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Auteur Sujet: Vacances en Norvège, rando et canot  (Lu 505 fois)

10 septembre 2018 à 23:29:03
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Laqueuedurang


Bonjour,

Comme c'est résumé dans le titre, je voulais vous faire un petit retour sur mes vacances estivales pour lesquelles j'avais choisi d'aller pagayer et faire de la randonnée en Norvège.
L'idée était de partir au moins à deux, mais ne connaissant personne ayant les mêmes aspirations que moi, j'ai fait l'expérience de partir avec un copain, intéressé de prime abord, mais qui n'avait aucune expérience ni du canoë, ni de la rando sur plusieurs jours, ni du bivouac et n'avait pas non plus de matériel.
Expérience intéressante vous allez me dire, puisqu'elle permettra de comparer les deux personnes en situation :) 

Nous sommes donc partis du coté du Femundsmarka pour un itinéraire varié en canoë préparé par mes soins aux petits oignons... Première étape dès la perception du canoë chez le loueur : faire une petite initiation sur le bord du lac à mon acolyte tant que le canoë est vide pour que la navigation se passe au mieux... Le loueur nous informe que le vent ne permettra d'aller sur le lac ce jour, ce que nous ne pouvons pas vérifier puisqu'il faut descendre environ 1km de rivière calme pour y arriver. Nous descendons donc la petite rivière tranquille qui mène au lac, puis arrivés dans une petite baie relativement abritée nous pouvons faire quelques exercices. Le lac est effectivement déchainé, trois pêcheurs en kayak sont devant nous, les cannes déployées plantées sur les bateaux, s'arrêtent avant les grosses vagues, regardent un moment... puis font demi-tour  :D Je vois quand même un autre canoë de loc derrière nous s'engager sur le lac, un petit couple de jeunes ne paraissant pas équipés pour ce genre de conditions, bon... A gauche de la baie il y a une ile, je décide d'y aller pour m'approcher à pied le plus possible du lac et voir de près ce qu'il en est, il a commencé à pleuvoir. Nous débarquons, marchons dans les rochers recouverts de mousse pour arriver à l'autre bout, et voir nos deux jeunes allemands essayer péniblement de monter leur canoë chargé sur la terre ferme, en jeans et survet coton :D pas de sacs étanches, etc... de vrais aventuriers qui n'ont peur de rien !  ;D Nous les aidons, ils nous remercient pour le coup de main et feront finalement demi-tour, trempés.. Nous passerons le reste de la journée au camping avec eux à discuter et à faire sécher les affaires. Très intéressants car n'ayant pas vraiment le matériel adapté, ils étaient vraiment motivés pour l'aventure et n'en étaient pas à leur premier coup d'essai et galère du genre  :) La fille la première à mettre la main à la pâte à allumer un feu avec du bois mouillé, arf, voilà ce qu'il me faudrait moi comme compagne... bref.

Le lendemain la situation est un peu meilleure mais il y a quand même de belles vagues. Le genre de conditions qui demandent d'être attentif à chaque instant pour ne pas faire un plongeon... Nous partons, traversons le lac au point le plus court, puis continuons vers le Nord pour se poser au bivouac prévu sur une petite île, le vent se calme dans l'après-midi mais malgré tout on l'a de face, le temps de trajet est donc bien augmenté par rapport à ce que j'avais prévu. Le coin est superbe, il y a une petite maison de vacances sur l'île comme ils savent faire là bas, uniquement accessible en bateau, inoccupée.



Le lendemain nous repartons pour un petit trajet supplémentaire le long de la cote afin d'atteindre un chemin où j'ai prévu de portager jusqu'au lac voisin. Toujours du vent, toujours des vagues, toujours un temps de parcours plus long que prévu.. On débarque et là... ben c'est là que je me rend compte que j'ai un peu surestimé ce portage...  ;# Il y a environ 2km jusqu'à un petit lac entre les deux puis encore 1,5km. Sauf que le chemin... hébin y a pas vraiment de chemin ! Ici c'est la nature sauvage, la vraie (l'hélicoptère va pas là bas comme nous a dit le loueur :D), donc le sol c'est une alternance de roches recouvertes d'une épaisse couche de végétation basse, donc irrégulier, et de tourbière pleine d'eau où on s'enfonce un peu comme quand on marche dans la neige... Le copain ne peut pas porter le canoë avec moi rien que de le regarder... le canoë n'a pas de joug de portage, il est en alu et est fait dans ces pays là, ils sont bizarres leurs canoës. Bon je me rend vite compte qu'on pourra pas passer quoi. On va donc à pied et sans bagages faire un tour jusqu'à ce fameux petit lac. C'est superbe, aucun passage, personne (ou presque) ne vient là.



Je tiens à voir la suite du chemin car j'avais quand même remarqué sur les vues satellites qu'il y avait une trace genre de pneus de véhicule. Et quand on y arrive... ben je me dis que les rennes doivent marcher par deux en fait !!  ;D



Non il n'y a vraiment rien par là, la seule chose qui fait une trace sur le sol c'est soit un animal soit l'eau..

Nous passons la nuit sur place puis le lendemain je décide de faire demi-tour, il fait beau, presque pas de vent et... dans le dos :) Le retour est du coup beaucoup plus rapide, environ moitié du temps ! Mon collègue se croit arrivé avant d'être arrivé, ce qui est passablement agaçant, et de toutes façons en a déjà marre du canoë... La journée du lendemain étant prévue à la pluie (il a plu toute la journée) et après ne restant qu'une journée de loc, je préfère en rester là. La journée de pluie a servi à trainer en voiture, et le dernier jour à pécher dans le lac voisin depuis le bord (ben oui, j'avais pris un permis moi du coup, le con ! :D)



Moralité :
- Ce n'est pas la première mais c'est la dernière fois que j'essaie d'apprendre à pagayer à quelqu'un qui n'a ni l'envie d'apprendre, ni la capacité physique pour le faire. Le constat est toujours le même : le débutant a tendance à dire "houla ton truc c'est compliqué, j'y arrive pas, je fais comme je sais faire, et ça me va bien pour moi" Je conseille à ces gens là d'écrire un livre en rentrant : "Ma méthode du canoë", ça sera un best-seller ! C'est vrai quoi, on se demande pourquoi les indiens ont peaufiné des gestes pendant des centaines d'années pour qu'ils se transmettent jusqu'à nous alors que c'est si simple de faire n'importe comment !
- Il est très difficile de prévoir un parcours et de s'y tenir. J'avais prévu un truc vachement optimiste, bien sûr modulable en le raccourcissant, mais les conditions climatiques font qu'il n'est pas toujours possible de passer, que ça prend plus de temps, le manque d'habitude, l'organisation, bref, il vaut mieux prévoir trèèès large si on veut faire un grand parcours !
- A part ça j'ai été très content d'aller là où j'avais choisi car le coin était magnifique et nous n'avons croisé personne :)

Deuxième partie : la rando.

Oui j'ai préféré scinder les activités en deux, histoire de pas faire trop long pour chaque activité, de pas faire tout le temps la même chose et aussi pour une question de matériel et de bouffe. Nous sommes donc partis direction la vallée d'Hessdalen pour une rando sur quelques jours au rythme adapté aux souhaits de mon camarade. On pose la voiture puis direction un lac sur les hauteurs, par un court parcours, bivouac sur une mini plage pour être au sec et à l'abri du vent. Le coin est superbe, il n'y a personne.



Le lendemain départ dans la tourbière sur la hauteur, puis redescente dans la vallée pour remonter de l'autre coté se poser au bord d'un autre lac. Ce coté là est fait d'un grand plateau avec lacs et... tourbière :) Le coin est encore plus beau, on arrive à trouver des petites places assez plates sur la mousse pour poser les tentes, nickel !



C'est à cet endroit que mon partenaire décide d'abandonner la rando... Le trajet en boucle autorisant un retour rapide à la voiture, je le laisserai redescendre le lendemain pour continuer seul.

Le lendemain je pars donc seul à travers le plateau fait de tourbière et d'un peu de relief puis de lacs, pour rejoindre la petite route touristique qui me permettra de finir le parcours sur un sol plus facile. J'essaie bien sûr d'éviter les endroits les plus gorgés d'eau mais ce n'est pas facile et au bout de quelques dizaines de minutes j'arrive à un endroit où au sol il y a quelques centimètres d'eau claire sur un fond lisse et marron. Bon, je m'engage dessus et là j'ai l'impression de marcher sur un immense Flamby, tout le fond bouge sous mes pieds  :) Je me dis hola là ça a pas l'air d'être bon, je me retourne et là, vrouuuff, je m'enfonce d'un coup jusqu'à mi-cuisse, tombe en avant, heureusement juste au bord et j'arrive à ressortir facilement. J'éviterai ces zones là par la suite...vé quand même pas crever là moi non ?
La journée se passe sous une petite pluie, je suis content de retrouver la route (enfin plutôt piste quoi), puis je me trouve un petit coin de bivouac tout mignon juste au bord d'un petit cours d'eau alors que la pluie s'arrête et que le soleil est là pour sécher mes affaires.



Dans la nuit je retrouverai quand même ma tente gelée (comme la nuit d'avant), bah oui pour un fin août fait quand même pas chaud...

J'écourterai par la suite la rando pour pouvoir avoir le temps de refaire les bagages pour le retour et se rapprocher de l'aéroport.

Je suis donc content aussi de mon choix sur le site de la rando, la vallée est superbe, vaste mais pas trop pour pouvoir se faire un parcours raisonnable à pied.

Conclusion

Pour donner un retour sur la différence d'expérience entre nous deux, je dirais que le copain s'en est bien sorti. Malgré les conditions, malgré un matériel réduit qu'il ne connaissait pas, il a plutôt bien supporté le bivouac, les conditions climatiques, le terrain, l'isolement. Il a plus péché sur l'activité physique, mais bon c'est un peu dans sa nature...

La Norvège c'est un drôle de pays. Il y a peu de gens, peu de voitures, les gens sont discrets, la nature omniprésente et tellement pure...

J'ai été globalement très satisfait de mon matériel, malgré le risque que j'ai pris d'en utiliser une bonne partie pour la première fois ! ce qu'il ne faut pas faire  ;D :

- Je suis content d'avoir enfin trouvé LES grolles pour le canoë, comme les pros m'avaient conseillé, la Bestard Canyon Guide. De la bonne chaussure de canyon, confortable, légère, bien protectrice, son seul défaut : une semelle glissante sur les rochers humides (pour une pompe de canyon c'est ballot...) mais je lui pardonne pour toutes ses autres qualités. Je les ai même conservées pour la rando, car quitte à avoir les pieds tout le temps mouillés autant que ce soit dans des chaussures confortables.. Si c'était à refaire et si je devais conseiller des chaussures pour marcher sur ce type de terrain ça serait sans hésiter : les bottes en caoutchouc !, confortables, faites pour marcher. C'est d'ailleurs ce qu'avait mis le loueur de canoë sur la liste de matos (pour marcher hein, pas pour faire du canoë) et c'est clairement le seul type de chaussant qui peut vous garder les pieds au sec.

- Très content aussi de mes fringues, surtout les couches externes du haut, dont j'ai longtemps cherché à percer le secret. La combinaison coupe-vent Pertex avec smock en coton Epic que j'ai choisi grâce aux conseils du forum est idéale, franchement j'en suis fan ! :) Déjà que pour la plupart des conditions le coupe vent suffit amplement, j'ai pu apprécier le confort de cette tenue à l'effort et avec les variations de température. Grosse modo là ou le copain n'arrêtait pas d'enlever une couche dès qu'il y avait un rayon de soleil ou que ça montait, de remettre sa veste de pluie à la moindre goutte, de la ré-enlever dès que ça s'arrêtait, moi j'ai tout fait de 0°C à 17°C sans inconfort, et sans transpirer. Et quand c'est mouillé hébin ça sèche assez vite. Juste un t-shirt et une polaire légère D4 à 5 euros en dessous et c'est parfait.

- Très content de ma tente 3F UL Gear qui m'a maintenu au sec malgré la pluie et le vent. Elle est suffisamment spacieuse pour mettre des affaires à l'intérieur, on peut facilement accéder aux absides de chaque coté pour mettre des choses à l'abri à l'extérieur, non vraiment... très bien ! Les sardines sont bien pensées et costaudes. Tous les haubans réfléchissants. Bien ventilée dans sa versions "été". Le seul "souci" que j'ai eu c'est qu'avec la pluie j'ai l'impression que le tissu se détend pas mal. Si par malchance on a pas trop de place pour pour la tendre correctement, la toile extérieure peut toucher la moustiquaire intérieure et quand on est grand (comme moi), le duvet peut se mouiller aux extrémités. Ca me l'a fait un peu sur la fin mais rien de grave.

- J'ai testé mon Rab Group Shelter 2 tout seul sur un sommet pelé alors qu'il pleuvait un peu au repas de midi pendant ma rando solitaire, non pas qu'il fût indispensable à ce moment là mais c'était une bonne occase pour l'essayer. C'est bien confortable mais il vaut mieux être à deux pour qu'il tienne en place, j'ai essayé de mettre mon sac à dos à la place de la deuxième personne mais ce n'est pas top.

- Content de mon système de filtration Sawyer que j'ai malheureusement dû remplacer en rentrant car je me suis fait surprendre par le gel les deux dernières nuits et il était resté dans mon sac... Bien que j'aurais pu m'en passer, je n'ai pratiquement utilisé que quelques gouttes de micropur, et encore, j'aurai pu m'en passer je pense..

- Content du réchaud Trangia, rustique comme les nordiques qui l'ont fait, qui ne fait pas très moderne, coute une blinde, mais qui MARCHE.

- J'ai apprécié le lyo en rando pour son confort d'utilisation et son poids/encombrement, je m'étais lancé dans le déshydraté maison mais au vu des incertitudes rencontrées lors des essais préalables au printemps j'ai préféré assurer le coup avec de l'alimentation qui ne me rendrait pas malade... :crazy:

Voilà, j'espère que mon récit vous a plu, à vous Houston et à de prochaines aventures !!  ;#
Pensez par vous-même sinon d'autres le feront à votre place. J-P Petit

10 septembre 2018 à 23:56:09
Réponse #1

VieuxMora


Salut et merci pour ton récit.

C'est le métier qui rentre.  :up:

Ma seule  :o remarque, c'est la prise de risque liée à votre séparation.
En effet l'un comme l'autre vous étiez en mode découverte sur un terrain délicat.
Que l'un ou l'autre ait un pépin qui l'immobilise  et paf ! Fait divers. :down:

Les options c'étaient:
-A ) On arrête la rando et on rentre à la voiture ensemble.
-B ) Camarade, tu continues avec moi jusqu'au bout, j'irai à ton rythme, mais tu ne te casses pas solo !

Rester groupir


11 septembre 2018 à 08:38:34
Réponse #2

Tompouss


Merci pour ce retour, dommage que ton camarade n'ait pas eu les mêmes aspirations que toi. Bon s'il n'était pas rôdé ça peut se comprendre.

Après c'est compliqué de trouver quelqu'un avec qui tout roule mais quand c'est fait c'est comme dans un bon couple, chacun sait quoi faire sans même parler.

Sinon les paysages font super envie et je me suis bien marré avec le coup des rennes qui marchent deux par deux  ;D

11 septembre 2018 à 11:02:35
Réponse #3

Kilbith


 Merci pour le partage....

Citer
Très content aussi de mes fringues, surtout les couches externes du haut, dont j'ai longtemps cherché à percer le secret. La combinaison coupe-vent Pertex avec smock en coton Epic que j'ai choisi grâce aux conseils du forum est idéale, franchement j'en suis fan ! :) Déjà que pour la plupart des conditions le coupe vent suffit amplement, j'ai pu apprécier le confort de cette tenue à l'effort et avec les variations de température. Grosse modo là ou le copain n'arrêtait pas d'enlever une couche dès qu'il y avait un rayon de soleil ou que ça montait, de remettre sa veste de pluie à la moindre goutte, de la ré-enlever dès que ça s'arrêtait, moi j'ai tout fait de 0°C à 17°C sans inconfort, et sans transpirer. Et quand c'est mouillé hébin ça sèche assez vite. Juste un t-shirt et une polaire légère D4 à 5 euros en dessous et c'est parfait.

Courant Aout, j'ai randonné plusieurs jours en Norvège vers 1200m (essentiellement sur un plateau donc assez plat et peu d'effort) avec mon épouse. On a eu de la pluie quasiment chaque jour (c'était super).

Cela n'avait rienn "d'extrême"....mais souvent on ne croise qu'une à deux personne par jour en chemin (durant 6 à 8h de marche par étape).

Un jour, après la pluie habituelle qui anoblie les paysages, on a eu en fin d'étape 2H de grosse pluie par température autour de 5°C et 40/50km/h de vent de face. A ce stade on est trempé et on se refroidit vite si on ne prend pas garde. La pluie peut tourner en neige rapidement.

Une veste pertex avec un dessus en coton EPIC/ventile/ETA c'est super pour la plupart des pluies. Mais dans ces conditions (et en l'absence d'effort important) c'est minimal, on est durablement trempé et on risque l'hypothermie insidieuse... et ça, c'est si on ne doit pas s'arrêter (ex : blessure).

Il faut prévoir quelque chose de plus étanche (haut et bas, pas obligatoirement imper/respi d'ailleurs) et des couches chaudes. La modularité étant un facteur clef. A noter, les norvégiens ont souvent un thermos, c'est utile même au mois d'aout pour se réchauffer vite.

A savoir que planter une tente dans ces régions n'est pas toujours aisé (sans compter le vent) : le sol est caillouteux et la couche de terre peu épaisse ou bien on est dans un marais.

Bref : ne pas sous estimer la grosse pluie installée, par grand vent entre 10°C et 0°C.

« Modifié: 11 septembre 2018 à 11:29:58 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

11 septembre 2018 à 14:40:40
Réponse #4

lambda


Bien belle virée que tu nous presentes là!  :love: :doubleup:

Peu de choses à rajouter aux bons retours développés par les copains....

Une ou 2 idées:

- L'environnement ou vous avez progressé est en pleine Taiga, en zone relativement sauvage. De façon générale, dans ces conditions (je "bricole" plutôt en Laponie septentrionale, mais l'idée est la même), je trouve pas mal, lors de l'établissement du "programme des réjouissances" de raisonner en zone/surface à couvrir, ou plutôt zone/surface ou l'on va évoluer pendant x jours/senaines, plutôt qu'en point A et B à rejoindre, en linéaire, ou en faisant une boucle (A=B  ;D ).


A cela les raisons suivantes:

* comme il s'agit souvent d'un séjour à durée limitée, ca supprime en grande partie le stress du "chrono/calendrier", il n'y a plus vraiment cette notion du "il faut arriver en B, le jour J, coûte que coûte, sinon je loupe...". En définissant une zone, on reste libre de divaguer/nomader à sa guise en hors chemin, en tenant compte au jour le jour de la nature du terrain, de ces difficulties, de son propre rythme et état physique, et en gardant naturellement la possibilité, après une séance de carto/orientation en cours de journée, de changer ses plans, de choisir une autre direction, un autre lieu de bivouac....
Si la progression s'avère plus lente que prevue, rien n'empêche de privilégier de camper sur un chouette spot plus longtemps que prévu et en contre partie de raccourcir la partie déplacement... ou vice versa...

* Le terrain en taiga n'est pas forcément difficile à pratiquer, mais il est très variable et characterisé par la presence de beaucoup de marécages, tourbes en fond de vallée... La première fois,lorsqu'on se retrouve en sommet de colline, et qu'on regarde un fond de vallée voisin, entre le massifs de bouleaux et de pins qui borde le relief, on voit au loin la vallée ou le vallon, tapissé d'une belle surface "herbeuse" homogène d'un vert tendre, et il reste tentant d'y aller....

En réalité, 9 fois sur 10, on a affaire à un marécage bien étendu qui comble ledit vallon...
Bref, souvent là haut, quand c'est vert et en contre bas d'un relief quelconque, Achtung... marécage/tourbe... et moustiques et midges à l'affut! ....

L'habitude que l'on prend très vite est d'apprendre à contourner les zones marécageuses (parfois prévisibles sur carte, mais pas tout le temps) en permanence, ou si celle ci est vraiment étroite (quelques dizaines de metres) de sauter de "tête de russe" en "tête de russe" (touffe d'herbes localisée en pads et eparpillés un peu partout sur la surface du marécage) pour passer de l'autre côté...

A ce niveau là, les coulées animales (ici rennes et élans majoritairement) sont à guetter et à suivre, quand c'est arrangeant niveau direction souhaitée...

Bref souvent, un maréage de 50-100 m de large, c'est souvent synonyme de detours de plusieurs centaines de metres voir de quelques km pour passer de l'autre côté....

Bref, la progression, pas forcément difficile, peut devenir très chronophage... d'ou l'intérêt de raisoner en zone d'exploration à couvrir plutôt que de longueur de chemin à parcourir...

Psychologiquement, c'est très satisfaisant en fait, car quelque soit les imprévus de parcours, les changements de plans à la dernière minute, on est au final jamais déçu du tour que prend l'aventure, et on a pas la crainte de ne pas avoir "accompli", en fin de séjour un projet quelconque, vis à vis de ce qui a été parcouru...

* Lors de la définition de la zone de découverte et d'évolution, c'est pas mal quand même, d'un point de vue sécuritaire, de repérer sur ses cartes des accès humains rentrant et sortant de la dite zone, voir la traversant: quelques sentiers forestiers, un bled, une route carossable, un grillage d'éleveur de renne à longer... Ceci afin d'avoir toujours une possibilité de se "désengager" du "wilderness" de façon facile en cas de pépin, coup dur, et de se donner une voie de secours pour rejoindre un bout de civilisation....

Encore une fois, un bien beau voyage que voilà, merci de ce retour! :)

à+,
Lambda


« Modifié: 11 septembre 2018 à 14:46:00 par lambda »
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

11 septembre 2018 à 21:53:06
Réponse #5

Magic Manu


Très intéressant.
Le choix du partenaire, voilà le secret! :doubleup:
Hope for the best, expect the worse...

11 septembre 2018 à 22:23:50
Réponse #6

Laqueuedurang


Merci pour vos commentaires les gars !  :doubleup:

@VieuxMora:

Bah disons que :
A : ça m'avait déjà bien gonflé de raccourcir le canoë, de piétiner à l'attendre sans arrêt pendant un jour et demi de rando, alors franchement stopper là... non. Je l'avais de toutes façons un peu prévenu avant de partir... Et puis si j'étais parti seul j'aurais tout fait tout seul alors..
B : il m'aurait été plus facile de traîner un cadavre sur le sol...

@Kilbith

Oui c'est vrai que je me suis fait la remarque qu'on avait jamais eu les trois facteurs climatiques en même temps, à savoir pluie, froid et vent fort. Je comprends bien que dans cette situation ça peut devenir plus compliqué. Bien sûr j'avais d'autres fringues : polaires supplémentaires et poncho pour la pluie, au cas où (et le Rab shelter). Je remarque seulement que je n'en ai quasiment jamais besoin. J'ai eu une paire de fois la piquette aux doigts le matin, à un point où je me suis dit il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que je sois dans la m*rde... Bien sûr je n'avais pris que de gants très légers et j'avais oublié de prendre un bonnet  ;# mais bon ça va j'ai géré.

Effectivement pour planter la tente il n'y a pas de terre, juste une couche peu épaisse de tourbe ou alors du sable. Mais il y a les cailloux !  :D Une sardine plantée dans un truc tout mou, un gros cailloux par dessus et c'est nickel ! Même avec le vent ça ne bouge pas, pour peu que le cailloux ai un poids suffisant. Et comme on bivouaquait toujours à proximité de l'eau il n'y avait qu'à se servir en beaux cailloux bien propres dans le fond !  :)

Merci pour le conseil oui je ne négligerai pas ce genre de conditions. J'ai d'ailleurs appris lors de mon stage préparatoire avec Paul K. et Ray G. que l'hypothermie est un peu proportionnelle au temps passé à se refroidir. D'après ce que j'ai compris si on passe quelques minutes dans l'eau froide parce qu'on est tombés à la baille on se réchauffera plus vite que si l'on a passé toute une journée dans les conditions que tu décris, et que l'on s'est refroidi lentement mais profondément.

@lambda

Oui je suis d'accord avec toi, c'est ce que j'ai fait en fait. Au tout début de l'idée de ce voyage je voulais effectivement faire un trip d'un point A à un point B, en fait de là où on a commencé, pour parcourir environ une centaine de km en canoë avec des portages, puis de continuer à pied jusque là où on a fini. Je n'ai pas pu le faire car le loueur ne voulais pas venir rechercher la canoë à 1h30 de route de chez lui... et heureusement car avec mon coéquipier ça ne l'aurait vraiment pas fait... Là j'ai prévu deux parcours en boucle, toujours raccourcissables, avec des parties sauvages mais des parties à proximité d'une route ou de la civilisation.

Pour la marche en tourbière je ne l'ai pas trouvé si difficile que ça, mis à part l'endroit où je me suis vraiment enfoncé ça a été, je n'ai pas trop fait de détour et j'ai préféré rester vers les fonds de terrain plutôt que de faire le yoyo à monter et descendre sur les sommets, sauf pour avoir une petite vue et se repérer ;) Quand il y a trop d'eau effectivement on saute de touffe en touffe  :) C'est vrai que c'est un peu fatiguant de marcher tout le temps dans le mou, à la fin j'avais les mollets tendus à bloc ! :D

Et pas eu de bestioles volantes qui piquent ! Ça ne devait plus être la saison.

@Magic Manu

Le choix de la partenaire !  ;D Et oui, je commence à comprendre ce que m'a expliqué un moniteur que je connaissais à l'open canoë festival cette année, lui qui a fait un voyage de 1000 km en rivière au Canada en solitaire...

En fait quel que soit l'endroit, quel que soit le paysage, quel que soit le temps, quel que soit le matos de geek que vous avez, quelle que soit votre capacité physique, le plus important... c'est les gens avec qui vous êtes  ::)

A+
Pensez par vous-même sinon d'autres le feront à votre place. J-P Petit

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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