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Auteur Sujet: 2011 Catastrophe au Nord du Japon. 5 ans après, quelques trucs.  (Lu 1544 fois)

11 mars 2016 à 14:47:16
Lu 1544 fois

Luc


Petit partage pour ce triste anniversaire de quelques leçons qui m'ont marquées dans l'étude de cette catastrophe.

Un peu en réponse à l'article  sur le « profil » des survivants. 
« Comment survivre aux situations extrêmes » Manise.D.  Carnets d'Aventures. Hors série Vie sauvage Survie 2.


Anticiper/ se préparer à être surpris

Frappant dans l'évacuation lors de l'annonce du risque avec le Tsunami. Le cadre des expériences précédentes peu avoir un impact négatif significatif.

- Lorsque des alertes ont été lancées pour des vagues entre 3 et 6 mètres, les habitants rassurés par la construction de digues de 5 à 10 mètres et la promesse de leur infaillibilité ont pour la plupart pas immédiatement pris conscience du danger potentiel. De plus, des alertes survenues quelques années auparavant pour des vagues de quelques mètres s'étaient souvent révélées par une vague de 50cm une fois arrivée sur la côte, participant au sentiment d'une sécurité totale. La vague a attend ce jour 40m à certains endroits.

-En 2011 le Tsunami touche la côte entre 30-40 minutes après le séisme, les exercices d'évacuation qui avaient été effectués pour préparer la population était toujours basées sur une simulation d'une vague arrivant en 10-15 minutes. Certains habitants ne voyant rien venir après 20-30 minutes décident de retourner chez eux, et sont frappés sur le chemin.



Un plan c'est réassurant, mais ça fonctionne pas toujours

Se préparer c'est aussi comprendre et s'adapter.

- Ecole à Ishonaki, les enseignants décident de guider les enfants vers le préau (plus sûr avec les secousses ) légèrement surélevé , c'est conforme au plan d'urgence et d'vacuation, mais insuffisant pour se protéger de la vague qui est annoncée. Personne ne prend la décision de monter sur la colline juste à côté.


Un monde interconnecté, offre une plus grande surface de vulnérabilité.

-Le plan d'urgence prévoit l'utilisation de haut-parleurs pour diffuser des messages d'alerte Tsunami, mais 17 des 27 systèmes ont été trop endommagés par un séisme, plus important que le maximum prévu et sont incapables de communiquer l'information.

- Des zones a évacuer d'urgence suite aux risques provoqués par la catastrophe de la centrale nucléaire sont calculée à partir de systèmes informatiques (SPEEDI) par les autorités nationales et transmissent brutes aux préfectures concernées. Celles-ci ne sont ni formées ni équipées pour traiter ce genre de données et sont incapables de les utiliser pour guider les évacuations.  Les premières personnes fuyant la zone ont souvent été prévenues par une connaissance travaillant pour TEPCO, laissant les autres sur place en attente d'informations officielles.


Les limites des cartes de risques

- Des programmes de protections de la population (ceux du Japon sont très avancés) existent depuis plusieurs années avant la catastrophe.  Plans d'urgences, exercices pour les professionnels et la population...  Mais tous sont basées sur des estimations d'un risque maximum (sous-estimé pour les grandes catastrophes rares) qui s'appuient sur des cartes de risques.  Les habitants des zones qui étaient considérées comme sûres ne prennent pas part à ces programmes et seront massivement plus impactés par la catastrophe, étant encore moins préparés.


Vulnérabilité / résilience.   Le long et moyen terme

Déjà plus fragile pendant les premières heures de la catastrophes, les personnes, les plus âgées, les moins mobiles,  les moins connectées (groupe sociaux et technologies de l'information),  sont également plus impactées dans l'après urgence.   Plus grande difficulté à déménager, à retrouver du travail, à obtenir de l'aide et de l'information (se trouvant de plus en plus uniquement sur internet).  L'exode des jeunes et de ceux qui le peuvent  accélère encore plus les difficultés de la région.

11 mars 2016 à 19:48:38
Réponse #1

LaMouette


Merci de cet excellent partage.

A l'époque j'ai été très marquée par l'expérience de ces enfants

Les enfants de Kamaishi ont eu l'immense chance d'avoir des conférences d'un homme de bon sens, le professeur Toshitaka Katada qui leur a fait prendre conscience que les plans d'évacuation des autorités sont établis sur des catastrophes historiques mais qu'une nouvelle catastrophe peut ne pas forcément suivre le même shéma qu'une autre et donc, qu'il faut réfléchir par soi-même au lieu de suivre aveuglément les prescriptions de ces plans.
Le miracle de Kamaishi ou comment éduquer à penser par soi-même peut sauver la vie
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/803583-bilan-de-fukushima-pour-rester-en-vie-mieux-vaut-fuire-que-croire-le-gouvernement.html

Une interview du professeur Toshitaka Katada
http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/analysis_opinion/AJ201303200038

 


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