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Auteur Sujet: Retex Ballade hivernale en famille, Kungsleden  (Lu 2786 fois)

22 février 2015 à 13:28:10
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Kilbith


Bonjour,

Un petit retex sur une ballade d'une semaine en Laponie suédoise, dans le même esprit que celui que j'avais commis l'année dernière.
ici : http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=65066.20

donc pas de "reportage photos" et assez peu de "marques". Juste quelques remarques et conseils de façon à vous faciliter le "passage à l'acte" éventuel.

Le contexte cette fois-ci est toutefois différent puisque c'est une randonnée familiale (adolescent 14 ans et épouse), que nous randonnions en rejoignant des cabanes chauffables (et non "chauffées", grosse nuance!) et que c'était assez tôt dans la saison (mi février).
En général les cabanes avaient été ouvertes la veille, ce qui explique les conditions d'installations spartiates (cabane très froides, peu ou pas de bois ou d'eau d'avance...). C'est généralement nous qui "avons fait la trace" pour les personnes suivantes. Evidemment, nous avons exploité les traces de ski-doo quand c'était possible.

C'est un parcours que nous avions déjà pratiqué mais en été, donc connu de l'ensemble du groupe. Quelques commentaires ici : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,10607.msg337811.html#msg337811

Transport par avion/train, l'ensemble du matériel (y compris raquettes et bâtons) sont contenus dans trois sacs. Pas de surtaxe aérienne et de prise de tête : on est en vacances!


Les acteurs :

Nous sommes donc trois personnes et formons un groupe ayant l'habitude de fonctionner ensemble depuis de nombreuses années.
Les trois personnes ont l'habitude de la randonnée et ont aussi une certaine habitude de la vie en communauté (refuge) ou sur le terrain (scoutisme).
Elles connaissent le parcours pour l'avoir effectué en été, et pour l'un d'entre eux plusieurs fois, y compris en hiver.
Dans le cadre de cette randonnée, le groupe à un leader "naturel" disposant d'une certaine autorité reposant sur le principe de la "plus grande compétence". Je mesure que les lignes ci-dessus ne sont pas très fun, mais ce sont des points fondamentaux.

Contraintes spécifiques:

Personnellement, j'aime me confronter aux éléments et profiter des occasions pour approfondir les techniques "improvisées" (abusivement dites "de survie"). Mais ce n'est absolument pas une motivation pour mes deux compagnons lors de cette randonnée. Il fallait donc que cette expérience soit "confortable" pour constituer une expérience valable. Pas question d'avoir froid, d'être épuisé ou de de se surpasser...tout du moins sur un mode volontaire.

Quand on est un adulte randonnant régulièrement, on dispose d'un matériel abondamment testé. Ce n'est pas le cas d'un jeune en pleine croissance.
De plus, cela n'a pas grand sens d'équiper un jeune d'un équipement cher et spécialisé pour seulement quelques mois.

Nous avons donc profité de la "fenêtre" actuelle qui fait que mon cadet a approximativement la même corpulence que mon épouse (en gros, 1.60 m et 45kg). On pouvait donc taper dans le stock de vêtement commun.

Matériel "de survie".
Tout le matériel emporté est un matériel "de survie" dans ces environnements. Mais je vais ici m'axer sur le matériel qui ne devait servir que si un problème imprévu arrivait.
Je précise que nous randonnions entre des cabanes éloignées au plus d'une vingtaine de kilomètre, sur des pistes balisées le plus souvent et relativement fréquentées. Le terrain est techniquement facile (la Laponie c'est assez plat) avec une progression en raquette de l'ordre de 3km/h en moyenne, soit des étapes de sept heures.

Dis comme ça, on pourrait penser à une promenade. Mais ceux qui ont un peu d'habitude de ces milieux, savent que progresser en galérant à la vitesse de 2 km/h est courant, et par -20°C avec un vent de face et des paquets de neige dans la tronche...10h heures c'est long, d'autant plus qu'une partie conséquente se fera "en nocturne".

- Une pelle légère (pas de risque d'avalanche) pour disposer à la fois d'un ancrage dans la neige et pouvoir pelleter. Attention, comme une grande partie de la Kungsleden est au dessus de la limite des arbres, la neige est souvent peu épaisse (soufflée par le vent).
- Un tarp en silnylon de 2.5*1.5m avec son cordon pour le lier lors du déploiement. Il devait assurer la protection contre le vent et/ou la neige en cas d'immobilisation forcée.
- Une grande couverture de survie épaisse. Pour mettre sur le sol et la signalisation.
- 3 sacs de couchage en couverture de survie. Pour avoir une barrière étanche et coupe vent à nos petits sacs de couchage. Ou servir de VBL en cas de blessé mobilisant plusieurs sacs.
- Un petit réchaud à alcool solidifié et un quart nalgène. Nous n'avions pas d'autre réchaud puisque tout est disponible dans les cabanes.
- 3 "bout de mousse" de 50*60 cm. Evidemment ce matériel n'est pas spécifique "survie", mais c'est tellement important que je le signale.
- 1 lampe de tête puissante, à boitier de pile détachable de type Black Diamond Icon Polar (par ailleurs deux autres lampes de tête plus communes tikka). Disons le tout de suite : une vraie m*rde qui a rendu l'âme alors que je m'en suis très peu servie (juste l'année dernière) et que je l'ai parfaitement entretenue.
- 3 paires de VBL pour les pieds. 2 surbottes intégrales pour moi et mon épouse. Une paire de bottillon en duvet Valandré.
- Une paire de moufle "grand froid" en plus pour chacun d'entre nous.  La paire de ma femme (moufle Valandré) s'est avérée être son équipement standard au final.
- Un masque de ski et une protection de visage coupe vent pour nous trois. En plus d'un système assurant un service presque équivalent en dehors de situations épouvantables.
- Raincut haut et bas pour ceux non équipes de vêtement imper/respi en cas de pluie (non prévue à la météo THEORIQUEMENT).
- petit matos standard, chaufferettes chimiques...

Les extrémités.
On peut randonner avec à peu prêt n'importe quoi en ce qui concerne le corps, sous réserve que ce soit coupe vent et que l'on connaisse les limites de son équipement. Mais, le truc qui demande d'être ua point c'est la protection des extrémités. Pour le visage, les mains , les pieds, les erreurs se payant cash et ce n'est pas une légende.

- Pour le visage, la capuche est indispensable. Elle doit être complétée par un chapeau raisonnablement coupe vent mais couvrant obligatoirement les oreilles. Comme nous portons des lunettes nous avons une préférence pour les casquettes à visière et oreille. Elles protègent de la neige et assez bien du vent avec le complément d'un buff pur les conditions normales.
Il faut absolument vérifier qu'elles permettent l'utilisation pratique de la capuche, des lunettes de ski et du masque afin de former un ensemble cohérent.

-Pour les mains nous avions un classique "sous gant+isolant+surmoufle". Les sous gants sont portés tout le temps, l'isolant doit pouvoir sécher facilement (on ne porte deux) et la surmoufle offre une protection contre les éléments.
C'est très difficile de déterminer la bonne combinaison pour chaque personne. Cela dépend de beaucoup de facteur, dont le reste de l'habillement. Personnellement je portais des sous gants odlo assez épais (merci Guillaume) avec le plus souvent juste les Heatboost de chez D4. En gros de -2°C à -10°C. Par température plus basse et du vent, je complétais par une moufle en mouton retourné (solide et donc pratique pour traiter le bois et le feu). C'est ok pour moi jusque vers -20°C en progression. En dessous j'avais une paire de moufle en primaloft.
Ma femme a eu froid avec un système semblable "sous gant fin D4+moufle polaire au poil épaisse+surmoufle" dès -10°C. Au final elle a porté des moufles en duvet valandré de -2°C à -15°C. C'était possible parce que nous pouvions sécher l'équipement le soir.
Mon fils s'est débrouillé avec des sous gants D4, une doublure moufle en ouate synthétique et les sur gants heatboost. Le premier jour il a eu froid avec ses gants "goretex de ski" et a accepté de porter les doublures moufles (comme c'était prévisible...).
Le second jour (-15°c et vent 50km/h, WindChill genre -25°C) il a eu froid avec cet équipement, ce qui m'a étonné. Je lui demandé si ce qu'il portait sous sa ventile (normalement un sous vêtement warm odlo et une veste polaire 200g de chez regatta) était bien fermé. Il m'a répondu oui. Comme, par expérience mainte fois validée, "la confiance n'exclue pas la vérification"....j'ai vérifié par moi même.
Et, évidemment, le sous vêtement et la polaire était restées grand ouvert! En général si on a durablement froid, c'est que l'on n'est pas assez couvert sur le tronc pour l'activité et les conditions rencontrées.

- Pour les pieds, mon fils ayant des bottes Sorels montante sous une salopette/pantalon de ski en goretex légèrement doublée et disposant d'une guêtre intégrée, je n'avais pas prévu beaucoup plus. Il avait juste le classique "sous chaussette liner+grosse de laine" classique avec du rechange. Juste quelques sacs pour faire VBL en cas d'immobilisation prolongée. Doublures devant être impérativement et scrupuleusement séchées chaque nuit à l'étape!.
Ma femme avait des chaussures Columbia bugaboot doublées de synthétique (genre 200g thinsulate) donnée pour du -25°C (ce genre d'indication est totalement bidon). Les chaussures assez larges pour supporter sous chaussette+grosse laine. Au besoin elle disposait de chaussettes VBL et de surbottes en nylon englobant la chaussure. En cas d'immobilisation prolongée elle avait des botillons en duvet Valandré (pouvant faire aussi moufle de secours). Elle s'est montrée staisfaite de ses chaussures (nous avons seulement du -15°C)
J'avais une paire de chaussure large de chez Lowa avec un système similaire à celui de ma femme. Je n'ai pas eu froid.


Ce qui a fonctionné :
- Les chaussures de randonnée de type Lowa et Columbia, une taille au dessus pour avoir un système de double chaussette, disposant d'une légère isolation se sont avérées très adaptées. Mais il n'a pas fait très froid (environ -15°C maximum) cette année ET nous avions la possibilité de les faire sécher chaque soir grâce à un poêle.
- Une veste de type Paramo System. On est protégé du vent (on a eu au moins du 50km/h de face par -15°C) et on reste au sec. Elle était complétée par une "demi raincut" pour le haut (si pluie).
- Un anorak en ventile. Aussi bon dans ces conditions que du Paramo. Peut être supérieur si on avait eu plus froid, mais moins bon s'il avait plu. Il était complété par une raincut (pour la pluie éventuelle).
- Des pantalons en goretex (du vrai). Ils ont bien fonctionné pour ces conditions pas très froides et avec une activité la journée. Il ont été complété par des collants au besoin.
- Un pantalon en tissu stretch polyester (type Guide Patagucci) très coupe vent. Il n'a pas de membrane, évacue très bien l'humidité et la neige ne s'y accroche pas. Il est très déperlant, mais c'est insuffisant sous la pluie installée, il est alors complété par un (très léger) pantalon en microfibre totalement coupe vent et déperlant. Il n'a pas de guêtre intégré et nécessite donc le port permanent de guêtre.


Ce qui n'a pas fonctionné.
- La lampe de tête Icon polar de chez Black Diamond. Un court circuit la fait brûlée le cinquième jour. J'ai peut même risqué un incident plus grave (genre explosion du boitier de pile ou incendie dans une poche...).
Cette lampe n'avait servie que l'année dernière une dizaine de jour, avait été stockée démontée et au sec. C'est avec le même jeu de pile que l'année dernière qu'elle s'est mise à cramer. Évidemment lampe HS.
- Un sac à dos "Lowe Alpine light" une partie du tissu (il est composé de plusieurs panneau) s'est totalement délaminée (enduction interne hydrolysée). Comme ce n'est que le tissu "vert" et pas les autres panneaux, ce n'est pas du à un mauvais traitement excessif préalable (type : stockage mouillé ou dans un lieu humide). Mais bien à un tissu de mauvaise qualité.


Les problèmes rencontrés (pas directement imputables au matériel).
- De grosses ampoules sous le pied le second jour pour mon cadet. Il portait des bottes Sorel de type "caribou" avec un système de double chaussette de qualité (polypro HH+laine smarwool).
On avait testé préalablement lors de deux randonnées préalables en raquettes de plusieurs heures en montagne. Mais ce n'est pas comparable avec 7/8 heures de marche sur le plat. Au bout d'une longue journée, le moindre frottement devient un problème.
Géré avec du compeed+élastoplaste et une journée de repos (prévue comme marge de manœuvre et pour la sécurité). On a par la suite revue le programme à la baisse.

Commentaires.
- La partie objectivement la plus dangereuse dans ce genre de randonnée....c'est la coupe du bois. A la fin de chaque étape, alors que l'on est fatigué, on doit scier du bois gelé et le fendre avant de pouvoir allumer le poêle et le chauffer (normalement il devrait rester du bois dispo et on devrait le faire seulement pour recompléter, mais là nous faisions l'ouverture des cabanes).
Comme en plus le matériel disponible est médiocre (fendoir ne panne, hache très usées et non aiguisées, scie non avoyées...) c'est laborieux.
Bref, chez nous pas de casse (juste de petits pets habituels) mais on a constaté de visu un pied retaillé à la hache chez un randonneur anglais.
Donc, ne pas arriver trop fatigué à l'étape, être confortable (vêtement chauds et secs) avoir des gants et de la technique est fondamental. 

- La sécurité c'est porter léger. Ce qui ne veut pas dire "porter trop léger". Je l'ai encore une fois constaté : plein de randonneurs avaient des sacs énormes et arrivaient bien après nous totalement épuisés. Pourtant nous avions fait la trace.
Ils n'avaient donc aucune ressource physique pour faire face aux aléas. Plusieurs fois j'ai dû leur fournir le bois que je venais de couper ou l'allumage du poêle. Quasi systématiquement l'eau que j'avais collecté (c'est parfois sportif sur la kungsleden).

- Porter léger, c'est porter "ce qu'il faut". J'ai encore constaté que des gens ont des sacs énormes...avec dedans plein de trucs inutiles et/ou dangereux.

Par exemple, nous avions des doudounes en synthétique pour mettre en 4ème couche. Cela nous aurait permis d’affronter un temps très froid ET de continuer à progresser.
 
Les gens qui avaient de grosses doudounes en duvet (valables pour le bivouac, mais là ils allaient en cabane) n'avaient pas cette possibilité. Ceux qui à cause du froid avaient progressé avec ces doudounes (généralement ne passant pas sous leur troisième couche et donc exposée aux éléments) arrivaient avec es vêtements humides et avaient froid (les cabanes sont glacées quand on arrive, c'est à dire avant d'allumer le poêle et de les chauffer).

- Le matériel ne devrait pas interdire de réfléchir. Et là je pense particulièrement au  GPS.
J'ai croisé à deux reprises des jeunes qui progressaient en pulka avec un GPS. Ils étaient hyper bien équipés et tiraient "très lourd" (il y a plein de gens qui se prennent pour des explorateurs polaires alors que l'on est en Scandinavie). Ils devaient donc bivouaquer entre deux baraques (cercle vicieux, plus de bouffe et carburant donc plus lourd, donc plus lent...).

D'une part parce qu'ils étaient trop lourd ou pas assez exercés...mais surtout parce qu'ils avaient pris des itinéraires inadaptés à leur équipement.
Quand on est en pulka et ski, on doit choisir un itinéraire plat, même s'il est plus long sur le papier. Or, ils suivaient "bêtement" leur GPS et la kungsleden qui est prévue pour des randonneurs sans pulka.
J'ai du leur indiquer qu'il était plus judicieux de passer par les "lacs" (un peu plus bas) qui permet au ski+pulka d'exprimer pleinement leurs potentiel.

L'un d'entre eux découvrait la présence du lac!!!!! Il n'avait donc pas étudié la carte, son itinéraire...et/ou manquait totalement d'expérience et de sens du terrain. Mais il suivait très bien son GPS.  :closedeyes:

Voilà....je compléterais à l'occasion, et n'hésitez pas à poser des questions.

 :)


« Modifié: 04 mars 2015 à 15:18:36 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

22 février 2015 à 14:27:06
Réponse #1

musher


- De grosses ampoules sous le pied le second jour pour mon cadet. Il portait des bottes Sorel de type "caribou" avec un système de double chaussette de qualité (polypro HH+laine smarwool).
C'est un problème classique avec les caribous.
C'est des chaussures qui sont très souples, qui tiennent pas vraiment le pied et dans lesquelles lorsque on marche, le pied va d'avant en arrière, brulant la plante des pieds.
En raquettes, si on est obligé de serrer les sangles, on a froid aux pieds car elles sont pas assez rigides pour éviter la compression du pied.
A l'origine, ce sont des chaussures de travail ou de traineau donc on marche peu avec.

Quand tu parles de grosses doudounes en duvet, tu penses aux Canada Goose par exemple ?

On utilise les canada Goose (ou similaire) mais lorsque on est sur le traineau sans bouger. (et au bivouac sous tente) .
Marcher avec, c'est le meilleur moyen de transpirer et d'avoir froid.
Et plus, elles ne sont pas imperméables, donc on peut les utiliser que lorsque le risque de pluie (ou neige mouillée) est nulle, par grand froid. Or visiblement, c'est pas la bonne année pour ça. Les copains en Scandinavie en ce moment, ont des températures tout juste négatives.

Perso, j'ai revendu mes 2 doudounes duvet car pour le climat actuel, elles sont trop lourdes et trop volumineuses et je les ai remplacé par une doudoune synthétique + une doudoune duvet plus modulable et plus compressible (et moins lourde).

Par contre, en cas de bivouac imposé, le réchaud à méta aurait été suffisant ?
Sans aller si loin, on a essayé de faire fondre de la neige le WE dernier (température autour de 0°C et réchaud essence utilisé pour faire fondre l'eau des chiens). Ca n'a pas marché. On a du utilisé le réchaud à bois IKEA

22 février 2015 à 15:15:27
Réponse #2

Kilbith


Merci pour tes questions!

C'est un problème classique avec les caribous
C'est des chaussures qui sont très souples, qui tiennent pas vraiment le pied et dans lesquelles lorsque on marche, le pied va d'avant en arrière, brulant la plante des pieds.
En raquettes, si on est obligé de serrer les sangles, on a froid aux pieds car elles sont pas assez rigides pour éviter la compression du pied.
A l'origine, ce sont des chaussures de travail ou de traineau donc on marche peu avec.

Oui c'est le problème classique avec les caribou et c'est le phénomène qui a eu lieu.

Mais là c'était un modèle ancien (Canada made) qui est plus montante et avec un laçage plus important (j'ai mis exprès la photo où elles sèchent devant le poêle). Comme nous avions testé et qu'en plus il avait sous chaussette HH en polypro et grosse de laine d'excellente qualité (smartwool) je pensais que ce serait OK.

L'année dernière j'avais utilisé cette combinaison avec de classiques Caribou et je n'avais pas eu de problèmes.

Pour le coté "serrage" avec des raquettes : la kungsleden c'est presque plat (sauf pour les suédois...), on n'a pas besoin de serrer fort les raquettes de type TSL car on est quasiment jamais en dévers.
Mais c'est vrai que l'année dernière j'avais pour les raisons que tu indiques opté pour MSR avec trois attaches souples en plastique/silicone, très douces au niveau du serrage.



Citer
Quand tu parles de grosses doudounes en duvet, tu penses aux Canada Goose par exemple ?
Non, c'est trop lourd et volumineux à transporter ces parkas. Les autrichiens auxquels je pensais plus particulièrement avaient des doudounes de montagne du type "1 kilo" avec 300 à 500g de duvet que l'on utilise en haute montagne par chez nous. Les autres personnes croisées avaient aussi ce type de doudounes, ou plus légères.

Citer
On utilise les canada Goose (ou similaire) mais lorsque on est sur le traineau sans bouger. (et au bivouac sous tente) .
Marcher avec, c'est le meilleur moyen de transpirer et d'avoir froid.
Et plus, elles ne sont pas imperméables, donc on peut les utiliser que lorsque le risque de pluie (ou neige mouillée) est nulle, par grand froid. Or visiblement, c'est pas la bonne année pour ça. Les copains en Scandinavie en ce moment, ont des températures tout juste négatives.
Il faisait tout de même en moyenne dans les -10°C. Pour le reste : tafdak;

Citer
Perso, j'ai revendu mes 2 doudounes duvet car pour le climat actuel, elles sont trop lourdes et trop volumineuses et je les ai remplacé par une doudoune synthétique + une doudoune duvet plus modulable et plus compressible (et moins lourde).
Mon fils avait une doudoune snugpak classique (seul défaut : pas de capuche) qu'il pouvait compléter par un gilet en ouate synthétique patagonia (genre 60 g/m² de primaloft) et ma femme une doudoune synthétique (genre 133g/m2) qu'elle pouvait compléter par un gilet triple zéro en duvet au repos. Les deux pouvaient marcher avec leur doudoune synthétique en cas de grand froid.

Citer
Par contre, en cas de bivouac imposé, le réchaud à méta aurait été suffisant ?
Sans aller si loin, on a essayé de faire fondre de la neige le WE dernier (température autour de 0°C et réchaud essence utilisé pour faire fondre l'eau des chiens). Ca n'a pas marché. On a du utilisé le réchaud à bois IKEA

Le réchaud méta (dans notre cas le classique Esbit) :



information et test ici : http://hikethru.com/hiking-information/backyard-science/esbit-pocket-stove-tested

 Ce choix était conditionné par les contraintes du transport aérien et des problèmes de poids/encombrement.

Un réchaud Esbit à carburant solide, c'est insuffisant pour une utilisation classique régulière par temps froid. Mais là nous étions sur la Kungsleden avec au pire un refuge à 10km de chaque coté. C'est suffisant pour chauffer un peu d'eau dans un quart nalgène et tenir 24h en attendant les secours.

Avec la pelle je pouvait creuser une fosse dans neige pour couper le vent, poser le réchaud sur la pelle alu et faire fondre un peu de neige ou réchauffer de l'eau pour une boisson chaude tout en consommant nos barres énergétiques.
 
J'avais aussi un thermos très performant (marque Thermos, validé par -30°C en Finlande) pour l'eau que nous avons rarement entamé (il complétait deux gourdes d'eau chaude placées dans les sacs et enroulées dans des doudounes duvet).

En cas d'arrêt forcé nous disposions aussi de nos sac de couchage léger (moins de -1kg entre +10°c et +5°c) et de leurs draps sacs (soie ou thermastat). Les duvets pouvaient soit être cumulés pour un blessé, soit utilisés comme rembourrage pour les vêtements avec les fesses isolées de la neige par nos sacs et le bout de mousse. Avec en plus les draps sacs en soie comme écharpe de luxe.

L'un dans l'autre, compte tenu du signalement à chaque refuge, du balisage et de la bonne connaissance de l'itinéraire, il me semble que l'on était ok.
« Modifié: 23 février 2015 à 11:12:49 par Kilbith »
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22 février 2015 à 16:23:33
Réponse #3

raphael


Merci pour le retour, cela fait voyager  :love:

au sujet de ta lampe, c'est au niveau du boitier pile déporté que cela a fait court circuit ? Je suppose que le reste de la famille avait de quoi avoir de la lumière.

Se connaitre et s'accepter


22 février 2015 à 16:38:02
Réponse #4

Kilbith


au sujet de ta lampe, c'est au niveau du boitier pile déporté que cela a fait court circuit ? Je suppose que le reste de la famille avait de quoi avoir de la lumière.

Juste en sortie du boitier. Le câble reliant le boitier à la lampe a fondu.

Heureusement c'était le soir au refuge. Je venais d’éteindre la lampe et le boitier était très chaud. Cela m'a intrigué et en ouvrant le boitier (bien foutu par ailleurs parce que pour pas mal de lampes changer les piles dans le froid c'est galère..) les piles AA (lithium) étaient brûlantes (au point d'avoir du mal à les toucher).

J'ai remonté l'ensemble et rallumé, ça a senti le brûlé. J'ai changé le jeu de pile avec des alkalines, le boitier a aussi chauffé et le fil a fondu en cramouillant. La lampe s'est éteinte. Je ferai à l'occasion des photos. Je ne pense pas que le fil de liaison ait été endommage autrement. J'ai toujours rangé la lampe dans un sac.

Nous avions deux autres lampes de tête (des tikka) avec au besoin des AAA au lithium pour le grand froid (pj.)

La lampe est un item que je double systématiquement si je suis seul en hiver. Quand on a randonné au temps des "piles" on se souvient aisément de la galère de "plus de lampe" en hiver.

Compte tenu de la latitude et de la date, nous avions du soleil entre 7h30 et 16H30 approximativement. Pas mal de gens arrivaient de nuit aux cabanes, ce que je prenais soin d'éviter par sécurité. En hiver partir à la frontale est une option bien préférable à arriver avec la frontale.

« Modifié: 22 février 2015 à 16:45:24 par Kilbith »
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22 février 2015 à 16:54:27
Réponse #5

Kilbith


Re,

Juste pour confirmer un point essentiel concernant l'isolation du corps : c'est très important qu'elle soit homogène sur un terrain comme la scandinavie (ou au bivouac).

En France quand je suis en montagne je porte très rarement un collant sous le pantalon. En effet, l'effort consécutif au dénivelé fait que même par grand froid, il est rare d'avoir besoin d'un collant du fait de la chaleur dégagée par les muscles des jambes. L'expérience accumulée en condition hivernale en montagne n'est pas transposable partout.

En Laponie on doit faire un effort bien plus faible et rester de longues heures dehors (rien à voir avec quelques heures). Dans ces conditions un collant est indispensable.

Avec un haut woolpower 200, une veste paramo, une casquette très chaude (que je n'aurais pas supportée en montagne), un buff, un caleçon mi cuisse en laine, un pantalon stretch coupe vent à bretelle et des guêtres sur des chaussettes de laine j'avais froid par -5°C en marchant, même en ajoutant une polaire R2 sous la veste.

Alors que si j'ajoutais un collant woolpower 200 sous mon pantalon, j'étais confortable en marchant dans le vent par -15°C. Le jour et la nuit.

Le principe de "l'isolation homogène" (cher à Eraz) est donc amplement confirmé quand il s'agit de faire un effort modéré ou quand on est au bivouac. C'est la solution la plus légère.
« Modifié: 25 février 2015 à 12:04:13 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

22 février 2015 à 18:44:24
Réponse #6

psydomos


Salut!

Merci pour ce retex bien instructif comme toujours, entre toi et Jean-Jacques, c'est la semaine qui donne envie de partir dans les pays nordiques en hiver!

J'ai deux questions qui me viennent à l'esprit:

Sur les photos, on voit Madame Kilbilth portant ce qui semble être une polaire sans membrane polaire par dessus sa couche coupe vent. Une raison particulière autre qu'éviter d'enlever la dite couche coupe vent et se refroidir encore plus?
Tu dis qu'il y avait pas mal de vent donc le gain de chaleur n'est-il pas dissipé par celui-ci?

Autre point, quel était votre régime alimentaire? vos sac sont relativement petits sur les photos, surtout si l'on considèrent les couches supplémentaires, le kit de survie etc... Donc j'aurai aimé en savoir d'avantage là dessus, surtout avec un ado qui doit manger comme 4 dans ces conditions!


A+!
 
"Je sais que je ne sais rien" Socrate
"Le progrès est ce qu'on en fait, confier son dernier souci à des milliers d'inconnus qui n'en n'ont rien à foutre ou permettre de vrais moments de vie démultipliés.."
Patrick, o "cacique" do CEETS

22 février 2015 à 21:40:52
Réponse #7

Kilbith


Merci pour ce retex bien instructif comme toujours, entre toi et Jean-Jacques, c'est la semaine qui donne envie de partir dans les pays nordiques en hiver!
JJ et Yann réalisent des sorties bien plus engagées, c'est pourquoi j'ai intitulé modestement ce retex "ballade".

Citer
Sur les photos, on voit Madame Kilbilth portant ce qui semble être une polaire sans membrane polaire par dessus sa couche coupe vent. Une raison particulière autre qu'éviter d'enlever la dite couche coupe vent et se refroidir encore plus?
Tu dis qu'il y avait pas mal de vent donc le gain de chaleur n'est-il pas dissipé par celui-ci?

Exact, ma femme portait une veste Patagucci légère avec une membrane imper/respi ainsi qu'un pantalon en goretex avec des guêtres goretex.
 
C'était son choix car elle préférait la sensation d'une protection 100% coupe vent qui pouvait gérer l'humidité si le temps se radoucissait. Elle avait toutefois un coupe vent léger (genre 150g) en plus. Ce n'était pas très optimisé au niveau du poids, mais l'ensemble était largement portable pour ce type de projet (le sac parait gros car elle transporte une doudoune synthétique et c'est préférable d'avoir peu de compression en hiver).

Pour que ce type de membrane fonctionne bien il faut que sa température soit autour de 0°C. On peut obtenir ce résultat même par -10°C, sous réserve que la veste ne soit pas trop large et que l'on porte assez peu d'isolation dessous. Dans ces conditions, la membrane reste avec une température positive et fonctionne. Mon expérience corrobore celle de JJ et Yann sur ce point. En plus cette veste a une bonne capuche et de grandes aérations sous les bras.

Il faut aussi intégrer que sur une semaine en Laponie l'on peut être amené à marcher par 0°c ou -30°C, ce qui correspond à une énorme plage de température. Dans ce cadre, une polaire prend tous son sens.

Le problème, c'est qu'il faut une gestion très fine des couches. Plus délicate qu'avec le ventile ou le paramo qui évacuent bien mieux l'humidité.

Sous sa veste ma femme pouvait porter confortablement une woolpower 200 (ou un icebreaker 200) et une grosse polaire à poil long. Mais avec la polaire sous la veste elle avait trop chaud.

Pour la grande étape de 7 heures elle a porté seulement la woolpower, mais au bout de quelques heures et compte tenu du changement de temps en journée, elle avait froid. La solution a consisté à mettre la polaire à long poil (schoeffel)...par dessus la veste imper/respi. C'est ce que l'on voit sur la photo.

C'est moins isolant que porté dessous, mais c'est toujours isolant. Il susbisite une couche d'air liminaire. En plus, ça isole donc "réchauffe" la membrane qui n'en fonctionne que mieux. Et c'est facile à régler durant la marche sans se déshabiller. Ce n'est valable que si le temps est sec bien sûr.

Notes que ma femme avait en plus une doudoune synthétique qu'elle pouvait porter par dessus l'ensemble par grand froid et progression obligatoire.

Les jours suivant (un peu moins froid) ma femme a trouvé le bon équilibre ne portant sous la goretex l'icebreaker et la woolpower ensemble sous la couche imper respi.

Comme la veste imper/repi a de grande poches poitrines elle pouvait ajuster l'isolation de face en y stockant par exemple des gants (le dos : il y a le sac).

Citer
Autre point, quel était votre régime alimentaire? vos sac sont relativement petits sur les photos, surtout si l'on considèrent les couches supplémentaires, le kit de survie etc... Donc j'aurai aimé en savoir d'avantage là dessus, surtout avec un ado qui doit manger comme 4 dans ces conditions!

Mon sac était plus grand que celui des autres.  ;)

Après nous avions un régime de ce type :
- matin : mélange flocon avoine, chocolat, sucre canne, lait. Comprimé polyvitamine.
- vers 15 heures (difficile de popoter par -15°C en route) : nouilles chinoises à IG max avec en accompagnement un paquet de boeuf à la bière lyophilisé.
- vers 19 heures : pâtes complètes (spaghettis) avec en accompagnement du magret de canard séché prédécoupé et sous vide.

Durant la journée un mélange de noix, de chocolat, d'amandes au sucre de canne et de mm's. On avait aussi un demi litre d'huile olive/colza.

L'ensemble faisait environ 2500 Cal par jour (+- 700g par jour/personne), un peu plus pour mon fils en pleine croissance. Les adultes pouvant compter sur plus de réserves lipidiques dans le cadre d'un exercice aérobie de relativement faible intensité.

Nous n'avons pas eu de sensation de faim, dans ce cas nous aurions pu compléter avec des achats effectués dans les cabanes.

L'ensemble est compact, transportable et peu lourd (on peut éventuellement manger les pâtes chinoises directement en cas de besoin et abondance d'eau). Mais ce régime nécessite de faire la cuisine. Ce n'était pas un problème dans le cadre d'une randonnée cabane.

 :)
« Modifié: 22 février 2015 à 22:23:12 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

22 février 2015 à 21:57:07
Réponse #8

raphael


"isolation homogène" ?

Peux tu nous en dire plus ?  :closedeyes: :up:
Se connaitre et s'accepter


22 février 2015 à 22:05:35
Réponse #9

Kilbith


"isolation homogène" ?

Peux tu nous en dire plus ?  :closedeyes: :up:

L'idée c'est d'avoir une isolation semblable sur tout le corps (à part les extrémités) plutôt que le classique "trois pulls en haut" et "pas grand chose en bas" que l'on pratique en montagne par commodité.

Ici, comme l'effort est modéré et constant, on isole autant le haut que le bas (woolpower 200). Avoir les jambes chaudes évite aussi une vaso constriction qui donne rapidement les pieds froids. En montagne, du fait du dénivelé, c'est plus difficile.

A noter que de cette façon c'est aussi plus facile de dormir habillé dans un sac sans compresser trop l'isolant si le besoin s'impose. 

C'est semblable à ce que l'on fait dans une maison. ce serait idiot d'isoler à fond les murs et de ne pas le faire pour le toit ou de laisser la porte ouverte.

En montagne comme on marche avec un simple pantalon, il faut prévoir une surcouche commodément plaçable sur l'ensemble lors de l'arrêt ou du bivouac. Mettre un caleçon c'est galère.
Lors de notre sortie en montagne dernièrement, le soir j'avais un pantalon en isolant synthétique placé sur mon pantalon.
Je crois que vous ne l'aviez pas remarqué, c'est discret. Très pratique et utile quand on veut dormir dans une fosse à neige habillé dans son sac un poil léger...

 ;)
« Modifié: 22 février 2015 à 22:14:00 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

22 février 2015 à 22:14:07
Réponse #10

raphael


Effectivement : lors de notre sortie, je me suis couché habillé avec une seule couche en bas (un caleçon polaire) et trois couches en haut. J'ai du au bout d'un court moment enfiler une seconde couche (pantalon synthétique) car j'avais froid sur les cuisses ; ce qui m'arrive quasiment jamais.

A noter : je testais en tant que sac de couchage, deux sacs de couchage l'un dans l'autre avec certainement peu de marge en terme de température confort
Se connaitre et s'accepter


22 février 2015 à 22:27:20
Réponse #11

jeanjacques


L'isolation homogène vaut autant la journée que la nuit. Ainsi, si l'on porte une polaire et une doudoune et pas grand chose en bas dans son SDC, il est plus profitable de ne conserver que la doudoune en haut et de se servir de la polaire pour couvrir les jambes.
C'est parfois peu évident à reconnaitre, il est possible d'avoir froid sans ressentir particulièrement le manque d'isolation aux jambes.
Adhérent Unpact.

22 février 2015 à 22:28:48
Réponse #12

Kilbith


L'isolation homogène vaut autant la journée que la nuit. Ainsi, si l'on porte une polaire et une doudoune et pas grand chose en bas dans son SDC, il est plus profitable de ne conserver que la doudoune en haut et de se servir de la polaire pour couvrir les jambes.

C'est aussi mon constat.

Probablement parce que cela minimise la compression de l'isolant du sac de couchage sur le haut, soit parce que cela évite les ponts thermiques, soit les deux.


"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2015 à 07:57:02
Réponse #13

guillaume


Salut Did, merci pour ces bonnes infos.

Tu dis avoir utiliser du Paramo et cela me curieux :). Quel modèle as-tu utilisé ?
Lors du port de la Paramo, t'es-tu sentis obligé d'ajuster en permanence la ventilation (via les zips) ou au contraire tu ne touchais quasiment pas à ces zips ?

Concernant les VBL, les as-tu utilisé ? Si oui, peux-tu nous en dire plus concernant le confort du système et sa gestion ?

Merci par avance.

23 février 2015 à 08:41:41
Réponse #14

raphael


Au sujet des piles lithium:

http://www.industrie-techno.com/les-batteries-lithium-ion-enflamment-le-web.25829

Le problème de l'inflammation provient d'une part de l'instabilité de la cathode, et de l'autre de l'électrolyte, qui est inflammable. Car l'explosion survient par suite d'un emballement thermique. Trois types d'événements peuvent y conduire. Tout d'abord, la surcharge entraîne la formation de dendrites de lithium métalliques qui vont aller toucher l'autre électrode et créer un court-circuit. La présence de dendrites peut aussi provenir d'un choc ou d'une température inférieure à - 5 °C.
Se connaitre et s'accepter


23 février 2015 à 09:15:35
Réponse #15

Kilbith


Tu dis avoir utiliser du Paramo et cela me curieux :). Quel modèle as-tu utilisé ?
Lors du port de la Paramo, t'es-tu sentis obligé d'ajuster en permanence la ventilation (via les zips) ou au contraire tu ne touchais quasiment pas à ces zips ?

C'est un modèle custom de chez Hilltrek (via Mr Patate). La coupe est ample, particulièrement sous les bras. Il possède seulement un grand zip frontal et pas d'autre ventilation (en dehors d'une poche de poitrine)...et c'est très bien comme ça.

Pour ce type d'effort (encore une fois la Laponie c'est presque plat, je portais assez peu et je ne faisais pas la course) on n'a pas besoin de régler constamment la ventilation et l'isolation. Le "paramo" est tellement respirant dans ces conditions que l'on est rarement "humide". C'est le point important.

Entre -2°C et -15°C j'avais seulement un woolpower dessous. Ma régulation se faisait en gérant les ouvertures, le couvre chef et les gants pour le dessus.

La combinaison : woolpower 200, buff, polaire R2 et doudoune micro puff est vraiment performante en terme d'isolation et surtout de gestion de l'humidité interne. 

Le point fort de cette veste c'est sa coupe : col montant, absence de velcros si ce n'est aux manches, le double rabat de zip qui permet d'être protégé ou ventilé même par mauvais temps et une très bonne capuche qui protège jusqu'en dessous du nez et qui dispose d'une petite visière en fil rigide. Elle m'arrive en dessous des fesses ce qui est aussi important à mes  yeux.



Citer
Concernant les VBL, les as-tu utilisé ? Si oui, peux-tu nous en dire plus concernant le confort du système et sa gestion ?
Non.  :-[

Mes lowa Nabucco GTX (une taille au dessus de ma pointure) possèdent une isolation sous forme de polaire, je portais par dessus une paire de guêtre. Comme j'avais une paire de chaussette fine en polyamide et par dessus une chaussette type woolpower 400, je n'ai jamais eu froid aux pieds. Même par -15°C.

Le soir l'humidité était présente dans la chaussure, mais assez peu (chaussures bien entretenues avant le départ!). Il suffisait de bien les faire sécher à un pas du poêle.
J'avais pris en plus une paire de semelle de propreté "hiver", des surbottes intégrales du VC et les liner....mais c'est resté dans le sac.

J'ai peu d'expérience avec les VBL, mais je pense que c'est vraiment la solution "light" pour disposer d'une isolation suffisante et durable par temps froid. Peut être pas totalement confortable et hygiénique, mais ces défauts sont secondaire par rapport à la nuisance de pieds glacés.

Je pense qu'avec l'ensemble de l'équipement je pouvais progresser en journée sur ce terrain par -30°C sans trop de soucis. Il faut se souvenir que les raquettes isolent bien le pied de la neige. De même le port de guêtre de qualité apporte de l'isolation à la chaussure.

Voilà comment je voyais les choses :
0°C à -10°C : les lowa avec le système de chaussettes (validé)
-10° à -15°C : Les lowa+semelles hiver (en fait les Lowa suffisaient vers -15°C. Comme les semelles hiver font parfois des plis, j'ai évité)
-15°C à -20°C : ci-dessus+surbottes si nécessaire (de simple chaussons larges en cordura du VC).
-20°C à -30°C : ci-dessus+VBL (à installer le matin).
en dessous de -30°C : je reste en cabane


En cas d'immobilisation je disposais d'une paire de chausson en feutre de laine épais. Qui étaient aussi mes "chaussons de chalet" (j'aime mon confort). C'est suffisant pour la neige quand elle est froide, sinon il faut mettre les surbottes dessus.




« Modifié: 23 février 2015 à 09:25:40 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2015 à 11:29:41
Réponse #16

Kilbith


Bonjour,

Voici donc deux photos qui montrent ma lampe qui a donc surchauffée au niveau du boitier d'alimentation au point de faire fondre le câble reliant le boitier à la lampe.

La lampe a peut être 2 ans, avec au maximum 15 jours d'utilisation. Je suis soigneux avec mon équipement.

Elle a surchauffée alors qu'il y avait 4 piles AA lithium dans le boitier (utilisées sans problèmes jusque là, premier jeu de pile après celui d'origine) et que je l'utilisais depuis peut être 30 minutes dans une cabane vers +15°C.

C'est en l'éteignant que j'ai senti la forte chaleur du boitier. J'ai sortie les piles, qui étaient brulantes genre plus de 40°C). J'ai changé les piles par des alkalines, la lampe s'est allumé, ça a senti le grillé. J'ai éteint la lampe et par la suite elle ne s'est plus rallumée.

Cette lampe est prévue pour l'utilisation avec des piles lithium :
http://demandware.edgesuite.net/aakn_prd/on/demandware.static/Sites-bdag-Site/Sites-bdel/fr/v1424675431067/instructions/M10974_C_Icon_IconPolar_IS_GroupE-WEB.pdf

Citer
PILES
◆ Utiliser des piles alcalines AA, lithium ou rechargeables.
◆Ne pas mélanger piles neuves et piles usagées ou des piles de différentes sortes.
◆Mettre au rebut vos piles usagées dans un conteneur approprié.
◆Ôter les piles pendant les périodes de stockage et de transport


Photo1 en pj : vue du câble. On distingue bien qu'il a fondu et qu'il n'a pas été coupé.
Photo2 en pj : vue globale
« Modifié: 23 février 2015 à 11:41:36 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2015 à 11:42:04
Réponse #17

Karto


Merci Kilbith  pour CR carré, complet et utile !

Raphaël, merci pour les explications sur les piles au lithium. Si je comprends bien, ça veut dire que la pile au lithium va faire des siennes uniquement si elle est sollicité trop fort, c'est ça ?
Parce que là je m'étonne de l'endroit où le câble a fondu. S'il n'avait fondu que sous l'effet de la chaleur dégagée par les piles, j'imagine qu'à ce stade tout le boîtier aurait déjà été tellement chaud que Kilbith aurait le logo Black Diamond tatoué derrière le crâne. A mitiger par le fait que les fils électriques conduisent bien la chaleur, mais là, le truc ne fond pas comme ça à "40°C".
Et donc je me dis que l'hypothèse du court-circuit n'est pas à écarter, et que la surchauffe des piles n'en serait qu'une conséquence.
« Modifié: 23 février 2015 à 11:47:22 par Karto »

23 février 2015 à 11:46:32
Réponse #18

Kilbith


Parce que là je m'étonne de l'endroit où le câble a fondu. S'il n'avait fondu que sous l'effet de la chaleur dégagée par les piles, j'imagine qu'à ce stade tout le boîtier aurait déjà été tellement chaud que Kilbith aurait le logo Black Diamond tatoué derrière le crâne.

Sur le modèle polar le boitier d’alimentation est relié par un long câble. J'avais donc le boitier détaché et placé dans la poche poitrine de ma micro puff qui était en couche externe.

C'est moins lourd sur la tête et conforme à l'utilisation hivernale.

C'est pour cette raison que je n'ai constaté l’échauffement important qu'en allant me coucher et en plaçant la lampe et le boitier à coté de moi. En ouvrant le boitier, les piles étaient à la limite de ne pas pouvoir être touchées.

Le seul truc un peu spécial c'est que j'avais pas mal "joué" peu de temps avant avec les différents modes d'éclairages (par jeu). Mais rien de non conforme à la notice.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2015 à 12:47:03
Réponse #19

raphael


Merci Kilbith  pour CR carré, complet et utile !

Raphaël, merci pour les explications sur les piles au lithium. Si je comprends bien, ça veut dire que la pile au lithium va faire des siennes uniquement si elle est sollicité trop fort, c'est ça ?
Parce que là je m'étonne de l'endroit où le câble a fondu. S'il n'avait fondu que sous l'effet de la chaleur dégagée par les piles, j'imagine qu'à ce stade tout le boîtier aurait déjà été tellement chaud que Kilbith aurait le logo Black Diamond tatoué derrière le crâne. A mitiger par le fait que les fils électriques conduisent bien la chaleur, mais là, le truc ne fond pas comme ça à "40°C".
Et donc je me dis que l'hypothèse du court-circuit n'est pas à écarter, et que la surchauffe des piles n'en serait qu'une conséquence.

Pareil : pour faire fondre localement l'isolant comme montré sur la photo cela conforte l’hypothèse d'un court circuit local. L'isolant d'un des deux fils qui passe dans la gaine noire extérieure devait avoir une fragilité et lors des manipulations (usage normal) a du s'ouvrir. Pour en savoir un peu plus il faudrait peler légèrement la gaine noire pour voir l'isolant des fils.


pour aller plus loin dans le souci du lithium

http://www.purdue.edu/newsroom/releases/2013/Q1/analytical-theory-may-bring-improvements-to-lithium-ion-batteries.html

http://newscenter.lbl.gov/2013/12/17/roots-of-the-lithium-battery/

il semblerait que la formation de dendrites de lithium conduise a des chemins préférentiels de court circuit
« Modifié: 23 février 2015 à 13:11:01 par raphael »
Se connaitre et s'accepter


23 février 2015 à 20:06:19
Réponse #20

Chris-C


Super retex, merci, content que vous ayez passé de bonnes vacances.

Citer
- Un sac à dos "Lowe Alpine light" une partie du tissu (il est composé de plusieurs panneau) s'est totalement délaminée (enduction interne hydrolysée). Comme ce n'est que le tissu "vert" et pas les autres panneaux, ce n'est pas du à un mauvais traitement excessif préalable (type : stockage mouillé ou dans un lieu humide). Mais bien à un tissu de mauvaise qualité.

Tu veux dire qu'il s'est délaminé sur le terrain pendant le séjours? à cause du froid?


Citer
En France quand je suis en montagne je porte très rarement un collant sous le pantalon. En effet, l'effort consécutif au dénivelé fait que même par grand froid, il est rare d'avoir besoin d'un collant du fait de la chaleur dégagée par les muscles des jambes

J'ai pris l'habitude de mettre un collant dès que les t°c passe sous le zéro.
Un collant fin de chez Odlo qui gère très bien l'humidité.
Puis plus épais pour le statique si le t°c baissent encore.
Pour les même raison que tu évoques à savoir l'uniformisation de l'isolation sur le corps, le collant fait partie de toute façon de mon fond de sac.
ça fait longtemps que je fonctionne comme ça et l'année dernière après une sortie raquette avec un ami qui traine sur le forum, on a eu une pointe à -20°c en fin d'aprés midi. Le lendemain il avait de grosse plaque de rougeur sur les cuisses dû à la morsure du froid. Pas de collant et un pantalon très léger de rando et très respirant.
Du coup ça conforte mon idée du collant.....

a+

24 février 2015 à 08:04:15
Réponse #21

raphael


Se connaitre et s'accepter


24 février 2015 à 08:55:12
Réponse #22

Kilbith


Tu veux dire qu'il s'est délaminé sur le terrain pendant le séjours? à cause du froid?

Je ne peux pas répondre précisément.

Je me suis seulement rendu compte sur le terrain que le tissu du sac, mais seulement la partie avec les panneaux vert, perdait son enduction.

C'est un tissu "ripstop" en polyamide assez fin avec une enduction un peu semblable à une veste (pas un film plastique continu). Chaque petit carré délimité par les carreaux du ripstop perd son enduction par petite plaque. Le sac comporte deux type de tissu de couleur différente, seul le tissu vert clair est touché par le phénomène.

Par ailleurs, le sac est mal foutu à mon sens (trop large en bas,  trop étroit en haut). Inutilement accessoirisé, pas si léger que ça pour un 60+10l (dans les 1.8kg). Mais le dos est confortable.

Le sac est donné pour "hyperlite", ce qu'il n'est pas. C'est l'exemple même de ce qu'il faut éviter : trop d’accessoires, une conception complexe, une réalisation des coutures principales médiocres, des tissus médiocres aboutissent à un sac trop "léger" dans les parties importantes et au final plutôt lourd.

On apprend par ses erreurs.  ;#

Je cherche toujours le sac en vrai cordura 500 (ou 250 pour le corps et 500 en bas), 60l, poches latérales, poche de dessus du rabat, poche filet devant, taille de dos non réglable mais SML, pas de zip si ce n'est pour les poches, "portes bâtons en bas". Une seule ouverture par le haut. Pour un poids en dessous de 1.5 kg. Une sorte de "sac F1" mais avec un meilleur dos, un tissu plus léger tout en étant de qualité et un peu plus d'accessoire (poches latérales, poches filet, poches bâtons)

On en trouvait couramment dans les années 80/90, mais ils étaient cordura 1000 qui est inutilement lourd quand on porte moins de 15 kg tout compris et le plus souvent moins de 12.

De nos jours, c'est la foire au design qui amoindrit la solidité globale (trop de coutures, en plus mal faites), des ouvertures multiples directes vers le corps du sac avec grand Zip (un non sens!) avec des accessoires inutiles le plus souvent (ex : double porte piolets :  sûrement pour faire la face nord l'Eiger en piolet traction en hivernale avec un sac de 60 l  ::) ).
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

24 février 2015 à 09:27:31
Réponse #23

guillaume


Je cherche toujours le sac en vrai cordura 500 (ou 250 pour le corps et 500 en bas), 60l, poches latérales, poche de dessus du rabat, poche filet devant, taille de dos non réglable mais SML, pas de zip si ce n'est pour les poches, "portes bâtons en bas". Une seule ouverture par le haut. Pour un poids en dessous de 1.5 kg. Une sorte de "sac F1" mais avec un meilleur dos, un tissu plus léger tout en étant de qualité et un peu plus d'accessoire (poches latérales, poches filet, poches bâtons)

SI tu trouves, n'oublies pas de prévenir les copains ;).

a+

24 février 2015 à 09:43:07
Réponse #24

Karto


Avec un cahier des charges similaire, il y a deux ans j'ai trouvé quelque chose qui approchait, en la personne d'un VIEUX Lowe Alpine (~ 30 ans). 80 litres, un nylon costaud qui pourrait être du Cordura 500, 1.8kg, un SUPER harnais. Le tout pour 20 euro.
Le revers de la médaille, c'est que j'ai repris toutes les coutures majeures (30 minutes à la machine), et qu'à certains endroits la toile trahit son âge proche de son espérance de vie.

Ca fait deux ans que je m'en sers comme sac principal et que j'en suis très satisfait. Si j'arrivais à retrouver le même avec une toile plus fraîche, je serais comblé.

(désolé pour la photo, j'ai pas mieux)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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