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Auteur Sujet: Projet de "prélèvement" de 36 loups !  (Lu 9234 fois)

05 juin 2015 à 16:28:51
Lu 9234 fois

camoléon


Salut,

pour information et pour ceux et celles que cela intéresse de participer (si cela ne dérange pas les modo de ce forum):

La Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie consulte le public sur deux projets d’arrêtés. L’un fixe à 36 le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) qui pourront être détruits pour la période 2015-2016 ; l’autre fixe les conditions et limites dans lesquelles ces destructions pourront être autorisées et organisées par les préfets. Attention il faut réagir vite ! La consultation n’est ouverte que jusqu’au 21 juin 2015.

projet consultable ici:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-les-conditions-et-limites-a1022.html?id_rubrique=2

vous pouvez vous exprimer ici:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=forum&id_article=1022#mon_ancre


pourquoi cet arrêté est il critiquable:


    Le maintien de la notion de troupeaux « non protégeables ». Cette définition, qui n’en n’est pas une, est de surcroît laissée à l’appréciation des préfets. Elle est abusive car, au regard du panel de mesures de protection existantes et subventionnées, aucune situation particulière ne peut permettre de considérer qu’aucune protection ne peut être mise en œuvre.

    Une extension des zones de tirs facilités, zones dont la délimitation est laissée à l’appréciation des préfets. Les départements dans lesquels des unités d’actions peuvent être délimitées, au sein desquelles les tirs sont facilités, ne sont plus listés par le ministère. Les tirs pourront donc être généralisés dans les zones de colonisation récente du loup dans lesquelles les moyens de protection n’ont pas encore été efficacement mis en œuvre, et ce y compris dans les zones cœur des parcs nationaux. Faciliter la réalisation des tirs à ce stade, revient dans les faits à empêcher la présence du loup dans ces zones. Or, la législation européenne impose le maintien des populations de loup dans un état de conservation favorable, sur l’ensemble de son aire de répartition naturelle, à plus forte raison dans les parcs nationaux.

    Des destructions possibles dans les zones cœur des parcs nationaux. L’effarouchement par tir, et les « tirs de défense » (létaux), seraient désormais possibles au sein même des zones cœur des parcs nationaux dont les chartes autorisent la chasse. C’est le cas du Parc National des Cévennes, et pourrait potentiellement être le cas d’autres parcs qui pourraient modifier leur charte en ce sens. Cette disposition vide de tout sens la notion de parc naturel,si une espèce protégée y devient indésirable.

    La suppression de la constatation des dommages par des personnes compétentes
. Les constats permettant d’attribuer au loup une attaque ne doivent plus obligatoirement être effectués par les agents compétents pour cette expertise (de l’ONCFS ou des parcs nationaux…). L’attribution au loup d’une attaque se fait déjà par défaut, c’est à dire, si aucune autre cause n’a pu être établie. Cette disposition va, encore, augmenter l’importance des dégâts attribués arbitrairement au loup, et donc augmenter les possibilités de le détruire.

    Des « tirs de défense » autorisés sur des troupeaux non attaqués et mis en œuvre pendant 5 ans, même sans attaque pendant cette période. Les tirs de défense (mis en œuvre par l’éleveur autour de son troupeau) peuvent être autorisés même si le troupeau n’a jamais été attaqué, et notamment pour les troupeaux reconnus comme « ne pouvant être protégés ». Ces tirs sont possibles toute l’année et autorisés pendant 5 ans dans certaines zones, même si aucune attaque n’est constatée tout au long de cette période.

    Des « tirs de défense renforcés » encore facilités. Les tirs de défense renforcés (jusqu’à 10 tireurs déployés autour d’un troupeau) peuvent être accordés pour des troupeaux non attaqués si ceux voisins – dont il n’est pas exigé qu’ils soient protégés – l’ont été. Ces tirs pourront mener à la destruction d’un nombre non défini de loups sans que ce nombre ne soit conditionné à l’importance des dommages ou aux effectifs de loups dans la zone.

    L’assouplissement des conditions de mise en œuvre des « tirs de prélèvement », l’amélioration de leur efficacité.
Les « tirs de prélèvement », véritables battues aux loups, ne visent pas à protéger un troupeau, mais à détruire un ou plusieurs loups au hasard sur un territoire très étendu. Le recours à cette mesure inefficace est encore facilité, et les moyens pour mettre en œuvre les tirs sont développés. Ces tirs pourront mener à la destruction de plusieurs loups par opération sans que ce nombre ne soit conditionné à l’importance des dommages ou aux effectifs de loups dans la zone, et ne seront pas interrompus en cas de destruction officielle ou officieuse d’un loup dans la zone de « prélèvement ». Ces battues ne sont plus réalisées sous le contrôle de l’ONCFS mais laissées à la responsabilité des chasseurs, lieutenants de louvèterie et gardes-chasse particuliers. L’Etat se décharge ainsi de tout contrôle de la mise en œuvre de ces tirs (règles de sécurité, respect du nombre de loups à tuer, des zones de tir…).

    La généralisation des tirs de loups à l’occasion des chasses « loisir »
. Mise en œuvre de manière expérimentale en août 2014 par Mme la Ministre de l’Écologie, la possibilité de réaliser les tirs de prélèvement à l’occasion de chasses au grand gibier, en battue, à l’approche ou à l’affut, est officialisée et généralisée.




cela fait beaucoup pour un animal si peu nombreux et protégé au niveau européen, non?
Considéré comme gibier et nuisible!
A mon avis, c'est de la politique, pas de l'écologie, et qui n'aidera véritablement en rien la situation des éleveurs.

EDIT : Titre changé par la modération, explications ici : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,66772.msg531333/topicseen.html#msg531333
« Modifié: 08 juin 2015 à 15:26:26 par Bomby »
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05 juin 2015 à 17:34:27
Réponse #1

Mrod


C'est du gros foutage de gueule ! Et la porte ouverte à tous les abus

Quand j'ai le temps je publie un truc plus constructif.

Nico

Edit: y'a rien sur le site du FERUS, j'espère qu'ils sont sur le coup.
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

05 juin 2015 à 18:42:28
Réponse #2

camoléon


Citer
Edit: y'a rien sur le site du FERUS, j'espère qu'ils sont sur le coup.

L'ASPAS, oui. ;)

http://www.aspas-nature.org/
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05 juin 2015 à 19:35:42
Réponse #3

Hurgoz


Yop!

Merci pour l'info!

Concrètement, le problème du loup et du pastoralisme est un faux problème: au 18ème siècle la France comptait environ 20000 individus, et le pastoralisme n'était pourtant pas menacé.

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

05 juin 2015 à 20:26:32
Réponse #4

Pierrot


Citer
au 18ème siècle la France comptait environ 20000 individus,

Et en plus quand tu en tuais un, tu avais une prime et tu étais le héros du village.....

( smiley qui se marre )

06 juin 2015 à 10:52:00
Réponse #5

Mrod


Bon, plus sérieusement cette fois-ci. Mais je promet pas de garder mon calme.

Pour la petite histoire, j'en avais déjà parlé sur un autre fil je crois.

Il y avait, encore cet hiver, un loup au sein du PNC (parc national des Cévennes). Présence avérée et vérifiée depuis 2012 environ, il semblait s'être établi de manière durable (pour la première fois depuis la création du parc), sur le causse Méjean. Lieu dont la principale activité est l'élevage ovins (et le tourisme). Aucun cas d'attaque n'a été avérée sur les troupeaux.
En 2014, en début d'année, un chasseur s'est rendu à la gendarmerie pour se dénoncer. Il avait tué le loup quelques mois auparavant... Sans raison valable, ni autorisation. J'ai pas eu connaissance de la fin de l'histoire...

J'ai du mal à comprendre, encore plus à accepter, la politique de l'état concernant le loup. Et je ne suis pas le seul, le FERUS, déjà en 2012, était consterné du fait que les réunions du Groupe National Loup (auxquelles ils participent) ne se focalisait que sur des mesures anti-loups.
On comprends tous les motivations de l'état, ne pas se mettre à dos les agriculteurs... Et il n'y a pas que l'état qui se positionne. En Juin 2012, le PNC a décidé «à la quasi-unanimité que la présence du prédateur n'est pas compatible avec les techniques d'élevage mises en œuvre sur le territoire du parc», indique Jean de Lescure, le président cité par Midi Libre. Et il précise «L'agropastoralisme produit de la biodiversité. Nos systèmes d'élevage produisent de la biodiversité. La présence du loup remettrait en cause cette biodiversité. Nous avons donc fait notre choix». Elle a bon dos la "protection de l'environnement"... Cette biodiversité mise systématiquement en avant n'est en réalité primordiale que pour notre propre survie. La nature et la Vie ce sont toujours accommodées des changements et des évolutions des espèces.

Le loup étant protégé au niveau européen, j'aimerai bien que quelqu'un m'explique de quel droit l'état français peux se permettre de faire passer de telles lois. Concrètement l'état à obligation de maintenir les populations (en terme de nombre d'individu) sur ces zones de répartitions naturelles. Hors, autoriser le prélèvement de 36 loups va à l'encontre de cette obligation.

Nico





"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

06 juin 2015 à 11:21:06
Réponse #6

camoléon


Citer
«L'agropastoralisme produit de la biodiversité. Nos systèmes d'élevage produisent de la biodiversité. La présence du loup remettrait en cause cette biodiversité. Nous avons donc fait notre choix». Elle a bon dos la "protection de l'environnement"...

Je voudrais bien que ce monsieur m'explique ce qu'il entend et ce qu'il connait de ce genre de "biodiversité" ou de la biodiversité en général !?
En quoi un troupeau de plusieurs centaines ou un millier d'animaux broutant tout sur son passage des territoires à son seul usage, apporte de la biodiversité ?!

On sait, et il a été démontré scientifiquement depuis longtemps, que les prédateurs, comme le loup et le renard, sont des facteurs de biodiversité et de santé  environnemental. Le loup ne remet pas en cause la biodiversité, mais la capacité de l'Etat Français à gérer et aider la filière agropastorale et la biodiversité, sa capacité à prendre ses responsabilités et à se bouger vraiment le cul.

Une honte! Et les éleveurs sont pris également pour des dupes!
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"Je marche au pas de Loup"

06 juin 2015 à 12:17:47
Réponse #7

musher


La France traine toujours le syndrome du petit chaperon rouge et du colbertisme.

De tout temps le pouvoir français a éradiqué le loup, qu'il est été royal (Le roi envoyait des régiments de Dragons organisés des battues au loup), révolutionnaire (quand il était pas occupé à couper des têtes), impérial ou républicain. Donc le réflexe, c'est de demander à l'état de nous protéger du loup

Il y a encore peu, dans une région non concernée par la présence du loup, des éleveurs s'emportaient lorsque on parlait du loup.
Un voisin éleveur me disait qu'il était bien content que le loup soit pas arrivé ici car il avait passé ses vacances dans les Alpes et il avait été malade de voir les cadavres d'animaux et les conditions de vie de ses collègues.

La France a un vrai problème avec le loup.
Et c'est pas en 10 ans qu'on a effacé 1000 ans de diabolisation de la bête noire et puante.

Une grande partie de la population rurale (la plus concernée)  ne souhaite pas plus que ça le retour du loup.

La peur du loup fait parti du collectif populaire français et il va falloir des années pour la faire disparaitre.
D'un autre côté, on voit aussi une fascination pour le loup pas toujours raisonné.

Une éducation comme le faisait le Muséoloup était très bien. Il présentait tous les aspects (bons et mauvais), ceux des pros et ceux des antis et surtout il cassait les mythes et les fantasmes.
Les visiteurs pouvaient se faire une opinion au sujet du loup sur des faits, des réalités et plus des mythes.

06 juin 2015 à 13:00:17
Réponse #8

Mrod


Caméléon,

Je ne soutiens pas toutes les décisions du PNC mais je les comprends car faut replacer ça dans son contexte.
Le cas du PNC est très particulier. Sans le soutien apporté à l'agropastoralisme le milieu ne pourrait être maintenu dans son état actuel. Les zones de prairies (pâtures) en moyenne montagne en France n'on d’existence que grâce à la pression humaine et les troupeaux. Sans ça, et c'est très visible par endroit sur les causses, la prairie se transforme petit à petit en lande puis en forêt (principe de la dynamique végétale).
Or, dans le PNC les zones à plus fortes biodiversités sont justement ces prairies, très loin devant les zones forestières. Voilà pourquoi on peux comprendre les arguments qu'avance Mr le président car en facilitant le maintient des agriculteurs au sein du PNC (ce qui n'est pas chose facile) on favorise cette biodiversité.
Faut aussi tenir compte du fait que le PNC est une exception parmi les parc nationaux car des personnes vivent dans la zone coeur du parc et c'est le seul parc où la chasse est autorisé. Le conseil du PNC doit en permanence jongler entre le fait que sa mission première est de protéger les différents milieux et en même temps il doit protéger les habitants du parc qui sont les principaux acteurs du maintient de ces différents milieux. En résulte parfois des choix comme celui-ci qui sont totalement dualiste. Refuser le retour d'un animal qui peuplait à l'origine ce milieu (et qui n'aurait pas d'impact négatif sur ce milieu) afin de faciliter le travail des éleveurs qui sont le principal facteur de maintient de ce milieu.

Ce qui me fait chier c'est d'une part qu'ils soient faux culs en prétextant que cette décision a été prise pour la biodiversité, alors qu'en fait le but est de répondre aux attentes de la population. Et d'autres part qu'ils soient dans un extrême (tolérance 0 et extermination du loup) alors qu'il y aurait des compromis possible, via les moyens du parc et des zones natura2k, pour permettre le retour du loup en limitant son impacte sur les troupeaux. Ils font ce qu'ils peuvent pour ne pas se mettre à dos la population, car la majorité des éleveurs sont anti-loups et n'ont pas envie de revenir aux méthodes de travail du 18e. Sans compter que pour cela il faudrait aussi réduire les cotas de chasse parce que forcement si y'a pas assez de gibier le loup va se servir dans les troupeaux.

Pour ce qui est du positionnement de la France. Musher, je suis tout a fait d'accord avec toi. Le souci c'est que si on se penche réellement sur la question du loup et qu'on regarde un peu au delà de nos frontières. Chez nos voisins italiens par exemple (c'est un cas particuliers en Europe). Ils s'en sortent très bien avec une population de loup estimée entre 1500 et 2000. J'étais tombé sur un super article qui parlait de la situation en Italie concernant le loup.

C'est bien la preuve que le loup peux avoir sa place en France, mais ce serait demander aux éleveurs et aux chasseurs de faire de gros efforts et de s'adapter. Et on sait qu'en France faut pas fâcher les agriculteurs ni les chasseurs...

On a le même souci avec les ours...

Nico
« Modifié: 06 juin 2015 à 13:08:38 par Mrod »
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06 juin 2015 à 14:28:11
Réponse #9

musher


Sans compter que pour cela il faudrait aussi réduire les cotas de chasse parce que forcement si y'a pas assez de gibier le loup va se servir dans les troupeaux.
Le loup est un gros faignant opportuniste donc entre un chevreuil et un mouton, le choix est vite fait sauf si aller chercher le mouton=gros emmerde 

Chez nos voisins italiens par exemple (c'est un cas particuliers en Europe). Ils s'en sortent très bien avec une population de loup estimée entre 1500 et 2000.
Il y a 2 choses de différent entre la France et l'Italie.
L'image du loup : c'est elle qui a nourrit les fondateurs de la nation italienne (Romulus)
En Italie, on a majoritairement un pastoralisme laitier donc des troupeaux manipulés par l'homme, regroupés chaque soir et chaque matin pour la traite donc plus facile à protéger.
En France, on a pastoralisme à viande. Donc les troupeaux sont montés dans la montagne et on les redescend à la fin de l'été pour envoyer les agneaux à la boucherie et rentrer les mères en bergerie.
Dans les années 50, il y avait une main d'oeuvre pas chère pour garder les troupeaux en montagne. Maintenant vu le prix de la viande ovine, peu d'exploitations peuvent salarié un berger pour garder le troupeau à l'estive.

Pour les slaves et les germains, ils ont culturellement une autre approche du loup (ce qui empêche pas les bergers roumains de faire le coup de feu contre le loup).

06 juin 2015 à 15:15:50
Réponse #10

camoléon


Citer
e ne soutiens pas toutes les décisions du PNC mais je les comprends car faut replacer ça dans son contexte.
Le cas du PNC est très particulier. Sans le soutien apporté à l'agropastoralisme le milieu ne pourrait être maintenu dans son état actuel. Les zones de prairies (pâtures) en moyenne montagne en France n'on d’existence que grâce à la pression humaine et les troupeaux. Sans ça, et c'est très visible par endroit sur les causses, la prairie se transforme petit à petit en lande puis en forêt (principe de la dynamique végétale).
Or, dans le PNC les zones à plus fortes biodiversités sont justement ces prairies, très loin devant les zones forestières. Voilà pourquoi on peux comprendre les arguments qu'avance Mr le président car en facilitant le maintient des agriculteurs au sein du PNC (ce qui n'est pas chose facile) on favorise cette biodiversité.

Ok, il faut replacer les choses dans le contexte .  C'est sur que l'agropastoralisme a besoin d'aide, mais qui l'a mis dans cet état? Ok, la biodiversité est plus dense (en principe) à la lisière d'une foret qu'en son centre. Maintenant, c'est aussi le débat à notre époque, entre "faut il laisser faire la nature" ou "la main de l'homme doit y mettre les pieds"? ;) Je trouve de toute façon le prétexte et la conclusion de ce monsieur alambiqué.

Citer
car la majorité des éleveurs sont anti-loups et n'ont pas envie de revenir aux méthodes de travail du 18e.

heureusement, pas tous les éleveurs.Un exemple, que tu dois connaitre,une bonne initiative pour mieux se comprendre:

http://www.ferus.fr/benevolat/pastoraloup

Je ne pense pas que retour du loup=retour en arrière et aux méthodes du 18 éme siècle. On peu parfois s'en inspirer, mais heureusement, il y'a eu depuis beaucoup de recherches et de découvertes sur la faune en général et ici le loup en particulier. Je vois ça plutôt comme l'occasion de faire un bon en avant en dehors des siècles d’obscurantismes.L'écologie n'est pas "un retour à l'age des cavernes", comme le claironne ses détracteurs primaires.

Citer
Sans compter que pour cela il faudrait aussi réduire les cotas de chasse parce que forcement si y'a pas assez de gibier le loup va se servir dans les troupeaux.

Je n'ai pas de doutes sur ta bonne foi, mais plutôt sur la réalité du terrain en ce qui concerne la quantité de gibier et sa provenance réelle (d'origine naturelle ou élevé par les sociétés de chasse pour le plaisir de la battue, par exemple?Comme partout en France.) et quand à la psychologie du loup (le loup prendra surement le moins de risque en chassant la proie la plus faible). Actuellement, je pense qu'il y a nettement ce qu'il faut comme proies dans les montagnes, vu la faible population lupine, et que les proies se portent mieux quand un prédateur "assainie" sa population. Il en aura surement assez pour le loup dans l'avenir. Le problème est ailleurs et ce n'est pas l'endroit pour en débattre, même si c'est sympa. ;)

oui, on devrait s'inspirer de ce qu'il se fait en Italie et en Espagne, ou l'écologie et le loup est (re)devenue un force, économique entre autre, et une fierté .
« Modifié: 06 juin 2015 à 15:40:10 par camoléon »
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06 juin 2015 à 19:08:19
Réponse #11

Hurgoz


Yo,

Pour information, nos voisins Suisses ont également les même discussions aujourd'hui sur ce grand prédateur: http://www.animus-cause-animale.org/index.php?tabgroup=15&buttonid=1155

Après, par le passé, la réintroduction d'espèces a toujours soulevé les même craintes. Par exemple, les vautours ont suscité de nombreuses levée de bouclier de la part d'éleveurs. Mais aujourd'hui, avec une population établie et stable, on voit que toutes ces craintes étaient complètement imaginaires.

Pour ce qui concerne le loup, je ne sais pas si vous avez suivis l'affaire des bouquetins dans le massif du Bargy (http://www.frapna.org/articles/bouquetins-du-bargy.html). C'est typiquement ce genre de problématiques que peu résoudre le loup.

Enfin, il ne faut pas oublier, qu'en plus d'être un prédateur, le loup est aussi un charognard au besoin...

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

06 juin 2015 à 19:41:49
Réponse #12

camoléon


Citer
Pour ce qui concerne le loup, je ne sais pas si vous avez suivis l'affaire des bouquetins dans le massif du Bargy (http://www.frapna.org/articles/bouquetins-du-bargy.html). C'est typiquement ce genre de problématiques que peu résoudre le loup.

je n'osais pas en parler...
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06 juin 2015 à 23:41:25
Réponse #13

Galileo


En B.C. , cette année pour protéger les caribous (soit disant décimés par les loups) le gvt a décider de tuer 184 loups , la première battue par hélicoptères a été menée en avril et ils en on abattus 84. Heureusement on a pas ce type d attitude en Alberta, cet hiver on avait un loup qui nous rendait visite dans notre camp tous les lundi (on devait sur le passage de son circuit)

Edit ;) : B.C. = Colombie Britannique

« Modifié: 06 juin 2015 à 23:58:18 par VieuxMora »
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

07 juin 2015 à 15:17:11
Réponse #14

Sam Sebja


Je respire pour garder mon calme olympien.

En Grèce, en Espagne, dans les Balkans, il y a des loups et il y a des bergers et tout se passe bien. Quand le loup sent un berger (et, un loup, ça sent bien), il s'en va.

En France il y a (très peu) de loups et des fonctionnaires subventionnés de la CEE qui se disent bergers et descendent la nuit au village pour regarder la télé et et se faire cajoler par Bobonne... Le loup trouve un troupeau tout seul (aka épave abandonnée en mer) et il se sert... mais le mec dit que c'est la faute au loup, pas à lui.

Connaissant pas mal de gens qui ont croisé ce genre de "berger", je pense qu'une mesure du QI moyen et une expertise psychologique s'imposent. Un éthylomètre ne serait pas non plus du luxe.

Pour information, les loups régulent la population de chiens errants qui sont responsables de la plupart des attaques attribuées aux loups par les "bergers" qui regardaient "poubelle à vie" quand c'est arrivé.

07 juin 2015 à 17:01:27
Réponse #15

Hurgoz


Yo,

Les stéréotypes, quelqu'ils soient, en moyenne ne mènent nul part. Qui plus est, la cause du loup passera forcément par le consentement de ces gens.

Maintenant, un point intéressant, c'est comment font la Grèce et les autres pays pour vivre avec? Ont ils de la transhumance?

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

07 juin 2015 à 17:25:51
Réponse #16

musher


Maintenant, un point intéressant, c'est comment font la Grèce et les autres pays pour vivre avec? Ont ils de la transhumance?
Grèce, Italie et Espagne : élevage ovin laitier
France : élevage ovin à viande

On va avoir le même problème entre les élevages bovins à viande et les élevages bovins laitier.

07 juin 2015 à 18:07:39
Réponse #17

Sam Sebja


comment font la Grèce et les autres pays pour vivre avec? Ont ils de la transhumance?

Tcho

Hugo

ils ont des bergers, pas des subventionnés qui laissent leurs bêtes seules.

07 juin 2015 à 18:34:24
Réponse #18

Galileo


I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

07 juin 2015 à 19:05:42
Réponse #19

Hurgoz


Alpes. Encerclé par les loups, l'ado utilise son fusil de chasse (7 juin 2015)

http://www.letelegramme.fr/fait-divers/alpes-encercle-par-les-loups-l-ado-utilise-son-fusil-de-chasse-07-06-2015-10656957.php

Ca me parait un peu gros: il n'y a pas de meute comptant 20 individus en France....on est sur des chiffres moitié moins important (d'après le réseau loup de l'ONCF).

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

07 juin 2015 à 20:17:52
Réponse #20

camoléon


Citer
Le père de Romain s’est également confié à "La Provence" : "On s'en doutait, ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison, on les a même vus plusieurs fois fouiller dans les conteneurs d'ordures ménagères à l'entrée du hameau, ils n'ont plus peur".

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/fait-divers/alpes-encercle-par-les-loups-l-ado-utilise-son-fusil-de-chasse-07-06-2015-10656957.php

ça ressemble plus à un comportement de chien ou d'hybride, non?
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"Je marche au pas de Loup"

07 juin 2015 à 21:33:38
Réponse #21

musher


ça ressemble plus à un comportement de chien ou d'hybride, non?
Pas nécessairement.
En Italie, les loups rentrent dans les villes et font les poubelles car ils n'ont plus assez peur de l'homme.

Par contre ce qui est bizarre, c'est que les loups aient encerclé le gamin. 
Pour qu'ils cherchent la confrontation avec l'homme, faut qu'ils soient acculés, qu'ils aient faim et qu'ils défendent une proie (plutôt en hiver)

De toute façon, il va y avoir une enquête et ils vont voir les traces laissés par la meute (surtout qu'en ce moment, c'est la mue donc va y avoir du poil à ramasser)

07 juin 2015 à 22:32:09
Réponse #22

Sam Sebja


A mon avis, pas un mot de vrai dans cette "info". Les loups n'attaquent pas l'humain, sauf des isolés qui ont chopé la rage.

08 juin 2015 à 10:39:38
Réponse #23

Mrod


Très bizarre cette histoire, ça ressemble plus à de la propagande anti-loup qu'autre chose...

Pour rebondir sur les propos Sam et apporte des chiffres plus concrets,
En 2010 lors de ma formation d'accompagnateur on avait rencontré un garde de parc dans les PO. On avait longuement discuté de la problématique du loup, ces incidences sur l'agropastoralisme et celle concernant le tourisme (car le patou utilisait contre le loup pose problème avec les randonneurs). D'après ses dires, 95% des attaques de canidés sur les troupeaux étaient dues à des chiens errants.

Nico
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

08 juin 2015 à 10:58:27
Réponse #24

azur


Car le patou utilisait contre le loup pose problème avec les randonneurs
Le patou pose problème avec les randonneurs qui font n''importe-quoi... le patou protège le troupeau, il est normalement dressé à avertir en aboyant et ne s'approche pas tant qu'on ne se dirige pas vers le troupeau. Si un patou passe à l'attaque, c'est que le randonneur est passé outre l'avertissement... ce qui n'est pas surprenant quand on connait le rapport à la nature et aux animaux de 90% de la population, abrutie d'anthropomorphisme.
D'autre part, le nombre de "renards à deux pattes" étant en augmentation, surtout au moment de l'Aïd (c'est un fait, pas une mise en cause), les patou sont dressé à considérer l'humain comme un prédateur s'il y a tentative d'approche du troupeau.

Citer
D'après ses dires, 95% des attaques de canidés sur les troupeaux étaient dues à des chiens errants.
Même son de cloche chez un éleveur ovin du Poitou.
Le loup est un fainéant opportuniste comme beaucoup de carnivores qui doivent réduire les dépenses d'énergie au minimum. Il prélèvera de préférence les individus malades ou chétifs... la sélection naturelle en quelque-sorte.
C'est différent avec les chiens errants dont le comportement de carnivore est "dénaturé" par le contact de l'homme, et les éleveurs savent bien qu'un chien (même un border) qui a repris le gout de tuer devient ingérable et imprévisible, parce qu'il ne chasse pas par nécessité mais par "plaisir".
Le problème, c'est que les statistiques sont complètement faussées car en cas d'attaque de loup, l'éleveur est indemnisé et pas en cas d'attaque de chiens errants... du coup, toutes les attaques sont déclarées "loup".

Plus généralement, qu'un parisien, fût-il ministre, se mêle de la présence du loup dans la nature, c'est un peu comme si un berger Basque se prononçait sur le nombre de place de parking sur les champs Élysées... il n'a pas les compétences et ça ne le regarde pas!
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

 


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