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Auteur Sujet: SDF violent qui squatte un hall d'immeuble. La police ne vient pas. Que faire ?  (Lu 5975 fois)

02 août 2016 à 23:12:53
Lu 5975 fois

Alexander


Bonjour,

je voudrais vous faire part d'une situation qui se déroule en ce moment même afin de solliciter vos conseils.

J'habite dans Paris intra-muros et hier soir vers minuit, un SDF faisait des allers retours entre la rue et le hall de mon immeuble en tapant à grand coups de pieds dans la porte pour l'ouvrir. Son manège se déroulait ainsi : il s'allonge sur le trottoir 5 minutes, se lève, défonce la porte de l'immeuble et reste dans le hall 15 min puis sort et fait un tour dans la rue, et rebelote : s'allonge, etc... Il a l'air complètement possédé.

Ça a duré plus de 2 heures. J'ai appelé la police 2 fois. La 1ère fois ils m'ont dit "nous envoyons quelqu'un dés que possible", et 45 minutes plus tard "ok nous préparons une intervention". Ils ne sont jamais venus.

La plupart de mes voisins sont en vacances et personne n'est tombé sur lui. Il semblerait qu'il soit parti dans la nuit mais là ce soir il est revenu refaire 1 tour de son manège puis il est parti. Il est fort probable qu'il revienne plus tard.

Vous, que feriez-vous ?

02 août 2016 à 23:22:28
Réponse #1

Hurgoz


Ben...demain j'irais déposer une main-courante. Comme ça, s'il y a un problème il y a une trace. Et j'en profiterai pour en discuter avec les flics.....

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

03 août 2016 à 03:08:09
Réponse #2

azur


La main courante, c'est comme pisser dans un violon... ça ne fera bouger personne.
Dans ton cas, tu peux au moins déposer plainte pour tapage nocturne (voire dégradation si c'est visible dans le hall) en indiquant précisément dans la plainte l'heure de tes appels à la police (qui ont probablement été enregistrés).
Ça ne les fera pas davantage bouger sur le moment, mais s'il recommence et que tu les contactes, ils sont dans la capacité de le prendre en flag avec un témoin.

Je ne suis pas partisan des plaintes à tout va, mais dans le cas présent, il y a un préjudice réel pour le voisinage et il n'y a pas à "laisser faire" ce genre d'énergumène.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

03 août 2016 à 07:59:12
Réponse #3

dkjm


Hello,


On ne peut pas déposer plainte pour un tapage le lendemain des faits ... il faut qu'il y ai constatations par les FO, et pour les dégradations, c'est au syndic ou au gardien de se déplacer si elles ont été faites dans les parties communes. Par contre, une petite lettre au procureur, au préfet et une copie au commissariat compétent avec la date et heure des appels aura peut-être un petit effet : le fonctionnaire qui n'a pas envoyé la patrouille ou la patrouille qui ne s'est pas déplacé se feront peut-être engueuler ...
Le problème, c'est qu'avec les effectifs très réduits de certains commissariat, il leur arrive que certaines interventions ne puissent être assurée lorsqu'il n'y a pas de caractère d'urgence.

Il est aussi possible qu'une patrouille se soit déplacé et n'ai pas vu le SDF, ou n'ai pas constaté lorsqu'ils étaient là qu'il y avait du tapage/des dégradations ...
« Modifié: 03 août 2016 à 08:24:57 par dkjm »

03 août 2016 à 08:10:30
Réponse #4

azur


On ne peut pas déposer plainte pour un tapage le lendemain des faits ...
Tu as le droit de déposer plainte à partir du moment où tu estimes subir un préjudice... surtout si tu as fait appel au FdO au moment des faits.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

03 août 2016 à 08:29:07
Réponse #5

dkjm


"Tu as le droit de déposer plainte à partir du moment où tu estimes subir un préjudice... surtout si tu as fait appel au FdO au moment des faits."
    Il peut toujours se déplacer au commissariat, mais ça m'étonnerait fort qu'ils prennent une plainte pour ça. Estimer subir un préjudice ne signifie pas être victime d'une infraction pénale. Vu l'instantanéité et surtout le coté absolument immatériel du tapage, à moins qu'il y ai constations sur le moment par un APJ/OPJ, aucune procédure ne sera ouverte par les Forces de l'Ordre.
Il arrive que certaines personnes estiment subir un préjudice pour des choses qui ne sont pas pénale (exemple : litiges commerciaux, litiges civils etc.).
« Modifié: 03 août 2016 à 08:55:10 par dkjm »

03 août 2016 à 09:27:05
Réponse #6

bison solitaire


Les policiers/gendarmes ne peuvent plus refuser de prendre une plainte (en revanche, ils sont peut-être, encore, de bons conseils, pour indiquer si la procédure a des chances d'aboutir, et lorsqu'ils indiquent de déposer plainte ailleurs, ça évite parfois un intermédiaire supplémentaire...bref...)
...
Les mains courantes sont parfois plus appropriées que les plaintes.
Elles sont informatisées; les chefs de services en prennent connaissance; ça fait parfois bouger les choses notamment lorsque le maire est aussi avisé. Les réunions sont fréquentes et les problèmes de ce type fréquemment abordés.
...
Maintenant, effectivement, le contexte est particulier (quoique de moins en moins).

03 août 2016 à 09:43:20
Réponse #7

beck


Ce que je ferais dans un premier temps, si ca commence à devenir récurant, c'est au moins aller lui parler...

03 août 2016 à 09:55:22
Réponse #8

MarKu$


perso, dès le retour de l'individu, j’appellerai la police en leur disant clairement que je compte descendre lui parler tout de suite...et que c'est non négociable, ça a assez duré, tu es sur les nerfs....et que leur présence est souhaitée,plusieurs appels de ta part n'ont pas aboutis etc etc...

( on est d'accord je respecte les FO et elles étaient peut être occupées ailleurs pour plus important mais là on veut faire avance ton problème...)

tu peux ne pas y aller hein, mais au bluff, ça ferait peut être plus bouger les choses...


03 août 2016 à 10:22:58
Réponse #9

azur


"Tu as le droit de déposer plainte à partir du moment où tu estimes subir un préjudice... surtout si tu as fait appel au FdO au moment des faits."
    Il peut toujours se déplacer au commissariat, mais ça m'étonnerait fort qu'ils prennent une plainte pour ça. Estimer subir un préjudice ne signifie pas être victime d'une infraction pénale. Vu l'instantanéité et surtout le coté absolument immatériel du tapage, à moins qu'il y ai constations sur le moment par un APJ/OPJ, aucune procédure ne sera ouverte par les Forces de l'Ordre.
Il arrive que certaines personnes estiment subir un préjudice pour des choses qui ne sont pas pénale (exemple : litiges commerciaux, litiges civils etc.).
Oui, et pour obtenir réparation, il n'y a pas d'autre moyen que de déposer plainte... l'affaire sera uniquement traitée au civil.
Dans le cas qui nous intéresse, il est clair que sans preuve matérielle, les faits seront compliqués à prouver, mais l'évocation des deux appels restés sans effets peuvent au moins rappeler aux FdO qu'ils ne sont pas tout blancs dans l'affaire.
Par ailleurs, même si la vidéo a peu de chance d'être retenue comme preuve, il n'en reste pas moins que c'est un bon moyen d'illustrer la matière de la plainte.

Maintenant, si le gazier revient et que les FdO ne se montrent encore pas réactifs, il y a effectivement la possibilité de dire qu'on va aller "au contact"... ou bien la possibilité d'évoquer une tentative d'agression.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

03 août 2016 à 11:12:00
Réponse #10

raphael


N'y a t il un organisme genre secours populaire ou maraude qui pourrait venir tenter un dialogue ?
Se connaitre et s'accepter


03 août 2016 à 11:17:07
Réponse #11

bpc


Il a l'air complètement possédé.

peut être peux-tu tenter une réponse plutôt "humaine"  ?

essayer de lui parler pendant un moment de calme, voir avec le samu social ?


ce cas ressemble un peu à une urgence psychiatrique.
quelques solutions ici:
http://www.psycom.org/Urgences-psychiatriques

03 août 2016 à 11:46:33
Réponse #12

bison solitaire


attention tout de même aux réactions inattendues (une lame ça sort vite)
...
Je ne sais pas si c'est encore comme ça que ça marche, mais à l'époque où j'étais sur Paris, lorsqu'un individu semblait devoir faire l'objet d'une examen psychiatrique, le commissaire d'arrondissement rédigeait un rapport dans ce sens; l'intéressé était alors conduit à l'IPPP (institut psychiatrique de la préfecture de police). Bien souvent il n'y restait pas très longtemps cependant, mais peu retournaient au même endroit.

03 août 2016 à 12:43:44
Réponse #13

Merlin-Max


Le dépôt de plainte c'est bien. Même si il n'aboutit pas. Ça fait pas beau dans les statistiques.
Une fois en possession de la copie du PV tu attends un peu(1 semaine) et si les faits se reproduisent tu notes tout, tu envoies un courrier au Préfet, au Proc' et au DGSP. Et puis tu appelles aussi souvent que nécessaire, toujours en notant date/heure.
Lors de ton appel dire que tu vas discuter, qu'il a l'air dangereux, qu'il a un objet en main... ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)


03 août 2016 à 16:29:11
Réponse #15

Merlin-Max


Déjà que je pars dans le jargon alors si en plus le me plante...  :-[
Il fallait lire DDSP, Direction Départementale de la Sécurité Publique.
L'âme sûre ruse mal. ;)

03 août 2016 à 16:33:36
Réponse #16

bison solitaire


ah oui ok  :D
Enfin là aussi, le temps que ça arrive au DDSP et qu'il fasse redescendre au chef de service concerné, il peut se passer un certain temps.
Et si c'est sur Paris, il n'y a pas de DDSP, vaut peut-être mieux avisé le commissaire d'arrondissement...

04 août 2016 à 09:28:15
Réponse #17

bison solitaire


Dans le lien ci-dessous une interview, assez générale avec une petite visite d'un commissariat de la couronne parisienne; à partir de 4 minutes, ça rejoint notre sujet sur la prise en compte des appels 17. Alors l'interview date un peu par rapport à notre contexte (plus tendu, et des effectifs encore plus qu'avant au four et au moulin).

https://www.youtube.com/watch?v=ZuHwJX7BjO4

05 août 2016 à 09:31:18
Réponse #18

frutapao


Mes 2 cents de mon expérience de travailleur social "de rue" auprès des SDF et autres tox.

On oublie souvent de les traiter comme des êtres humains donc, comme cela a déjà été dit:
Ce que je ferais dans un premier temps, si ca commence à devenir récurant, c'est au moins aller lui parler...

En même temps, si on souhaite que le monsieur puisse (peut-être et s'il le souhaite) améliorer quelque chose dans sa vie.
N'y a t il un organisme genre secours populaire ou maraude qui pourrait venir tenter un dialogue ?
Ceux qui font de la maraude connaissent très souvent les "personnages". Ils pourraient déjà te dire s'il est instable, dangereux, un "simple gentil" et aussi "comment" le gérer (juste parler avec lui, lui donner quelque chose, etc.) si toi-même tu souhaite/peux entamer un dialogue.

peut être peux-tu tenter une réponse plutôt "humaine"  ?

essayer de lui parler pendant un moment de calme, voir avec le samu social ?
(...)
Oui, pas la peine de l'aborder dans ses moments de "crise". Un simple "Bonjour, comment allez-vous?" ou "Je vous vois plus souvent ici, je m'appelle XXX, et vous, comment vous appelez-vous?" sont de bonnes amorces.
Le monsieur comprends rapidement si tu es venu lui casser les bonbons ou si tu es juste sympa. (tu pourras être casse bonbons APRES que son cerveau t'aura classé dans les gens "sympas")

attention tout de même aux réactions inattendues (une lame ça sort vite)
...
Je ne sais pas si c'est encore comme ça que ça marche, mais à l'époque où j'étais sur Paris, lorsqu'un individu semblait devoir faire l'objet d'une examen psychiatrique, le commissaire d'arrondissement rédigeait un rapport dans ce sens; l'intéressé était alors conduit à l'IPPP (institut psychiatrique de la préfecture de police). Bien souvent il n'y restait pas très longtemps cependant, mais peu retournaient au même endroit.
Oui, gaffe! Reste à distance raisonnable, de préférence dans la rue ou avec la porte ouverte (témoins/aides potentielles).
Ils ont quasiment tous DES lames... et aucune hésitation à les utiliser si besoin. Au pire, ils auront juste un toit, un lit et un repas chaud en tôle... ce qui est mieux que la rue (si la durée reste limitée).

Le contact avec les FO (IPPP ou autres) ainsi que les services sociaux/SAMU social/maraude doivent se faire en parallèle. Il ne faut pas compter sur eux pour régler ton problème.

C'est TOI qui a un problème avec le monsieur. Pas lui avec toi... Ni les services (sociaux ou FO) avec lui.
Your only weapon is your brain. Everything else is a tool.

Prudence est mère de sûreté

05 août 2016 à 09:52:47
Réponse #19

Djeep


Il ne faut pas compter sur eux pour régler ton problème.

C'est TOI qui a un problème avec le monsieur. Pas lui avec toi... Ni les services (sociaux ou FO) avec lui.

BJR La première partie de ton message est très pertinente  :doubleup: mais pour la partie en citation j'ai un peu de mal à comprendre  :-[ Les service sociaux et les FO ne doivent donc pas intervenir ?  :o HN
Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

05 août 2016 à 10:19:52
Réponse #20

zangetsu74


Pas sûr que ce soit le message de Frutapao.

Je l'ai plutôt compris (peut-être mal hein ?) comme étant : ce n'est pas "encore" au stade où il est pertinent de faire intervenir la police.
Un peu comme pour un tapage nocturne, il est bien plus efficace de discuter avec son voisin AVANT toute autre action.

Ce qui ne grave pas non plus dans le marbre de "se débrouiller seul en permanence".

Après j'ai peut-être "croché" dans la compréhension.  :-[


En tout cas, clairement, merci pour ton post Frutapao, je me note la "procédure" dans un coin de la tête ; y a 2 ou 3 personnages "haut-en-couleurs" autour de chez moi, ca me permettra d'éviter les grosses bourdes !  :up: :doubleup:
La différence entre la théorie et la pratique ?
En théorie il n'y en a pas, mais en pratique il y en a une.

05 août 2016 à 13:45:32
Réponse #21

Merlin-Max


C'est TOI qui a un problème avec le monsieur. Pas lui avec toi... Ni les services (sociaux ou FO) avec lui.
C'est pour ça qu'il faut systématiquement déposer plainte et demander par courrier où ça en est aux autorités. Pour que ça devienne LEUR problème(stats, résultats, politique, tousssssa...). ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

05 août 2016 à 23:09:05
Réponse #22

Olivier


Je trouve ça un peu triste de constater que certains envisagent le recours à la force publique avant même d'essayer d'instaurer un dialogue.

07 août 2016 à 12:47:01
Réponse #23

Dersou Ouzala


Pour avoir vu la police à de nombreuses reprises "intervenir" avec des paumés, des SDF, personnellement, je ne les appelle pas du tout...
C'est une question ici médico-social, et la seule réponse de l'Etat actuellement est contre-productive et instigatrice de violence supérieure de la part d'un individu (en l'occurrence ici le SDF) qui ne trouvera pas les réponses adéquates à ses problèmes
Il est temps de retravailler en horizontalité plus qu'en verticalité, l'entraide plus que la répression (de toute façon, ici, l'infraction n'est pas vraiment caractérisée). Enfin, il est où le danger là ? Pas plus que n'importe quel individu psychotique qui a toutes les apparences de la bien-sénace social, qu'on croise tous les jours et qui un jour pète un plomb, décompense... Donc, keep calm...

07 août 2016 à 15:29:27
Réponse #24

setrus


Citer
Je trouve ça un peu triste de constater que certains envisagent le recours à la force publique avant même d'essayer d'instaurer un dialogue.

Un jugement cruel. Nous sommes tous différents, et si certains peuvent être vus comme "cools" et "ouverts au dialogue", ce n'est certainement pas le cas de tous, et les qualificatifs précédents ne s'appliquent pas forcément à n'importe quelle situation. J'ai vu des gens calmes, posés, et respectés pour cela devenir acides et agressifs dans des situations de stress.

Un mec violent, instable, probablement armé, qui pénètre dans un lieu ou on est théoriquement "chez nous" et "en sécurité", c'est extrêmement perturbant. Si on n'a pas la motivation (courage) ou les aptitudes (aisance et calme en milieu stressant) pour aller dialoguer (prendre un risque), il est normal qu'on cherche de l'aide ailleurs.

Et normalement l'état est celui qui DOIT pourvoir à cette aide (même si on peut discuter longtemps sur la nécessité d'un état omnipotent, qui ne l'est pas/plus).


Bon courage en tout cas.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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