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Auteur Sujet: RETEX une vie sur la route  (Lu 4708 fois)

21 avril 2018 à 09:03:42
Lu 4708 fois

Baptistator


Pour apporter un peu ma pierre à l'édifice un retour d'expérience sur comment ça se passe quand on vis sac au dos à l'année longue. Je ferais surement ça sous forme d'épisodes suivant l'intérêt/questions/envie

Déjà pour préciser je n'avais que peu de connaissances de la survie quand je suis parti, j'ai été éclaireur pendant mon enfance/adolescence et si ça m'a apporté des bases ça n'a pas suffit à me préparer à ce que j'allais vivre.

Pour préciser le contexte je suis parti à l'arrache ou quasiment. Un burn out au boulot, une rupture qui se passe mal et j'ai besoin de changer d'air. J'ai chargé tout ce que je pouvais dans ma voiture et abandonné le reste sur place. Puis posé ma voiture dans la famille, pris une journée pour constituer le sac à dos et le lendemain j'étais sur la route.

Voici donc le premier thème de ce RETEX : le sac à dos.

Je suis parti sur la base de mon vieux sac à dos militaire de quand j'étais éclaireur qui avais l'avantage d'être indestructible mais assez lourd.
Comme je ne savais pas ce que j'allais devoir affronter j'ai pris de quoi parer à tout ce que je pouvais imaginer comme situations. Résultat un sac de 25kg (alors que j'en pesait 50) je sais pertinament que c'est trop lourd donc je refait et j'arrive avec beaucoup d'efforts à descendre à 22... dont 3kg d'eau et deux de nourriture.

Je comptais beaucoup sur le fait que comme je comptais voyager en stop je n'aurais pas trop à le porter sur de longues distances. Grave erreur en stop il est parfois nécessaire de faire de longues marches, par exemple pour traverser une grande ville afin de stopper dans la direction qui nous intéresse ou simplement pour trouver un bon spot ou on à une chance d'être pris. Je garde en particulier en mémoire la traversée de Toulouse en août ou j'ai failli faire un coup de chaleur à cause de la température et de l'épuisement.

Le sac s'est rapidement allégé au gré de mes rencontres et possibilités. J'ai viré tout les trucs High Tech (genre poche étanche remplacée par sac poubelle, rechaud à gaz remplacé par alcool solide...) les trucs surnuméraires (un seul change complet suffit largement). J'ai remplacé pas mal du matériel d'origine par du matériel plus polyvalent pour au final réussir à descendre à 18kg, ce qui restera le poids moyen de mon sac tout du long de mes voyages.

J'ai aussi beaucoup customisé et fait de couture pour rendre le sac plus pratique/plus adapté à mes besoins par exemple adjonction d'une pochette de ceinture pour avoir toujours de la nourriture énergétique à portée de main. Le stop marchant bien entre midi et deux on à souvent pas le temps de manger donc c'est important de manger souvent dans la journée pour garder de l'énergie. Ma recette perso : pâte d'amande garnie de fruit secs : ça tiens pas au corps mais ça permet d'avoir suffisamment d'énergie pour tenir jusqu'au repas du soir (souvent le seul vrai repas de la journée)

Voilà pour le début du RETEX j'attends vos réactions et vos questions. Si vous voulez que j'aborde des points précis ou plus détaillés n'hésitez pas à demander

21 avril 2018 à 09:10:32
Réponse #1

Merlin06


Merci du partage.  :up:

Tu avais un objectif en tête quand tu es parti?
L'âme sûre ruse mal. ;)

21 avril 2018 à 09:25:07
Réponse #2

Maelrando


Je vais suivre ce post avec intérêt. Sinon ou es tu partis ? Région, pays ? Tu n'es resté qu'en France ou est-ce que tu es allé plus loin ?

21 avril 2018 à 09:35:17
Réponse #3

Baptistator


Je suis globalement resté en France, surtout dans la région au sud de Paris que j'ai exploré de long en large.
Avec parfois des passages en suisse quand j'avais besoin de couper entre l'Alsace et la Provence.

Globalement si au début je voyageais au hasard j'ai vite pris le pli de voyager en fonction des saisons agricoles pour garder un moyen de subsistance.

Petite anecdote pour montrer que je voyageait vraiment au hasard : le premier jour ou je suis parti j'ai tendu le pouce du côté de Vendôme (41) avec la vague idée de descendre jusqu'à la Dordogne et finalement j'ai passé ma première nuit à ... Albi

21 avril 2018 à 11:52:43
Réponse #4

Personne(T.H)


Effectivement c'est pas tout a fais au même endroit .
Petite question : Tu dormais ou la nuit ? en vrac dans un coin ou tu allait dans les refuge ?
Et tu a tourner pendant combien de temps ?

Merci .
c'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure a celle du son que tant de gens paraissent brillants avant d'avoir l'air cons...

Un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis.

21 avril 2018 à 12:16:36
Réponse #5

Baptistator


J'ai toujours fui les refuges et les grandes villes comme la peste.

Pour la nuit je dirais environs 30% du temps chez l'habitant, ça permet de prendre une douche et de refaire les pleins de flottes. Petite astuce perso : une coquille saint Jacques, un bâton frais coupé et vous devenez un pèlerin égaré à qui on donne sans problème le gîte et le couvert pour la nuit.

Dehors pour environs 60% du temps souvent dans les bois (combo hamac en toile de parachute + grand poncho pour la pluie). Parfois dans les abri bus, parfois dans les fossés.

Dans les squats et communautés autogérés pour le reste quand j'avais besoin de me poser quelques jours pour me remettre d'une blessure ou de la fatigue d'une campagne de ramassage de fruits.

J'ai tourné non stop pendant un an, puis partiellement pendant deux (je me posais pendant l'hivers)

22 avril 2018 à 10:54:28
Réponse #6

babas37


Tout d'abord, chapeau pour l'aventure vécue.

Dormir 30% du temps chez l'habitant, je ne pensais pas que les français étaient si généreux.   :D

Tu es passée à l'alcool solide pour gagner niveau poids/encombrement dans le sac ou pour une autre raison?

N'ayant aucune expérience dans ce domaine,  je me pose pas mal de question au niveau de l'hébergement chez l'habitant. La plupart du temps, c'est l'habitant qui te propose de te loger pour la nuit ou c'est toi qui lui demande poliment le gite et le couvert?

22 avril 2018 à 11:27:04
Réponse #7

Baptistator


Oui pour l'alcool solide ça gagne pas mal de place par rapport au gaz.
Le poid ça dois être pas loin d'être le même. Pour donner une valeur mon rechaud à gaz rentrais au chaussé pied dans la poche latérale de mon sac tandis que le rechaud plus les pastilles d'alcool en remplissait à peine 20%.

Pour dormir chez l'habitant souvent c'est les gens qui me prenaient en stop qui proposaient. Au départ j'osais pas trop demander, mais j'ai vite appris à glisser quelques sous entendus (genre ça va encore être dur cette nuit il va faire froid, ça fait au moins une semaine que j'ai pas eu une vraie nuit de sommeil...)
Après on m'a expliqué la technique de la coquille et du bâton. Sur les routes du pèlerinage de saint Jacques de compostelle ça marche vraiment bien il suffit de frapper aux portes en expliquant qu'on est un pèlerin égaré.
Seul détail il faut juste se rappeler que c'est un pèlerinage religieux je me suis trouvé con quand on m'a demandé de dire le Bénédicité à table alors que j'ai mis deux fois les pieds dans une église de ma vie.

Autre technique les musulmans ont obligation de charité/hospitalité d'après le coran (enfin mes chrétiens aussi théoriquement) si on est poli ils vous l'accident sans problème.

Pour le reste ce qui m'a étonné c'est que pour le stop comme pour l'hébergement c'est plus souvent les femmes que les hommes qui prennent

22 avril 2018 à 11:31:26
Réponse #8

gowildadventure


Salut :),

La question de l'alcool solide m'interpelle aussi... pourquoi pas de l'alcool liquide avec un petit rechaud en canette c'est moins cher et plus facile à trouvé (en suisse en tout cas) ou bien du bois?

Sinon super retex je me rejouis de la suite

A plus
Jolan
La vie est un choix

22 avril 2018 à 11:55:13
Réponse #9

babas37


merci pour ta réponse si rapide, c'est vrai que la méthode du bâton est de la coquille c'est pas bête si on à bien préparer son coup (je n'ai aucune connaissance en religion non plus)  :(

Après pour le couchage tu avais seulement un hamac ou également une tente (mono ou double paroi)?

Concernant l'alcool liquide c'est vrai que c'est moins cher mais c'est plus lourd (entre 20g et 30g /repas) que le solide. Sur du long terme je ne sais pas lequel je prendrai. Si mon sac est léger, je pense que je me tournerai vers le liquide. Au pire 1 kg de plus dans le sac au début mais pas mal d'économie.

22 avril 2018 à 14:05:20
Réponse #10

Pierrot


Citer
Dormir 30% du temps chez l'habitant, je ne pensais pas que les français étaient si généreux.

Eh oui des décennies de culture "il faut avoir peur de l'autre" ça marche bien, tout le monde se regarde en chien de faïence et on ne s'entraide plus, ce qui est le but recherché.


22 avril 2018 à 14:34:12
Réponse #11

Baptistator


J'ai privilégié l'alcool solide d'une part pour le volume. Un trentaine de pastilles prendra toujours moins de place qu'une bouteille d'alcool.

Ensuite pour la sécurité parce que d'une part le sac prend souvent des chocs (par exemple le plus simple pour descendre son sac d'un poid lourd c'est de le balancer de la cabine) et parfois quand on a pas le choix on fait du stop en plein soleil j'ai des gris doutes sur la sécurité d'une bouteille d'alcool par 40 degrés.

23 avril 2018 à 14:27:15
Réponse #12

Aleksi


Salut à tous ! salut Baptisator !

Merci pour la création de ce post, comme beaucoup d'autres ici, je vais le suivre aussi attentivement que mes connexions sporadiques me le permettent.

L'alcool solide, pourquoi pas. Ceci dit, l'alcool liquide, que j'utilise dans le même contexte de vie que le tiens, me semble plus flexible. Il me sert à cuisiner dans mon petit réchaud fait à partir de canette de bières recyclées (le fameux P3RS n'est-ce pas). Utilisation quotidienne, plusieurs fois par jours, je refais un réchaud en moyenne tous les trois mois. L'alcool me sert à me nettoyer les mains après être aller aux toilettes et avant de cuisiner par exemple, surtout si je veux faire l'économie de la précieuse eau potable dans ma (mes) bouteille(s) le soir au bivouak. il sert également comme déodorant de fortune après avoir suer comme un porc pour quitter une grande ville et lever le pouce, ou faire bonne impression au poste de douane. Efficace pour allumer un feu lorsque toutes les autres solutions possibles foirent (oui ca arrivent encore après des années :-[) et qu'on a vraiment besoin de ce feux.
Aussi, pour la sécurité, je n'ai jamais eu de problème en faisant un minimum attention. Et j'ai fais du stop, pleins de fois, longtemps, en plein cagnard 45° au soleil pendant des heures. je ne crois pas que tu ai vraiment à te soucier de ça. Juste du bon sens, protège un peu la bouteille.

Je serai intéressé de connaitre le contenu de ton sac. Je le trouve extrêmement lourd, pourtant crois moi je ne suis pas fasciste de ce côté là. Seulement d'après mon expérience, un sac lourd te rend simplement moins efficace et moins volontaire dans les déplacements, surtout hors piste. Perso (et pas  pour me mettre en avant) que je sois purement sur la Route, ou en jungle ou en haute montagne, le contenu de mon sac est toujours exactement le même et tourne autour de 12kg. Seul l'organisation de mon sac diffère si je suis en nature, ou en urbanisation. Je n'ai aucun matos technique à part un tarp quechua dont je prend le plus grand soin, tout le reste peut-être glané dans n'importe quelle poubelle / friperies du coin.

Utilises-tu ton hamac par ton frais / froid ? Si oui, je suis intéressé par ton montage  :)

Comme toi mes premières années sur la route je fuyais les villes comme la peste. J'ai ensuite appris à les utiliser : une mine de matériaux à recycler et de bouffe. Un contexte particulier ou les règles du bivouaque en nature ne s'appliquent plus. En fait, c'est passionnant. Et pourtant, je détestais la ville quand j'étais sédentaire, ainsi que durant mes premières années sur la Route.

@Pierrot : finalement, quand on prend la Route, ça permet de se réconcilier avec cela et de passer l'éponge sur cette idée. L'entraide existe, sans aucun problème. En Europe plus qu'ailleurs, france étant un des top 5 ;). Surprenant je sais. Pour moi la question est devenu : lorsque le choix d'un tel mode de vie est délibéré, est-il juste d'accepter de l'aide voir même de la "provoquer" ? Avec le temps, je me suis un peu fermé aux élans de solidarité, mais surtout pas aux rencontres. Je n'ai pas besoin d'aide, seulement d'amis et de compagnie. Je fais juste mon truc que j'ai choisi de faire.
J'ai hâte de lire la suite  ;)

Excellente journée à tous !
« Modifié: 23 avril 2018 à 14:34:23 par Aleksi »
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

23 avril 2018 à 14:54:04
Réponse #13

DavidManise


Génial :love:

Ca me donne des fourmis dans les pattes ce genre de post.  Merci du partage :)

Si c'était à refaire, tu changerais quoi ?  Dans l'approche, ta manière de faire, le matos, la manière de choisir les itinéraires, etc. ?

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

23 avril 2018 à 15:15:45
Réponse #14

Personne(T.H)


Le contenue de ton sac m’intéresse aussi beaucoup (si sa ne dérange pas .) 
Tu n'as jamais eu d'embrouille avec des flic mal luné (notamment a la douane ) ou des gens qui aimais pas les routards ?
c'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure a celle du son que tant de gens paraissent brillants avant d'avoir l'air cons...

Un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis.

23 avril 2018 à 16:12:49
Réponse #15

Baptistator


Pour le contenu de mon sac je vais vous donner ça de mémoire ça fait un moment que je l'ai raccroché pour habiter en camion. Je le donne comme il était quand je suis parti je l'ai modifié par la suite.

- couchage : duvet, sur duvet, drap de soie, bâche et matelas
- vêtements : deux pantalons, 5 t-shirt, 5 caleçons, 5 paires de chaussettes. Un sweat léger, une polaire, une parka militaire avec doublure amovibl, poncho de pluie.
- nourriture (environs 2kg) poche à eau 3l. Rechaud, quart et casserole, couverts.
- divers : trousse à pharmacie, carnet de notes, téléphone, couteau, papiers d'identité, paperasse diverses, petit matériel de pêche, fil à collets, lampe à dynamo (avec bidouille pour recharger le téléphone) paracorde 20m.
Et bien sûr le sac qui devais déjà faire plus de 3kg à lui seul

J'oublie surement des choses...

Ensuite j'ai viré pas mal de vêtements, j'ai pris l'habitude de garder que ce qui correspond à la saison. J'ai viré le matelas et la bâche. J'ai remplacé le poncho de pluie decath par un poncho de l'armée suisse qui est une merveille. Bien que plus lourd et plus volumineux il est fait en genre de toile cirée complètement étanche et il est immense suffisamment pour le tendre en forme de tipi afin de s'abriter avec le sac et éventuellement dormir assis.

Pour le couchage en hamac par temps froid c'est galère mais ça marche aussi.
Je t'en fais mon hamac entre deux arbres (logique jusque là) ensuite une fois installé dans le duvet je refermais le bas du hamac avec des épingles à nourrice jusqu'à la poitrine et j'enfillais le poncho autour du haut (avec un retour de la corde) c'est étanche et ça laisse suffisamment d'espace pour respirer.

Pour le reste des questions :
- les flics sont souvent un problème, dès qu'ils nous voient on est suspect, j'ai eu à déballer mon sac au bord de la route un nombre incalculable de fois. Après ça se passe en general bien, ça dois dépendre de la manière dont on se comporte.
La seule fois où j'ai vraiment craint pour ma vie c'est pendant un tabassage en règle par les flics ferroviaire qui m'ont réveillés à coup de pompe dans la tronche parce que je dormais dans un hangar désaffecté.
Mais bon la police de l'autoroute m'a sauvé la peau une fois en prenant en chasse un mec qui m'avais volé mon sac à dos sur l'autoroute et en faisant 100km pour me le ramener.
Donc on va dire balle au centre. Ça dois dépendre des individus.

Ensuite si je devais le refaire je ne changerais pas grand chose, j'ai vécu énormément de galères au début mais ce qui fais le charme de ces voyages. J'ai énormément appris sur moi et sur la vie de cette manière.

Le seul truc avec lequel j'ai eu du mal au début c'est la liberté. C'est con à dire mais quand on peut aller ou on veut c'est dur de trouver ou aller. Donc parfois je passais des journées à tourner sans but.

23 avril 2018 à 17:16:18
Réponse #16

Alligiance


Salut et merci beaucoup pour ton partage d'expérience ! Moi même je suis dans une phase ou je ne sais pas trop quoi faire de ma vie et j'envisage une bonne tournée dans ce genre  ;)

Je me demande comment tu choisissais tes destinations ? Quels buts/objectifs tu avais pour avancer au quotidien ?

Merci ;)

23 avril 2018 à 18:36:33
Réponse #17

Baptistator


Au départ je voyageait sans but j'allais un peu n'importe où.

Après j'ai commencé à tourner dans des régions que je voulais visiter.

Au final j'ai finis par rencontrer pas mal de monde donc je me baladais entre les potes, les squats et les lieux pour les saisons

23 avril 2018 à 19:55:41
Réponse #18

cassepied


tout les chemins mène nul part pour celui qui ne sait pas ou il va  :up:

23 avril 2018 à 20:07:57
Réponse #19

Olivier


Merci beaucoup pour ton témoignage, je suis sûr que tu as plein de choses à nous raconter et à nous apprendre.
Une question : est-ce que tu penses que l'on peut avoir ce style de vie sur le long terme ?
N'est-ce pas usant, tant psychologiquement que physiquement ?

23 avril 2018 à 21:13:44
Réponse #20

Baptistator


Sur le long terme je ne sais pas, j'ai été obligé de raccrocher le sac à dos à cause de problèmes physiques, je me suis bousillé les genoux (déjà fragiles à la base) à cause de la marche et le dos et le dos à cause des saisons.

Tout les vieux saisonniers que j'ai connus sont usés tous disent qu'ils ont eu une belle vie mais que si c'était à refaire ils ne le referaient pas.

Pour le moral c'est différent c'est sur que quand tu à fais 50km en trois jour, que toutes tes affaires sont trempées et que tu n'a rien bouffé depuis la veille, tu rêve d'un bon lit douillet. Après tu rencontre des gens super tu vois des coins magiques. Je pense que le moral est fluctuant et ça dépend des gens.

Pour partager une histoire vécue j'ai été pris en stop par un mec qui avais entre 60 et 80ans qui m'a hébergé pour la nuit. En discutant avec lui je me suis rendu compte que c'était un ancien routard, il m'a montré les photos de ses voyages. Ce mec à fait des choses extraordinaires, traversé l'Atlantique à la voile en solitaire sur un bateau fait maison, parcouru l'Amérique du Sud à pied du Nord au sud, vécu dans un monastère en Inde... Quand je lui ai demandé ce qu'il avais retiré de ces années de voyage, ce qu'il lui restait de tout ça.

Il a pris le temps de réfléchir et à simplement répondu "des regrets et de la solitude". Le lendemain quand je suis parti ses derniers mots on étés " arrête la route tant que tu peux encore".

Je me suis dis que vu son vécu ça pouvais être un avis à prendre en compte.

23 avril 2018 à 22:49:47
Réponse #21

Aleksi


Pleins de choses intéressantes, pas souvent évoquées. Cool ce post.

Au départ, le fait d'aller nul part et de s'en fiche est un des sentiments les plus grisants, on a l'impression de connaitre la vrai liberté, surtout lorsque l'on quitte un mode de vie relativement opposé à ça. Puis on s'y habitue et il faut trouver des objectifs, n'importe lesquels mais un truc sur lequel mettre le cap et rester concentrer pendant un moment. En tout cas c'est comme ça que je le ressent.
Par exemple, la vie sur la route est un projet à temps plein. Ca ne ressemble pas à des vacances ou à un voyage, c'est du taf, physiquement et moralement. C'est un mode de vie proactif ou l'on se confronte avec des challenges "marche ou crève" régulièrement et il faut sans arrêt s'adapter et ajuster. Puis, ça aussi on s'y habitue. On a l'impression que la courbe exponentielle de l'apprentissage des premières années commence à ce stabiliser et c'est frustrant, terrible. Alors il faut intégrer des projets, sans arrêt, pour continuer à évoluer. Un projet ça peut-être n'importe quoi, vraiment. Un truc évolué comme une expé un peu poussé, ou intégrer un truc quotidien nouveau du type "je ne sais pas allumer un feu avec un firesteel, pendant le mois qui vient j'allumerai sans exception tous mes feux au firesteel", et etc.

Quand à la solitude, être sur la route ne veut pas dire seul. J'étais partit solo, convaincu d'être chien de la rue enragé et loup solitaire. Jamais avec quelqu'un, car je tiens trop à mon indépendance. Plus borné que moi, c'était difficile à trouver, vraiment, avec la hargne de la nouveauté et quelques années en moins. Résultat, les trois dernières années de routes je les ai passé accompagné, et avec la même fille. Ca change tout, ce mode de vie devient tout a fait sain psychologiquement, moralement. Et niveau indépendance, lorsque je veux aller en baver seul dans des endroits pourris, elle va faire un autre trip de son côté, ou un projet de son intérêt, c'est très simple. Et je ne suis pas une exception.

Arrête la Route tant que tu peux encore, ces mots me brisent le coeur. La Route n'est finalement qu'un concept, c'est perso et chacun en fait ce qu'il veut. C'est évolutif et pas figé. La vie est une route, la vie est la Route. Demain, si j'ai un petit voilier et que je continu à bouger de cette manière, la Route continue sur la mer, avec d'autres projets, apprentissages, etc.

Je crois que l'important pour s'y retrouver sur le long terme (genre une vie), c'est d'essayer de construire quelque chose, même si ça n'a de sens que pour soi-même. Enchaîner les petites expériences sans connexion les unes avec les autres c'est une forme de consommation et on se lasse vite, très vite. On se perd, on s'enrage, on tourne et on y comprend plus rien.

Mes 2 balles, vraiment car je n'ai pas un grand recul sur tout ça. Mais un peu quand même  :)
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

23 avril 2018 à 23:02:52
Réponse #22

Baptistator


Je suis assez d'accord avec toi aleksi.

Je pense que cet homme à vécu énormément de chose mais n'a pas su construire. C'est le seul exemple de vieux routard que j'ai en mémoire. Je pense que quand il a vieilli et à du arrêter de bouger il s'est rendu compte qu'en fait il n'avais aucune attache proche.

Je j'ai pas quitté la route, je me suis simplement installé dans le confort relatif d'un camion avec ma compagne.

23 avril 2018 à 23:14:59
Réponse #23

Aleksi


Je j'ai pas quitté la route, je me suis simplement installé dans le confort relatif d'un camion avec ma compagne.

Et je crois que de manière assez naturel, on cherche tous à un moment un confort relatif. Ne serait-ce que pour pouvoir se faire plaisir à avoir plus d'outils pour faire des trucs. Aussi, libérer un peu de temps pour d'autres choses que manger et dormir.
Bonne continuation pour toi  :up:
Quand ma compagne et partenaire d'aventure se décide à publier quelques photos : http://eetiski.tumblr.com/

23 avril 2018 à 23:28:54
Réponse #24

Personne(T.H)


Je vois qu'il y a quand même quelque mec qui ont déjà un peu d’expérience .
Pour l'argent (et oui ont y revient souvent) tu fesais comment ? Tu tapais la manche ? ou tu avais d'autre source ?
c'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure a celle du son que tant de gens paraissent brillants avant d'avoir l'air cons...

Un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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