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Auteur Sujet: Herping Costa Rica  (Lu 679 fois)

18 juillet 2017 à 12:45:27
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Lanceolatus


Faire du Herping c'est partir in natura pour aller observer et photographier des reptiles. Raison principale pour laquelle je suis parti 15 jours au Costa Rica. N'ayant pas beaucoup d'expérience en bushcraft, survie, etc, je me disais que je pouvais au moins vous faire profiter de mes connaissances en reptiles et amphibiens.

Ce sujet normalement apparaît dans les forum reptiles, donc ici je vous ai mis des commentaires qui j'espère seront plus adaptés et, je l'espère encore plus, vous seront utiles !

Je reviens de 15 jours au Costa Rica, voici le récit de mon voyage.

Les photos ne sont pas forcément exceptionnelles. Cela s’explique par plusieurs choses. Déjà je n’ai pas de talent particulier pour la photo. Je n’ai pas non plus de vocation artistique et ne maîtrise pas très bien mon matos qui lui-même est assez réduit.

Par ailleurs, à quelques moments de mon voyage, l’humidité était telle que cela a considérablement altéré le dit matos pendant un moment. Mais soyons francs,  je ne maîtrise pas la mise au point, les réglages, et tout le reste !

M’enfin bon, certaines sont pas mal !

Il y a peut-être des inexactitudes, n’hésitez pas à me le dire !

Après une nuit à San José, je me suis baladé vite fait dans la ville le temps de voir ça :

Sciurus variegatorus





Mais ce n’est clairement pas pour la ville que je suis venu.  Après une petite journée à San José nous prenons la direction d’Orotina le soir dans le sud du Pays, où mon premier reptile observé n’a pas un biotope très glamour.

Hemidactylus frenatus



Ce petit gecko originellement Asiatique a été introduit un peu partout dans les zones tropicales et s’est très bien adapté. C'est le Margouillat de la Réunion, etc. Présent dans de nombreuses habitations, il sort la nuit pour aller faire un festin d’insectes comme les moustiques et les papillons de nuit. Un copain donc.

Au Costa Rica dans les grandes lignes le soleil se lève et tape à 05h00 du matin et à 18h/18h30 il fait nuit. Les températures quand j'y étais oscillaient entre 33/37°C. Cela dépend bien sûr des endroits où vous vous trouvez. A Orotina quand je suis arrivé ( fin mai, pour la saison dite "verte" ) on m'a dit que c'était le début de l'hiver ! Relativisons hein... Il y a bien plus chaud et bien plus froid.

Le premier amphibien observé n’est pas non plus dans un décors de rêve… Au matin je me réveille et trouve ce crapaud en train de se noyer dans une piscine. J’ai donc pris une épuisette et l’ai remonté à la surface. Il va bien désormais même si il n’était pas forcément très content au début.

Rhinella marina







Ce crapaud atteint de grandes tailles et est très fréquent au Costa Rica. Un peu l’équivalent de notre Bufo bufo en fait. D’ailleurs il était classé dans le même genre avant. On voit bien les glandes nucales remplies de venin, mais tant qu'on ne le machouille pas il n'y a aucun danger !

Après un rapide petit dèj nous partons pour le parc Carara, à environ 45 min de route. Sur le chemin nous croisons quelques Iguanes verts, entre autres, prenant le soleil.

Iguana iguana



Ctenosaura similis



Dans le rio, quelques belles bêtes :

Crocodylus acutus





Ces crocodiles sont véritablement dangereux. Il y a tous les ans quelques victimes au Costa Rica dans ce Rio. Souvent des mecs bourrés ou inconscients qui veulent se baigner ou leur donner à manger.


Pendant ce temps là quelques Ara rouges passent…

Ara macao



Quelques kilomètres plus loin, la réserve de Carara. Il fait beau et d’autres sauriens font bronzette.

Ctenosaura similis



Anolis biporcatus



Ameiva leptophrys





Anolis oxylophus



Dendrobates auratus, localité Pacifique.



Oui, cette grenouille est venimeuse. En fait, TOUS les amphibiens du monde (sauf 3 espèces) sont venimeux. Mais la plupart ne sont pas dangereux. Notre grenouille verte par exemple, possède bien des glandes à venin sous la peau, mais on peut quand même les prendre à mains nues.

Pour celle ci on peut tout de suite remarquer ce qu'on appelle des couleurs avertisseuses. Genre "'tention les mecs, faut pas m'bouffer ou vous allez le regretter !" Donc oui, mieux vaut éviter des les prendre à la main. Le risque c'est si vous avez des petites lésions sur les mains ou que vous vous touchez les muqueuses ou les yeux après. Ça irrite pas mal. Mais on est bien loin de Phyllobates terribilis dont certaines tribus se servent pour empoisonner leurs flèches ;)

Craugastor fitzingeri





Basiliscus basiliscus



Un Agouti, Dasyprocta punctata. Un méga rongeur.



Cebus capucinus







Quelques photos du biotope :





Ctenosaura similis juvénile



Diclidurus albus une chouette petite chauve souris blanche.






Un Coati qui traîne avec un Ctenosaura , "What’s up bro ? "



Nasua narica



Ara macao









Un arbre qui pique.



Nous avons pu apercevoir un Puma également, mais bien trop furtif pour prendre une photo.

Le lendemain nous prenons la direction du parc Cangreja un peu plus dans le nord est mais pas très loin, un parc national très récent et encore très peu fréquenté.

Quelques photos prises sur la route.





Malheureusement nous n’avons pas pu y passer beaucoup de temps mais nous avons quand même vu quelques lézards et amphibiens :

Ameiva leptophrys, encore.



Dendrobates auratus



Les deux seules photos possibles sur ce Gymnophtalmus speciosus, un lézard de 4 cm à l’âge adulte.





Plusieurs spécimens de Bufo sp. (Ça ressemble beaucoup à des Bufo valliceps juvénile, mais cette espèce n’est présente qu’au nord du pays…) :











Rhaebo haematiticus



Lythobates warszewitschii



Vue sur le parc :



Ce parc est assez élevé mais je ne connais pas l'altitude précise. C'était très très chaud et très peu humide. On a pas mal marché et c'était relativement difficile.

Le lendemain nous traversons le pays de part en part pour aller à Tortuguero. L’arrivée dans le Limon est magnifique. Le temps se couvre considérablement l’après midi pendant la saison des pluies et tout devient plus obscure. La végétation change radicalement et est beaucoup plus dense. Ça fait tout de suite penser à Jurrasic park ! Excusez mon enthousiasme juvénile :D

Tortuguero est un village au bord de la Mer Caraïbe uniquement accessible par l'eau. 1h30 de bateau dans les rivières et canaux au milieu de forets tropicales humides. Les paysages sont magnifiques…





Arrivés à notre gîte nous faisons une petite promenade dans le village. Sur le terrain de foot municipal, presque au bord de la mer, nous trouvons à même le sol cette petite Agalychnis callidryas endormie :





La mer est agitée et a baignade interdite. Après avoir discuté avec le responsable du gîte, il nous donne un tuyau pour aller sur des sentiers qui rejoignent le parc afin d’éviter de payer l’entrée… Il fait très humide mais il ne pleut pas encore.

Quelques bestioles sympathiques, mais toujours pas de serpents…

Incilius aucoinae



Corythophanes cristatus







Anolis sp.



Biotope :





A 16 heures la pluie se déchaîne et nous en aurons pour 48 heures non-stop. Pour autant il fait chaud et ça n’empêche pas les Ticos de faire un entrainement de foot suivi d’un match. J’espère que cette pauvre Agalychnis s’est réveillée à temps pour se sauver avant d’être piétinée. Nous avions prévu un guide pour une balade nocturne, mais celui-ci refuse car l’orage est trop violent. On remet ça à demain. Qu’a cela ne tienne : J’attends dans mon pieu que l’orage se calme et je sors vers les 23h seul pour aller voir si je peux trouver quelque chose.

Il ne me faudra pas longtemps pour trouver quelques amphibiens.

Solidarité amphibienne avec Leptodactylus savageii & Rhinella marina :



Leptodactylus savageii, femelle.



C’est la plus grosse grenouille du pays. Celle-ci fait presque 20 cm de long, ¾ d’une brique de lait quoi.
Un habitant de Tortuguero passe par là et m’explique que c’est une femelle car les mâles possèdent des points rouges sur les flancs. Il m’apprend aussi que cette espèce se nourri d’autres grenouilles et de petits mammifères parfois… Il me propose aussi d'aller dans la vraie jungle de nuit avec lui pour voir des bestioles. Je refuse par sûreté bien sûr. Et je ne regrette pas ma décision même si je pense qu'il ne se serait rien passé de bien dramatique.

Le lendemain matin nous allons visiter le parc "officiellement", mais il pleut tellement que les sentiers sont recouverts de 20 cm d’eau. A part quelques araignées et quelques Anolis sp. qui s’abritent sous les feuilles nous n’apercevons absolument rien.

Je déconseille ce parc. La région est magnifique, les forêts splendides, mais le parc en lui-même est court et trop cher pour ce que c’est. Débrouillez vous pour y rentrer par d’autres chemins sans payer.
Et n’hésitez pas à aller à des endroits insoupçonnés parfois proches des habitations et à 20 mètres de la plage, on y fait des rencontres étonnantes.

L’après midi nous allons faire une balade en canoë sur la rivière Tortuguero et ses nombreux canaux. Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière avec le Nicaragua.
L’endroit est splendide. J’ai laissé tombé la cape de pluie et suis intégralement trempé comme si j’étais rentré dans un bain tout habillé. La cape de pluie protège l’appareil photo dans sa housse. Appareil que je décide de sortir quand la pluie se calme ou quand une bonne occasion se présente.

Là encore plusieurs animaux observés, et pas mal d’informations sur la végétation par notre guide.

Caiman crocodylus



Il n'y a pas de gros risque avec cet animal qui fait en général 1.50 m. Ils sont plus du styleà se barrer dès qu'il voit quelque chose.

Iguana iguana, plutôt loin…



A partir de ce moment là, mon APN en prend un coup à cause de la pluie et de l’humidité. Les dégats commencent à se faire sentir sur les quelques photos suivantes.

Basiliscus plumifrons mâle, très loin.



La femelle,sur le même arbre un peu plus au dessus :



Après avoir vu des petites chauve souris pêcheuses et notre première mygale qui tombe sur notre bateau, nous faisons demi tour par d’autres canaux.

Un autre Basiliscus plumifrons mâle :



"J’me casse !!! "



Un héron nocturne à tête de niais :

Cochlearius cochlearius





Petites surprises en rentrant…

Ramphastos sulfuratus







Mais bon, toujours pas de serpent. Ça commence à me mettre en rogne. Je cherche mal ? Ou c’est vraiment balèze à voir ? Ou les deux ? J’espère que cette balade nocturne va changer la donne…

Il pleut toujours mais beaucoup moins. Mais c’est pas grave. On y va quand même. Un autre monde bouge la nuit. Et nous ne tardons pas à trouver nos premiers amphibiens.

Leptodactylus savageii



Agalychnis callidryas







Nous avons vu 5 ou 6 spécimens environ, en train de faire les acrobates un peu partout. Mâles et femelles…

Mais avec cette humidité, mon appareil commence à prendre cher.  Les clichés commencent à être dégueulasses, y a de la buée à l’intérieur, et forcément c’est à ce moment que l’on voit notre premier ophidien. Non non, ce n’est pas une excuse bateau, car j’en ai quelques unes, des photos de serpents pas mal… Déjà que je ne suis pas forcément très doué, la malchance arrive aussi…

Perché à 8 mètres du sol environ, ce qui fait pas mal haut je vous assure…

Oxybelis fulgidus, environ 1.80 mètres.







Cette couleuvre est opisthoglyphe, les crochets inoculateurs se situent à l'arrière du maxillaire et le système d’inoculation est très peu efficace. Il y a déjà eu quelques cas d'envenimation mais rien de bien grave et aucun décès à signaler. Même un choc anaphylactique semble peu probable.

Quelques mètres plus loin, à hauteur d’homme…

Leptophis depressirostris







Ce serpent est inoffensif.

Je suis dégoûté de ne pas pouvoir prendre de belles photos. Ce n’est pourtant pas bien dur… Du coup je prends encore plus le temps de l’admirer.

Un anolis qui pionce :



Nous avons vu sur le chemin du retour un gros tatou qui traversait un chemin. Mais nous étions bien trop surpris pour prendre nos apn ! Chouette rencontre avec ce gros culbuto.

Le lendemain avant de plier bagages je décide d’aller refaire un tour au même endroit que cette balade nocturne. Et exactement au même emplacement où je l’ai trouvé la veille au soir, Mr ou Mme Oxybelis fulgidus se faisait sécher au soleil (ouais, il ne pleuvait plus !).



L’appareil recouvre peu à peu ses capacités originelles, mais ce n’est pas encore ça.
Rester une journée au sec ne lui ferait pas de mal. Je décide donc pour le trajet jusqu’à notre prochaine étape de le laisser tranquille.

Direction Siquirres, une ville un peu plus au sud mais toujours dans la province du Limon. Nous ne nous arrêtons pas là mais continuons un peu plus loin, en montant jusqu’ à la forêt de Guayacan.

Nous nous dirigeons vers le C.R.A.R.C, Costa Rican Amphibian Research Center, dont le seul maître à bord est Brian Kubicki. Un Américain vivant au Costa depuis 17 ans pour étudier les amphibiens.
Nous arrivons la nuit, à 18h30, et déjà c’est l’agitation là bas. Une équipe de tournage est présente pour un reportage animalier qui sera diffusé aux Etats-Unis en octobre ou novembre.

Brian nous précise que ce soir c’est sa femme et son voisin qui vous nous faire une balade nocturne.
Ici il ne s’agit absolument pas de visite guidée touristique. Il n’y a pas de sentiers aménagés et aucune trace humaine. La forêt est profonde, humide, habitée par énormément d’insectes, et la machette est nécessaire pour pouvoir évoluer tranquillement.

La femme de Brian et son voisin sont des Ticos pure souche. Ils connaissent le terrain, la faune et la flore. Voila qui s’annonce passionnant.

Quelques centaines de mètres et nous apercevons déjà quelques trucs un peu moins communs. Et mon appareil remarche normalement ;)

Agalychnis spurrelli









Dendropsophus ebraccatus



Un insecte bizarre :



Un crapaud dont j’ai oublié le nom



Amplexus de Scinax elaeochrous



Leptodeira septentrionalis







Serpent opisthoglyphe au venin très peu actif. Une envenimation est techniquement possible, mais cela s'arrêtera probablement à une rougeur et une petite douleur pendant une paire d'heure. Aucun décès enregistré.

Craugastor crassidigitus





Agalychnis lemur







Très content d’avoir pu observer 6 ou 7 spécimens de cette espèce qui est relativement rare et en danger à cause de la destruction de son habitat. La couleur est verte la journée et marron la nuit. Les gros yeux blancs ou gris entourés de noir sont caractéristiques.

En descendant le long de petits ruisseaux, je trouve ma première grenouille de verre. Appelées Glass frogs en Anglais ces grenouilles ont la particularité d’être translucides, en particulier la face ventrale.
Je ne pensais pas en voir un jour. Inutile de vous dire comme j’étais ravi ! Il s’agit ici de la plus petite espèce, qui fait environ 2.5 cm à l’âge adulte.

Teratohyla spinosa





Craugastor crassidigitus



L’équipe télé ayant fini de shooter tout ce dont ils avaient besoin, Brian fini par nous rejoindre. En discutant et en marchant il me dit d’un ton très calme et en pointant sa lampe torche dans la forêt: "Il y a unImantodes innornatus là bas." Je regarde, et effectivement 20 mètres plus loin dans les arbres il y en a un. Sacré coup d’œil. On voit l’habitude, c’est impressionnant.









Ce serpent est inoffensif.

Oophaga pumilio, de nuit, et oui.



Lythobathes warszewitschii



Coloration ventrale :



Ponte d’Agalychnis callidryas



Retour au lodge du C.R.A.R.C où nous passerons la nuit. L’endroit est superbe, juste en face de la forêt.



Le tout est très bien aménagé, avec une reliure sur l’histoire du projet, des plans, des photos etc…



Le lendemain matin nous retrouvons Brian qui accepte de nous montrer son laboratoire normalement interdit au public. Il s’excuse d’avance car selon lui c’est le bazar.
Oui Brian, c’est très mal, il y a un mouchoir sur ta table.



Divers terrariums :



Face ventrale d’une autre grenouille de verre.

Cochranella euknemos



La pièce aux salamandres :



Une de ses Oophaga granulifera.



On va vite fait retirer du cash et faire le plein de la voiture à Siquirres et sur la route nous voyons une voiture en feux de détresse et 2 personnes accroupies sur la route. Nous nous arrêtons pour voir si il y avait besoin d'aide et en fait ils protégeaient juste un paresseux qui essayait de traverser.

C'était un paresseux à 3 doigts, Bradypus tridactylus.





Animaux feignants au possible, je déconseille de s'en approcher trop près car ça peut être parfois agressif et ça a de sacrées griffes.

Je décide ensuite d’aller faire un tour autour du lodge pour observer les espèces diurnes.

Oophaga pumilio



Allobates talamancae



Dendrobates auratus, localité Caraïbe. On voit nettement la différence avec la localité Pacifique. Celles-ci ont beaucoup plus de vert.





Anolis sp.





Le soir Brian me dit que la sortie nocturne durera plus longtemps que prévu car hier il n’était pas avec nous. C'est parti pour 5 heures dans la forêt primaire.
A 17h30 nous sommes prêts et partons nous enfoncer dans la forêt de Guayacan.
Première grenouille observée, la fameuse Grenouille marteau, ou Dink frog. Très abondante, elle se repère très facilement grâce à son chant rappelant le bruit d’un petit marteau sur une enclume.

Diasphorous diastema



Des œufs d’Agalychnis spurrelli et d’Agalychnis callidryas.



Un amblypyge, une espèce panchronique.



Des œufs d’Agalychnis lemur



Agalychnis lemur



Il y a un animal que nous cherchons en particulier. Une grenouille devenue assez rare, et pas forcément facile à observer. Autrefois classée dans le genre Agalychnis, et même si assez ressemblante, elle est en fait différente par bien des aspects aussi bien physiques que biologiques.

Après 1h de marche nous finissons par en entendre une. Il nous faudra bien 15 minute pour la localiser grâce à son chant. Mais nous avons réussi !

Cruziohyla calcarifer









Après cette petite session photo je me retourne et manque de me cogner la tronche là-dessus :

Corytophanes cristatus



Duellmanohyla rufioculis





Hyalanobatrachium valerioi



Hyalanobatrachium fleishmanni





Sous l’apparent calme nocturne de la forêt tropicale, une guerre a lieu.

Sachatamia albomaculata, combat de deux mâles.





Pristimantis cerasinus





Brachypelma albopilosum



Hyloscirtus cerasinus



Imantodes cenchoa









Ce serpent est inoffensif.

Teratohyla spinosa en métamorphose.



20 mètres plus loin, un autre Imantodes cenchoa.









Corallus anulatus, un boa arboricole. Non venimeux donc, mais avec de jolies dents qui peuvent faire mal ;)







Agalychnis lemur





Nous partons le lendemain pour la réserve biologique de La Selva, dans la province d’Heredia.
L’endroit est superbe et rempli d’étudiants et scientifiques.
Nous rencontrons un herpeto qui nous dit avoir vu un Terciopelo (Bothrops asper) de 2 mètres de long dans le jardin la veille au soir. Il nous montre l’endroit mais même après d’intenses recherches il n’y a plus personne.

Les forêts primaires ici sont abondantes. Pour autant nous ne verrons pas énormément de choses. Mais pas des moindres !

Basiliscus vittatus



Agalychnis callidryas





Ectophylla alba



Ces chauves souris blanches frugivores rongent les grandes feuilles de palmiers le long de la tige, les deux côtés de la feuilles s’abaissent et forment ainsi un abri pour quelques individus.

Ameiva festiva





Gonotades albogularis



Et surtout…


Un énorme Spilotes pullatus de presque 3 mètres :







Impressionnant spécimen d’une circonférence  de 10/12 cm… Aucune agressivité.
Cette couleuvre n'est pas venimeuse et il n'y a donc aucun danger. On l'appelle également Serpent tigre ou serpent des poulaillers.

Une imposante Tayra (Eira barbara) a traversé juste devant moi également. C’est comme une grosse martre de 1.50 m de long.
Je ne poste pas les sempiternels Oophaga pumilio et Anolis que nous rencontrons tous les 5 mètres.

Biotope.



Au retour, un énorme Iguana iguana, probablement âgé. Ce faciès de dinosaure est toujours aussi impressionnant, et malgré le fait que cet animal soit considéré comme "classique", je reste toujours en admiration. Les risques avec ces animaux sont les morsures mais surtout les coups de queue pour les grands spécimens. Celui ci dépassait bien les 1.50 m avec la queue.



Après une halte à Chilamate, nous rejoignons la dernière étape de notre voyage. La région de Monteverde dans la province de Puntarenas. Située en altitude, le climat est radicalement différent, et en arrivant de nuit nous nous surprenons même à mettre des pulls. On ne voit pas grand chose du paysage donc la surprise sera pour le lendemain. Le seul animal que nous verrons est un paresseux à 2 doigts en train de pioncer devant l’hôtel.

Choloepus didactylus



La journée il fait super beau, et on voit au loin les fameuses forêts de nuages quoi nous attendent. Étrangement, et malgré le fort soleil, nous recevons perpétuellement quelques micro gouttes d’eau. Ce n’est pas de la pluie mais l’humidité qui retombe, comme si quelqu’un avait un brumisateur à côté…

Bien que présents durant tout notre voyage, c’est seulement maintenant que je prends le temps de photographier quelques Colibris.

Colibri thalassinus





Heliodoxa jacula





Campylopterus hemileucurus



Lampornis calolaemus



L’après midi sera consacrée à la visite de la forêt de nuages de la réserve de Monteverde. Points d’animaux ici, à part quelques scolopendres dégueulasses. Mais la végétation… est juste incroyable.



De la mousse partout, des plantes épiphytes au large, des broméliacées accrochées sur toutes les branches…  Je n’ai jamais vu autant de végétations sur de la végétation.







Au retour, Mr le branleur est toujours dans son arbre.





Première balade nocturne.

Megaphobema mesomelas





Nous entendons parler d'un autre arachnide dans le coin, un scorpion fluorescent, mais jamais nous n'en verrons.

Amplexus de (en attente d’identification !)





Nous sommes à 1450 mètres d’altitude, il fait environ 15/16°C.

Bothiechis lateralis. Très mauvaise photo désolé.





Voici un serpent venimeux dangereux. Faisant partiée de la famile des Viperidae et de la sous famille des Crotalinae, ce serpent possède une denture solenoglyphe : 2 crochets inoculateurs mobiles qui sont reliés à 2 glandes à venin. Le principe de la seringue hypodermique quoi. Pareil que nos Vipères Françaises. Le venin est hemotoxique et très proche de celui des fer de lance. Donc oedème, perturbation de la cascade de coagulation, nécrose, saignements au niveau des muqueuses, atteinte rénale possible... Fort heureusement le système de santé au Costa Rica est bien rodé et ils possèdent des anti venins f(ab)2 (fragments d'immunoglobuline) performant limitant le risque de choc anaphylactique (chocs de toutes manières très bien gérés en milieu hospitalier).

Dynastes hercules septentrionalis, le plus grand scarabée au monde.



Bothriechis lateralis, spécimen 2, très loin.





Bothriechis lateralis, spécimen 3.







Bothriechis lateralis, spécimen 4.



Une bonne soirée quoi.

Le lendemain matin nous décidons d’aller visiter la réserve de Santa helena. Et hop, Bothriechis lateralis spécimen 5.









Quelques photos de la réserve. Là encore végétation luxuriante.







Le retour est pour bientôt, je décide donc de faire une dernière balade nocturne, relativement courte car je suis crevé.

Bothriechis schlegelii







Danger similaire à Bothriechis lateralis. A noter que ce serpent peut aussi être de couleur jaune ou rose parfois.

J’ai également croisé quelques Craugastor crassidigitus, quelques grenouilles de verre et une Duellmanohyla rufioculis. Quelques toucans qui dormaient, des paresseux à 2 doigts, un opossum…
Et le dernier reptile croisé durant ce voyage :

Bothriechis lateralis, spécimen 6.



Et voila c’est fini pour cette fois ! Et rappelez vous : Les photos c’est bien, mais le vivre c’est mieux !
Pas toujours facile de partir en voyage. Le temps, le fric, etc… Mais sur photo on ne sent pas, on ressent moins, il n’y a pas l’atmosphère si particulière, etc…

En conclusion, niveaui danger c'est surtout la faune locale, car la nourriture est abondante. Il y a pas mal de serpents venimeux et des crocodiles que vous pouvez croiser dans la forêt parfois. Attention en particulier à Bothrops asper, appelé terciopelo ou Fer de lance : Venin redoutable et serpent très agressif. Des jaguars aussi. Il y a quelques mois il y en a un eu un Tortuguero qui a bouffé des chiens... Une bonne connaissance de la faune à bas me semble essentielle. Il y a des super livres disponibles. Pour les serpents je peux vous conseiller le très bon "A Field guide to the snakes of Costa Rica" de Gregory J. McConnell ou "The venomous snakes and their mimics of Panama and Costa Rica" de Julie M.Ray et James L. Knight. Ce dernier possède une liste des hopitaux et centre de secours par province avec adresse et téléphone.

N'hésitez pas si vous avez des questions, des remarques, des suggestions, des engueulées à me mettre, etc. On est là pour avancer.
« Modifié: 18 juillet 2017 à 13:04:24 par Lanceolatus »

18 juillet 2017 à 22:19:26
Réponse #1

guillaume


Superbe, merci pour le partage !

Citer
En fait, TOUS les amphibiens du monde (sauf 3 espèces) sont venimeux.

Je ne savais pas. Quels sont les trois espèces ?

Merci d'avance :).

"82,3% des gens ont plus de chances d'être convaincus lorsqu'il existe un pourcentage dans la phrase."

18 juillet 2017 à 22:58:37
Réponse #2

Magic Manu


Très belles photos, merci!
Hope for the best, expect the worse...

18 juillet 2017 à 23:18:43
Réponse #3

Lanceolatus


Merci à vous ! C'est un long post qui a été encore plus long à rédiger, merci d'avoir lu jusqu'au bout !
 
Superbe, merci pour le partage !

Je ne savais pas. Quels sont les trois espèces ?

Je retrouve mes notes du MNHN au plus vite et te dis ça !

19 juillet 2017 à 07:52:16
Réponse #4

Merlin-Max


Excellent! Merci du partage.  :up:
Comment as-tu géré l'humidité au long de ton parcours STP?
L'âme sûre ruse mal. ;)

19 juillet 2017 à 08:07:01
Réponse #5

Lanceolatus


Mal, probablement ! Cela dépendait des endroits où nous étions. Dans le sud il faisait beau et chaud mais il y avait systématiquement des orages et des trombes des pluie entre 12 et 15 h à peu près. Presque réglé comme une horloge. Dans la province du Limon, dans le Nord-Est, côte Caraïbes, l'humidité était de 127 % environ  ;#  Et parfois il pleuvait la journée entière. A part nos vêtements de rechange nous n'avions pas d'autre choix que de faire "sécher" approximativement nos vêtements en les accrochant sous un préau dans notre gîte. Mais faut dire ce qui est, après 2 jours à Tortuguero, tout était moite.

Quand nous sommes arrivés à Guayacan, Bryan à eu la gentillesse de laver nos fringues en machine et de nous les faire sécher... Pour le reste du séjour ça s'est bien passé.

Des conseils à me donner à ce niveau là ? Car j'ai bien l'intention de visiter des contrées plus humides.
« Modifié: 19 juillet 2017 à 09:38:37 par Lanceolatus »

19 juillet 2017 à 09:39:33
Réponse #6

Lanceolatus


Ha, une petite information qui me semble importante : D'après ce que j'ai compris des locaux (à vérifier donc) : Aucun champignon n'est comestible au Costa Rica.

19 juillet 2017 à 11:28:59
Réponse #7

Arnaud


Des conseils à me donner à ce niveau là ? Car j'ai bien l'intention de visiter des contrées plus humides.

Pas de solution miracle: choisir des vêtements qui ne font pas éponge et permettent de fonctionner même humides et avoir une tenue toujours sèche réservée pour la nuit.
« Everybody has a plan until they get punched in the mouth.»

19 juillet 2017 à 12:34:04
Réponse #8

Lanceolatus


Donc c'est ce qu'on faisait déjà. Mais je pense qu'il y a bien plus insupportable autours du globe : Thaïlande/Vietnam ou alors la Guyane, etc.

08 août 2017 à 12:11:03
Réponse #9

adrien.hr


Génial, superbes photos merci du partage, sympa ces petites betes !

Quels vetements "anti-éponge" avez vous choisis et lesquels ont été le plus efficaces ?

Niveau chaussures ça s'est bien passé avec toute cette humiditée ? Pas trop les pieds gonflés à force de l'humidité ?

08 août 2017 à 13:03:29
Réponse #10

Raiderscout


Je découvre juste maintenant ... superbe !
Merci beaucoup pour le partage.
 
Chris
"Be Prepared !"

08 août 2017 à 19:27:56
Réponse #11

camoléon


Merci pour le partage! :up:
"Pour vivre heureux (et vieux), marchons invisible et silencieux"

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