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Auteur Sujet: sécurité, éducation et prévention - partie 1  (Lu 91 fois)

09 août 2017 à 13:23:36
Lu 91 fois

Kimie


Bonjour à tous,

J'ouvre ce sujet suite à la lecture d'un fil de discussion que je n'arrive pas à retrouver (désolée).
Une scène y est décrite : à un restau trois adolescentes - "treize ans" estime la personne qui la raconte, minaudent devant ses fils - des mecs d'une trentaine d'années qui sont franchement gênés de la situation et "mettent le nez dans leur assiette" selon l'expression.
Le membre du forum désapprouve tout en trouvant ça "mignon".

Là, c'est le code orange qui résonne dans ma tête.
Si ses fils avaient été des ados, moi aussi j'aurai trouvé ça touchant.
Mais, au-delà de la situation - merci au passage de l'avoir raconté, c'est l'occasion de réfléchir à un enjeu plus grand :
Que transmettons-nous qui puisse faire prévention sans faire tomber les enfants, les adolescents dans la peur de l'autre ?

Angle de vue n°1 : où sont les repères ?
  • place et rôle de l'adulte
Les adolescent/es découvrent la relation à l'autre, la vie amoureuse.
Qu'ils construisent leurs expériences avec les jeunes de leur âge, ça fait partie de la vie ; la manière dont ils construisent ces expériences qui à ce moment charnière et cruciale de la vie construisent la personne-même, mériterait une bibliothèque entière, voire plusieurs.
Mais qu'ils aillent se coltiner à des adultes (ici, les mecs ont 30 ans, et c'est très sain qu'ils aient été gênés) cela dit que ces ados n'ont pas appris qu'il y a une différence de génération et que cette différence réside, dans une société où les valeurs sont du côté de la vie et de son développement, dans le fait suivant : les adultes ont pour responsabilité et le devoir de protéger les personnes qui du fait de leur jeune âge (inexpériences) ou de leur situation de santé (handicaps, déficience mentale, etc) sont en situation de vulnérabilité.
Je vous laisse consulter le Code civil pour un rappel aux droits et aux devoirs des adultes, dont les parents, vis-à-vis des enfants... Il peut servir de base pour une discussion avec l'enfant, aussi !
Prévenir les situations à risque, c'est dans la relation à l'enfant, l'accompagner à la découverte de ce qui est la place et le rôle respectif de chacun pour qu'il puisse clairement la trouver et faire en fonction.
Exemple concret : un homme accoste un enfant/un, une ado de moins de 15 ans (la loi fait le distinguo et pas sans raison) pour "l'aider à retrouver son chien". Si l'enfant est prévenu que ce sont les adultes qui protègent et aident les enfants et pas l'inverse (et je ne suis pas en train de parler de l'aide à faire la vaisselle au sein de la famille, bien entendu...) c'est constructif pour lui. Lui dire que dans une telle situation, son rôle se résume à appeler un adulte qui lui aidera ce passant et son chien, c'est lui permettre d'assurer sa sécurité de façon autonome sans lui inculquer la peur de l'autre : après tout, peut-être que c'est vrai qu'il y a un chien... Au passage, il aura été d'une aide à cet adulte, mais de manière adaptée à la préservation de son intégrité. Devenu adulte, il pourrait ainsi dire qu'il est "gentil/altruiste/sociable /etc mais pas cxxillon"  :D
Autonome : parce qu'en connaissant ce rôle et cette place, il pour trouver le repère central, fondamental pour avoir du répondant devant des cas en nombre infinis : le gars et son chien, la nana (eh oui, dans les affaires criminelles, il y a parfois des complices femmes) qui a besoin qu'on l'aide à ranger ses courses dans la fourgonnette, celui qui a un pneu crevé, celui qui veut l'heure, qui cherche son chemain etc, etc.

Là, ma réflexion est centrée sur des cas d'inconnus. Statistiquement, c'est bien connu par les personnes intéressées, les agressions sexuelles et autres proviennent massivement de l'entourage, famille, voisins, personnes en responsabilité professionnelle (enseignants, curés, etc). Donc voici un second repère :

  • les lois humaines fondamentales
Apprendre à l'enfant que dans sa relation aux autres, c'est lui qui est le seul maître de son corps. Qu'une relation saine et mutuellement respectueuse de soi et de l'autre se base sur le consentement ; l'autre, de son âge ou adulte n'a pas droit et donc pouvoir sur son corps.
Quand il s'agit de la relation avec l'adulte, celui-ci a le devoir de le protéger et donc même si l'enfant croit qu'il est librement consentant, cet adulte n'a pas à profiter de cet état d'esprit.
Malheureusement, certains adultes ont été des enfants dont on n'a pas respecté l'intégrité du corps et de l'esprit. Si certains s'en sortent grâce à des rencontres bénéfiques qui les ramènent du côté de la vie, d'autres sont restés en rade, voire prennent du plaisir à reproduire ce qu'ils ont vécu : violence, abus sexuel, sadisme, emprise, etc.
Les lois de l'interdit de l'inceste et du meurtre et leurs dérivés sont importantes à transmettre et cela se fait mieux à travers la parole et les attitudes qui montrent qu'elles les respectent.
Mieux que quoi ?... que les paroles qui sont de l'ordre de "fait ce que je te dis et pas ce que je (te) fais", n'est-ce pas ?
Exemple : j'ai vu des parents pour qui les civilités sont très importantes - c'est vrai que c'est important car cela organise la relation en société en facilitant les relations et qu'il vaut mieux des choix éducatifs discutables que pas d'éducation du tout; cela dépend de la manière dont on les transmets. Ce qui est dommage, c'est lorsqu'ils imposent à leur enfant d'embrasser grand-mamy, papy, la nounou, la voisine, etc. pour dire bonjour alors que manifestement, celui-ci n'en n'est pas heureux.
Ce qui est essentiel c'est que l'enfant puisse savoir qu'il a droit d'avoir son humeur : il est fâché/méfiant/réservé vis-à-vis de la personne, temporairement ou définitivement (pour X raisons, dont la peur liée à des évènements graves) et qu'il peut choisir.
L'aider à découvrir le sens de cet humeur c'est l'aider à développer son sentiment de sécurité intérieure.
Le bon compromis, n'est-ce pas une poignée de main ou un simple hochement de la tête ? Respecter là où en est l'enfant ce jour-là tout en l'inscrivant dans le circuit social.

Les grandes discussions en famille ou en tête-à-tête ont leur part importante, mais c'est par les attitudes des adultes chères à l'enfant que se transmet profondément le respect de soi, première brique de la route qui mène à la protection de soi par soi-même, en étant moins dépendant d'un autre.

A suivre... 
« Modifié: 09 août 2017 à 13:40:11 par Kimie »

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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