Nos Partenaires

Auteur Sujet: Tronçonneuse : et la formation ?  (Lu 5707 fois)

15 octobre 2015 à 20:28:42
Lu 5707 fois

Rosetta


Bonsoir tous,

J'ouvre ce sujet parce que j'ai lu plein de trucs sur l'utilisation d'une tronçonneuse en toute sécurité, mais jusqu'à ce que je me penche dessus je n'avais aucune idée de la meilleure manière de se former.

On sait qu'il est nécessaire de se munir :
- d'une tronçonneuse adaptée à l'usage que l'on veut en faire (abattage VS élagage, certaines pouvant éventuellement faire les deux)
- de vêtements adaptés : pantalon de sécurité anti-coupures, casque avec visière, chaussures anti-coupures et anti-écrasement, gants... du moins c'est ce qui est préconisé pour les personnes qui l'utilisent en milieu pro (j'ai vu plein de gens faire ça en short et tongs, mais je ne m'étendrai pas sur ce que j'en pense...)

ET de ne pas faire ça après l'apéro.

MAIS : bien qu'ayant reçu une courte "formation" de deux jours par mon père lorsque cette tronçonneuse me fut offerte, j'avoue avoir encore la flippette (grave) quand je m'en sers, je me sens insuffisamment sûre de moi, j'ai peur des rebonds inopinés. Je me contente donc de couper des machins n'excédant pas 15 cm de diamètre comme on m'a montré.

NB : cette discussion n'a pas vocation à tourner autour de "mon problème" puisque techniquement par chez moi on bosse en réseau. Tout le monde a une tronço, et quand c'est le moment de faire le bois, on va tous alternativement les uns chez les autres pour faire ça tous ensemble. Je ne suis donc pas dans une panade monstrueuse, esseulée avec mon bois à couper. Cela dit ça me titille quand même de ne pas être à la ramasse et un boulet pour ces autres qui font ça depuis 20 ou 30 ans.

Alors que j'en discutais avec l'un de mes oncles, qui vit à la frontière de l'Allemagne, il me dit que là-bas, le permis de tronçonneuse est obligatoire. En d'autres termes il serait interdit d'utiliser cet outil sans avoir reçu une formation adéquate.
Je me suis donc posé la question : existe-t-il ce genre de formation en France, même facultative ?

Le fruit de mes recherches : il semblerait que oui, même pour un public de particuliers.
Par exemple :
http://www.cfpf.org/modules/xskkcatalogue/index_formation.php?id=38
http://www.eplea.vosges.educagri.fr/formations/formation-niveau/permis-tronconneuse.html

Du coup je partage et je vous demande vos avis, tronçonneurs aguerris.
Qu'en pensez-vous ? Avez-vous suivi ce type de formation ? Vous êtes-vous formés "sur le tas" ? Avez-vous la flippette aussi ou c'est juste un truc de noob ? Est-ce que ça vous paraît intéressant ?

Question subsidiaire : quelqu'un connaît-il la tronçonneuse manuelle http://www.sodiel.com/ ? Est-ce que ça peut valoir le coup pour des travaux plus cools que les travaux d'abattage ?

Voilou merci :)
a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

15 octobre 2015 à 22:20:39
Réponse #1

Draven


Bon sujet, me semble qu'il y a déjà un truc qui traine a ce propos.

Pour mon expérience perso : j'ai suivi un bucheron pro durant quelques jours ( c'était un client, j'étais en congé ), il m'a montrer les bases de l'abattage des gros feuillus. Ensuite ça a été de la mise en pratique avec mes parcelles de bois de chauffage, et d'année en année je coupe de plus en plus gros ( en fonction de ce qui est dispo sur la parcelle bien évidement ).
C'est juste une question de méthode et de prudence. Avec l'habitude je n'ai pas peur spécialement pour moi, plutôt de faire une connerie ( genre l'an passé j'ai abattu deux gros/grands foyards qui pouvaient aller bloquer une départementale si ils tombaient pas la ou je le voulais ).


Effectivement une formation peux valoir le coup, mais de par mon expérience pro ( mécanique sur matériel forestier ), y'a pas UNE méthode, chaque bucheron a ses techniques ( même si la base reste commune ), ensuite c'est adapté aux essences de bois coupé, au terrain, a la météo, aux arbres autour, etc...

Pour le Sodiel, j'suis pas convaincu... Et c'est forcement limité a des petits travaux ( impossibilité de couper une charnière ou un trait d'abattage, pas possible non plus de faire de l'égobelage, etc... ).
Ça doit vraiment être limité a des petits trucs très accessibles.

Pour la sécurité perso, une fois les règles de prudence respectées et du matos adéquat sur le dos tu peux rien faire de plus, c'est plus dangereux que de taper le carton un après midi complet au club du 3eme age c'est sur. Mais je met toutes les chances de mon coté ;)
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

15 octobre 2015 à 22:22:28
Réponse #2

AC


J'ai commencé sur le tas avec un modèle premier prix. Je pense avoir bien compris le mécanisme des rebonds et comments les éviter. En revanche je ne m'attendais pas à ce que la chaîne sorte de son guide en fouettant à grande vitesse après seulement quelques minutes de fonctionnement. Depuis je manie l'engin avec davantage de respect et de vêtements de protection, et je regrette de ne pas avoir choisi un modèle avec tendeur rapide sans outils. Donc, +1 pour la flippette saine qui sauve des vies.

16 octobre 2015 à 08:38:21
Réponse #3

Buffalo


Tous les outils de coupe sont dangereux pour mon métier (charpentier, couvreur) j'ai utilisé des tronçonneuses à chaîne ou à disque, je me suis fait peur bien souvent, mon expèrience m'a appris qu'il ne faut pas flipper comme un malade mais qu'il faut toujours garder à l'esprit qu'il peut passer une c*u!lle dans le piano et assurer ses arrières le mieux est d'être TRES vigilant et de n'accepter personne dans le rayon d'action de ces machines
Je cause pas aux cons, ça les instruit "Audiard"

16 octobre 2015 à 08:55:52
Réponse #4

Rosetta


Merci déjà pour vos réponses :)

Bon sujet, me semble qu'il y a déjà un truc qui traine a ce propos.

Egzagt, je me souviens avoir lu un truc il y a longtemps sur l'utilisation de la tronçonneuse, un truc super complet qui n'abordait pas la formation je crois en revanche, et que je suis pas parvenue à retrouver  :(
Si ça rappelle quelque chose à quelqu'un...
a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

16 octobre 2015 à 09:01:42
Réponse #5

Pouçot



16 octobre 2015 à 09:53:15
Réponse #6

Arnaud


« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

16 octobre 2015 à 10:02:14
Réponse #7

Coltaine


Les MFR (Maisons Familiales et Rurales) proposent des formations d'élagueur-grimpeur et de bûcheron, en  CAPA et Bac Pro. Peut-être que certaines d'entre elles proposent des formations courtes pour adulte.

http://www.mfr-pointel.com/

16 octobre 2015 à 10:05:48
Réponse #8

Arnaud


Pour répondre à tes questions: Perso je me suis "formé" sur le tas en prenant de l'info à droite et à gauche et en regardant des gens plus compétents travailler (et faire des conneries de temps en temps).

Bucheron c'est un métier, couper un arbre c'est dangereux donc je pense que si tu as accès à une formation et que tu en sens le besoin, c'est une bonne idée de la suivre.

La flippe sous un certain niveau de stress c'est saint, ça peut éviter de se lancer dans un truc qui craint par contre ça use si elle est permanente, faut arriver à gérer... ça vient avec l'expérience, y'a pas de miracle.

Le sodiel je l'ai eu en main, en gros c'est une chaine de tronçonneuse avec deux poignées, c'est pas aussi facile d'utilisation qu'une scie à élaguer je trouve et grosso modo ça fait le même taf mais avec un effort plus important.

« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

16 octobre 2015 à 10:28:00
Réponse #9

Troll


Bonjour,

Par chez moi, la formation a été assurée par mon grand-père, menuisier charpentier. Il abattait ses arbres lui-même, dans sa jeunesse à la scie, puis à la tronçonneuse par la suite.

Il m'a appris lorsque nous avons acheté le terrain d'un ancien pépiniériste, pour construire la maison actuelle.

Je rejoins pour le type de matériel adapté à l'usage. Ensuite, à chacun ses "trucs".

Au registre des évidents:

=> Ne pas couper si quelqu'un se trouve DEVANT. En effet, si la chaine s'ouvre, elle sera catapultée vers l'avant (à voir c'est impressionnant...).

=> Dans la mesure du possible, s'assurer que ce que l'on va couper est stable (exp: on vérifie qu'un tronc ne va pas rouler dans un sens ni dans l'autre).

=> Bien placer la machine en butée sur l'endroit où on va couper.

=> Eviter de mettre les pieds / jambes trop près de scie (en cas de rebond, de pièce à couper qui bouge, etc...). Cela n'engage que moi, mais je préfère avoir les jambes écartées "comme si je montais à cheval"

=> L'abattage en lui-même est pratiquement une science. Au delà de l'encoche directionnelle, s'assurer que l'arbre n'emmènera pas avec lui un câble électrique / téléphonique ou que sais-je. Ne pas négliger le vent. Ne pas négliger l'éventuelle inclinaison de l'arbre. Ne pas négliger le fait que l'essentiel des branches peut être soit d'un côté, soit de l'autre, et ainsi modifier l'angle de chute.

(D'ailleurs, dans ce dernier cas, une "astuce" est de tenter de monter dans l'arbre à couper, aussi haut que possible, pour y accrocher un câble. Ensuite, attacher l'autre extrémité à un point fixe - dans la direction voulue pour la chute naturellement,  mais au niveau du sol.  Sur ce câble aura été préalablement fixé un tendeur. Ensuite, on tend jusqu'à ce que l'arbre commence, par flexion, à s'incliner dans la direction voulue. Enfin, on peut couper - mais dans ce cas, la coupe démarrer du côté opposé à la flexion afin d'éviter de coincer la lame).

Voili voilou pour ma modeste contribution.

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

16 octobre 2015 à 10:53:28
Réponse #10

Pierrot


Citer
D'ailleurs, dans ce dernier cas, une "astuce" est de tenter de monter dans l'arbre à couper, aussi haut que possible, pour y accrocher un câble. Ensuite, attacher l'autre extrémité à un point fixe - dans la direction voulue pour la chute naturellement,  mais au niveau du sol.  Sur ce câble aura été préalablement fixé un tendeur. Ensuite, on tend jusqu'à ce que l'arbre commence, par flexion, à s'incliner dans la direction voulue. Enfin, on peut couper - mais dans ce cas, la coupe démarrer du côté opposé à la flexion afin d'éviter de coincer la lame

Un truc que je pratique mais que je n'ai jamais vu citer, c'est de mettre deux tire-forts ( le tendeur dont tu parles).
En effet avec un tire-fort, l'arbre sera bridé dans une direction, mais rien ne l'empêchera de partir vers la gauche ou vers la droite du point fixe.
Avec deux tire-forts judicieusement disposés, il ira où on veut qu'il aille, c'est du boulot supplémentaire, mais une grande tranquillité d'esprit. j'ai ainsi coupé de  grands pins tout prêts d'une maison vers laquelle ils penchaient sans me poser de questions.

Attention en mettant en tension, si on force trop, certains arbres sont susceptibles de se fendre en longueur lors du début de la coupe et "d'éclater" avec un risque potentiellement mortel.

Il y a aussi la technique "au cric" sur la vidéo, notez les risques que prennent ceux qui s'agitent autour du gars qui coupe......  https://www.youtube.com/watch?v=cR7sz-me7s4

16 octobre 2015 à 12:27:21
Réponse #11

Draven



Il y a aussi la technique "au cric" sur la vidéo, notez les risques que prennent ceux qui s'agitent autour du gars qui coupe......  https://www.youtube.com/watch?v=cR7sz-me7s4

J'ai du mal a voir l’intérêt de cette méthode, a part de l’esbroufe sur une vidéo ? Des professionnels dont c'est le métier auront plutôt intérêt a acheter un coin d'abattage hydraulique, ça évite de faire des découpes dans tous les sens pour insérer un cric...

Quand aux règles de sécurité autour du gars qui manipule la tronçonneuse j'en parle même pas... Y compris l'absence de casque anti-bruit ( c'est une machine de 90cc qui tourne la, MS650 ou 660, on est loin du volume sonore d'une machine de particulier... Ça couine fort ! ).


Sinon le coin d'abattage hydraulique :
C'est inaccessible pour du particulier ( ou alors faut qu'il soit fortuné ), mais pour un pro qui coupe régulièrement des " gros " dans des parcelles ou y'a besoin de préserver les arbres autour ( et donc de coucher au millimètre près ), c'est un investissement tout aussi important que la tronçonneuse je pense...



C'est de l'ordre de 1300/1400€ ttc, donc le même budget qu'une tronçonneuse gamme pro.
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

16 octobre 2015 à 12:28:55
Réponse #12

Troll


Bonjour,

@Pierrot: tu as entièrement raison sur le fait qu'il vaut mieux mettre deux tire-forts qu'un seul afin de s'assurer de la bonne direction de chute ! ;)

Je ne connaissais pas la technique du cric. Je reconnais qu'elle a l'air plutôt pratique et est à retenir, surtout s'agissant des arbres de gros diamètre. En tous cas, merci pour la vidéo ;)

En plus de l'encoche directionnelle, je voudrais aussi souligner l'importance de l'emploi de coins afin d'être certain de faire partir l'arbre dans la direction vers laquelle pointe ledit coin. D'ailleurs, on voit dans la vidéo qu'ils s'en servent.

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

16 octobre 2015 à 12:30:16
Réponse #13

Troll


Ah, Draven a été trop rapide pour moi avec son coin hydraulique ! il est le lucky luke de l'abattage...d'arbres !
Semper potest proficio

16 octobre 2015 à 13:09:09
Réponse #14

Pierrot


Je ne connaissais pas le coin hydraulique, merci du tuyau.
Je suppose que ça doit pouvoir se louer pour une utilisation ponctuelle.

16 octobre 2015 à 15:04:31
Réponse #15

Troll


Bonjour,

Les coins d'abattage existent aussi en version mécanique, moins onéreuse: voici. Malgré l'économie par rapport à un hydraulique, il faut tout de même en avoir l'utilité pour le rentabiliser.

Sans quoi, de simples leviers d'abattage existent aussi: ici. Néanmoins, cela ne me parait pertinent que pour des arbres de calibre plus petit.

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité