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Auteur Sujet: Mauvaise rencontre en jungle  (Lu 1580 fois)

16 novembre 2018 à 17:41:13
Lu 1580 fois

Aleksi


Salut à tous,

Je ne pensais pas faire un post sur cette expérience. Puis quand j’en ai eu l’idée,  j’ai hésité quelques jours. Au final, je pense que c’est une bonne matière de  réflexion à offrir au forum.
Aussi car au travers  de discussions avec certains amis, ils m’ont indirectement amené à me poser des questions auxquelles je ne trouve pas de réponse, et j’aimerai en trouver. Je veux aussi préciser au cas ou que l’histoire peut-être un peu choquante (en tout cas elle l’était pour moi) et contient quelques détails un peu sordides. Pour les sensibles, vous pouvez vous préserver et ne pas lire. Rien d'extrême, mais si cela m'a suffisamment secoué, je pense que ca peut en secouer d'autres.

Le contexte est le suivant. Au travers de différentes aventures, je me suis souvent trouvé baigné dans le milieu de l’orpaillage, en Amérique Latine principalement (un peu en Afrique aussi).  L’idée m’est venu de joindre l’utile à l’agréable en montant mon petit projet. Utile dans le sens de gagner quelques sous pour pouvoir continuer la route (plutôt que me casser le dos dans les chantiers de construction pour moins de 10 dollars par jours), agréable car pendant ce temps, je vis en forêt et vie –dans les limites du raisonnable-  du terrain. Ca a un côté pionnier à l’ancienne qui me plait, vivre en nomade le long de la rivière, flotter son matos en amont au gré des explorations, campement mobile. Le travail extrêmement physique que j’aime également. Ne me demandez pas pourquoi je m’exalte dans l’effort et la boue.

Nous choisissons donc une petite rivière pour son isolement relatif, la tranquillité du point de vu sécu, et la possibilité de s’approvisionner au petit village à quelques kilomètres de là. Au bout de plusieurs semaines de galère (je ne rentrerai pas dans les détails trop perso), la relation entre ma compagne et moi se dégrade. Elle décide de plier bagage. Je décide de rester seul en forêt et ne pas me décourager, ne pas abandonner. Rapidement, mon état mental se dégrade, tout est dark dans ma tête, je sombre. Ca ne m’était jamais arrivé avant. Pour ne pas me laisser aller, je m’impose une discipline spartiate et essai de m’y tenir. Mais je lutte, très mal, contre le désespoir.
 
Un soir, au bout d’environ deux semaines de solitude alors que je somnole dans mon lit de camp, j’entends deux « roquettes » passer au-dessus de mon campement. Je ne comprends pas trop si j’ai rêvé dans mon sommeil agité, puis ensuite une rafale de balle me convînt que non, ce n’est pas un rêve, il se passe quelque chose. La rafale de balle m’a bêtement fait sauter de mon lit pour me cacher en dessous… En contre bas, dans la rivière, des lumières extrêmement puissantes. Je rampe dans la jungle pour observer un groupe de mec  en treillis, pas super officiel quoi que je ne sois pas bien sûr. Ils observent les traces de pas sur la petite plage mais ne voient pas mon campement. Ils continuent vers l’amont, passant donc par ma zone d’exploration. Je descends sur la plage en faisant attention de ne pas laisser d’empreintes. Ils s’arrêtent à proximité de mon matos, commence à essayer de le dézinguer, puis cherche frénétiquement autour le campement du propriétaire. Je réfléchis deux secondes (je fais ça, parfois) et convient que les mecs sont louches et je leur laisse volontiers le matos si ils le veulent.  Finalement ils laissent le barda tranquille et continuent en plus en amont encore. Je retourne dans mon lit pour attendre la suite des événements.

30 minutes après éclate une grosse fusillade d’armes automatiques. Tellement gros que du coup  je me dis « ah, c’est rien, manœuvre militaire d’un groupement commando probablement ». Ils redescendent 1h30 après la fusillade, pressé, stressé. Je reste caché dans les fourrés. Les mecs ne font pas un bruit, parlent en signes, mais ont des torches aussi discrètes que des phares de camion. Vraiment louches. Ils partent, je m’endors, lendemain matin tout est oublié. Je me rends au village pour faire quelques courses et passer un coup de fil à un ami pour changer de rivière car je tourne en rond niveau exploration, qu’ils viennent me chercher avec son 4x4. On convient d’un RDV le lendemain à 11h. Je rentre au campement, me prépare à déménager, puis me couche tôt.

Je me réveil à 2h du matin, sans aucune raison. Un sommeil agité, mauvaise santé mentale. Juste le temps de reprendre mes esprits, je m’aperçois que les lumières sont là, les mêmes que la veille. J’ai tout juste le temps d’attraper mon petit sac à dos d’urgence avec lequel je dors (à défaut de ma compagne, donc  ;D) dans lequel j’ai mes objets de valeurs et de quoi crapahuter 2-3 jours en jungle.  J’ai tout juste le temps de me jeter dans les fourrées juste derrière mon lit et m’enterrer dans une planque que l’on avait fait à notre arrivée sur ce campement. Quand je jette un coup d’œil, je vois 3 silhouettes dans ma cuisine, lumières éteintes. M’ont-ils vu ?

L’un d’entre eux s’avance sur la pointe des pieds, M16 épaulé et soulève ma moustiquaire avec le bout de son canon. Il s’arrête net quand il voit le lit vide. Mon cœur bat à la chamade, je crois qu’ils vont l’entendre cogner contre le sol. Ils vont forcément me chercher. Je n’ose bouger d’un poil, même pas pour mieux me cacher, de peur de froisser les feuilles. Ils allument les lumières et éclairent la grande clairière qui se trouvent à proximité du campement, imaginant que j’ai dû cavaler comme un lapin. Ils balaient 5 minutes éternelles, ne me voient pas, s’en vont. C’est un piège, c’est sûr que c’est un piège. Ou pas ? Parano ?
Je reste tapis dans les feuilles sans bouger d’un poil jusqu’à 4h du mat, en fait je ne peux pas bouger, je suis paralysé, transis de peur. 4h du mat, je me risque a bouger. Je commence à plier le camps. 11 heures j’arrive au lieu de rendez-vous. Je n’en mène pas large et décide de demander à mon ami de me sortir de là. Il arrive peu de temps après, avec sa femme, les deux complètement paniqués. La télé locale parle d’un « nettoyage » dans la rivière dans laquelle j’étais, par un groupe paramilitaire. 4 personnes ont été retrouvées criblées de balles, découpées à la machette dans des sacs poubelles. La fusillade que j’avais entendu la veille, qui a pris place à l’endroit même ou, si ma compagne n’était pas partie, nous aurions fait notre prochain campement. Glauque.
Mon pote me sort de là et m’héberge quelques jours le temps que je refasse la peinture de sa baraque et retrouve mes esprits. J’enchaine les nuits blanches, contacte ma famille. Je rentre auprès des miens, je ne me sens le coeur à rien d'autre.

Suite à cette expérience plusieurs choses me sont venues à l’esprit. Déjà je resterai humble et à l’écoute des gens au fond du gouffre. On ne sait pas tant qu’on ne l’a pas visité, ce lieu de m*rde. Ensuite, mon incapacité totale à protéger ma bien-aimée. Qu’aurais-je pu faire, franchement ? Demander pitié… ?

Ensuite, je n’arrive pas à discerner si j’ai eu à faire à :

1. Un événement isolé, extrême et imprévisible, face auquel je ne peux pas grand-chose. Nous avions choisi cette rivière pour sa tranquillité. Le week-end les familles du village voisin venaient laver leur linge et faire la conversation avec nous, aucun événement tragique n’avait été enregistré dans cette rivière, ni même cette zone, de mémoire d’homme.

2. J’ai payé mon manque de vigilance. Avoir trop trainé dans les endroits louches Amérique, fréquenté des mecs armés jusqu’aux dents, je me suis « ajusté »  à l’ambiance guérillas de certains endroits, mal habitué, ou déshabitué.  Je m’en suis aperçu une fois lors d’une balade en ville alors qu’on marchait tranquillement avec ma compagne, deux motos arrivent à balle les passagers arrières sautent en route et braquent une voiture. Elle continuait à marcher tranquillement sans stopper sa conversation, limite à passer dans le tas en disant poliment « pardon » si je ne l’avais pas gentiment tiré par la manche pour nous mettre mine de rien à couvert derrières quelques bagnoles. Ca m’avait fait tiquer sur notre totale manque de « réalisme » et avais recommencé à doubler d’attention. Avec une blonde au bras dans ces coins la, je suis 100% du temps sur mes gardes et gueule de « don’t fuck with me hermano » , moi qui suis de nature avenante et pas physiquement intimidant, c’est nerveusement épuisant. Du coup, j’aurais peut-être du décamper après la première visite, si j’étais plus vigilant ?

Content d'être ici.

A vos remarques, les amis, il y’a matière je crois.


Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

16 novembre 2018 à 18:40:55
Réponse #1

Arnaud


T'as un put**n d'ange gardien... vu le boulot que tu lui donnes, tu devrais lui offrir un peu de vacances ;)
« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

16 novembre 2018 à 20:26:19
Réponse #2

Pnoey


Salut à toi l'ami,

J'avoue que je ne sais trop quoi te dire sur le coup... La simple lecture de ton récit m'a mis sous pression, alors je n'ose imaginer ton état à ce moment là... Comme dit Arnaud, m'est avis que tu as eu un mélange de beaucoup de chance et d'une bonne préparation (le coup de la planque préparée, c'est bien vue  ;) ). L'isolement de ton campement était à double tranchant : d'un coté, isolé dans la jungle, c'est plus compliqué de te trouver, et d'un autre... "l'arbre qui tombe dans la jungle ne fait pas de bruit"...   :-\

Il est difficile de dire si cela pouvait être prévu ou non, en tout cas pas sans connaître le coin, les mœurs, etc. De mon point de vue d'européen, tout ce qui touche à l'or en Amérique latine est sujet à violence, mais c'est beaucoup de stéréotypes et peu de concret qui me font penser ça =x Mais je pense que rester sur place après la première nuit n'était pas une bonne idée... Même si je comprends que, si sur le coup tu as pensé à une manœuvre mili, tu ais décidé de rester.

En tout cas bien content que ta compagne et toi en soyez revenu vivants, et des "vacances" ne seront peut-être pas de trop pour bien décanter tout ça.
Bon courage !

Au plaisir,
Pnoey
"La vie c'est comme l’accrobranche : il y a des hauts et des bas, mais dans tous les cas, faut s'accrocher !"

16 novembre 2018 à 22:05:54
Réponse #3

Merlin06


Salut à toi camarade,

j'ai pris un coup de chaud rien qu'à te lire...  :o
T'as bien fait de faire le canard le bec dans le sol et d'avoir anticipé la planque et le gobag.

Pourquoi tu t’exaltes dans l'effort et la boue?  :lol:

Je pense que sur la durée un homme seul est mal accompagné. Avoir un copain ou un chien(ou un cheval, mais en jungle...) aurait peut-être évité la surprise ou la volonté de rester? ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

16 novembre 2018 à 22:21:40
Réponse #4

Patoruzu


Salut à toi,
personellement je suis très admiratif de ton courage, peu de gens (d'européens en tout cas) seraient prêts à mener ce type de vie même le temps d'une semaine (en tout cas, moi pas), et cette expérience te marquera à jamais c'est sûr. Mais... tu en es sorti vivant, donc plus fort!

Ça peut paraitre un peu niais comme commentaire, mais l'aventure sans risque, est-ce encore l'aventure.

Par ailleurs, sur le même sujet, as tu lu Cizia Zykë :
https://www.babelio.com/livres/Zyk-Oro/45555
There's a whisper on the night-wind,
there's a star agleam to guide us,
And the Wild is calling, calling. . .
let us go.

16 novembre 2018 à 23:36:40
Réponse #5

Hurgoz


Holà l'ami,

Déjà, content qu'ils ne t'aient pas mis dans un sac toi aussi.

C'est un peu comme tout: il y a que dans les films où un mec tout seul encercle les vilains méchants et s'en sort...en vrai, il meure. Je ne suis pas un spécialiste des coins dangereux que tu as pu traverser, mais l'idée d'avoir prévue une planque est assez géniale. Elle ne fera pas tout, mais pourra aider....après peut être prévoir en plus de cette planque des fausses traces de fuite à l'avance.

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

17 novembre 2018 à 08:58:02
Réponse #6

Utopie


Alors effectivement ton récit décape.

Je suis très mauvaise en technique de suivie en jungle et tout cela mais ton histoire m'a fait pensé à quelque chose qui pourrait raisonner en toi. C'est un éclairage plus symbolique que je vais te donner.

J'ai tue un cochon la semaine dernière et mercredi j'ai travaillé avec mes chevaux sur la même zone. Il n'y avait plus aucun reste de la tuerie. Mon chien qui m'accompagne toujours à senti qu'il s'était passé quelque chose. Il était content et léchais les graviers histoire de trouver à bouffer. Tous mes chevaux ont marqué un temps d'arrêt et des signes d'inquiétudes. Un seul cheval n'a pas réagit. C'est un cheval qui a des problèmes et qui est déconnecté de lui-même. J'ai souvent ce que j’appelle "des repris de justices". Un cheval qui a trop morflé dans sa vie c'est détaché de son corps et de ce qui l'entour. Il vit, il interagit il peut-être relativement performant dans ce qu'on lui demande mais ne sait plus ce qui est bon pour lui, il ne voit pas le danger, il sent très peu la douleur quelque part il n'est plus là. Ton histoire me fait pensé à cela car il a fallu que les choses deviennent hyper violente pour qu'enfin tu sentes qu'il y a un vrai danger.

Bon, en même temps merci beaucoup pour ce récit car je vis seule dans un bosquet et je me dis que me construire une échappatoire de mon lieu de vie en cas de problème pourrais un jour être utile.
Il n'y a que les poissons morts qui suivent le courant

17 novembre 2018 à 10:43:24
Réponse #7

Baptistator


J'ai grandis avec les récits de la forêt amazonienne, Cousteau, Jeromine Pasteur, les mystérieuses citées d'or. C'est un milieu qui m'a toujours passionné et que j'ai toujours voulu partir la bas à l'aventure.

Et puis j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de vieux aventuriers qui on passé du temps la bas certains il y a très longtemps. Tous ont été éprouvés par la jungle, entre les crises de pallu qui te couchent une semaine seul au milieu de nulle part, et les amis qui soudain sans que tu comprenne pourquoi te plantent au milieu de nulle part... avec leurs récits j'ai commencé à me refroidir sur l'idée de partir la bas.

Et surtout tous m'ont confié être rentrés à cause des groupes armés.

J'ai aussi rencontré quelques autochtones et ce qui m'a touché chez eux c'est leur fatalisme, pour eux finir tué par balle fais partie des accidents de la vie courante comme une inondation ou un incendie.

Bref pour en revenir à ton récit, en me basant sur ce que je sait et les récits des gens rencontrés je pense que fatalement un jour où l'autre ça devais arriver. Même si c'est sûrement plus calme de nos jours.

Après au niveau de ce que tu aurais pu faire je ne vois pas trop quoi te dire à part peut être que tu aurais du écouter ta compagne. Les femmes ont souvent un instinct plus prononcé que les hommes en matière de danger.

Voilà heureux que vous vous en soyez sortis sans dommages.

Bon retour


17 novembre 2018 à 11:20:49
Réponse #8

Aleksi


Salut à tous, merci pour vos messages :). Je vais essayer de répondre un peu.

@ Arnaud : Je vais passé 4 mois dans les Pyrénées avec ma douce, ca devrait racheter un peu de tranquillité à ma bonne étoile  :)

@Pnoey : L'orpaillage a très mauvaise publicité à l'étranger. Globalement on visualise la violence et la destruction de la nature. Dans les faits, c'est une activité plutôt peinard qui concernent des familles de paysans. La plupart travaillent uniquement à la battée et le mercure n'est pas toujours utilisé. Je dirais pas parce qu'ils ont une conscience écologique, mais disons que c'est cher pour eux et qu'on peut très bien s'en passer. Il faut faire la différence entre l'exploitation industrielle, toujours nocive et destructive, et l'artisanale qui ne fait que bouger quelques mètres cubes de graviers pour les déposer quelques mètres plus loin dans la rivière. Attention, certaines zones sont pourries je le nie pas. La Guyane est un exemple, il y'en a d'autres. Mais c'est pas que ça.

@Merlin : Sur ton point concernant la solitude, j'adhère à 100%. Même si jusqu'à présent je gérais bien (parfois plus d'un mois totalement seul en forêt), cette fois ci le contexte était différent et c'est partie en vrille. Je souhaiterai aller plus loin qu'être accompagné ou non, dans une aventure / voyage au long cours. Le point le plus important pour moi, c'est de ne pas oublier les gens qu'on a laissé à la maison. La famille, les amis. Je n'ai pas toujours bien entretenu cela. Quand j'ai eu accès à un téléphone, je me suis sentis bien con à ne pas savoir qui appeler pour dire "ca va pas...". Je ne l'avais jamais fais, et je me disais que personne n'avait envie de m'entendre dire ça de toute manière. Il faut entretenir les relations qui comptent, même à distance, sur le long terme. On peut voyager seul, mais il faut faire attention à ne pas s'isoler.

@Patoruzu : Il n'y a rien d'admirable dans ce que je fais, c'est une vocation. J'ai mes hauts et mes bas comme tous le monde, mes doutes et remises en question. Je serais incapable de vivre l'usine une vie entière, certains le font et gardent la tête haute. J'ai bien plus de respect pour eux car ça, ça demande du mental... Concernant les Zykë'n co, je connais, un peu. Des potes de potes disons. Zykë est aux antipodes de ma façon d'appréhender l'aventure. C'est un voyou, intrusif, qui aime jouer les bad-boy avec des gros flingues, et prétends avoir à faire à des criminelles tout autour de lui pour justifier cela, alors que crois moi ça n'est pas le cas. Il vient juste faire chier son monde et viole complètement la tranquillité des paysans, dans des pays ou c'est facile de le faire et ou les lois sont flexibles à l'infinie. Passant sur les aspects moraux borderline (plus que borderline en fait) de son attitude, il est en plus mythomane. J'ai été profondément déçu par tous ces aventuriers francais que j'ai eu l'occasion de rencontrer, qui m'ont lancé sur certaines aventures (la légende d'Atahualpa avec Philippe Esnos par exemple). Les mecs vivent dans un monde de fantaisie, avec un égo absolument disproportionné. Je n'adhère pas.
Enfin, concernant l'aventure et le risque, j'essai de ne pas être trop élitiste. J'écoute des récits de voyage de certains de mes amis, pas risqué, pas dans des zones craignos, mais largement en dehors de leur zone de confort. Ils vivent donc leur aventure. L'aventure, la liberté, tout ça, c'est très personnel, très floue finalement. Pour moi oui une composante obligatoire est le risque, parce que je suis comme un base-jumper addicte à l'adrénaline. Lors d'une aventure avec de gros enjeux, j'aime la personnalité qui prend le dessus. Hyper attentive, hyper vigilante, hyper réactive, calme, etc. Mais c'est juste un shoot pour vivre ça sur le court terme, une bonne ligne de coke en somme. Est-ce vraiment nécessaire à tout le monde ?

@Hurgoz : Merci amigo. Je retiens l'idée d'une fausse piste, effectivement les natifs en savaient quelque chose à ce niveau là.

@Utopie : Tu rejoins un peu ce que me disent la plupart de mes potes oui. Mais c'est difficile de faire la part des choses. Je sais que pas mal de trucs que j'ai fais sont grâce à mon acharnement, une forme de rusticité et une capacité à ne pas abandonner dès les premiers signes de "ca craint". Pour moi le problème est toujours la responsabilité. Aussi, il faut assumer la conséquences de ces décisions, pour de vrai, pas juste des paroles. Ca parait cliché, mais c'est ça. Quand ça m*rde vraiment, il faut assumer. Recevoir la victoire ou la défaite avec la même attitude. A quel moment l'acharnement est-il une qualité, à quel moment devient il nocif ? Compliqué... Merci pour ta comparaison  :). Je n'ai pas envie d'être déconnecté, clairement.
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

17 novembre 2018 à 11:28:34
Réponse #9

Aleksi


Salut Baptisator,

Pour moi aussi les groupes armés et le palu etc font partie de l'aventure en jungle. Ce n'est pas la première fois que je m'y confronte d'ailleurs. Il y'a quelques années j'avais traversé le Darien à pieds, à l'arrache, entre la Colombie et Panama. A ce moment je savais à quoi m'attendre, j'étais mentalement prêt à ne pas revenir mais si bien sur ne le désirais pas. Je me suis fais braqué par des bandits, évité les FARCS et sauvé un groupe de pakistanais mort de faim perdu au milieu de nul part, ce qui m'a valut de faire un tour en tôle (c'est mal de sauver la vie des gens pour certains).

Ce coup-ci, je me suis fais prendre par surprise car volontairement me suis installé dans une zone des plus tranquille du pays pour ne pas avoir à me soucier des groupes armés. Je voulais du vert, du travail et de l'amour. Ma garde psychologique était baissé...
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

17 novembre 2018 à 12:26:29
Réponse #10

bloodyfrog


Salut, et merci de ce partage. :)

Fait un peu froid dans le dos ton histoire, même au chaud devant son clavier... alors dans ton trou dans la nuit zébrée par les torches, j'ai une petite idée de l'effet que ça a du faire... d'autant que dans une autre vie il m'est arrivé d'être "poursuivi en jungle", et c'est un poil anxiogène (le mot est faible)...

Shit happens. Surtout dans certaines régions du monde ou "prévoir" est plus difficile.
Tes choix initiaux ne sont donc pas amha à remettre en cause.

Là ou ça coince selon moi, c'est plutôt à ce moment là:
Citer
(...) Vraiment louches. Ils partent, je m’endors, lendemain matin tout est oublié (...)
Après ton premier réveil, et la nuit un peu chaude, avec ces mecs armés qui fouillent la zone, réguliers ou paramilitaires pourris (dans certains coins ces gars sont les mêmes, ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre...), une réaction saine aurait été de plier sur le champ, dès l'horizon un peu clair, sans attendre une seconde nuit.

Comme tu l'écris, cette espèce de désensibilisation est à creuser, car dans cette situation, elle aurait pu te coûter très cher...

Au combat, tout le monde a peur. Même le gars qui part seul réduire un nid de mitrailleuses ennemis.
Et je reprend un peu la même comparaison qu'Utopie ci dessus avec son vieux cheval, parfois, un gars semble ne plus avoir cette peur, car déconnecté...
Ce gars est dangereux, pour lui, et pour ces copains, et souvent très vite écarté... si pas mort avant...

Repose toi, et essaie de parler à un professionnel, cette aventure n'est pas anodine, et tu vivras mieux c'est certain la suite de tes aventures après avoir évacué ça.

Un truc m'intrigue: tu dis avoir prévu/aménagé une cache. A quoi était elle destinée si tu pensais le coin si calme? Planquer du matos quand absent du camp? Quelle forme avait elle?
 
Cette cache, rien que le fait d'avoir à y plonger aurait du te forcer à déguerpir, sans avoir à passer une seconde nuit sur place. Un peu comme le kit de survie que certains portent en poche. Si tu dois t'en servir, c'est que la sortie est pourrie. On arrête de jouer*, et on rentre au plus vite.

Manu. :)

Note*: j'ai bien compris que tu ne jouais pas, mais que c'était le vie que tu as choisi. D'autant plus.




17 novembre 2018 à 13:36:38
Réponse #11

b@s


pas grand chose à ajouter, si ce n'est que je remercie Aleksi de partager , le fil est passionnant et instructif...

l'image du cheval d'utopie est très parlante et résonne dans beaucoup de domaines (professionnel dans mon cas, mais ça peut aussi servir ailleurs...)

Pour en revenir à Aleksi, C'est rare de rencontrer quelqu'un qui "assume" autant ses choix, ses prises de risques. gaffe quand même, y'a des signes qu'il faut savoir entendre ... ;)

17 novembre 2018 à 14:59:31
Réponse #12

cosmikvratch


merci pour le récit!

D'un côté sur le moment tu sembles avoir fait preuve de bons réflexes: aller à l'écart sans bruit, puis rester où tu étais, sachant que la plupart des incidents graves dans ce type de contexte se produisent lors de déplacements... Tu avais aussi 2 choses bien préparées: un sac d'évac et une cachette

Par contre je rejoins d'autres avis: s'il y a erreur, selon moi c'est de retourner sur le campement la deuxième nuit sans avoir au moins cherché à comprendre en détail ce qui s'était passé la première nuit, et s'il y avait des raisons/garanties pour penser que ça ne se reproduirait pas.

Comme tu le dis la (classique) tendance à la banalisation du risque lors d'expositions répétées et prolongées au danger rend nécessaire une approche froide et pragmatique: la peur/anxiété n'est plus bonne conseillère. Il faut vraiment peser le pour/le contre. Dormir dans le village voisin en attendant d'en savoir plus aurait sans doute été plus sage... mais tu es retourné vers l'endroit qui te donnait (à tort) le plus grand sentiment de sécurité j'imagine...

Je comprends bien tes rumination sur le thème "et si ma compagne..." "et si ceci ou cela". Elles ne vont pas forcément t'avancer à grand chose.

Si tu veux creuser un peu plus le sujet:
Dans des cas similaires dans mon boulot on fait un rapport d'incident, pour essayer d'en tirer les leçons. C'est en utilisant cette grille que je lis ton récit. Dans la réalité ça permet de limiter les reproductions d'erreurs, mais aussi de se rendre compte de ce qu'on ne pouvait pas maîtriser (donc sur lesquels il n'y a pas de regret à avoir). Tu coches déjà la plupart des cases dans ton narratif, c'est surtout d'un point de vue structure/grille de lecture que ça peut faire apparaître ce qui peut servir (à toi et aux autres) ;)

La structure est simple, et vise surtout à bien séparer les faits, les actions, l'analyse et les remarques personnelles
-description des faits la plus précise possible, le plus chronologique possible (tu l'as déjà fait!)
-descriptions des mesures prises
-analyse
-commentaires personnels

Exemples de questions auxquelles le document devrait pouvoir répondre:
-quels étaient les risques identifiés a priori? (y compris ceux qui ne se sont pas produit!, car parfois les mesures à prendre sont contradictoires)
-quelles mesures étaient en place pour les limiter?
  • actives: ex: écouter les infos quotidiennement pour savoir s'il se passe des trucs dans ta zone
  • passives: ex: sacs de sable contre les murs dans une zone où les tirs sont fréquents
-lors de l'incident proprement dit:
-quelles étaient les moments de décision (où une décision était nécessaire), quelles ont elles été, quelles étaient les alternatives??
-quelles mesures immédiates ont été prises pour mitiger le risque?
-qui a été prévenu, quand?
-quelles mesures différées?

et enfin analyse:
-quelles "erreurs" (décisions alternatives meilleures) ont été faites y compris si ça n' a pas eu de conséquence grave sur cet épisode précis!
-quelles ont été les bonnes décisions (qui ont permis de minimiser les conséquences de l'incident)
-quelles recommandations pour éviter un nouvel évènement

Une question plus fondamentale peut aussi être de tenter de définir le rapport bénéfice/risque fondamental de la présence dans une zone à risque:
par exemple (caricatural) un risque de blessure par balle peut être jugé acceptable pour un ambulancier sur le champ de bataille (bénéfice: sauver des vies), et totalement inacceptable pour une ménagère qui fait ses courses (bénéfice: un boeuf bourguignon au lieu de soupe en sachet)...

en conclusion, ce qu'on dit dans mon milieu face à ce genre d'incident, même si ça paraît superflu: tu t'en es sorti, donc au final c'est une expérience positive!  :up:
« Modifié: 17 novembre 2018 à 15:16:57 par cosmikvratch »
Life's a bitch (and then you die)

17 novembre 2018 à 16:04:54
Réponse #13

Aleksi


Merci les gars, sincèrement.

Je vois que plusieurs d'entre vous me conseil d'évacuer, d'en parler. J'ai moi même eu un peu peur de mes réactions après l'événements. J'ai enchaîné les nuits blanches à cause des "et si" jusqu'à enfin pouvoir les contrôler, les ignorer (les "et si"). Ca n'apporte aucune solution d'envisager des fins dramatiques à une situation qui s'est déjà déroulé et donc dont on connait l'issue. Facile à dire ceci dit...
J'ai eu quelques nuits agitées ou un rayon de lune passant par la fenêtre me faisait bondir hors du lit, croyant voir les lumières revenir.
Puis j'ai redécouvert l'importance du cercle familiale. Ils ont été à l'écoute et ne m'ont pas jugé. Ma mère pré-sentait le choc post-traumatique et m'a demandée de déballer mon sac sans l'épargner sur les détails.
Moi ce que je retiens aussi c'est que l'on est pas soit une personne solide, soit une personne vulnérable. On a des moments ou l'on est l'un ou l'autre, et avec les circonstances on est jamais à l'abris d'être ce qu'on ne pensais jamais être. Dans un autre contexte, j'aurais continué mon chemin. La j'étais au fond du gouffre et c'était la cerise sur le gâteau, si je puis dire.

Je vais bien, super bien même. C'est digéré, je suis prêt pour la suite. A fond même, avec d'autres perspectives, fraîches  :). Ce post me permet également d'évacuer un peu, d'écouter objectivement d'autres avis.

Aussi, je ne veux pas vous mentir. Je ne suis pas super warrior, la cache c'était pas le truc super bien prévu, optimum et tout. Donc :

@Manu : C'était dans une partie de végétation très dense avec des plantes "agressives", c'est à dire épineuses, coupantes, emmêlées, etc. On n'y accédait jamais via notre campement (même si à vol d'oiseau elle se trouvait à une trentaine de mètres derrière en réalité...) mais par une piste détournée. On l'a aménagée de manière à ce qu'elle ne soit sur aucune piste animal ou humaine. Le chemin qu'on utilisait était camouflé : lorsqu'on l'utilisait pour le matos, on ne coupait rien. Ma compagne prenait le temps d'attacher avec une petite ficelle toutes les branches gênantes pour ouvrir un passage pendant que je chargeais l'équipement. Après dépôt et camouflage du matos, on revenait sur nos pas en retirant la ficelle ce qui fermait la végétation, en déposant des feuilles mortes sur le sol pour effacer notre piste. Il y'avait une dépression naturelle dans le sol au niveau de la planque que j'ai un peu agrandie, puis mis un tas de feuilles mortes à proximité, pour se cacher en cas de visite nocturne. Je sais depuis longtemps que la machette n'arrête pas un zicarios déterminé, c'est simplement un objet trop commun pour être intimidant...

@Cosmikvratch : Très instructif, merci. je vais me prêter au truc.

"Une question plus fondamentale peut aussi être de tenter de définir le rapport bénéfice/risque fondamental de la présence dans une zone à risque"

C'est la ou c'est compliqué pour moi, voir gênant. La démarche est entre personnelle et égoïste... Ce qui est le cas de beaucoup "d'aventuriers" (c'est quoi un aventurier ?  ;D), même si certains doivent vendre un engagement plus "écologique" ou "humanitaire" pour la levé de sponsors, on en revient souvent quand même à quelque chose de vraiment très centré sur soi...

L’expérience est en effet positive ! Et ça m'a permis encore une fois de faire le tri dans certains de mes projets, ceux pour lesquels je suis prêt à prendre des risques, ceux pour lesquels je considère que ça n'est pas la peine. En gros, ça a été vite vu : Tel projet me vient t-il du fond des tripes, ou simplement un défi débile à ajouter au CV bidon du wannabe aventurier qui cherche sa place ...

Pour ne pas se perdre, il faut suivre un fil sur le long terme. L'engagement, j'aime le mot anglais (c'est pas pour me donner un style) qui je trouve a beaucoup d'impact : commitment.
Donner du sens à ce que l'on fait, c'est pas toujours facile. Puis la question... J'ai tout juste 30 piges, j'ai fais quelques trucs, mais maintenant... que faire de ce qui a été fait, comment mettre les choses en perspective, évoluer ? C'est cool la life, c'est intéressant  ;)
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

17 novembre 2018 à 16:14:52
Réponse #14

Aleksi


Un peu comme le kit de survie que certains portent en poche. Si tu dois t'en servir, c'est que la sortie est pourrie. On arrête de jouer*, et on rentre au plus vite.

C'est exactement ça Amigo, et j'ai su le faire, plusieurs fois ! Renoncer, dire stop. La dernière fois, c'était pour un campement en forêt. Je voulais simplement passer 1 mois seul dans la verte, sans gros déplacement, dans un endroit à la cool. Que personne me fasse chier si je voulais passer deux jours d'affiler à bouquiner dans mon hamac en grignotant du poisson grillé  ;D. Ca se passait tellement bien et j'étais tellement occupé que je pensais rester un peu plus. Puis je me suis pris une énorme tempête dans la tronche, les arbres qui tombaient comme des brindilles autour de mon camp, la rivière qui sort de son lit et envahit le campement, etc. Le lendemain, j'ai plié bagage, ciao. Parce que je voulais être à la cool. Si j'étais en "expé", je n'y aurai pas prêté attention, je pense.
C'est compliqué, le biais par lequel on voit tel ou tel événement... Ainsi que le seuil de tolérance personnel, variable. Il s'agit en fait peut-être de régulièrement prendre un peu de distance, évaluer, et ré-étalonner.
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

17 novembre 2018 à 16:59:08
Réponse #15

Utopie


Lors d'une conférence avec Laurence de la Ferrière (une nana qui a traversé seule le pole sud en tirant son traineau) je me demandais pourquoi elle s'infligeait autant de souffrance et de risque.
Une chasseuse de tête à côté de moi m'a expliqué que c'était une question d'hormone. Pour se sentir vivre certain avaient besoin de se mettre en danger plus que d'autres. L'adolescence est une période critique pour ça car nous avons beaucoup d’hormones qui nous poussent à prendre des risques. Les choses rentrent dans l’ordre plus ou moins par la suite. C’est un facteur qu’elle regardait attentivement pour le recrutement de personne en fonction du type d’emploi à pourvoir.

Cette façon de voir des choses m’avait à l’époque choqué. Sommes-nous vraiment libre dans nos décisions ???

Pour la déconnexion n’y voyons pas que du négatif. Il y a forcement des pans de notre personnalité que nous avons du blinder pour pas trop morfler et pouvoir survivre à certains événements pas cool. L'exemple de mes chevaux est extrême et en même temps très explicite. Etre vraiment à l’écoute de ce qui nous entoure, de nous même, à notre juste place en fonction de notre vraie personnalité profonde et dans le présent est un saint graal que je n’ai pas encore atteins. Les événements de la vie peuvent nous aider à nous rapprocher de cela. Peut-être ?
Il n'y a que les poissons morts qui suivent le courant

17 novembre 2018 à 18:03:29
Réponse #16

cosmikvratch


même si certains doivent vendre un engagement plus "écologique" ou "humanitaire" pour la levé de sponsors, on en revient souvent quand même à quelque chose de vraiment très centré sur soi...

touché!  :o

Je me retrouve bien dans tes descriptions de recherche d'adrénaline... Tout ce qui vient justifier la prise de risque est parfois de l'ordre de la rationalisation, alors qu'au final c'est les tripes qui décident...

un avantage à la "cause" pour justifier tout ça: si ça tourne mal, c'est plus facile à digérer pour les proches  ;)
Life's a bitch (and then you die)

17 novembre 2018 à 18:09:00
Réponse #17

gowildadventure


Salut Amigo,

Tout d'abord je suis heureux que tu sois encore parmi nous. Ton récit fait de l'effet. J'imagine bien les conséquences post-traumatique...

Pour moi tu aurais dû te tirer dès la première nuit. C'est facile de dire ça après  ::) mais si tu pensais être dans un coin tranquille et que tu vois des types louches et armé et ben c'est tout de suite un coin moins tranquille...

Il y a un truc qui me travaille... la deuxième nuit les types semble revenir de la même façon que la première nuit. Mais tu dis que soudain tu aperçois trois types dans ta cuisine lumière éteinte  :'(

A mon avis ça veut dire un truc, ils savaient exactement où tu étais. Ils avaient sûrement fait une reconnaissance entre deux (après avoir trouvé ton matériel). Ton matériel t'a trahi et ils ont fait une reco à cause de ça.

Donc pour moi si tu retournes en jungle il y a deux trucs que tu peux «améliorer»
- ne laisser aucune trace et encore moins du matos aux abords du campement
- il existe des sortes d'alarme personnelle avec une petite goupille que tu peux attacher à un fil piège pour sécuriser un accès (ça supprime l'effet de surprise)

Voilà repose toi bien et prends soin de toi amigo

A plus
Jolan
La vie est un choix

17 novembre 2018 à 18:25:05
Réponse #18

Aleksi


C'est clair vous avez tous raison, c'était pas raisonnable de revenir au campement. Vraiment à ce moment je ne voyais pas le problème, maintenant mieux.

En ce qui concerne tes solutions Jolan, merci de me rappeler le coups des alarmes ! J'en faisaient souvent en bivouac urbain, file de pêche, canette de bière, bouteilles vides etc. Jamais en forêt ! Merci pour la piqûre de rappel.

En ce qui concerne le matos, malheureusement impossible. Une pelle et une batée ce remontent au camp sans problème, le matos de plongée, les flotteurs et tous le bordel pas. Sinon tu perd trop de temps dans la journée. Alors c'est soit tu paie une équipe plus grosse (pas mon délire, avant tout je fais ça pour être peinard dans la verte), soit tu perd un temps / énergie monstre, et ton projet n'est plus rentable.

Pour le retour des mecs, une hypothèse avancé par mon ami sur place est le post nettoyage de témoins potentiels.
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

17 novembre 2018 à 22:21:38
Réponse #19

Merlin06


Pour le retour des mecs, une hypothèse avancé par mon ami sur place est le post nettoyage de témoins potentiels.
Clairement oui.
L'âme sûre ruse mal. ;)

18 novembre 2018 à 22:11:44
Réponse #20

DavidManise


Merci pour ce super partage... 

Un truc qui explique la recherche de "difficultés" c'est l'état de conscience dans lequel ça nous met. 

Je viens de finir de traduire un bouquin sur le sujet pour Amphora, et franchement je comprends mieux comment je fonctionne depuis. 

Ca sera l'objet d'une rubrique de forum au complet, dès qu'on sort la nouvelle version.  Mais en gros, vous pouvez déjà demander à google au sujet du "flow".

Ca commence à être super bien documenté en anglais, et sérieusement mieux compris depuis 2012 environ. 

Subitement, je comprends pourquoi je suis si con.  Et je me sens moins seul :)

On en reparle bientôt, du coup, dans un autre sujet ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

19 novembre 2018 à 09:54:48
Réponse #21

Aleksi


Super intéressant David, tu viens de mettre un nom sur quelque chose que je peinais à définir ! L'état de conscience dans lequel cela nous met, c'est tout à fait ça ! Simple.
Jusqu'à présent dans mes carnets de route je me référais à cela sous le nom de "l'hyper soi", ou encore le syndrome du soldat sans mission  ::).
J'ai lu quelques articles du coups, mais j'attendrai la création du dis-sujet pour intervenir dessus et commencer une conversation. Ca fais du bien de (un peu) comprendre pourquoi on est con   ;)
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

19 novembre 2018 à 11:36:53
Réponse #22

Tompouss


Sur le flow il va y avoir moyen de discuter j'ai beaucoup cherché là dessus en bossant sur le "deep work" et en tentant d'expliquer à des collègues comment une concentration extrême pouvait permettre de réaliser autant de choses en si peu de temps (et du coup ménager du temps "off-work")

20 novembre 2018 à 14:18:05
Réponse #23

Baptistator


Salut,

Petite réflexion, je ne connais pas ton style de vie ni si tu est dans la jungle à l'année longue mais tu n'a jamais songé à prendre un chien ?

Moi qui vis en camion ça fais partie des indispensables.

Dans ton cas ça te permettrais d'avoir un système d'alarme pour éviter que ce genre d'intrusion se reproduise.

Bien dressé il n'aboiera pas mais grognera pour te signaler le danger sans dévoiler ta position. Et éventuellement en cas de danger il pourra te défendre.

Je me souviens d'un mec qui me parlais des chiens semi sauvages qu'ont certains autochtones, de la variété "put**n de bâtards de la jungle croisés caïman" (je cite de mémoire). Les chiens traînaient dans les villages en étant semi sauvages, servaient pour la chasse et prévenaient le village longtemps avant l'arrivée des visiteurs (et accessoirement machouillaient les étrangers).

Le mec en question trouvais systématiquement les villages autochtones vides à son arrivée.

20 novembre 2018 à 17:57:16
Réponse #24

Aleksi


Salut Baptisator,

Je n'ai rien contre les chiens mais je suis toujours en mouvement et traverse perpétuellement des frontières.
C'est déjà pas toujours simple pour nous humains, mais avec un chien... Et le moins de temps je peux passer à négocier avec les services d'immigration de certains pays, mieux je me porte.
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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