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Auteur Sujet: Suède, été 2017, voyage en terres sames.  (Lu 1422 fois)

07 septembre 2017 à 20:45:05
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Merlin-Max


Suède, été 2017, voyage en terres sames.

Il ya  deux ans nous avons J et moi-même fait un stage avec David, quand il nous a demandé pourquoi nous étions là nous avons répondu que c'était pour préparer une virée en Suède avec les copains, merci pour ton enseignement.
Je remercie également Kilbith, Nikkolapland et Diesel pour leurs precieux conseils qui m'ont bien aidé à préparer le voyage.

Nous sommes donc partis le 15 août de Lyon avec deux amis, RedJ(jeune bipède au BFM chargé à 20kg et ghorka) et Y(non moins jeune bipède version XL).

Nous avons été sur le terrain du 16 au 24 août, notes en vrac:
-environ 150km au total, à des altitudes entre 500 et 1 200m
-témpératures moyennes entre 10 et 15°C avec des écarts temporaires de 5°C de part et d'autre
-temps couvert et légérement venteux avec de petite pluies intermittentes, vent et pluie forts sur deux jours, beau temps sur trois demi-journées
-présence de moustiques(forme de vie dominante du coin) faible dans l'ensemble sauf lors de deux nuits dans la forêt où ils ont été particulièrement pénibles
-coût total voyage et approvisonnement entre 600 et 700€ par personne
-nombre de personnes croisées hors Kebnekaise-Nikkaluokta(touristique) environ 60
-4,8kg et 18 000 kcal pour le périple, quantité qui a été tout juste suffisante, je n'ai pas perdu de poids et n'avais rien en stock à la fin
-les refuges sont pratiques pour prendre des infos et en cas de coup dur, les hôtes sont particulièrement sympas
-les chaussures résistantes à l'eau sont très fortement recommandées


L'itinéraire de prévu était simple, faire un triangle horaire par la Vistasledden au départ de Nikkaluokta puis couper par les hauteurs à Nallostugan pour rejoindre la Kungsleden à Salkä, la suivre jusqu'à Singi puis aller faire l'ascension du Kebnekaise avant de rentrer à Nikkaluokta.



Jour 1, départ tardif sur la Vista':
Nous arrivons à l'aéroport de Kiruna en début d'après-midi, mais pas nos sacs...
En effet la demoiselle de SAS nous explique que Lufthansa a tendance à oublier de transférer les bagages à Stockholm. Peut-être avec le vol d'après, ce qui nous ferais rater le bus... J'en profite pour demander à la compagnie de taxis du coin si ils peuvent nous amener à Nikkaluokta après le prochain vol, surcoût de 10€/personne par rapport au bus et gain de 1H.
Les sacs arrivent avec le vol d'après, nous éclatons de joie et embarquons directement dans le taxi. Le chauffeur nous explique qu'ils ont eu un été frais et qu'il y a encore un peu de moustiques. Il nous explique aussi pourquoi les voitures ont des feux longue portée additionnels, c'est pour éviter les grosses bêtes sur la route.
On arrive à la cabane de Nikkaluokta en milieu d'après-midi, il pleut et il y a du vent. On prend une bière et on file. Les moustiques nous attendent directement à la sortie, nous cheminons deux heures entres marais habillés de planches, boue et pierres glissantes avant de trouver un endroit de bivouac acceptable. Un petit feu et un dîner vite expédié. Deux moustiquaires de tête(une première pour nous) ne sont pas de trop pour se protéger efficacement sous le tarp. Le soleil commence à se coucher vers 21h30 et réapparaît vers 04h00.
Comme d'habitude ma première nuit dehors est un peu chaotique et je dors mal malgrés le manque de repos de la nuit précédente passée dans l'aéroport.

Jour 2, Vista', de la boue et des cailloux:
Nous faisons route vers 08h00, la piste est remplie de roches qui cèdent à la boue et ainsi de suite, le tout en enchainant d'innombrables lacets.
L'horizon est bouché par les bouleaux de 3 à 5 mètres de haut dans l'ensemble de la vallée.
Ces éléments combinés impactent sur le moral, on a l'impression de ne pas avancer à force de regarder nos pieds et de ne pas vraiment profiter du paysage
Nous avancons bien malgrès tout, les 34 kilomètres annoncés doivent être pour les skieurs en hiver.
Les organismes accusent un peu le coup de la fatigue et nous bivouacons dans une clairière accueillante. Discussion au coin du feu "Est-ce qu'on continue sur l'itinéraire initial si toutes les distances sont ainsi sous-évaluée avec la carte au 1/75 000ème?" On envisage de prendre un raccourci par les montagnes et Tarfala. La décision est prise de pousser jusqu'au refuge de Vistastugan quoi qu'il arrive pour se renseigner.

Jour 3, Vista et au delà:
Nous partons à 08h15, puis on profite d'un moment de soleil pour faire un brin de toilette proche de la rivière. La vue commence à se dégager et le chemin deviens plus accueillant, ça fait plaisir. Nous arrivons au pont qui correspond à la direction de Tarfala à midi et faisont une pause.

Un Suèdois, seul avec son menhir sur le dos le franchit en s'éloignant en direction de Tarfala après le "Hej! Hej!" traditionnel, il n'est pas tout jeune, un peu maigre mais ne semble pas peiner le moins du monde sous la charge et envisager sereinement la grosse grimpette qui l'attend.
J'ai une petite douleur au fessier droit, ça fait rire tout le monde.
15h30 nous arrivons à Vistastugan, l'hôte est absent mais les bières sont en libre service avec la caisse à côté. Nous rencontrons deux jumeaux suèdois qui nous expliquent que la voie vers tarfala est surnommée la "Yoyo route" et qu'elle n'est pas simple à emprunter. On échange un moment sur nos destinsations, ils viennent de Nallo et nous rassurent quand au rythme de marche sur la suite du parcours. Nous décidons de poursuivre le plan initial, direction Nallo, je fais miroiter à l'équipe une bière lorsque nous arriverons en haut.

L'ascension se fait sans problème, le chemin est bien tracé, la vue est belle et les paysages deviennent de plus en plus alpins. Nous nous retrouvons devant un gué sur une rivière bien en forme, j'essaie de monter trouver un passage facile que je crois avoir apperçu. RedJ et Y passent tranquilles, ils ont des chaussures hautes, J et moi avons nos mids.
Le passage en question n'est pas si facile que prévu alors je remonte encore un peu, et encore et encore, rail mental... Nous finissons par passer non sans difficultés puis rejoignons les copains un peu plus loin. J'aurais bien mieux fait de prendre les fivefingers et traverser plutôt que de me cramer les guiboles à vouloir faire le cabri sur les rochers. Mauvais choix, d'autant plus que la rivière faisait un delta facilement franchissable et que je n'avais pas vu, ni essayé de voir. Je fais le malin "On ne perd jamais, soit on gagne, soit on apprend." RedJ Rajoute "Soit on meurt." C'est pas faux.
Nous arrivons à Nallo à 19h30, le lieu est magnifique, je vais discuter avec l'hôte qui m'annonce ne pas avoir de bière à la déception générale. Nous passons un moment ensemble à discuter de la météo et du chemin, il n'y a pas grand monde ici l'été. Les organismes commencent accusent la fatigue, nous allons prendre le temps de bien dormir pour recharger les batteries, la réapparition du soleil nous aide bien.

Jour 4, Direction Salka, et au delà:
Le soleil est toujours là, nous faisons sécher les affaires en prenant un solide petit déjeuner, le moral est au beau fixe, nous repartons à 08h30, il fait chaud et ça grimpe, nous arrivons assez rapidement au niveau d'un grand lac, une très vaste vallée glacière qui nous offre un paysage à couper le souffle.

Une fois arrivés au bout du lac après avoir traversé de nombreux champs de roches(ça pousse bien par ici) je m'appercois qu'il nous faut traverser la rivière qui en sort. J est loin devant pour prendre des photos. Un peu moins bête que la veille j'enfile les fivefingers direct, une fois arrivés de l'autre côté nous voyons J qui fait la grimace. Elle est tombée, hors de portée de voix et s'est fait très mal au poignet en voulant protéger son appareil photo lors de sa chute, celui-ci a bien enflé. Je lui fais un bandage agrémenté d'un bout de mousse pour immobiliser au mieux la main, je vérifie la circulation et lui fait avaler un paracétamol direct. Un groupe de suédois s'arrête pour s'assurer que tout vas bien, nous les remercions et poursuivons la route. Le chemin déroule bien, J prends des photos malgrès tout, la météo reviens au gris frais légérement venteux habituel.

Nous sortons de la haute vallée pour nous diriger vers celle plus grande et basse qui abrite la Kungsleden, nous arrivons à Salka à 14h30, bière et chips pour le moral, prise d'infos auprès de l'hôtesse, la météo va se dégrader un peu. Elle s'inquiète du poignet de J. Elle souffre mais garde de la dextérité, diagnostic temporaire foulure ou gros choc a priori(diagnostic final à la radio petite félure en deux points). On est loin de tout ici, pas de médecin, juste l'hélicoptère, J veux continuer coûte que coûte.
Le refuge offre la possibilité de prendre un sauna en fin d'après-midi, nous devons avancer pour ratrapper le léger retard pris sur la Vista. Les lagopèdes se promènent comme des poules aux alentours avec leurs petits.
Nous décidons de passer par Singi avant de rejoindre Kebnekaise Fjallstation plutôt que d'emprunter le raccourci d'altitude dont on avait parlé avec Kilbith, avec la blessure de J le chemin est plus simple et je souhaite rester vers la "civilisation".
Nous poursuivons sur la Kungsleden jusqu'à la hutte de Kuoperjaka où nous arrivons à 18h30 pour poser le tarp, nous entamons un brin de  toilette puis le vent se lève, accompagné très vite de la pluie. On se réfugie sous nos abris, soirée moins sympa qu'autour du feu.

Les moustiques sont sur le retour, J a moins mal mais son poignet est encore bien enflé. RedJ souffre d'un pied et d'une jambe, ses grosses chaussures sont en train de se faire dit-il.
Le tarp est très fermé et résiste bien aux rafales ce qui ne m'empéchera pas de me réveiller quelques fois dans la nuit, inquiet.

Jour 5, Singi et la vallée de la mort.
Au petit matin Y sort de la tente et chuchotte "Il y a des rennes, juste là." Le temps que tout le monde émerge et ils sont partis, il en a vu une quinzaine dont un grand mâle à moins de 15 mètres de nos abris. Comme quoi ces animaux n'ont pas peur des ronflements.
Il pleut beaucoup et il vente encore pas mal, la journée s'annonce radieuse. Nous rangeons les abris et nous donnons rendez-vous à la cabane de vent proche où un charmant couple de jeunes anglais prende le petit déjeuner avant de repartir.
Nous marchons lentement et traversons des gués temporaires, un cheminement en planches est submergé par les flots, nous prenons notre temps pour le traverser sans glisser.
Nous arrivons un peu avant midi à Singi, pour une fois nous souhaitons profiter d'un peu du confort du gite, histoire de sécher. Je vais donc parler au gardien qui nous dit qu'il se fait remplacer aujourd'hui et qu'il n'a pas de caisse, il nous propose donc de rester déjeuner gratuitement, en échange nous prenons l'initiative d'aller lui chercher de l'eau à la rivière et de vider l'eau sale à la fosse prévue pour.
Nous faisons sécher les affaires et en profitons pour faire une petite toilette. Nous sommes tous très contents de déjeuner à l'abri et de nous reposer un peu au chaud. Deux Italiens sont présents eux aussi, ils ont été jusqu'au sommet du Kebnekaise en passant par le raccourci hier et sont rentrés à 23h, légers sans leurs sacs. Ils nous recommandent d'éviter de le faire chargé, nous expliquent qu'ils ont passé un sale moment dans les rochers sans visibilité avec environ -5°C pour rejoindre le sommet.

Nous repartons vers 15h00 à la faveur d'une éclaircie en direction de Kebnekaise Fjalstation, le chemin grimpe et après quelques kilomètres nous arrivons à un superbe petit lac qui donne sur une vallée encaissée de roches noires. Petite pause pour faire sécher le tarp puis le temps repart à la pluie et nous nous engageons entre les deux titanesques machoîres de roc. L'eau ressort de partout, il y a des cascades de plus de 100 mètres de part et d'autre.

Le chemin est parsemé de rochers rendus glissants par la pluie, il est aussi coupé a intervalle régulier de petits torrents déchainés. Nous avancons lentement, avec précaution et en apportant beaucoup d'attention aux guès. Nous trébuchons tous au moins une fois, récupérés in extremis par la main d'un copain malgrès tout.
Tout le monde subit un peu avec sérénité jusqu'à ce que la pluie se calme et qu'un énorme corbeau vienne se poser près de nous en nous narguant à la sortie de la vallée vers 19h00.
On plante le tarp sur un des rares endroits pas détrempés et presque plats, le vent et la pluie faiblissent nettement pendant la nuit où nous dormons tous très vite du sommeil du juste peu après le dîner à l'abri où la satisfaction et le soulagement sont palpables.

Jour 6, de beaux paysages et la "civilisation":
Le temps est gris et frais, il y a un peu de vents et quelques gouttes de temps en temps.
Vers 08h00 nous prenons le thé ensemble devant les abris, Y nous raconte comment il a dormi en ensemble woolpower 400 dans son sac de couchage en duvet rendu très humide par le stockage en sacs non étanche à côté du double toit trempé de la tente la veille. Il râle un peu mais n'a pas si mal dormi, content d'avoir prévu le coup.
Nous montons au sommet d'un léger éperon au centre de la jonction des deux vallée en Y, les espaces sont gigantesques et magnifiques, on se sent tout petits.

Nous arrivons à Kebnekaise Fjallstation avec la pluie qui nous a ratrappés vers 15h00. La civilisation est omniprésente, les touristes aussi, suivis du bruit et des déchets...
Nous arrivons à l'accueil, je demande si il y a du personnel capable d'éxaminer le poignet de J, non, seules options l'hélico' ou rien. Une finnoise me voyant montrer le poignet de J nous annonce que des copines infirmières à elle vont arriver d'ici deux heures. Nous décidons de les attendre autour d'une bière, j'en profite pour prendre des infos météo, la pluie devrait cesser en fin de journée et ne plus trop nous embêter d'ici la fin. J'envoie un mail avec toutes les informations nécessaires et photos à mes parents pour qu'ils m'indiquent si il y a d'autres choses à faire à la blessure de J. Les infirmières arrivent, tout d'abord deux puis une autre assise à côté se mêle à l'examen et la conversation, l'une d'elle prend bien soin de J et la couve du regard ce qui suscite quelques sourires parmi nous. Nous arrivons tous au même constat, ibu/para, attèle et bandage en attendant la radio en France, J n'a presque plus mal.
La conversation se poursuit un moment et je décide que nous ne ferons pas l'ascension du Kebnekaise, nous serions un peu juste en temps et je ne voudrais pas tenter le diable avec le pied bot de RedJ ayant fusionné avec sa chaussure d'un côté et le joli bandit manchot rose de J de l'autre.
Nous décidons à la place de faire l'aller-retour jusqu'à Tarfala et son lac niché au milieu des hautes montagnes le lendemain.
Nous repartons en direction de Nikkaluokta et bivouacons un peu avant le pont qui marque la bifurcation au nord vers Tarfala, la vue est belle et la pluie cesse, nous passons un bon moment à discuter et dîner ensemble, enfin sans la pluie.

Jour 7, les oiseaux et le lac:
Réveil vers 06h30, le soleil est présent, quelques nuages le voilent de temps en temps, animés par la légère brise. Nous en profitons pour faire sécher nos affaires.
09h30, nous partons de l'altitude où nous nous trouvons dans la forêt(700m) vers l'étage alpin(1 200m) en grimpant le long de la rivière tumultueuse dans l'étroite vallée qui nous mène Tarfala.
Nous arrivons au bord du lac à 13h00 et tendons un fil à linge le temps de prendre quelques photos et déjeuner. On trouve à Tarfala une grande station d'étude météo de l'université de Stockholm et un petit refuge.
Au creux des montagnes nous levons les yeux vers le Kebnekaise presque 1000 mètres au dessus. Le lac est magnifique, il est toutes en nuances de bleu et vert avec les reflets blanc et noirs des glaciers et sommets alentours. Et on entend des oiseaux, on les cherche du regard et puis on découvre de fichus goélands, qui l'eut cru?!?

Nous redescendons vers le pont puis prenons la direction de Nikkaluokta, le bivouac est établi vers 18h30.


Jour 8, l'hiver viens:
Nous nous réveillons après la nuit la plus fraîche que nous ayons passé. Il a neigé en altitude et les sommets environnants sont saupoudrés d'argent. La brume se lève rapidement accompagnée de pluie fine intermittente.
L'humeur est un peu morose au petit déjeuner, nous savons que c'était notre dernière nuit dans la nature et le retour à la civilisation ne nous enchante guère. Nous reprenons la direction de Nikka vers 09h30 et faisons une pause à côté d'un pont vers 14h00. RedJ profite de l'instant pour philosopher "Plus tu grimpes, moins y'a de cons."
On pose les abris à Nikkaluokta, on prend une douche et on passe un moment autour d'une bière. Demain on partira pour Kiruna et une nuit pourrie dans l'aéroport de Munich où nous arriverons accueillis par le spectacle d'un orage lointain dans l'avion.


Matos au top:
-l'insecticide de peau Insect Ecran zone tropicales(20% Icaridine) a fonctionné à 100%, sans être collant ni trop odorant
-sac de couchage cumulus lite line 400 custom(J et moi) avec duvert hydrophobe et enveloppe pertex endurance, ils ont trés bien résisté au contacts avec la condensation du tarp et un petit peu de splash à l'occasion, pas d'accumulation d'humidité sur toute la semaine alors que c'est ça me faisit un peu peur
-la tente MSR Elixir dans laquelle RedJ et Y ont passé de longs moments de bonheur à l'abri des éléments, y compris pour cuisiner

Matos moins bien:

-du fait qu'on a utilisé un insecticide efficace on a peu usé des moustiquaires de tête
-le tarp est un peu juste, même monté bas lorsque les éléments se déchaînent ou simplement pour faire chauffer le dîner à l'abri, la prochaine fois j'envisagerai sérieusement une tente
-le sac "étanche" du duvet de Y

Matos pas utilisé:
-crampons vargo cleats, vu qu'on est pas montés faire le kebnekaise, seule pièce de matériel non utilisée du périple

Liste matériel en PJ.

A vous les studios. :D
L'âme sûre ruse mal. ;)

08 septembre 2017 à 00:21:31
Réponse #1

Namar


Merci pour ce récit !  étant donné que l'année prochaine je devrais passer quelques mois par la bas j'ai pour le moment deux questions:

- La météo que vous avez rencontré la bas correspond elle à un "été frais" comme le qualifie le chauffeur de taxi ? ( et accessoirement assez humide ) ou à la température qu'on y trouve en général en été ? (car j'ai vu qu'a narvik sur la cote, la température moyenne tendait plus vers 15°c)

- Les chaussures hautes et résistantes à l'eau c'est plutôt pour l'humidité (des differents milieux) constante que tu les recommande ou plutot pour le passage regulier de cours d'eau, zones spongieuses etc... ?

08 septembre 2017 à 07:22:35
Réponse #2

Merlin-Max


Salut Namar.
Je ne sais pas pour la météo, c'était la première fois que j'y allais.
Concernant les chaussures résistantes à l'eau(je ne parle pas de montantes, par contre les guêtres peuvent être un plus) vu qu'il y a de la boue et de l'eau en général presque partout c'est mieux. ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

08 septembre 2017 à 08:48:08
Réponse #3

bloodyfrog


Merci pour le partage. :)

Je vois que tu as cassé ta tirelire pour le GG Crown 2. Content du sac?

Ta liste est sympa, technique tout en restant rustique.
T'évalue à combien la charge bouffe et eau?
Parce qu'entre tes 8,5 kg et les 24kg de RedJ... Ca fait lourd la pelle pliante... ;D

Manu.

08 septembre 2017 à 09:14:53
Réponse #4

guillaume


Merci pour le récit, ça me servira très certainement un jour... :).

Ta liste ressemble étrangement à la mienne. Et je viens aussi de craquer pour un sac GG Léopard ;#.

Que penses-tu de la qualité de matos de 3UL Gear ? Je pensais craquer bientôt pour un de leur tarp.

Bonne rémission à Y au passage.

a+

"82,3% des gens ont plus de chances d'être convaincus lorsqu'il existe un pourcentage dans la phrase."

08 septembre 2017 à 09:59:49
Réponse #5

raphael


j'apprécie déjà les photos et je lirai tout cela en détail (récit, liste).

merci pour le partage et dommage pour le sauna  :closedeyes: pas conseillé pour les articulations douloureuses. J si tu nous entends...
Se connaitre et s'accepter


08 septembre 2017 à 10:03:58
Réponse #6

Arnaud


Merci pour le retour et les photos! J, toujours au top même un bras en écharpe !

Je veux bien que tu détailles la partie nourriture si possible parce que 4,8kg pour 8j, ça à l'air méchamment optimisé ;)
« Everybody has a plan until they get punched in the mouth.»

08 septembre 2017 à 13:05:36
Réponse #7

Merlin-Max


Yop les copains,

Je suis très heureux du GG Crown2, sauf au début du parcours où il n'a pas été très confortable, je ne sais pas si c'est à cause du poids seul ou du sac qui ne gère pas au dessus de 15kg. Il y a ce qu'il faut sans superflu, bien pratique et rustique.

Poids de départ d'environ 16kg avec de l'eau(2l) et la bouffe.

On trouve de l'eau partout, personnes ne la purifie et personne n'a la tourista. Je l'ai soit filtrée(sawyer en ligne sur poche à eau) soit bouillie(dîner et thé/tisane). Au final au lieu des 3L que je prends d'habitude avec moi j'ai tourné à 2 litres en moyenne.

Concernant la bouffe il n'y a pas de secret, en gros:
-fruits secs 1.2kg
-légumineuses en flocon et légumes séchés pour le dîner 1.1kg(même base mise dans un bouillon de goût différent chaque soir)
-saucissons 1.1kg
-chocolat 600g
-fruits séchés 600g
Et bien sur bière et chips dès que l'occasion s'est présentée... ;)
Avec le recul je prévoirais plus de variété, de trucs à grignoter(mms, jerky...) et de fibres.  :glare:

Le tarp 3FUL est très correct, il faut juste passer un coup d'utraseal car les bandes d'étanchéification de la couture centrale sont mal appliquées, j'ai découvert ça en pleine météo pourrie bien sûr, rien de très grave cependant.

A vous les studios. :D
L'âme sûre ruse mal. ;)

08 septembre 2017 à 16:06:01
Réponse #8

Kilbith


Merci pour ces détails!

Cette fois-ci je n'ai pas pu vous accompagner...mais je vous sens "chaud patate" pour une virée en hiver!

 ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

08 septembre 2017 à 16:18:25
Réponse #9

Kilbith


Citer
- La météo que vous avez rencontré la bas correspond elle à un "été frais" comme le qualifie le chauffeur de taxi ? ( et accessoirement assez humide ) ou à la température qu'on y trouve en général en été ? (car j'ai vu qu'a narvik sur la cote, la température moyenne tendait plus vers 15°c)

La kungsleden est séparée de Narvik par des montagnes : c'est donc plus frais et possiblement plus humide (quand ça arrive à passer les montagnes). C'est aussi plus haut et à ces latitudes, il faut ajouter 1000 à 1500m en été (plus en hiver) pour avoir l'équivalent en météo de nos montagnes.

C'est donc difficile de te répondre. On est dans les mêmes conditions que chez nous en montagne en été vers 2000/2500m.

« Modifié: 09 septembre 2017 à 11:51:16 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

11 septembre 2017 à 00:27:25
Réponse #10

Namar


D'accord, merci Kilbith pour ces infos. Je pensais justement qu'étant protégé de la mer de Norvège par les alpes scandinaves, l’intérieur du pays (bien qu'il soit plutôt fin) aurait tendance à avoir un climat un peu plus "continental" (ou du moins très legerement) et donc plus sec mais rapidement plus frais à la fin de la belle saison

11 septembre 2017 à 08:53:57
Réponse #11

Kilbith


D'accord, merci Kilbith pour ces infos. Je pensais justement qu'étant protégé de la mer de Norvège par les alpes scandinaves, l’intérieur du pays (bien qu'il soit plutôt fin) aurait tendance à avoir un climat un peu plus "continental" (ou du moins très legerement) et donc plus sec mais rapidement plus frais à la fin de la belle saison

Tu as raison, mais ce n'est pas non plus la même chose que la cordillère des andes avec l'altiplano. Le kebnekaise est le plus haut sommet de Suède et fait moins de 2200m. 

De ce que j'ai compris (je ne suis pas du tout un spécialiste) :
Les montagnes semblent être assez haute pour limiter les effets de réchauffement de la mer à ces latitudes (gulf stream, Narvik est un port d'eau libre ayant justifié la construction de la ligne de chemin de fer et permis l'exploitation du minerai de kiruna sur une grande échelle).

Mais pas assez pour éviter les grosses pluies et les grosses chutes de neige, par rapport au reste de la suède. Ce qui rend les temps particulièrement changeant et brutal.. A cela s'ajoute le fait que la kungsleden est orientée Nord/Sud ce qui ouvre un large couloir pour les influences arctiques.

Le massif du Sarek (un peu plus au sud) est en moyenne plus élevé et se trouve encore plus proche de la mer : pluie, vent et humidité encore plus marquées. Il est aussi plus isolé.

En été, avoir un équipement valable pour l'hiver chez nous en montagne vers 2000/2500m semble être prudent, surtout si on évolue en dehors des vallées (neige possible).

Tout en sachant que le vent froid fort accompagné (ou pas) de la pluie battante dans les vallées durant de longues heures/journées à moins de 5°C (on ne peut pas "descendre" comme dans nos montagnes pour s'échapper rapidement), ce n'est pas facile à gérer.

C'est un point important auquel on est peu préparé si on est un montagnard dans notre pays. Pour avoir des conditions plus clémentes "il suffit" de perdre de l'altitude. Le danger c'est de glisser à la descente.

On peut donc serrer les dents une heure ou deux (trempé, ou se refroidissant). Même si on est en train de se refroidir, il faut plusieurs heures pour atteindre l'hypothermie. Normalement on est au chaud dans la vallée avant ce stade.

C'est un stratégie souvent utilisée par les randonneurs dans nos contrées. Elle valorise la vitesse de déplacement comme facteur de sécurité.

Sur des zones isolées, on ne peut pas s'échapper rapidement et/ou se mettre à l'abri :  il faut pouvoir tenir plusieurs heures sans que les conditions s'améliorent. Parfois des jours.

Si on est en bilan thermique légèrement négatif (la température interne baisse graduellement), sur plusieurs heures/jours on va atteindre assez facilement le seuil de l'hypothermie.

Il faut donc, par prudence, avoir assez d'équipement pour avoir un bilan thermique neutre pour toutes les conditions.

Cela passe souvent par le transport d'un abri facile à déployer, par exemple un "wind sac" en hiver.

 ;)
« Modifié: 11 septembre 2017 à 09:10:27 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

11 septembre 2017 à 13:04:13
Réponse #12

Namar


C'est bon à savoir en effet On a beau s'en douter un peu, c'est difficile de savoir précisément à quoi s'attendre quand on à jamais mis les pieds sur place, d'autant que les conditions sont parfois très rapidement différentes du fait des facteurs géographiques, et que les facteurs géographiques sont aussi très important pour savoir comment échapper ou au moins se prémunir au mieux contre ces conditions.
Merci pour ces utiles et précises précisions !

11 septembre 2017 à 15:40:49
Réponse #13

bloodyfrog


HS: j'ai fait vite fait une petite recherche G**gle pour voir ce à quoi ressembler le "wind sac" dont parle Kilbith plus haut.

Ben j'ai trouvé ça dans les premiers liens:


Et j'ai imaginé Kilbith sur son matelas rose, attendant la fin de la tempête en sous vêtements Brynje.

Et c'était beau.

Manu.






 ;# ;#


11 septembre 2017 à 16:21:44
Réponse #14

Merlin-Max


T'oublies les guêtres Manu, les guêtres...  :D

Pour revenir au sujet, rien que le poncho vite déployé et un petit bout de mousse pose-cul le temps que ça passe c'est sacré confort. ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

11 septembre 2017 à 18:29:26
Réponse #15

Kilbith


Un poncho, une pelerine, un jerven ou un truc dédié : http://europe.hilleberg.com/EN/shelters/windsack/



Demo : https://m.youtube.com/watch?v=5p1823RjLMo

J'en ai vu en été pour manger sous la pluie et plus souvent en hiver.




En anglais "bothy bag" par exemple sur bpl https://backpackinglight.com/forums/topic/84002/

Bonne descrption https://www.ukclimbing.com/gear/review.php?id=1163
« Modifié: 11 septembre 2017 à 19:41:03 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

12 septembre 2017 à 21:11:34
Réponse #16

Merlin-Max


C'est marrant qu'on en vienne à parler de ces windbags parce que justement miss J a fini par utiliser son tapis de sol pour se couper du vent durant les pauses où elle se refroidissait vite du fait de son morphotype exomorphe. ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

13 septembre 2017 à 08:40:41
Réponse #17

Kilbith


C'est marrant qu'on en vienne à parler de ces windbags parce que justement miss J a fini par utiliser son tapis de sol pour se couper du vent durant les pauses où elle se refroidissait vite du fait de son morphotype exomorphe. ;)

Quand on est dans une zone plate, sans végétation, isolée et exposée : le besoin émerge naturellement et la solution s'impose.

Deux points :

Premièrement cette zone boréale est celle de la "civilisation des cabanes". Il existe plein d'abris disséminés et le truc c'est d'évoluer d'abris en abris (qui sont de différents types).
Le problème c'est de pouvoir les rejoindre dans toutes les conditions.

Deuxièmement : nombre de région très froides ne possèdent pas de végétation importante et reçoivent peu de neige sur un sol pratiquement toujours gelé ou ressemblant à une tourbière. Le vent peut être féroce.
Dans ces conditions faire un abris de neige peu être exclu et monter une tente très problématique (surtout seul).

Pour ces deux raisons, disposer d'un abris "instantané" n'est pas une mauvaise idée. Si on est plusieurs, on bénéficie de la chaleur des autres et de leur soutien moral.

Tant qu'on n'a pas été par -15°C dans un vent violent un jour blanc sur un lac n'en finissant pas....on ne voit pas trop l'intérêt.

Un petit morceau de bravoure d'Archimboldi sur RL (il devait être à 1 km de la Gare de Finse, 1222m) :

Citer
Je rentre enfiler mon masque. C'est vrai qu'on est bien protégé avec ça, je vois tous les petits flocons qui arrivent dans ma tronche ! J'entreprends de dégager la tente. Mon masque se couvre de condensation gelée. Tache terminée, y'avait un paquet de kilos sur la toile ! Je me redresse et me fait renverser par une rafale. Je crois que je suis au pire endroit de bivouac possible, le vent est canalisé et amplifié dans cette congère. J'y vois rien, ça pue !
Au moins, j'ai pas froid. Quelques secondes de réflexion, le vent souffle dans une seule direction, donc je serai à l'abri de l'autre côté de la maison. Je vais y voir, c'est effectivement très calme à cet endroit.
J'ai alors l'idée à la con du siècle. Si j'amenais toutes mes affaires ici pour tranquillement faire mon sac ? Aussitôt formulé, aussitôt appliqué. D'autant que le vent forcit encore. Si, c'est possible.
Je devine à peu près où je mets les pieds par les quelques cm² non encore couverts de buée gelée.
Une nouvelle rafale m'emmène sur plusieurs mètres, je finis par me coucher par terre pour que ça s'arrête, et profite d'une acalmie pour déposer mon sac à moitié rempli dans la congère calme, puis m'attelle au démontage de la tente.
Les points opposés au vent sont faciles à retirer. Viens le côté au vent. La neige a des formes totalement folles, il y a une échelle métallique qui mène sur le toit de la maison. Depuis cette échelle, il y a une ligne de neige, comme une ficelle qui serait tendue, qui va jusqu'à mes skis à un mètre de là. Il n'y a pourtant aucune ficelle à cet endroit, je ne comprends pas.

Je retire le premier point d'ancrage de ce côté, et comprends instantanément ma connerie. Le vent s'engouffre sous la toile et fait parachute. Je retire encore deux points d'ancrage, le bras enroulé autour d'un morceau de sangle de la tente pour qu'elle ne s'envole pas. Je fais tomber l'arceau (honnêtement je ne sais plus à quel moment, si c'était au début, ou plus tard), me couche sur la tente, le bras toujours enroulé autour de la sangle, aggripant aussi fort que je le peux ma pelle à neige qui tente de s'échapper, au point que je me demande si je n'aurais pas aussi du lui coller un leash.
Un de mes bâtons s'envole, tant pis, je ne peux pas tout gérer. Ça n'a pourtant pas une énorme prise au vent...
Deuxième partie de la tente dégagée, il me faudra encore plusieurs minutes, couché sur la toile, pour réussir à tout attraper sans risquer de tester le kite surf plus tôt que prévu
.

ici : https://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?pid=424133#p424133

Là c'était cool : premier jour, en pleine forme, jeune, coutumier des galères, pas fatigué, pas froid comme après une longue journée quand les gants et les chaussettes sont humides et ne demandent qu'à geler dès que l'on va s’arrêter.
La même chose, ou mieux encore le séquence "montage", après 8h dans le vent froid et plusieurs jours sans trop de sommeil avec des fringues humides, si on ajoute une gâterie genre une cheville au Père Lachaise qui nécessite de s'arrêter tout de suite sans choisir le lieu.... :love:
« Modifié: 13 septembre 2017 à 08:57:05 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

18 septembre 2017 à 12:58:19
Réponse #18

Merlin-Max


Vu comme ça... Punaise.  :o
Ne pas être seul c'est bien.
L'âme sûre ruse mal. ;)

08 novembre 2017 à 17:12:36
Réponse #19

Merlin-Max


Up au passage pour les copains avec qui nous sommes partis dans les Cévennes et qui voulaient en savoir plus sur ma pratique et mon kit. ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

 


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