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Auteur Sujet: La drillophobie aigue  (Lu 7314 fois)

03 janvier 2016 à 12:36:13
Réponse #25

Le-Jerome


Observer l environnement ok, maintenant apprendre a detecter des personnes dont le comportement est "louche" c est pas evident. La "louchete" c est quelquechose de vague.
deux exemples:
fin de nuit a toulon, on s apprete a rentrer dormir lorsque  un  homme sort d un immeuble, clope au bec et nous demande du feu. Rien de special dans son attitude ou son apparence  mais quelquechose m etonne, une fois qu il est parti je suis chiffonné  et je rentre dans l immeuble pour checker. Et bien il avait allumé un feu dans la cage d escalier...

2) je sors du metro a st denis vers 21h, devant moi, deux jeunes femmes, elles prennent le meme chemin que moi et au final je sens qu elles deviennent nerveuses. Elles me regardent moi et ma grosse barbe. Finalement, elles rentrent dans mon immeuble, et comme la porte se referme seule ( et lentement ) elles me claquent la porte a la gueule. Heureusement qu elles n avaient rien dans la poche sinon, je m en prenaisune: giclee de lacrymo, coup de matraque, décharge de  tazer...j y avais droit.
 Pourtant a part mon apparence physique et une sale gueule fatiguée,  je ne pense pas avoir eu une attitude louche, je n ai pas pu leur en parler pour demander...

En ce qui te concerne, pour le type qui demande du feu tu as écouté ton intuition à juste titre, le fameux "gut instinct", quand aux 2 filles, les gens sont souvent soit complètement flippés pour rien, soit au contraire complètement déconnectés de leur environnement et dans un aveuglement qui confine à la niaiserie (tout le monde il est gentil).

Ma nièce n'est finalement même pas passé à la maison récupérer le spray, je me serai donc farci 45 min aller et autant au retour pour acheter cette petite TW 1000 de 20 mL, pour rien.
Et c'est elle qui me l'avait demandé.
A filer à quelqu'un d'autre de sérieux et qui le mérite, éventuellement.

A ce compte là c'est même inutile de vouloir offrir Protegor, ou un exemplaire imprimé de REPERES, de discuter "situationnal awareness", "grey man", "évitement", "self protection", "OODA", "gut instinct" etc...
C'est même inutile d’aborder les bases de tout ça sans aller aussi loin, de toute façon, j'ai compris qu'ils (mes neveux) ne voulaient rien entendre, ni leurs parents.

Et pourtant, tout ces concepts qui ne coutent rien à l'achat et qui permettent d'éviter 95 % des problèmes, si on les exploite vraiment à fond.
Et dire qu'avec un spray bien utilisé et préparé et un peu de préparation sérieuse à la self TAIMN et FAB, on peut élaguer encore un peu, une partie dans les 5 % qui reste.

Attention je ne dis pas que le spray est LA solution ultime, j'en parle comme d'un outil de défense avec ses particularités, son usage, ses risques et ses limites, mais d'une accessibilité certaine au regard de l'investissement en temps pour la prise en main et l'habileté requise, ainsi que les conséquences qu'en entraine l'usage.

Mais bon comme a dit quelqu'un plus haut, on peut conduire son âne à l'abreuvoir mais on ne peut pas le forcer à boire.

Ce que je ressens : un sentiment d'inutilité et de la déception, du temps perdu aussi.

Quant à moi, il me reste à attendre avec impatience le prochain stage avec PP ou autres, d'ailleurs j'envisage de faire un TED aussi  :)
A ce sujet, j'aurais voulu pouvoir discuter de certaines questions que je me pose, même après une certaine recherche, mais à regret cela n'est pas possible sur le forum, car cela porte sur le choix de certaines armes/calibres, et que ce thème fait toujours dérailler la discussion.
« Modifié: 03 janvier 2016 à 12:42:44 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

04 janvier 2016 à 02:35:04
Réponse #26

promeneur-solitaire


Je pense que ce sujet est à rapprocher de celui-ci

Je pense que tu projettes ta problématique et tes préoccupations sur des gens qui n'en ont pas grand chose à battre.

L'expérience est incommunicable pour la plupart tant qu'on n'a pas eu des emmerdes ou senti passer le vent du boulet.

Vu son peu d'empressement, c'est à se demander si ta nièce n'a pas accepté de te laisser lui procurer une gazeuse sur ton insistance et par lassitude. ;)

Le meilleur service à lui rendre ... Si tu y tiens vraiment... Est de lui faire subir un simulacre d'agression si tu as des copains très dévoués ... Et bons comédiens  :lol:

Sinon, laisse tomber ... Et va plutôt mettre un cierge et prie pour que la vie lui apprenne sans trop de dégâts irrémédiables  :bang:

04 janvier 2016 à 21:56:45
Réponse #27

Le-Jerome


Et si finalement je le garde en EDC pour moi, le spray ?
Sachant que je n'ai pas une allure de client type de la police et que je ne fréquente pas les lieux moisis et le heures indues.
Les seuls "outils" de protection que je me suis résolu à porter et transporter, c'est stylo, magazine, lampe torche et gros sifflet.

En fait si après renseignement pris directement auprès d'un groupe de policiers municipaux (au détour d'une discussion sur le pas de tir où ils viennent souvent), c'est toléré en principe pour les femmes ou les personnes un peu âgées.

Moi par contre je n'ai pas envie d'avoir des ennuis en cas de contrôle, ou devoir justifier du port en cas d'utilisation.
Surtout par les temps qui courent avec l'état d'urgence.

Je suis d'un tempérament anxieux et si je peux éviter des jours/semaines d'attente d'un procès avec risques à la clé pour pour port d'arme de catégorie D non autorisé, je préfère éviter et les laisser à la maison pour la défense à domicile.
Je m'en tiendrai à ce qui est pratiqué et appris en stage, point (mains nues, armes improvisées, stylos lampe, magazine)

Il y a déjà des fils sur le forum, mais qui datent un peu.

Certains d'entre vous ont ils récemment et en tant que civil fait usage d'un spray/guardian angel sur la voie publique, quelles ont été les suites (policières) ?

Pour moi le seul avantage du spray est de riposter avec un peu de distance, comme 1 m ou 1,50 m.

Si on doit s'expliquer sur le fait qu'on portait un spray, qu'est ce qu'il faut dire à l'agent ?

Tout ça me donnera une idée. d'une décision à prendre.

Sachant que désormais on ne voit plus d'entrainement au spray dans les derniers stages.

Vos avis les anciens, les "Goranes" (et les autres)  ;D ?

Jérôme

un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

04 janvier 2016 à 23:52:06
Réponse #28

setrus


Citer
Certains d'entre vous ont ils récemment et en tant que civil fait usage d'un spray/guardian angel sur la voie publique, quelles ont été les suites (policières) ?

Cet été avec un ami nous sommes tombés dans ce qui sentait foutrement une embuscade, en revenant d'une fête urbaine. Nous étions suivis à une cinquantaine de mètres par cinq bonhommes plutôt bruyants.
Devant nous une paire de gonzesses, plutôt mignonnes et court vêtues.
Elles sont rentrées dans un immeubles, les gus sont devenus plus silencieux, se sont rapprochés. Innocemment nous avons changé de trottoir, un coup d'oeil en arrière ils n'étaient plus que trois.

Au carrefour suivant, deux gars arrivent par la droite, en parlant fort (grosse impression qu'ils étaient essoufflés et qu'ils jouaient pour cacher ça). L'un d'eux à un truc qui ressemble à une teleco repliée dans la main droite (ou une grosse cigarette électronique).

Ils sont venus droit vers nous, toujours hilares, en se poussant gentillement du coude, mais toujours un regard droit sur nous.
A trois mètres j'ai poussé mon collègue, "court", et je leur ai vidé mon spray à la tronche, un beau Z à la Perrin, et j'ai couru en gardant le doigt sur la gachette. On s'est fait courser, ça a gueulé des "choppe le", des insultes, mais on s'est barrés.

J'ai tourné en rond pendant trois, quatre jours à ne pas savoir quoi faire, à me remettre la scène encore et encore. Sur le coup, j'étais absolument sur de moi. Après réflexion, j'en savais rien. Puis si. Puis non.
J'en ai parlé à un collègue flic, plainte ou pas? Il m'a dit "laisse courir", 6 mois et rien. Il a lorgné de son coté, rien non plus.

Je reste persuadé que mon spray nous a sauvé ce soir la. Il est dans un tiroir. Mais je ne l'ai pas remplacé.

05 janvier 2016 à 00:47:24
Réponse #29

Hurgoz


Yo,

je préfère éviter et les laisser à la maison pour la défense à domicile.

Alors, dépend si ton spray est à gaz ou en gel. Un gaz, dans un lieu fermé comme une barraque, c'est pas forcément l'idéal....  :blink:

Citer
Pour moi le seul avantage du spray est de riposter avec un peu de distance, comme 1 m ou 1,50 m.

Et, comme dans la situation vécu par Setrus (merci du témoignage  :up:), de prendre la fuite! :)

Citer
Si on doit s'expliquer sur le fait qu'on portait un spray, qu'est ce qu'il faut dire à l'agent ?

Tu peux toujours leur dire que tu as confondu avec du dé-o....mais s'ils te demandent de leur montrer, t'es mal!  ;# :lol:

Plus sérieusement, si tu te faisais chopper avec un spray, je pense qu'il faut jouer carte sur table: t'es pas vraiment dans une position où il faut les prendre pour des cons...après, dépend du contexte, des flics, de toi...

Concrètement, si tu es pris cagoulé dans une manif avec ça, t'auras plus d'emmerde qu'en rentrant chez toi et en expliquant que tu traverses des zones à la cons tout les jours et que tu préfères de donner des solutions de replis...

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

05 janvier 2016 à 07:44:34
Réponse #30

b@s


+ 1 avec Hurgoz ... miser sur la franchise mais tu sais que c'est interdit ... tu peux "jouer" aussi sur le contexte anxiogène même si tu vas passer pour un con ( gaz contre kalach c'est pas très crédible)

Je n'ai pas de gazeuse car je ne traine pas en milieu urbain, et surtout parce que je n'ai jamais "drillé" avec ...

05 janvier 2016 à 09:03:26
Réponse #31

Troll


Hello,

Ca fait un +2 avec Hurgoz et la franchise alors  ;)

Ma Madame en a un dans son sac. Il y a un an, nous nous promenions dans Lens, pour visiter. C'était l'été, et nous étions tous deux très passe-partout : jean, basket, t-shirt, etc... De son côté, elle avait un sac à main.

Notre balade nous amène autour du stade de foot. Je précise qu'il n'y avait pas de match ni la veille, ni le jour, ni le lendemain.

Un policier arrive et nous contrôle. Elle doit lui indiquer (et sortir) le contenu de son sac. Elle tend naïvement la bombe. De là, le policier est surpris qu'elle la lui présente ainsi, sans avoir chercher à la cacher. Il explique que normalement, c'est interdit. Elle répond (honnêtement) qu'elle ne le savait pas et lui a proposé de la lui laisser en guise de bonne foi. Son honnêteté a dû se noter car il a laissé filer.

Cela dit cette situation est de ma faute car j'avais dit à Madame que c'était légalement interdit mais en général toléré dans la pratique...

Conclusion: être honnête, ne pas chercher à enfumer, être "sympa" et normalement, ça doit passer.

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

07 janvier 2016 à 11:10:21
Réponse #32

ensuquet


Salut!

Effectivement, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif...
Le problème, c'est même qu'à trop insister tu risques de les braquer...

Après si tu y tiens vraiment, tu peux tenter quelque chose:
Une terrasse de café sur une place fréquentée; le prétexte de prendre une conso et l'exo de l'éveil à son environnement...

"Ah, regarde, celui /celle là qui passe! il/elle était tellement absorbé par son portable qu'ils se sont rentrés dedans avec l'autre! (la cerise, c'est lorsqu'en face le ton monte)"
"Tiens, il /elle ne fait pas attention à sa sacoche/sac à main sous la table, tout est par terre; il/elle va oublier quelque chose en partant"...

En général, ça fait marrer et avec un peu de chance, cela se passe comme cela... Et même parfois, tu pourras si vous assistez à des "incidents" te permettre d'aller plus loin (2ème étape) et prodiguer les conseils de base...

L'étape suivante sera de faire mettre l'autre dans la peau d'un éventuel voleur/agresseur qui choisirait sa victime en fonction des observations comportementales des autres personnes à proximité...

MAIS! A ne pas faire tout d'un coup! distille les infos à doses homéopathiques pour ne pas "saouler" ... Quoiqu'il en soit, même si ton entourage n'en retient ne serait ce qu'1 pour cent, ce sera déjà mieux que maintenant.

Après, de là à ce qu'ils franchisent le pas et en viennent à faire un stage ou entrainement  il y a un monde et il faut  qu'ils en ressentent réellement le besoin pour le faire.

Pour Madame, il m'a fallu des années pour que certaines choses passent et c'est un travail de longue halène mais j'ai obtenu quelques résultats et elle est même venu participer à 2 stages :doubleup:!

Pour ce qui est de la "gazeuse", arme de catégorie D, c'est une tolérance dans certains cas/personne; la franchise est appréciée par tout le monde et en découle généralement l'indulgence ...

@ Jérome: pour le reste: mp. 

07 janvier 2016 à 15:14:36
Réponse #33

DavidManise


Salut à tous,

Bon, je prends le fil en route, et je me permets de poser mon grain de sel parce que c'est une problématique qu'on rencontre tout le temps quand on doit former des gens qui n'ont pas choisi sciemment d'être formés.  Typiquement, quand je bosse avec l'armée ou avec des groupes issus du service public "at large" je rencontre exactement la même attitude chez une majorité de gens.

En gros, ça se résume à "pourquoi je m'emmerderais, ça me servira jamais à rien ton truc"...

Et en clair, c'est une question de motivation.

Traditionnellement on a toujours plus ou moins fonctionné en mode "tu fermes ta gueule on te demande pas d'aimer ça".  J'essaie de faire un peu mieux, en poussant les gens à comprendre l'intérêt de la chose.  Après, pour les autres, il reste toujours le plan B, à savoir la règle de vie #4 : on te demande pas d'aimer ça, tu dois juste le faire.

La bonne question à se poser est "quelle est, pour vous, la source de motivation à vous faire chier pour ce genre de trucs" ?  Et si on est honnête, ça revient très souvent plus ou moins à une appréciation du risque basée sur le vécu perso, ou de celui d'un proche.  En gros, les gens qui s'emmerdent à se former à la self sont ceux qui ont déjà ramassé dans la gueule sérieusement, ou vu quelqu'un y passer.  Le plus souvent, les deux.  Ce sont aussi des gens qui ont suffisamment confiance dans leurs ressources intrinsèques pour arriver à se dire "je peux arriver à mourir moins souvent".

Si ces deux conditions là ne sont pas réunies, autant pisser dans un violon si on imagine faire bouger quelqu'un volontairement.  Alors soit on contraint, soit on lâche l'affaire en espérant que le retour au réel ne sera pas mortel, et qu'il laissera ensuite une marge de progression possible (pas de décès ni de séquelles psy ou physiques trop handicappantes).

Tout se joue dans l'estime de soi et la confiance en soi, d'abord et avant tout.  Et si vous voulez aider vos proches à avoir envie de se défendre, un bon point de départ c'est :

1) ne pas nuire à leur estime d'eux-mêmes en les enfonçant avec des "tu dois", "tu devrais" et "c'est nul que tu ne fasses pas"... 

2) globalement, être un regard positif et une présence aimante / valorisante pour eux, plus que l'inverse...

Et vous devrez faire ça dans la durée.

Eh ouais, je sais.  Vous attendiez un truc de mec, avec des grosses c*u!lles et des solutions où on peut contrôler l'intégralité du process.  Manque de bol, la première chose à faire c'est juste de ne pas nuire.

Pour le reste, on ne peut pas tirer sur les fleurs pour les faire pousser plus vite.  Utilisez votre énergie pour progresser et vous entraîner, ça sera plus utile que de casser les burnes à votre entourage ;)

David

"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

07 janvier 2016 à 18:17:59
Réponse #34

Hurgoz


Yo,

Citer
Eh ouais, je sais.  Vous attendiez un truc de mec, avec des grosses c*u!lles et des solutions où on peut contrôler l'intégralité du process.  Manque de bol, la première chose à faire c'est juste de ne pas nuire.

Ben non: on s'attendait exactement à ça! C'est toi qui te fais une idée de l'idée qu'on se fait!  ;#  ;# :lol: :lol:

Plus sérieusement: en général, on ne peu pas changer autruit. C'est autruit qui boss pour changer....au mieux on peu servir "d'exemple", au pire de garde fou.

J'aime bien l'idée de la mise en valeur: niveau pédagogie j'ai jamais essayé, mais ça doit pas tant mal marcher. Faut juste pouvoir appliquer ça dans le temps.  :up:

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

07 janvier 2016 à 23:24:17
Réponse #35

fabien8242


Bonsoir,
je trouve que le titre de ce fil est super bien choisi, parce qu'il s'agit vraiment de la question de la peur ici.

Quand les personnes disent "pourquoi je m'emmerderai à apprendre à me défendre, ou à me servir d'un outil de défense, ou de survie, etc.", ce qu'elles ne disent pas, c'est qu'elles ont peur de se confronter à ce qui leur fait peur. (elles ont peur d'avoir peur)
Le fait de devoir toucher à un spray au poivre leur fait sentir leur peur de la situation d'agression et elles ne peuvent pas le supporter... C'est leur peur qu'elles évitent.
Du coup, parler de cette peur, même de façon bienveillante et chercher à les convaincre, c'est presque impossible, parce que cela leur fait ressentir leur peur d'en parler et qu'elles ont appris à se défendre en étouffant leur peur, ce qui est moins coûteux que de l'affronter. Mais il y a un autre problème.

Les personnes que j'ai rencontré qui étaient dans ce cas de figure étaient très mal à l'aise avec l'idée de toucher quelqu'un ou d'être touché.
Elles ont intégré un code éthique bien cadré et, si j'ose dire, bien huilé, qui fait qu'elles se sentent dans leur bon droit de ne pas toucher les autres (même quand il s'agit de leur venir en aide) et s'imaginent pouvoir interdire à quelqu'un de les toucher. Et là on a beaucoup beaucoup de chemin à faire pour les amener à l'idée d'être peut-être agressé, et encore plus à « se défendre »... mais il y a des solutions.

Entre parenthèse, l'interdit du toucher est un des premiers interdits que l'on inculque aux enfants et, dans une certaine mesure, c'est une bonne chose parce que toucher aux affaires des autres est à l'origine de beaucoup de conflits. Mais, s'il ne faut pas toucher aux affaires des autres, il faut pouvoir faire respecter les siennes dans le cas où c'est l'autre qui veut y toucher. Et ça beaucoup de parents ont du mal à faire passer le message...

Ces personnes réfractaires à la self préfèrent trouver des évitements pour ne pas avoir à toucher l'autre et, à leurs yeux, l'outil est efficace s'il leur permet de se tenir loin de l'autre, comme une arme de dissuasion par exemple. "Je sors mon spray et l'autre va partir..." (Dans leur idée, elles ne pensent même pas avoir à appuyer sur le bouton. Elles n'imaginent pas avoir à « toucher l'autre » avec le spray).
C'est quelque chose que j'ai finis par découvrir à force de discussion longues et pénibles, pour en venir à cette conclusion simple : la personne a juste peur de toucher l'autre.
Et du coup, dire à quelqu'un qui hait le contact physique de faire de la self... c'est précipiter les choses selon moi. D'ailleurs, sur la question du temps, il me semble qu'il vaut mieux y aller doucement mais sûrement, plutôt que de rater sans pouvoir recommencer. Certes, des dangers existent toujours dans l'immédiat, mais il va falloir aussi prendre tout le temps nécessaire pour passer de l'état de larve apeurée à celui d'humain combatif.

Du coup, il me semble que s'occuper de cette phobie du "contact physique" avant de parler self défense est une bonne stratégie.
Si elles se désensibilisent progressivement de leur aversion pour le contact, elles envisageront plus facilement le combat, avec le temps.
 
Après, il y a plein de moyens. Perso, avec mes filles (4 et 2 ans) j'en utilise deux principalement : les câlins et jouer à la bagarre.

Pour moi, un enfant qu'on a souvent pris dans les bras, à qui on a fait pleins de bisous,  qu'on a fait tournoyer dans les airs, qu'on a poussé, tiré, coincé, secoué gentiment, tapé avec modération (juste pour qu'il intègre progressivement la force que peut avoir l'autre et qu'il s'autorise à en faire autant), etc... celui-là il aura beaucoup moins peur du contact et aura le goût de jouer de la bagarre.
Et si un jour ce n'est plus pour rigoler, il sera prêt parce qu'il aura déjà "lâché les chevaux" avec papa.

ça peut marcher aussi avec les adultes. combien de fois je joue à la bagarre avec mes potes ! et les copines aussi, surtout celles qui "n'aiment pas la violence", je les pousse un peu de temps en temps pour rigoler (pour les faire rigoler aussi), et si elles trouvent ça marrant, on s'amuse un peu à la bagarre aussi ! et c'est parti pour un "combat souple" avec "kick-balls" et "main dans ta face" !  ;#

Petit conseil : ne jamais afficher une posture de maître, d'enseignant. Cela inhibe leur agressivité et le côté "mec qui veut enseigner son art martial' les fait chier royalement !
Au contraire, il faut ressembler à "un-petit-cherche-m*rde-rigolo-qui-ne-demande-qu'à-se-faire-taper", parce que c'est ça l'objectif, qu'ils nous tapent bordel !! Apprendre à taper sur les autres, ça commence comme ça, avec quelqu'un qui a mérité de se faire taper en rigolant ! Un put**n de maso qui ne demande que ça !!
C'est très pédagogique ce que je dis là !

Un lasergame ou mieux un paintball, assez régulièrement, cela peut leur donner le goût de s'affronter, tout en respectant une certaine distance. (progressivité)
Ça peut aussi être un jeu de ballon, dans lequel il y a du contact physique.

Des trucs qui font qu'on touche les autres, qu'on se pousse, qu'on se tire, qu'on lance un truc vers l'autre pour le toucher ou lui faire la passe (en tout cas on vise)... et après, quand on aime ça, quand on aime les gens avec qui on fait ça, on peut passer à la self !

Après, c'est sûr que si la personne est du genre à serrer la main de son père pour lui dire bonjour, qu'elle passe son temps devant des écrans, qu'elle a autant de chaleur humaine qu'un ordinateur, ça sera vachement difficile d'amener un contact bienveillant avec elle... alors se taper dessus...

Mais bon, t'es super motivé et bienveillant, tu trouveras les occasions et les astuces pour renouer un vrai contact chaleureux avec eux et, ensuite, ils te suivront pour jouer à la bagarre !

En tout cas, je te soutiens à 200% dans ta démarche !
« Modifié: 07 janvier 2016 à 23:49:12 par fabien8242 »
"l'humour, c'est comme les essuies-glaces, ça n'arrête pas la pluie mais ça permet d'avancer"

09 janvier 2016 à 20:51:27
Réponse #36

Le-Jerome



En tout cas, je te soutiens à 200% dans ta démarche !

Merci !
Utilisez votre énergie pour progresser et vous entraîner, ça sera plus utile que de casser les burnes à votre entourage

J'ai vu avec Ensuquet en MP et je pense que je vais continuer à travailler quelques trucs seul de mon côté, bien que cette démarche soit mieux que rien on en voit rapidement les limites.

Mais bon je pense continuer à travailler à fond l'awareness car c'est fondamental, comme je le fais sérieusement depuis le début de cet été, donc 6 mois.

D'une façon générale et pour rebondir sur le sujet de l'awareness justement.

A ce sujet je constate un certain progrès dans la mesure où je me surprend à remarquer spontanément et involontairement certains détails (individu marchant avec une main dans la poche, attitude de groupe bizarrement louche, sortie de secours, personne connue identifiée dés que je la croise en voiture...)
En fait la meilleure description de ce que je constate serait que :

"je remarque que je remarque"

L'idée c'est aussi de réguler en fonction des 4 couleurs du code de Cooper, en poussant parfois volontairement l'attention au niveau orange pour faire travailler la machine, redescendre ensuite, capter la ligne de base ("monitor the baseline - general mood of the place").
Se placer judicieusement dans un resto sans perdre de temps, quand c'est possible.

Jouer à me poser des question simples sur les personnes autour de moi, aussi. Un peu comme expliqué plus haut.
Je travaille pas mal la vision périphérique aussi, et l'audition, les reflets dans les vitrines...

L'autre soir j'étais au restaurant avec un ami, derrière nous un couple se disputait assez durement, mais sans crier.
Je suis allé au toilettes et en revenant, mon collègue m'a expliqué qu'il avait remarqué la dispute en mon absence.
De mon côté j'avais repéré involontairement la scène en l'entendant, depuis 2 ou 3 minutes avant de me lever, mais tout en discutant avec mon collègue.

Précisions : le couple était derrière moi, donc en face de mon collègue.

De même avant d'arriver au resto, il n'avait pas remarqué qu'en me suivant il avait évité, en traversant, quelques individus arrivant 30 ou 40 m en face de nous sur le petit chemin sombre qui longe la route, derrière un buisson (j'en ai discuté ensuite avec lui).

Le collègue en question n'est pas quelqu'un de spécialement inattentif et distrait, il est dans la moyenne.

Donc j'ai l'impression que mes déplacements sont suffisamment anodins pour ne pas attirer l'attention mais que je reste capable de capter ce qui se passe autour de moi.
Évidemment tenu vestimentaire assez neutre mais propre pour moi, rien de valeur, ni attitude de victime, ni mâle alpha raté, ni beauf, déplacement plutôt rapide (ma façon de marcher à la base) j'essaie la notion de "grey man".
Ce sont des choses que l'on peut travailler effectivement soi même énormément, je précise que j'habite une ville du sud assez naze et réputée pour son insécurité.

L'évitement reste aussi une priorité fondamentale.

La self pour moi c'est :
- un système permettant de répondre à toute situation ne pouvant être évitée préventivement, ni désescaladée, ni fuit.
Mais aussi
- un système permettant de gagner en confiance et donc adopter inconsciemment un langage non verbal limitant le risque d'être choisi comme une victime.
Et également
- un moyen de prendre conscience des risques physiques et judiciaires de la violence.

Pour l'awareness, c'est une chose qui pour moi va plus loin que la simple connaissance en temps réel de mon environnement direct, c'est aussi la conscience de l'actualité, de l'ambiance de la ville où je suis, de "l'esprit du temps", de discussions avec un peu tout le monde, qui peut permettre de déceler une évolution de la situation globale et de pouvoir s'y adapter (économie, climat social etc...)

Sinon oui, c'est bien de peur dont il est question ici, peur du contact, peur de se confronter à des peurs, d'avoir peur, de se confronter à ses manques, mais aussi paresse, individualisme et je-m'en-foutisme, tout ça se mélange.

Peut être qu'un jour ce sera possible avec eux (mes neveux) mais en attendant rien ne peut être fait sans qu'il y ait une réelle demande de leur part.

J'ajoute que ce sont des gamins surprotégés.

Jérôme
« Modifié: 09 janvier 2016 à 21:21:37 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

11 janvier 2016 à 10:22:10
Réponse #37

Tekkel


Nous sommes deux copines, mamans solos et assez débrouillardes en terme d'évolution en milieu urbain et de désescalade des situations potentiellement merdiques.
On a fait un bilan toutes les deux de ce que l'on savait gérer et de ce qui pouvait se transmettre, et comment faire pour que l'ado concernée apprenne par l'expérience gentille, mais expérience quand même.

Du coup, quand nous sommes en ville ( pour faire du shopping ( attrait ado +++)) nous avons pris l'habitude de marcher plusieurs mètres derrière elle ( et ses copines qd il y en a ) et de la laisser se débrouiller seule au départ.

Comment gère-t'elle le mec bourré-mais-pas-méchant à la Fête de la Musique ? Est-ce qu'elle a flairé le mec-pas-si-bourré-que-ça-et-entreprenant ? Est-ce qu'elle a percuté que reculer dans une impasse c'est se bloquer tout seul ?

Des que l'on voit/sent qu'elle ne va pas s'en dépatouiller, on intervient.
Le but n'étant pas de traumatiser la gamine...

Ensuite, on en reparle, on lui explique comment, nous, on a géré. Le pourquoi du comment de telle attitude ou tel discours et l'intérêt.

Le spray :
On a pensé à l'équiper au départ.
Puis on s'est rendu compte que, tant qu'elle n'aurait pas compris que se défendre c'est être déterminé à aller au contact si c'est nécessaire ( = frapper quelqu'un OMG ! ) c'était une fausse bonne idée.
Comme écrit par fabien8242, elle est justement dans le cas de figure ou le contact est tabou et la déstabilise complètement.
Or le type de comportement qu'elle doit gérer c'est justement le contact du mec-amical-avec-une-idée-derrière-la-tête qui lui passe innocemment, mais sans demander la permission, le bras sur l'épaule à un concert.
Donc on a pensé que l'équiper d'une bombe servirait surtout à lui donner un faux sentiment de sécurité (et un vrai moyen de se blesser ) et qu'on devait plutôt travailler sur son flair, son awareness (= si tu n'étais pas nez dans ton i-phone, tu l'aurais vu venir...), et sa capacité à garder la tête froide quand elle stresse.

19 janvier 2016 à 20:17:07
Réponse #38

Le-Jerome


@Tekkel
Super pour ton éducation envers ta fille, ce serait bien si tout le monde pouvait faire cela.
Effectivement je pense aussi que les sales faits divers seraient nettement plus rares si les personnes de sa tranche d'âge pouvaient intégrer quelques éléments sérieux de protection personnelle (je ne vais pas me répéter).
Au delà de ça je crois que cela devrait faire partie de l'éducation du grand public dans les universités, comme aux états unis, dans certains campus comme celui d'Amarillo au Texas.
Le campus possède c'est vrai son propre poste de police, mais ils ont une politique de sensibilisation des étudiants à la sécurité personnelle via le programme "Whistles for life".
En clair l'attitude de protection perso s'accompagne d'un accord entre tous les étudiants et les policiers privés du campus, en cas d'utilisation d'un sifflet d'alerte, et chaque étudiant a son propre sifflet.
Si quelqu'un siffle, celui qui entend doit siffler aussi, se diriger vers l'origine de l'appel en sifflant lui aussi, et prévenir le poste de sécurité par téléphone.
Les autres qui entendent font de même.
https://www.youtube.com/watch?v=01Oidvt-u24

Bon le campus semble déjà très sécurisé et affiche un niveau quasi nul de délits et crimes.

Le port du sifflet a également un rôle "rassurant" et "d'aide mémoire", c'est un symbole pour ne pas oublier les principes de sécu perso, une sorte de pense bête.

On ne parle pas suffisamment aussi des lampes torches, dans le sens ou une petite lampe de qualité fonctionnant avec 1 pile LR6 et produisant 80 ou 100 lumens (parfois même un peu plus) pour 25 ou 35 euros permet de lever le doute en cas de zone sombre sur un parking, une entrée d'immeuble,  un porche ou une cour, autour de sa voiture avant de s'approcher etc...)

Associé à une démarche sure et à des vêtements adaptés pour la course et la fuite, c'est à la portée de plein de monde et sans risque illégal.
ça peut aussi éblouir un court instant et donner une possibilité de gagner un instant pour fuir.

C'est un beau cadeau à faire à quelqu'un aussi, un sifflet et une torche.  ::)

Surtout avec les puissances de maintenant, qui peuvent se compter en centaines de lumens tout en tenant dans une poche.
(on frôle même les 1000 lumens avec une Fenix PD 35 ou une Nitecore P 12 et un accu rechargeable)

En plus la torche est toujours utile ou pratique en plein de circonstances (panne de courant, en voiture, en vacances, pour chercher quelque chose dans la pénombre...)

@tout le monde : Une connaissance qui possède une petite maison de village en Lozère (dans un hameau de même pas une centaine de maisons) mais PAS la même personne que dans mon autre fil, rien à voir (celui qui s'appelle "tentative de vol, de l'utilité du bruit et de la lumière" - fil d'ailleurs mal démarré et au contenu décevant), est venu me trouver pour demander conseil car il craignait un peu un risque de vol, sans réelle raison ou sans qu'il y ait un précédent.
Au départ il voulait une arme de défense.

Après discussion entre nous et analyse rationnelle de la situation, il s'est entendu avec le maire et les 2 cantonniers, ceux là connaissant bien le lieu et les habitudes de chacun, le préviendront en cas de vol ou d'activité ressemblant à du repérage, et au besoin signaleront à la gendarmerie ce qui doit être signalé.
Auquel cas il a la possibilité d'aller sur place (2 heures de route) pour quelques jours quand il le souhaite, histoire de bien montrer que la maison est occupée.
Il va s'acheter une bonne lampe torche puissante, et peut être un bon sifflet.
Cette personne avait surtout besoin d'être rassurée, ce qui est chose faite avec quelques mesures simples et sans risques, et qui renforce le lien social et l'entente entre les personnes du village.

Ici juste quelques précautions basées sur l'entende de proximité et une lampe puissante.


Jérôme

« Modifié: 19 janvier 2016 à 20:45:55 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

20 janvier 2016 à 22:39:05
Réponse #39

fabien8242


Bonjour,
Je ne suis pas aussi optimiste quant à l’usage du sifflet ou de la lampe… même si ce sont parfois des objets utiles c’est vrai.
Ces objets ne vont pas permettre d'éviter le contact physique. Ils ne vont pas empêcher physiquement l'agresseur de poursuivre son attaque. Dans ce cas, pour le drillophobe, c'est retour à la case départ...  :(

Pour le sifflet, rien n'empêche l'agresseur de frapper quand même sa victime.
Et même si quelqu'un entend les coups de sifflets, encore faut-il qu'il interprète bien ce signal ("personne en détresse" et pas "enfant en train de chahuter") et qu'elle agisse ensuite.

C'est presque pareil pour la lampe, car rien n’empêche l’agresseur encore une fois de continuer d’avancer et de venir saisir au corps. A partir de là, si la personne ne sait pas se défendre, c'est cuit...  :(

Fab
"l'humour, c'est comme les essuies-glaces, ça n'arrête pas la pluie mais ça permet d'avancer"

21 janvier 2016 à 09:52:36
Réponse #40

Le-Jerome


En fait il faut bien distinguer :

la protection personnelle, qui est l'ensemble des habitudes, modes de vie, comportements au quotidien etc... et qui comprend l'observation de son environnement et l'évitement, entre autres choses, dans le but de prévenir une agression/altercation...

la défense personnelle, qui concerne le conflit à proprement parler, de la désescalade verbale jusqu'à la frappe par différents moyens (on peut inclure je pense la désescalade dans le self défense ou pas selon comment on voit les choses, mais pour moi à ce stade on est déjà dans un combat - la confrontation a déjà lieu à l'échelle verbale avec stress ++ et risque immédiat de confrontation physique).

Je vois d'abord la torche comme un moyen de protection personnelle, c'est à dire préventif et qui permet :
- de détecter/rechercher et "lever le doute" sur un chemin sombre, un recoin pas éclairé, etc afin de détecter si une présence s'y trouve, si il y a une "anomalie" et le cas échéant de contourner, partir fuir.
Le sifflet trouve sa place à ce moment là, pour faire du bruit, et pour souffler dans quelque chose donc respirer (très important). Toujours aussi pour attirer l'attention.

Je parle ici d'un lieu désert et mal éclairé, comme il existe de plus en plus avec les économies faites en matière d'éclairage public, et les défaillances de ces systèmes, depuis que l'économie se grippe (endettement des communes, mises sous tutelle de ces dernières etc) dans et à proximité des agglomérations.

- de véhiculer un message "je suis conscient de ce qu'il se passe autour de moi" (moyennant une attitude non verbale appropriée), et même d'être perçu un court moment plus facilement comme un agent de sécurité ou un policier, donc une cible dure, ce qui peut interférer dans le plan d'un prédateur, donc l'inciter à ne pas passer à l'acte et à aller voir ailleurs.

- de rassurer le porteur la nuit, de part le côté rassurant de la lumière, ce qui incite à adopter un comportement plus confiant etc...

- d'avoir un outil "éducatif" pour sensibiliser à la protection personnelle, comme l'est le sifflet d'ailleurs aussi, et qui permet aussi une entrée en matière, en ce sens je préfère passer 2 heures avec quelqu'un pour lui expliquer l'évitement, l'awareness et quelques trucs préventifs avec lampe et sifflet que de la voir faire 2 heures de self defense "de salon" à base de dérivés du judo pas du tout adaptés à la défense de rue.

Le côté défense personnelle de la torche commence par contre avec l'éblouissement momentané de l'individu qui permet d'enchainer sur fuite ou frappe (ou les deux) et qui concerne les personnes ayant franchi le cap de l'aptitude à cogner.

Ce sont 2 choses différentes.

Je voulais dire aussi qu'utiliser une torche et un sifflet de nuit depuis une fenêtre est une meilleure option que de descendre en criant dans son jardin parce qu'il s'y trouve quelqu'un qui n'y a pas été invité, à 23h en novembre.

Je m'inspire aussi de ceci :
http://lesurvivaliste.blogspot.fr/2011/11/la-lampe-tactique.html
que tout le monde connait

Effectivement on peut réfléchir aussi à la phrase suivante
Non seulement cette reconnaissance implique une perte de pouvoir, mais elle implique aussi une détérioration psychologique liée principalement a la culture du crime.

C'est la relation "lumière/ombre", "police/criminel", "bien/mal"…qui est impliquée et utilisée ici. Simplement, un prédateur n'est jamais dans son élément quand 200 lumens s'étalent soudainement sur ses intentions.


Les gens ont du mal à imaginer autre chose qu'une confrontation dehors face à face, mais qu'en est il si tu es à l'étage, au dessus de ta cour, derrière une porte solidement fermée au rez de chaussée (voire blindée), et que 2 voleurs sont dans la cour.
On suppose qu'on est en zone gendarmerie avec un délai d'intervention long.
Les individus commettant des vols sont souvent dans ce cas, criminologiquement parlant, non des bandes armées des cités mais des enfants de 12 ans d'origine roumaine par exemple.

Vaut il mieux que mr michu descende furieux (ce qui se passe en général) ou vaut il mieux qu'il commence par rester en haut ? tire avec son fusil ? ou fasse autre chose de moins risqué justement ?

On a vu des cas similaires ces dernières années en France qui ont été résolus au fusil et on valu au brave pépé ou au brave buraliste un aller simple en prison, alors que cela aurait très bien pu être réglé avec des méthodes de ce genre, doublées par exemple d'un usage de spray au poivre XL, ou guardian angel, ou piexon JPX, ou mini gom cogne 12/50, ou Flash ball éventuellement détenus légalement à domicile.

http://www.midilibre.fr/2015/07/04/rene-galinier-retourne-derriere-les-barreaux,1185740.php
http://www.ladepeche.fr/article/2015/04/02/2079387-cambrioleur-tue-buraliste-albi-condamne-7-ans-prison.html

Si on explore des solutions nouvelles et adaptées, on peut sécuriser des gens et leur permettre de se défendre, tout en leur évitant ou limitant très sérieusement le risque de suites judiciaires.


D'abord derrière 500 lumens à 10 m de nuit, on ne sait pas qui est derrière :
- donc impossible d'être reconnu, de laisser savoir si on est balaise ou maigrichon, armé ou pas etc...donc par là même exploiter un doute dans l'esprit du visiteur nocturne, tout en n'étant pas reconnaissable par la suite.
- de bien identifier la menace : qui ? quel signalement ? combien ? qui est ce ? etc...
- la lumière puissante peut avoir (notez que j’emploie le conditionnel) un effet sur le comportement criminel peu déterminé, mettant mal à l'aise quelqu'un qui est "découvert".
- le sifflet peut véhiculer une idée-réflexe : police/patrouille/arrestation donc entrainer la fuite éventuelle. De plus un coup de sifflet est un coup de sifflet, qui que l'on soit.
- rien n'empêche de mettre sur le coup le voisinage dans ce plan là : plusieurs se mettent à éclairer et à siffler.
Les blog de sécu perso américains (en anglais) font référence aux lampes torches, un petit nombre d'entre eux au sifflet.
Rien ou presque en France.

Par contre après recherche en français et anglais, personne à nulle part n'a jamais pensé à associer les 2 systèmes simultanément, je me suis donc dis que cela pouvait apporter quelque chose de nouveau, pourquoi pas.

mes 2 centimes d'euro

Jérôme
« Modifié: 21 janvier 2016 à 10:01:18 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

21 janvier 2016 à 18:33:00
Réponse #41

Merlin-Max


Le bouton "Merci" n'éxiste plus alors je l'écris, merci Le-Jerome pour cette intervention sifflet/lampe. :D
L'âme sûre ruse mal. ;)

22 janvier 2016 à 11:08:05
Réponse #42

Jco


J'ai aussi suivi la piste de la "lampe + sifflet" pour ma moitiée.
En insistant bien sur sur l'importance de l'awareness, de pas rester "bloqué", de fuir.
Prochaine étape: gestion du stress (en général, pas que pour les situations de ce genre, bien que ca puisse aider).

19 décembre 2016 à 15:01:27
Réponse #43

Le-Jerome


Je remonte le sujet, car j'ai évoqué un peu plus haut le cas du buraliste de Lavaur, Luc Fournié, condamné à 7 ans fermes.
Ce dernier vient d'être condamné en appel à 10 ans, direction la cour de cassation maintenant...

http://www.leparisien.fr/faits-divers/tarn-au-proces-du-buraliste-de-lavaur-l-avocat-general-exclut-la-legitime-defense-09-12-2016-6436176.php

Dans cette triste affaire, ce n'est pas qu'une seule vie de perdue (celle d'un gamin de 17 ans qui s'est laissé entrainer à faire une grosse bêtise), mais aussi celle de sa famille qui est gâchée, celle du buraliste, celle de la famille du buraliste qui elle n'y est pour rien et voit un proche parents entrainé dans une culpabilité terrible.

La défense armée du domicile existe certes, mais elle ne s'improvise pas.

Je reste convaincu qu'il y aurait eu d'autres solutions pour éviter ce drame : pose d'une petite alarme volumétrique entre les 2 cambriolages, éclairage, lampe torche et sifflet, repli à l'étage et appel du 17, munitions caoutchoucs avec sommation de tir (voir le livre de PP, ou REPERES) ou emploi d'une arme type gel poivre en spray "extincteur" aurait parfaitement suffis à arrêter ce gamin, ou le mettre en fuite, très vraisemblablement et avec une très forte probabilité sans causer sa mort ni même de trop graves blessures.
Et une légitime défense reconnue ou pour le moins une peine très amoindrie en comparaison pour le buraliste.

Il n'y aurait pas eu 2 familles détruites et un gamin mort.

Comme quoi, former et informer son entourage n'est pas une vaine chose, et ce n'est pas en mettant publiquement la chape de plomb sur le sujet tabou de la défense personnelle armée qu'on empêchera les drames et les excès.

Au contraire, former, expliquer l'utilisation des armes, RESPONSABILISER les gens (arme= obligation de responsabilité et de compétence en contrepartie) à partir d'initiatives comme NDS, FAST ou l'ENIT de PP permettra justement d'éviter que les gens ne fassent n'importe quoi dans leur coin.

Peut être, qui sait, que ce post sera lu quelque part par quelqu'un, qui prendra la bonne voie et cela sauvera la vie et la l'équilibre d'une famille quelque part, qui sait, à bon entendeur...

Bonnes fêtes en famille, les choses les plus précieuses, on n'en mesure la valeur que quand elles ne sont plus là.

Jérôme

« Modifié: 19 décembre 2016 à 15:40:19 par Le-Jerome »
un héros, c'est un abruti qui a eu de la chance

21 février 2017 à 11:59:58
Réponse #44

Tong


Je suis allé lire cette histoire de buraliste. Il n'était pas en situation de surprise et de peur, mais avait prévu de rester là pour tirer. C’est une attitude de fond très différente de celle de se protéger. Ça me rappelle un motard qui discutait devant ma fenêtre: il rêvait qu'un jour un piéton déboule trop près sur la route et qu'il puisse l'écraser sans être accusé.

Je voulais aussi raconter pourquoi je n'imagine pas prendre des cours de self défense : toutes les personnes qui en parlent évoquent des situations où le corps à corps est quasi équivalent en force. Ou alors à l'avantage de l'attaqué. Les techniques me semblent complètement inutiles dans les cas réels : celui où les agresseurs s'en prennent toujours à plus faibles qu'eux. Il y a tout ce qui se désamorce car l'intimidation n'était pas une véritable intention de détruire. Il m'est plus agréable de ne pas penser encore plus que je suis vulnérable.  Peut-être qu'apprendre à courir vite ou à grimper pourrait être utile, les trucs comme la torche citée ici,  mais le reste ? Je ne vois pas, la première chose qu'on fait, instinctivement en cas de situation inquiétante c'est d'évaluer le rapport de force. Est ce qu'une vielle ou une gamine de 15 ans se fera agresser par un gars plus faible qu’elle ou de force équivalente, seul et pas armé ? Je crois que se perfectionner en "bagarre" est utile pour ceux qui ont le gabari où ça peut leur servir (ils auront le plus souvent à faire à plus faible qu'eux) mais les autres, à quoi ça sert ? A flipper encore plus de savoir à quel point ça ne servira à rien ? Il y a eu déjà quelques d'abrutis qui se sont amusé à me démontrer comme leur technique de self était efficace et comme ils pouvaient m'immobiliser, et oui, ces mecs plus forts que moi y arrivaient sans soucis. Et ça me servira à rien d'apprendre à faire la même chose. Parce que les cas où le rapport de force sera pile dans la tranche où ça peut faire la différence parait insignifiant. j'ai déjà aussi essayé de me battre contre plus fort que moi, et j'ai été très vite épuisée. j'ai aussi fait détallé un groupe d'ado, mais leur détermination n'était pas d'aller au problèmes. La situation qui est dangereuse, c'est lorsque l'agresseur est déterminé et qu'il se sait en situation supérieure.
Les mecs musclés ne se rendent pas compte qu'ils sont en haut du pavé dans les rapports de force. là où les techniques sont utiles, où leur séances sont un vrai gain pour eux.
Par contre, s'il y avait un cours pour les gens diminués, j'irai. Mais j'ai pas trouvé (ça existe seulement ? Plus je cherche et plus je me demande si la self-défence n'est pas un moyen de jouer à la bagarre ou une façon d'y être plus performant pour ceux qui aiment ça)

21 février 2017 à 12:18:40
Réponse #45

Merlin-Max


C'est l'idée d'un bon cours de self défense, des techniques applicables simplement en état de stress et d'infériorité physique/numérique. Ça et tout ce qui viens avant bien sûr(Run Forest!). ;)
L'âme sûre ruse mal. ;)

21 février 2017 à 13:01:51
Réponse #46

Pierrot


Citer
Par contre, s'il y avait un cours pour les gens diminués, j'irai. Mais j'ai pas trouvé (ça existe seulement ? Plus je cherche et plus je me demande si la self-défence n'est pas un moyen de jouer à la bagarre ou une façon d'y être plus performant pour ceux qui aiment ça)

Cette réflexion ( plus le reste de ta tirade ) illustre à la perfection ce que je dis toujours à propos de la self défense ( valable pour tout d'ailleurs ).

Si on n'a pas l'état d'esprit nécessaire, aucune méthode ne conviendra jamais.

21 février 2017 à 13:12:36
Réponse #47

bison solitaire


Contrairement à ce qu'on peut croire ou entendre: on ne motive pas les autres. Tout au plus un enseignant/formateur/prof pourra montrer en quoi le participant est motivé.
Ce qui est agaçant, c'est que beaucoup viennent à la self après avoir eu une embrouille, et je sais pas comment attirer des gens avant une embrouille.......
...
Pour ce qui est des cours à des gens diminués, j'imagine qu'une des problématiques sont les assurances...déjà rien que pour des mineurs...

21 février 2017 à 13:23:16
Réponse #48

Tompouss


Les techniques me semblent complètement inutiles dans les cas réels : celui où les agresseurs s'en prennent toujours à plus faibles qu'eux.

Le but de la self c'est justement de devenir moins "faible". D'ailleurs la force brute c'est bien beau mais un coup bien placé dans la trachée marchera aussi bien sur un golgoth que sur une ablette et c'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Et c'est un petit pas très musclé mais (très très) teigneux (et qui était bien con à chercher les embrouilles il y a quelques années) qui le dit.

D'ailleurs en self on tournait régulièrement entre les différents gabarits, pour que chacun apprenne à se défendre contre grands, petits, gros, maigres...

Au final pour moi dans l'approche self défense le plus important c'est pas le but final mais le chemin pour y arriver. Chemin qui, au fur et mesure, va faire d'un individu une cible "dure" moins susceptible de se retrouver en situation où il devra se servir de ce qu'il a appris.
Sometimes you gotta remember : everyone wasn't raised like you...

21 février 2017 à 13:24:52
Réponse #49

bloodyfrog


Il est question en effet de prise de conscience de son environnement, puis de volonté, de mindset pour se former, à des principes universels.

La mise en pratique, ensuite, n'est qu'une question d'adaptation.



Manu.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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