'an 2000. Chaque période a eu ses peurs. Quand il n'y aura plus rien à gratter financièrement avec le réchauffement climatique, on nous pondra un nouveau sujet d'angoisse.
Une chose est certaine concernant le CO2, ils n'arriveront pas à taxer les volcans  :D
« Modifié: 13 décembre 2019 à 01:54:41 par Van »

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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