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Auteur Sujet: RETEX une vie sur la route  (Lu 4189 fois)

24 avril 2018 à 08:02:14
Réponse #25

Baptistator


Assez bizarrement l'argent n'est pas trop un problème quand tu fais de la route en France.
Déjà parce que tu à vachement moins de besoins. A vu de nez je dirais que je me débrouillais avec 20/30 € par semaine.

Ensuite j'ai toujours été trop fier pour faire la manche mais j'ai toujours acceptait ce qu'on me donnais.
Je sais pas si j'ai une bonne tête ou au contraire si je faisais pitié mais il se trouvait toujours des gens pour me filer de l'argent, de la bouffe ou des clopes  ce qui réduit pas mal les besoins.

Après avec les saisons l'argent coulais à flot

24 avril 2018 à 10:28:36
Réponse #26

lambda


Bonjour. :9

Merci à toi pour ce retour d'expérience immensément riche!!!  :doubleup:

Petite question, en ce qui concernait les travaux saisonniers, concrêtement, pour l'embauche, c'était simplement au noir (cas quelque part le plus simple...)? ou bien as tu du faire des demarches admi, passer par pole emploi, les interims, et si c'était le cas, niveau justificatif domicile etc, tu te débrouillais comment?

Merci pour to retour, encore une fois...

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

24 avril 2018 à 10:42:42
Réponse #27

Baptistator


Pour l'embauche c'était effectivement parfois au noir mais le plus souvent déclaré (avec une partie au noir).

La plupart du temps je trouvais directement sur place, genre je savais qu'en septembre c'était les vendanges donc je me trimbalais sur place et je frappait chez tout les exploitants jusqu'à en trouver un qui embauche. Au fil des années j'avais les patrons qui me rappelaient au fur et à mesure.

Pour l'administratif je suis toujours domicilié chez mes parents, pour le saisonnier ça pose pas de soucis.
Pour Paulo je suis inscrit comme berger d'alpage en gironde. Donc je croule pas trop sous les offres... et pas trop emmerdé avec les convocations. Je faisais les entretiens par téléphone.

25 avril 2018 à 03:19:18
Réponse #28

Vanadium


Citation de: Aleksi
  L'entraide existe, sans aucun problème. En Europe plus qu'ailleurs, france étant un des top 5 ;). Surprenant je sais.

Intéressant ! Tu peux nous donner ton classement ?

25 avril 2018 à 13:30:32
Réponse #29

Aleksi


Salut !

Top 5, c'est une façon de parler pour imager le fait qu'en France on est pas si mal logé.
L'entraide en Afrique est inexistante dans la plupart des pays non-musulmans par exemple (on ne t'aide pas sans intérêt), contrairement à L'Asie (basé sur l’expérience d'amis proches).
L'Amérique du Sud c'est très variable, dépend des pays. L'Argentine et le Chili sont de loin les plus amicaux envers les routards. le Brésil et l'équateur de proches second.
L'Amérique Centrale les gens sont traumatisés par l'insécurité (réelle) donc ça peut-être compliqué, tout comme la Colombie. L'autostop y est compliqué, mais les gens adorables.
En Europe, c'est très variable. J'ai rencontré les plus grandes difficultés en Italie, Espagne et Scandinavie. Le Danemark pour moi était un enfer, à cause du regard des gens et leur méfiance.

Mais globalement, avec patience et bonne volonté, tu peux lever le pouce ou tu veux dans le monde. Parfois il faut seulement adapter un peu sa stratégie à la culture locale.
Dans les pays ou les gens sont méfiants, les aborder aux stations services, restaurants, etc pour les mettre en confiance avec un premier contacte amical.
Dans d'autres pays (Bolivie, Pérou) hors des grands axes routiers et touristiques, toujours expliquer avant de monter dans la voiture ce que tu fais, pour éviter les malentendus. Ils s'attendent à ce que tu paies ta course, mais n'essayent pas de te voler. C'est simplement la culture du pays. Essayer de garder ses nerfs lorsque une fois sur deux quand tu leur explique, ils redémarrent pour te laisser sur le bord de la route  ;).

@ Baptisator : Tu cuisinais quoi et comment avec l'alcool solide ?
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

25 avril 2018 à 13:52:40
Réponse #30

Baptistator


En général c'était surtout pour faire bouillir de l'eau. Soit pour une soupe lyophilisee, soit pour faire gonfler du riz ou des pâtes. Parfois pour réchauffer une conserve ou faire une soupe d'ortie maison.

Je faisais assez peu de grande cuisine, souvent du vite fait.
Quand j'arrivais à sortir un poisson je le faisais au feu de bois ( plus rare je suis visiblement doué ni pour la pêche ni pour le piégeage).

Je mangeais surtout du sec en fait qui n'a pas forcément besoin de cuisson. En hivers c'est un peu limite mais je buvais pas mal de tisanes au gré des plantes rencontrées.
Au printemps/été je mangeais pas mal de fruits sur les arbres.
Après c'était rare que je passe plus de trois jours sans me faire inviter à manger.

A noter vu que je suis gaulé comme une craquotte en général je me contente de peu

26 avril 2018 à 17:09:44
Réponse #31

Aleksi


Salut !

Top ! Chasseur cueilleur moderne  :). J'avoue que ton régime à l'air léger, mais si cela convient à ton organisme et à maintenir ton moral c'est tout ce qui compte. J'avais commencé la route en me basant uniquement sur la cueillette et l'invitation ponctuelle des gens. Puis, est venu le recyclage de bouffe en super marché et à la fermeture des marchés et restaurant. A un moment, cela représentait quasiment 95% de ma nourriture avec des périodes ponctuelle à 100% pendant des mois.
Maintenant, je suis à 50-50 je dirais, entre nourriture acheté et nourriture recyclé. J'ai saturé de ne manger pendant des années que des trucs que je ne choisissais pas, et de qualité souvent moyenne à douteuse (pas uniquement en terme de fraîcheur, mais bouffe industrielle etc). Aussi, le fait d'acheter 50% de ma nourriture désormais me permet quelques petits plaisirs, plus de découvertes sur des produits locaux, et dégage du temps pour d'autres choses. C'est un équilibre que je trouve sympa.

Quand au piégeage, je ne le fais plus que dans le contexte de "vie sauvage" à proprement parlé. Ca demande beaucoup d'entrainement et souvent pas mal de temps au même endroit, à part pour les vraiment petits rongeurs. Mais c'est un sujet borderline  ;)
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

30 avril 2018 à 12:19:32
Réponse #32

Aleksi


Salut Baptisator,

tu as mentionné le fait d'avoir raccroché le sac à dos pour continuer en camion à cause de problèmes physiques, mais y a-t-il d'autres raisons ?
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

30 avril 2018 à 14:35:03
Réponse #33

Baptistator


Les raisons sont multiples en fait. Déjà les problèmes physiques m'ont poussé à remettre en question  mon mode de vie (gros problèmes de genoux, plus problèmes de dos).

Ensuite j'ai rencontré ma compagne actuelle qui même si elle rêve d'aventure n'est pas forcément très adaptée à vivre dans des conditions aussi difficiles que la vie sac à dos.

Mon projet professionnel m'a poussé à repenser ma manière de me déplacer. J'ai décidé de me former pour devenir soigneur animalier en centre de sauvegarde et de parcourir les différents centres de France pour apprendre différentes techniques ce qui impliquait d'être nomade tout en ayant des possibilités de logement. (J'ai abandonné ce projet après 4ans).

Et enfin la dernière mais pas la moindre  : on m'a donné un chien qui est génial mais pas du tout adapté au sac à dos (35kg, remuant comme pas deux, et très protecteur)

Donc au final la solution du camion est vite devenue la plus cohérente à mes yeux

30 avril 2018 à 16:46:56
Réponse #34

Caserio


Je suis ce fil avec intérêt... et vous renvoie à la parution récente de deux livres relatant les parcours de deux personnes qui ont décidé de vivre sans argent l'un pour une période d'un an, l'autre depuis 14 ans. Il ne s'agit pas forcément de vie "sur la route" mais le sujet se rejoint en plusieurs points.
https://www.huffingtonpost.fr/2014/02/15/vivre-sans-argent_n_4787241.html

11 mai 2018 à 09:37:34
Réponse #35

Baptistator


Un petit post pour continuer le RETEX

Le déplacement sur la route

Le mode de déplacement roi quand on vis sac au dos est bien sûr le stop.

La première fois que je suis parti, je me suis posé au bord de la route sans jamais avoir pratiqué auparavant et j'ai vite découvert que le stop est quelque chose d'assez instinctif finalement si on respecte quelques règles de bases :

- le bon emplacement : il faut être visible de loin, à un endroit où les gens ne roulent pas trop vite et ou ils ont une possibilité de s'arreter. Les ronds points sont souvent bien conçus pour ça il y a souvent une place en sortie qui semble faite exprès pour.
- la présentation : il vaut mieux avoir l'air propre et avenant. De même il ne faut pas cacher son sac à dos.
- choisir le bon itinéraire : les nationales sont le plus rapide, les autoroutes sont en théorie interdites. Les départementales sont bien quand on veux traîner ou pour trouver des coins à dormir...
- être patient : des fois le stop marche, des fois non. Ça dépend de la météo, de la route, de l'heure, du sens du vent et de l'âge du capitaine. Le stop n'est pas une science exacte parfois on progresse vite parfois on met une semaine à faire 100km.
- privilégier la sécurité : ne pas trop s'exposer, quand quelqu'un nous prend toujours laisser une portière ouverte quand on charge son sac dans le coffre...
- ecouter son instinct : on à tous une alarme dans le bide qui nous dit des choses souvent contradictoires avec ce que dit la tête. Toujours écouter son instinct. Ne jamais monter dans une voiture quand on ne le sent pas.

Après c'est en fonction de chacun, de sa façon de voir la route, si on à envie de traîner ou non.

Le stop marche (en tout cas marchais à mon époque) bien. Mon record est un Vendôme Rodez en 10h.
Souvent on à l'occasion de rencontrer des gens super intéressants.

15 juin 2018 à 09:46:35
Réponse #36

Baptistator


Un petit post pour continuer le RETEX :

l'hygiène et la propreté sur la route

Quand on passe plusieurs mois ou plusieurs années d'affilée sur la route les choses simples de la vie deviennent souvent beaucoup plus complexes.

Ainsi la douche quotidienne pour les sédentaires deviens un problème.

L'été ça va, on retrouve le plaisir simple de se laver dans un torrent, une rivière ou un étang. (Astuce perso toujours garder le caleçon des fois qu'un groupe de randonneur passe au mauvais moment).

Mais l'hiver... quand il gèle à Pierre fendre on à tout sauf envie de se déshabiller pour se laver.  Déjà parce que si on se refroidis c'est pour la nuit. Et ensuite pas ce que c'est risquer l'hypothermie.

Alors comment on fait ? Et bien moi en tout cas je faisais pas... Je me contentais de laver ce qui se voit avec un gant de toilette et un quart d'eau bouillante. Et chaque jour je lavais une partie de mon corps (une jambe, un bras...) en restant habillé pour le reste (ça demande un certaine gymnastique)

Et on espère ensuite tomber sur quelqu'un pour prendre une bonne douche de temps en temps.

Vers la fin de ma période d'errance je commençais à avoir suffisamment de bonnes adresses pour espérer prendre au moins une douche par semaine. Mais au début si j'arrivais à en prendre une dans le mois c'était bien.

Ensuite pour le linge c'était le même principe. L'été ça allais mais l'hiver il fallais attendre que je trouve un endroit avec de l'eau et de quoi faire un feu, par temps sec. Autan quand il fais bon c'est pas dérangeant de mettre un vêtement légèrement humide autan quand il fais froid il faut attendre que tout soit bien sec avant de l'enfiler.

Ça m'est arrivé de passer deux jours au même endroit à attendre que mon linge sèche au dessus du feu.

Les gens qui offrent une machine sont rares sur la route mais ça arrive.

Après j'essayais de passer à peu près une fois par moi dans des squats ou autres lieu auto gérés pour prendre une bonne douche et faire une vraie lessive.

A noter quand j'avais la chance d'avoir une douche à dispo (genre saison hébergé chez l'exploitant) j'utilisais la technique de la "douche du pelerin" qui consiste à se doucher habillé, en se savonant par dessus les vêtements et en retirant les couches au fur et à mesure pour laver en une fois les vêtements et le bonhomme.

Voilà à vos questions si vous en avez

15 juin 2018 à 11:40:06
Réponse #37

Alligiance


Mais quand tu fais sécher tes vêtements à coté du feu, ils doivent sentir énormément la fumé ? Du coup est ce que ça vaut bien la peine de les laver ?

15 juin 2018 à 13:29:18
Réponse #38

Baptistator


Disons que je pense qu'il vaut mieux sentir la fumée que la transpiration et quand on vis dehors si on ne les lave pas les vêtements sont vites crasseux

17 juin 2018 à 02:09:54
Réponse #39

Vanadium


on à tous une alarme dans le bide qui nous dit des choses souvent contradictoires avec ce que dit la tête. Toujours écouter son instinct. Ne jamais monter dans une voiture quand on ne le sent pas.
Salut,

Tu dis quoi à ce moment là ?

17 juin 2018 à 19:55:09
Réponse #40

Baptistator


Salut,

Tu dis quoi à ce moment là ?

En général quand une voiture s'arrête j'ouvre la porte et je demande ou la personne va.

Si je le sens pas ça me permet de dire que c'est pas ma direction ou que ça ne m'arrange pas.

18 juin 2018 à 00:37:48
Réponse #41

Vanadium



Si je le sens pas ça me permet de dire que c'est pas ma direction ou que ça ne m'arrange pas.

Peux-tu décrire ces choses qui font que "tu ne le sens pas" ?
« Modifié: 18 juin 2018 à 00:43:54 par Vanadium »

18 juin 2018 à 08:03:02
Réponse #42

Baptistator


C'est compliqué parfois il y a des choses rationnelles ou la tête dit attention : un mec qui sent l'alcool ou à l'air épuisé.
Parfois la tête dis ok mais le bide dis non. Si le mec insiste pour que tu monte avant de savoir où tu va,  un mec qui pose des questions bizarres.
Ou parfois sans raison...

La seule fois où J'ai écouté ma tête et pas mon bide j'aurais pu avoir des problèmes. Un mec qui tenais absolument à me ramener chez lui. Quand J'ai refusé poliment il n'en a pas tenu compte et quand J'ai demandé à descendre il a fait semblant de ne pas entendre...

Le contraire est vrai aussi, parfois la tête dis non mais le bide dit ok.

18 juin 2018 à 10:09:57
Réponse #43

Karto


Peux-tu décrire ces choses qui font que "tu ne le sens pas" ?

Si on pouvait les décrire, ce ne serait plus du ressenti.
Et essayer de verbaliser et rationaliser son propre ressenti, éventuellement pour le contredire, c'est souvent tentant et toujours risqué.
Neurologiquement, les "tripes" c'est le système limbique qui se fait sa propre vision du monde et qui est inaccessible au cortex, donc aux fonctions verbales.

19 juin 2018 à 00:15:02
Réponse #44

Vanadium


La seule fois où J'ai écouté ma tête et pas mon bide j'aurais pu avoir des problèmes. Un mec qui tenais absolument à me ramener chez lui. Quand J'ai refusé poliment il n'en a pas tenu compte et quand J'ai demandé à descendre il a fait semblant de ne pas entendre...

Comment t'es-tu sorti de la situation ?

19 juin 2018 à 07:50:44
Réponse #45

Baptistator


J'ai haussé le ton jusqu'à l'engueuler assez fermement. Ça à suffit à lui déboucher les oreilles.

Je ne sais pas qu'elles étaient réellement ses intentions, ni si j'étais vraiment en danger mais je J'ai pas aimé la sensation d'être retenu contre mon gré.
 

19 juin 2018 à 10:59:05
Réponse #46

ofelas


Citer
Neurologiquement, les "tripes" c'est le système limbique qui se fait sa propre vision du monde et qui est inaccessible au cortex, donc aux fonctions verbales.
Karto,
si on a travaillé à développer son intuition depuis assez longtemps et confronté les résultats à la réalité,
est ce que pour toi ça tiendrait la route de dire qu'on peut y avoir accès?
Autrement dit avoir accès à une partie de son inconscient?
 :)

19 juin 2018 à 22:44:45
Réponse #47

Karto


J'ai lu plusieurs fois le message et je l'ai toujours pas compris.
(mais je ne crois pas que le HS mérite de prendre trop de place dans le Retex de Baptiste)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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