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Auteur Sujet: Terrorisme et menaces sur les forces de l'ordre : vigilance et dispositions tactiques ?  (Lu 19298 fois)

08 janvier 2015 à 09:57:45
Lu 19298 fois

Bomby


Salut,

dans le fil ouvert il y a déjà un moment par Serge sur l'article de Claude Werner sur la "situational awareness" (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,65814.msg521123/topicseen.html#new), les liens donnés par Serge renvoient, à travers l'article de Werner, à une analyse extrêmement intéressante par Brian McKenna d'un "incident" dans lequel 4 policiers US apparemment bien formés et entraînés ont été tués par l'attaque surprise d'un dealer en crise qui voulait tuer du flic (Lakewood, 2008).

McKenna s'efforce de tirer des leçons de ce drame pour prévenir les attaques surprises ou embuscades dirigées contre les forces de l'ordre, aussi bien pendant le temps de service qu'en dehors.

Or, au moment où, l'actualité le confirme, nos amis des forces de l'ordre sont des cibles de choix désignées aux volontaires terroristes "low-cost", l'analyse et les recommandations de Mc Kenna me semblent extrêmement pertinentes et mériter donc d'être largement partagées parmi les rangs des cibles "recommandées" (policiers et militaires).

Je ne peux en effet m'empêcher de faire une certaine analogie entre l'incident analysé par McKenna et de nombreuses attaques récentes terroristes ou d'inspiration terroriste perpétrée par surprise contre les forces de l'ordre (encore ce matin à Montrouge, semble-t-il), aussi bien en France qu'à l'étranger, attaques qui répondent à des modes opératoires relativement simples fortement recommandés par les leaders  terroristes/djihadistes à travers notamment leur publications de plus en plus régulières (Dabiq et Inspire, par exemple).

A toutes fins utiles, je signale donc ici plus explicitement dans cette optique l'excellent texte de McKenna : http://www.lawofficer.com/sites/default/files/OfficerDown%20Lakewood%20complete%20analysis.pdf

Sans vouloir faire offense à qui que ce soit, il peut sembler que, pour beaucoup de nos amis membres des forces de l'ordre, le niveau de préparation tactique et opérationnelle qui leur a été proposé jusqu'à présent est insuffisant au regard de ce type de menaces, pourtant très actuel.

Il peut donc être bénéfique, dans ce fil, de recenser ainsi un certain nombre de liens, textes, analyses, qui permettraient aux intéressés d'identifier un certain nombre de pistes pour améliorer leur niveau de préparation. C'est l'esprit de ce fil.

Merci par avance à ceux qui pourront apporter une contribution utile.

Cordialement,

Bomby

08 janvier 2015 à 10:22:12
Réponse #1

max65871


Salut,
Suite aux récents événements, une rapide réflexion m'a amené à penser que la population devrait pouvoir réagir, s'entraider et être un premier rempart/une première réponse (de façon proportionnée et nécessaire) à un fauteur de troubles.
Je pense qu'il serait bon de suivre une formation afin d'améliorer ma réaction quant à une situation violente, de développer mes réflexes défensifs et de savoir que faire. Or, je me pose une question : est-ce qu'avoir suivi une formation de ce type (quasiment paramilitaire) n'aggrave pas les sanctions encourues en cas de réaction ?

A+!
"Et si la liberté consistait à posséder le temps?Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures?Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu."
S. Tesson

08 janvier 2015 à 10:31:49
Réponse #2

Bomby


Salut,
Suite aux récents événements, une rapide réflexion m'a amené à penser que la population devrait pouvoir réagir, s'entraider et être un premier rempart/une première réponse (de façon proportionnée et nécessaire) à un fauteur de troubles.
Je pense qu'il serait bon de suivre une formation afin d'améliorer ma réaction quant à une situation violente, de développer mes réflexes défensifs et de savoir que faire. Or, je me pose une question : est-ce qu'avoir suivi une formation de ce type (quasiment paramilitaire) n'aggrave pas les sanctions encourues en cas de réaction ?

A+!

@Max65871 : ce n'est jamais le fait d'avoir suivi une formation quelconque qui aggrave les sanctions encourues en cas de réaction inadaptée, c'est ce qu'on en fait le jour J, d'où l'importance de choisir le bon formateur.

Mais, surtout, ce n'est pas le sujet de ce fil-ci, donc c'est HS.

Pour les réactions plus générales aux fusillades de masse, plusieurs sujets abordent déjà la problématique et  notamment ces fils-ci : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,53178.0/nowap.html (fusillade de Liège) et http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=58713.0 (Comment survivre à l'attaque d'un tireur fou).

Ici, le sujet est spécifiquement celui des pistes de préparation tactique et opérationnelle des forces de l'ordre dans le contexte terroriste actuel où ils sont particulièrement visés avec le principe d'attaques par surprise et/ou embuscade.

Merci de respecter le sujet !


Bomby

08 janvier 2015 à 10:33:35
Réponse #3

Merlin06


Salut à tous,

je me souviens avoir eu une succession d'expériences plutôt intéressantes sur l'effet que peut avoir un quotidien "tranquille" sur les forces de l'ordre.

Je vais m'appuyer sur trois exemples vécus:

-le vaguemestre en balade, chaque jour il fait sa tournée(pref', tribunal, régiments du coin, poste...), et puis parce qu'il est dans sa petite twingo et sans mission d'intervention il ne prend pas son ceinturon ni ses accessoires. Manque de bol, un jour il y a une attaque à main armée à la poste deux minutes après son passage. Grosse prise de conscience, "Et si j'avais été là deux minutes plus tôt?".

-l'opération police route de nuit, trois personnels arrêtent les voitures sur un rond-point, normalement pas plus d'une voiture à la fois pour assurer la sécurité. Jusqu'à ce que le chef de patrouille décide d'en arrêter une de plus, puis une autre. Un citoyen plutôt énervé commence à sortir de sa voiture, le personnel face à lui se retrouve seul et se fait correctement bousculer avant que les autres ne réagissent, soit plus de 20 secondes... Débrief' à chaud, plus jamais ça.

-entrainement sur les interventions en zone sensible, basé sur les retex des unités concernées, une patrouille de trois doit interpeller un plastron au milieu d'un groupe. L'affaire se passe calmement au début puis certains membres du groupe s'éloignent en disant "On va revenir et vous crever!", le plastron résiste mollement et discute beaucoup. Le plus souvent la patrouille en exercice , lorsqu’elle provient d'une unité "tranquille", prends son temps et essaie de convaincre. Manque de bol, le chronomètre a été lancé et un gros groupe de pabô armés débarque. Le repli se faisant en plus ou moins bon ordre. Leçon retenue, on ne prend pas à la légère un groupe ou une zone sensible.

D'une manière plus générale trop souvent les personnels en charge de la prise en compte de l'environnement, ne réalisent pas l'importance de leur rôle, se laissent engluer dans une interaction ou bien succombent à l'ennui et relâchent leur vigilance. C'est MAL.

En espérant aider à prolonger des vies. ;)
L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

08 janvier 2015 à 10:34:46
Réponse #4

Erete


Bonjour,

Franchement, je ne pense vraiment que l'on peux se préparer à ce genre d'attaque. Les terroristes utilisent des armes lourdes pouvant être arrêter avec une efficacité relatif par les par éclats pesant plus de 17 Kg, impossible pour une personne à utiliser plus de 2,3 heures en patrouille.
Pour avoir la chance de parler souvent avec les gars du GIR, même eux qui sont entraîner, préfère leurs opérations que a la voie publique car aucune préparation tactique et opérationnelle ne sera efficace dans ce genre de situation.
La seul chose a changer sont des effectifs en plus, matériel plus moderne et une vigilance accru.

*Merlin tous ce que tu dit, sont déjà en place, et le drill ne peut être que très peu efficace dans ce genre de cas.
« Modifié: 08 janvier 2015 à 10:41:17 par Erete »

08 janvier 2015 à 10:47:36
Réponse #5

Bomby


Bonjour,

Franchement, je ne pense vraiment que l'on peux se préparer à ce genre d'attaque. Les terroristes utilisent des armes lourdes pouvant être arrêter avec une efficacité relatif par les par éclats pesant plus de 17 Kg, impossible pour une personne à utiliser plus de 2,3 heures en patrouille.
Pour avoir la chance de parler souvent avec les gars du GIR, même eux qui sont entraîner, préfère leurs opérations que a la voie publique car aucune préparation tactique et opérationnelle ne sera efficace dans ce genre de situation.
La seul chose a changer sont des effectifs en plus, matériel plus moderne et une vigilance accru.

Pas vraiment d'accord.

Bien sûr, une attaque du niveau de celle de Charlie Hebdo hier est extrêmement difficile à contrer.

Bien sûr, les moyens manquent.

Bien sûr, on ne peut tout "blinder" et on sera toujours vulnérable à la surprise et à l'embuscade.

Mais il n'empêche que, sur la préparation personnelle avec les moyens existants (maniement sous stress de l'arme de dotation, par exemple) et sur les dispositions tactiques et le niveau de vigilance malgré "la routine du quotidien" il y a des pistes à travailler. C'est tout l'enjeu.

Cordialement,

Bomby

08 janvier 2015 à 11:02:28
Réponse #6

Erete


Certe, on peu toujours s'améliorer mais je ne pense pas que l'on peu s'améliorer a gérer considérablement son stress sauf avec un conditionnement qui serai préjudiciable au discernement policier.
Pour l'armement, le SIG est largement suffisant mais la ou je suis totalement d'accord, est que les FO ne tir pas assez, on tir 16 cartouches 3 fois par ans ce n'est pas assez, 2 tir par mois de 30 cartouches serai mieux.

08 janvier 2015 à 11:29:09
Réponse #7

musher


Le policier de protection rapprochée dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo ne pouvait pas avoir l'arme à la main chaque fois que la porte s'ouvre pour laisser rentrer une secrétaire ou un collaborateur.

Donc derrière la porte 2 types sachant qui chercher et abattre dès qu'ils ouvriront la porte (c'est pas par hasard que ce policier a été la première victime), de l'autre une personne entrainée, équipée mais à qui il va manquer quelque secondes pour tirer le premier.
Et ça l'entrainement, l'équipement ne changera rien. La présence d'un binome devant la porte de la rédaction qui aurait été sacrifié pour mettre de protéger les personnes dans la salle de rédaction ?

Pour le 2ème policier, savaient-ils sur quoi ils partaient ? Les premiers communiqués parlaient de bazzooka, de carabine, de 5 tueurs... Les témoins qui ont appelés le 17 ne devaient pas être des spécialistes des armes de guerre.

Il n'existe pas de protection contre une balle dans les jambes et un casque lourd ne l'aurait pas protéger contre une balle à bout portant.

Par contre pourquoi les terroristes ont pu l'approcher calmement et l'excécuter à bout portant ? Il avait pas de binome supposé le couvrir ?

L'entrainement et le matériel ne peuvent réduire à 0% les risques.
L'attaquant aura toujours l'avantage de l'initiative sur la victime et une personne cachée aura toujours l'avantage sur celui qui avance à découvert.

Maintenant si les 2 terroristes sont localisés, avec le Raid ou le GIGN, ce sera pas la même chanson.

08 janvier 2015 à 11:31:18
Réponse #8

Bomby


Certe, on peu toujours s'améliorer mais je ne pense pas que l'on peu s'améliorer a gérer considérablement son stress sauf avec un conditionnement qui serai préjudiciable au discernement policier.

A nouveau pas trop d'accord, Erete... On ne peut pas fonctionner en code rouge en permanence, c'est évident. Mais on peut élever son niveau de préparation de façon à augmenter son niveau de vigilance permanent sans pour autant basculer d'emblée en mode stress.

C'est dans cette optique par exemple que McKenna, dans le document proposé en lien un peu plus haut, invitent les policiers à driller des exercices d'observation, de façon à ce que la détection des signes subtils de comportement à risque devienne une seconde nature. Le cerveau est en quelque sorte capable de fonctionner tout seul, sans que nous ayons besoin constamment de nous mettre sous stress, mais encore faut-il pour cela l'alimenter avec les infos adéquates, l'entraîner un minimum, et ensuite en situation veiller à conserver ouverts le maximum d'angles d'observation (en équipe répartition des rôles définie et rôdée).

A mon avis, il y a plus de marge de manœuvre et de progression que tu ne le supposes.


Citer
Pour l'armement, le SIG est largement suffisant mais la ou je suis totalement d'accord, est que les FO ne tir pas assez, on tir 16 cartouches 3 fois par ans ce n'est pas assez, 2 tir par mois de 30 cartouches serai mieux.

Certes, ce serait déjà mieux mais même en multipliant les séances et les munitions, tant que l'on en reste au tir à la cible bien en ligne au coup de sifflet du moniteur, on ne va probablement pas aller très loin. Pourtant les alternatives existent. Ce qui me semble certain c'est qu'avec un entraînement qui se limiterait à ce que tu décris, les FO concernés vont droit au casse-pipes face à un ennemi préparé et équipé tel que celui à l’œuvre hier chez Charlie Hebdo.

Ce qui me paraît, en soi, une situation inadmissible. A ceux donc qui en ont le pouvoir d'agir dessus, individuellement ou collectivement.

Cordialement,

Bomby

08 janvier 2015 à 11:38:42
Réponse #9

AC


A toutes fins utiles, je signale donc ici plus explicitement dans cette optique l'excellent texte de McKenna : http://www.lawofficer.com/sites/default/files/OfficerDown%20Lakewood%20complete%20analysis.pdf

J'espère sincèrement que les membres de nos FO disposent de forums privés où ils peuvent peaufiner leurs tactiques sans les mettre en open source, mais bon, il y a dans ce document des idées utiles pour les services moins engagés (pompiers, ...) voire pour les civils. Pour les lecteurs pressés, il y a un résumé en page 17. Je retiens notamment:
  • En groupe dans un lieu public, désigner une personne chargée de monter la garde et d'aller au contact des inconnus qui approchent, pour les obliger à révéler leurs intentions à bonne distance.
  • Face à un agresseur qui dégaine par surprise, aller au contact physique plutôt que reculer (?).
  • En arrivant sur les lieux d'un accident ou d'un appel au secours, ne pas se précipiter dans une éventuelle embuscade. Eviter si possible d'arriver par le chemin le plus naturel. Prendre de temps d'observer les lieux de loin, ou traverser sans s'arrêter et revenir ensuite.

08 janvier 2015 à 11:50:36
Réponse #10

Bomby


Le policier de protection rapprochée dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo ne pouvait pas avoir l'arme à la main chaque fois que la porte s'ouvre pour laisser rentrer une secrétaire ou un collaborateur.

Donc derrière la porte 2 types sachant qui chercher et abattre dès qu'ils ouvriront la porte (c'est pas par hasard que ce policier a été la première victime), de l'autre une personne entrainée, équipée mais à qui il va manquer quelque secondes pour tirer le premier.
Et ça l'entrainement, l'équipement ne changera rien. La présence d'un binome devant la porte de la rédaction qui aurait été sacrifié pour mettre de protéger les personnes dans la salle de rédaction ?


Encore faut-il précisément pouvoir arriver jusqu' à la fameuse porte sans que l'alerte soit donnée. Ce qui pose des questions de protocole de sécurité pour les uns et de mode opératoire pour les autres, question sur lesquelles pour l'instant les informations publiées restent parcimonieuses, probablement pour de bonnes raisons (il n'est donc sans doute pas très opportun d'essayer d'en discuter ici).


Citer
Pour le 2ème policier, savaient-ils sur quoi ils partaient ? Les premiers communiqués parlaient de bazzooka, de carabine, de 5 tueurs... Les témoins qui ont appelés le 17 ne devaient pas être des spécialistes des armes de guerre.

Il n'existe pas de protection contre une balle dans les jambes et un casque lourd ne l'aurait pas protéger contre une balle à bout portant.

Oui, mais : dans le contexte actuel, il était connu depuis bien longtemps qu'existait ce type de risques (tueurs formés, entraînés à manœuvrer, armes de guerre, gilets pare-balles). Et la présence du site à risque "Charlie-Hebdo" pouvait difficilement être ignorée des policiers du quartier et de ceux intervenant sur l'appel d'urgence.

Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux policiers présents hier qui ont tenté ce qu'ils ont pu, et encore moins aux malheureuses victimes. Mais la question du niveau de préparation par rapport à la menace connue me semble se poser crûment. Et, à défaut de protection adéquate existante, il reste possible d'adapter l'armement, la tactique, les recommandations d'emploi des armes, le dispositif, etc...

Citer
Par contre pourquoi les terroristes ont pu l'approcher calmement et l'excécuter à bout portant ? Il avait pas de binome supposé le couvrir ?

L'entrainement et le matériel ne peuvent réduire à 0% les risques.
L'attaquant aura toujours l'avantage de l'initiative sur la victime et une personne cachée aura toujours l'avantage sur celui qui avance à découvert.

Voilà, on est exactement dans le sujet. Dès lors qu'une surprise/embuscade est toujours possible, il faut adapter le dispositif tactique collectif pour pouvoir y faire face. Les militaires savent normalement faire ça. Je me suis même laissé dire que l'infanterie française ces derniers temps était réputée pour sa capacité de manœuvre dans de telles circonstances. Mais nos amis policiers/gendarmes de voie publique ont-ils quelques notions de ce genre de choses ? Je l'espère mais j'en doute. Le problème étant que, face à ce type de menace, s'ils n'ont pas un minimum de préparation adaptée, ils ne seront rien d'autre que des cibles de choix.

Cordialement,

Bomby

08 janvier 2015 à 12:06:51
Réponse #11

Erete


J'attendais cette exemple, on peux pas comparer un militaire à un policier, dire cela prouve la méconnaissance du terrain.
Les militaires n'ont pas de légitime défense, il on une hiérarchie qui les soutiens, on est pas dans la pas le même contexte, il ont aucun devoir judiciarement. je crois que vraiment qu'il y a une méconnaissance de ce qu'il peut être mis en place ou pas.

Bref je crois que l'on sera pas d'accord.

Mais si les citoyens soutenais plus souvent les FO, il seront déja beaucoup plus efficace et je pense que tu sera d'accord avec ça!

08 janvier 2015 à 12:15:03
Réponse #12

Bomby


J'attendais cette exemple, on peux pas comparer un militaire à un policier, dire cela prouve la méconnaissance du terrain.
Les militaires n'ont pas de légitime défense, il on une hiérarchie qui les soutiens, on est pas dans la pas le même contexte, il ont aucun devoir judiciarement. je crois que vraiment qu'il y a une méconnaissance de ce qu'il peut être mis en place ou pas.

Bref je crois que l'on sera pas d'accord.

Mais si les citoyens soutenais plus souvent les FO, il seront déja beaucoup plus efficace et je pense que tu sera d'accord avec ça!

Tu as raison de pointer la différence de statut et de fonction entre policiers et militaires. Je suis pleinement d'accord avec toi là-dessus. Et on perd toujours à employer l'un à la place de l'autre.

Mais est-il pour autant inconcevable que des policiers puissent apprendre à réagir tactiquement à des situations d'embuscade ou d'attaques surprise ?

J'ai l'impression que tu considères soit que le niveau de préparation de la police française est suffisant, soit qu'il est inéluctable qu'il ne puisse progresser plus.

De mon côté, il me semble qu'il est possible pour des forces de police d'améliorer leur niveau de préparation (à priori par exemple, en simplifiant et grossissant le trait, les américains peuvent paraître plus efficaces face à ce type de menaces), sans pour autant employer des militaires à la place des policiers ou réciproquement.

Cordialement,

Bomby
« Modifié: 08 janvier 2015 à 14:43:56 par Bomby »

08 janvier 2015 à 12:53:19
Réponse #13

raphael


Est il humainement possible d’être en code rouge voir noir 100% du temps de service ?

Ce la rejoint la problématique de la vigilance dans les métiers de contrôle par exemple ?
Se connaitre et s'accepter


08 janvier 2015 à 13:24:07
Réponse #14

Loriot


Est il humainement possible d’être en code rouge voir noir 100% du temps de service ?

Ce la rejoint la problématique de la vigilance dans les métiers de contrôle par exemple ?

Attention, je ne suis pas du métier, mais je côtoie des hommes et des femmes qui protègent des personnes.

Pour eux il n'y a rien de pire que la routine. Ils pratiquent régulièrement des exercices. Et même avec ça se sente parfois un peu...

Un bon contrôle d'entrée avec des personnes formée donné toute la différence sur un contrôle youkoulele que je vois parfois sur certains sites.

Protocole, protocole, protocole.
Formations formations formations
Utilisations.

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le c..

08 janvier 2015 à 14:15:01
Réponse #15

X


Une fois l'affaire terminée il faudra que les autorités s'interrogent sur le dispositif de sécurité dans ce pays.
Cela commence déjà maintenant ou je viens de voir sur BFM un syndicaliste demander à ce que les polices municipales soient toutes équipées d'armes à feu.

L'immeuble de Charly hebdo : menacé depuis des années, un incendie criminel au siège (à l'ancienne adresse je crois), le site internet attaqué, probablement le site privé le plus sensible de la capitale (hors sites officiels/institutionnels) :

Personne à l'entrée, pas de planton ou de véhicule tout proche avec plusieurs fonctionnaires à bord.
Ils auraient peut-être stoppé l'entrée ou empêché la fuite.

à l'intérieur : un seul agent de sécurité qui sera abattu. 2 pour un site sensible, de plus en Vigipirate, n'auraient pas été du luxe. Mais c'est vrai que le SDLP ( ex SPHP) est noyé sous les demandes de protection.

Un seul agent : quid quand il va aux toilettes ou se détend ? Plus personne et on entre apparemment dans le local du journal comme dans un moulin.

Bref, un site sensible, menacé depuis des années, pratiquement pas protégé.
Ce type de site est pourtant autrement plus facile à sécuriser qu'un centre commercial ou qu'un cinéma.

Le policier achevé à terre : on sait qu'il était membre d'une escouade de 3, venue sur les lieux à vélo ou en voiture. les déclarations du Proc de Paris font qu 'on n'est pas sur qu'il était bien en VTT comme tous les médias l'ont dis. Membre de la brigade VTT mais peut parfois être en véhicule. Distinguo trop subtil pour les médias.

Ou étaient ses 2 collègues ? les autorités le sauront, surement pas le public. Je penche plutôt pour l'hypothèse de la fuite en laissant derrière soi le blessé.

S'il n'existe pas de protection pour le policier de la rue face à des armes de guerre on peut cependant évoquer un alourdissement de leurs armes, en plus d'une amélioration de leur pratique du PA : pistolets mitrailleurs, fusils à pompes, que l'on voyait encore il y a une vingtaine d'années.

L'évolution a voulu que des commissariats entiers soient déséquipés de ce type d 'armes : pas à la mode, et puis ça peut faire des dégâts.

Le gouvernement actuel a interdit les grenades offensives suite au décès d'un manifestant (émeutier serait le terme le plus juste), le seul mort en 60 ans d'utilisation en maintien de l'ordre de cet engin.

Bref, tout ceci n'est pas sérieux, la déliquescence partout sauf chez les services de renseignements.



08 janvier 2015 à 14:23:04
Réponse #16

VL


Ne retombe-t-on pas sur les problématiques budgétaires et de définition de la doctrine d'emploi abordées dans le fil relatif à la réserve militaire ?

Les réservistes vont certainement être associés à la montée en puissance de Vigipirate. Pourtant, au regard des informations communiquées sur ce forum sur la formation continue dispensée à ces membres, sont ils aptes à répondre rapidement et utilement à un ou plusieurs assaillants lourdement armés ?

Dans le cas du militaire attaquée à la Défense il s'agissait d'un couteau type Laguiole, invisible puisque petit : http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/29/militaire-poignarde-defense-interpellation-yvelines_n_3350139.html

En ce qui concerne la routine des policiers, elle peut jouer dans les deux sens, les récentes bavures aux Etats-Unis s'expliquant sans doute en partie par l'intériorisation du risque d'attaque à l'arme de poing compte tenu du nombre d'armes en circulation. J'ignore par contre si les policiers américains sont plus et mieux formés.

08 janvier 2015 à 14:33:52
Réponse #17

musher


à l'intérieur : un seul agent de sécurité qui sera abattu. 2 pour un site sensible, de plus en Vigipirate, n'auraient pas été du luxe. Mais c'est vrai que le SDLP ( ex SPHP) est noyé sous les demandes de protection.

Un seul agent : quid quand il va aux toilettes ou se détend ? Plus personne et on entre apparemment dans le local du journal comme dans un moulin.

Il ne s'agisait pas d'un agent de sécurité de Charlie Hebdo mais du garde rapproché de Charp, le directeur de CH. Donc quand Charp était en déplacement, le garde était absent des locaux.

D'après ce que disent les amis de Cabu et de Charp, la présence policière leur pesait et à leur demande, le dispositif a été allégé en 2014.



Concernant la différence entre les militaires et les FO, effectivement, ils interviennent pas dans le même cadre. En décembre, on discutait avec un mili et un gendarme.
Conclusion du mili : "Ben, je préfere ma place, j'attends pas qu'on me tire dessus pour allumer"
D'un autre côté, il vaut mieux car il est TE sur les OPEX
Par contre, il fait de la sureté aérienne sur le territoire français et là, il a tout un code de procédure à respecter avant d'envoyer au tapis l'engin volant, comme le gendarme.

Maintenant les FO sont de plus en plus souvent confrontés à des situations de "guerre urbaine" que ce soit des régles de compte à Marseille ou des attentats comme Merad ou Charlie Hebdo.
Donc les techniques de progression de l'infanterie en milieu urbain sont de circonstance (utilisation des abris fournis par l'environnement, progression sous couverture de son binome, tir de protection, même avec un PA...)
La preuve, le GIGN, certains PIGN et le RAID s'entrainent au centre de guerre urbaine de l'armée de terre.


08 janvier 2015 à 14:42:00
Réponse #18

oberon


Tu as raison de pointer la différence de statut et de fonction entre policiers et militaires. Je suis pleinement d'accord avec toi là-dessus. Et on perd toujours à employer l'un à la place de l'autre.

Justement, on déploie des militaires en soutien pour Vigipirate. C'est quoi leurs tactiques ?
On les forme aux méthodes de la Police ? (je ne me fais trop d'illusions...)
On les place en binôme avec un OP ?
Ou on les lâche dans la nature avec tout leur barda ? Et tous les risques que cela suppose...
"La violence est le dernier refuge de l`incompétence" Salvor Hardin

08 janvier 2015 à 14:46:52
Réponse #19

Cheyenne


J'ai du mal à comprendre à quoi peuvent servir des militaires dans un  hall de gare ou d'aeroport avec un Famas qu'ils n'oseront pas utiliser dans la foule
... alors que des terroristes ne s'en priveront pas.

Ca reste juste un moyen de rassurer le "bon peuple "

08 janvier 2015 à 15:08:43
Réponse #20

Erete


Pour le cote guérilla urbaine, c'est vrai que les FO sont mal former.
les militaires dans les gares est une présence virtuelle pour le publique, en étant là les citoyens sont rassurer et sur la détection des colis suspect. Il doivent demander a leurs EM pour s'armer, ce qui est dommage en cas attenta.

08 janvier 2015 à 15:18:12
Réponse #21

Phil67


Personne à l'entrée, pas de planton ou de véhicule tout proche avec plusieurs fonctionnaires à bord.
Ils auraient peut-être stoppé l'entrée ou empêché la fuite.
Dans ce cas précis ils auraient plus probablement allongé la liste des victimes collatérales.

Le véhicule de Police qui s'est retrouvé en face des ces ordures durant leur fuite s'est pris 15 balles d'AK47 bien groupées en plein pare-brise au raz du tableau de bord, une 16ème s'est "perdue" dans le capot.

Il est miraculeux que tous les occupants s'en soient sortis indemnes.


→ Suite aux précédentes attaques en décembre les "bleus" sont devenus des cibles privilégiées.


Citer
Un seul agent : quid quand il va aux toilettes ou se détend ? Plus personne et on entre apparemment dans le local du journal comme dans un moulin.

Bref, un site sensible, menacé depuis des années, pratiquement pas protégé.
Ce type de site est pourtant autrement plus facile à sécuriser qu'un centre commercial ou qu'un cinéma.
Le site avait plusieurs entrées relativement difficiles à contrôler. Multiplier les "gardes fixes" n'aurait pas servi à grand-chose contre ce type d'attaque. Il aurait fallu prendre le problème en amont avec un autre bâtiment plus sécurisé (avec sas blindé type banques ou ambassades).

Comment les autorités justifient la modification dans la protection de « Charlie Hebdo »


Citer
S'il n'existe pas de protection pour le policier de la rue face à des armes de guerre on peut cependant évoquer un alourdissement de leurs armes, en plus d'une amélioration de leur pratique du PA : pistolets mitrailleurs, fusils à pompes, que l'on voyait encore il y a une vingtaine d'années.
Est-ce que les "simples policiers de rue" ont réellement envie de se transformer en porte-avions ? Est-ce que ça ne va pas creuser encore plus le fossé avec la population ?

Il ne s'agit pas d'équipes d'élites spécialisées qui "vont au front" sur un gros braquage, juste de gens qui sont quotidiennement sur le terrain dans des situations "normales" 99,9% du temps. Le meilleur armement du monde ne peut rien contre une attaque surprise.
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

08 janvier 2015 à 15:29:05
Réponse #22

Moleson


La question c'est pas de savoir s'il y a des méthodes pour prévenir. Pas de problème elle existent, demandez aux Anglais en Irlande. Mais quel niveau de violence on attend.

Le raid exécuté par un commando disposant de l'équipement nécessaire et ayant pour le moins une formation sommaire d'infanterie légère (c'est pas des FS) était manifestement pas au programme.

08 janvier 2015 à 15:34:16
Réponse #23

musher


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J'ai du mal à comprendre à quoi peuvent servir des militaires dans un  hall de gare ou d'aeroport avec un Famas qu'ils n'oseront pas utiliser dans la foule
... alors que des terroristes ne s'en priveront pas.

Ca reste juste un moyen de rassurer le "bon peuple "

Les militaires sont formés, entrainés et ont l'expérience (OPEX en Afghanistan, Mali, centre afrique...) pour repérer les colis suspects, les gens à comportement anormaux...
Ils vont donc compliqués la tache de quelqu'un qui veut faire un attentat style Boston ou St Michel car par son comportement, ses bagages, il risque d'être repéré.

Les voyageurs et les salariés de la SNCF ne sont ni formés, ni entrainés et n'ont pas l'expérience.

Qui (en dehors de ceux du forum  (:D ) va repérer la valise ou le sac à dos tout seul le long du pilier ou sous un banc vide, le type qui marche en regardant derrière lui, à droite à gauche ?
En regardant les vidéos de video-surveillance de Boston, les 2 personnes, qui ont posés les bombes, sont constament en train de regarder autour d'eux alors que tous les autres regardent soit en direction de l'avenue, soit fixement devant eux si ils marchent.

Début décembre, j'ai pris le train à Paris. En attendant le train sur un banc, j'ai vu un sac de voyage style TAP sous un banc non occupé. Au bout d'un moment comme personne le récupérait, je pensai aller poser la question au controleur de la SNCF qui était à côté. Il y a un jeune qui est arrivé avec un sandwich et une bouteille et qui s'est assis à côté et qui l'a ouvert pour prendre un truc.
J'ai pas eu l'impression qu'il y avait quelqu'un d'autre qui surveillait ce sac. 

Les militaires vont pas neutraliser un terroriste lourdement armé (déjà leurs armes sont-elles chargées et prêtes à tirer ?).

Après je connais des milis, si un type arrive dans le hall de la gare de Lyon ou de St Lazare et commence à balourder des chargeurs, dès qu'ils auront une fenêtre de tir, il va se prendre 3 bastos (réflexe d'Afgha ou du Mali quand ils nettoyaient des villages ou des pitons) sommation ou pas.
Et ils ont plus d'expérience que les FO qui patrouillent dans les gares car cela a été leur quotidien pendant des mois et le TAC TAC d'une kala, pour eux, c'est du reflexe de paveloff

Après la présence du kaki rassure les usagers, même si c'est un effet placébo

08 janvier 2015 à 15:38:35
Réponse #24

Moleson


Faudra juste obtenir l'autorisation, déballer la mun, charger l'arme. N'oublie pas que la France ne fait pas confiance à ses soldats, puisque ils patrouillent avec des magasins vide.

 


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« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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