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Auteur Sujet: L’effondrement mon cul…  (Lu 6705 fois)

29 octobre 2014 à 16:24:54
Réponse #25

Bomby


Wooo-popopop...

On peut toujours faire de grandes typologies approximatives, trouver des frontières à ces grands groupes d'humains, et dire "eux".  Dans les faits la réalité est toujours beaucoup plus complexe et si tu regardes le détail tu vois que dans certains cas deux serbes ne peuvent pas se piffrer entre eux, et qu'un des deux s'entendra super bien et partagera plein de valeurs avec un albanais. 

Sisi, ça peut arriver :)

Les grosses emmerdes commencent dès qu'on commence à faire abstraction des différences AU SEIN DES GROUPES.  Quand il commence à décrire des caractéristiques communes à tous les Albanais, Français, Européens, Musulmans, ou whatever on est :

1) toujours dans l'inexactitude ;
2) toujours dans le préjugé ;
3) toujours en train de créer un "autre" qui peut devenir un ennemi, une vermine, un non-humain qu'on peut tuer, mutiler, génocider, etc.

On est tous des homo sapiens, bordel.  Et les différences culturelles et génétiques au sein de notre espèce sont ce qui permet notre robustesse en tant qu'espèce.

Les thèses à la Chauprade sur les guerres de civilisations et les X grands groupes dans le monde, c'est juste poser les bases théoriques d'une guerre mondiale de plus.

Faut arrêter ce bordel.  Vraiment.



Puis-je tenter d'apporter quelques nuances supplémentaires ami David ?

Les catégorisations culturelles ("civilisationnelles" pour certains) sont forcément fausses en ce que, comme tu le dénonces justement, elles procèdent intrinsèquement d'une généralisation abusive ( attention : pléonasme inside !).

Pour autant, elles peuvent nous donner des clés de lectures intéressantes, et parfois importantes, et par exemple nous amener à comprendre certaines attitudes ou comportements qu'autrement nous ne saurions probablement apprécier que de façon erronée voire hostile.

Pour être plus clair, encore, ces clés de lecture peuvent même parfois aider à ne pas attribuer à des critères raciaux des comportements qui relèvent le plus souvent essentiellement de la culture/civilisation/éducation.

Prenons-y donc ce qu'il y a de bon, et laissons le reste. Sous les couches culturelles, nous sommes en effet tous des homo sapiens, mais pour communiquer intelligemment nous ne pouvons faire totalement abstraction des couches culturelles.

Quant aux théories d'affrontements de civilisations, là aussi il me semble important de chercher à faire autant que possible la part des choses. Je crois personnellement que c'est un outil qui permet de lire la géopolitique sous un certain angle et qui de ce fait présente une utilité.

Comme les catégorisations "abusives" évoquées  plus haut, auxquelles d'ailleurs il est par essence relié, cet outil simplificateur est à la fois intrinsèquement faux et en même temps utile pour mettre en évidence certains aspects de la réalité.

Si c'est le seul outil  qu'on utilise pour appréhender des réalités forcément complexes, forcément on va dans le mur.

Mais il a au moins le mérite, considérable, d'aider à visualiser rapidement les risques de montée en tension blocs contre blocs, entre blocs artificiellement construits.

Et sans doute aussi celui d'obliger à tenir compte des biais culturels et civilisationnels avant de prétendre agir dans le domaine géopolitique (on reproche souvent par exemple à nos amis américains de ne pas tenir suffisamment compte de ces facteurs, ce n'est pas forcément systématiquement faux).

Evidemment, excessivement utilisé, et lié aux catégorisations abusives précédemment évoquées, c'est un parfait outil conceptuel de guerre généralisée des gentils Uns contre les méchants Autres, je pense que c'est ce que tu voulais dire un peu plus haut.

Rentrons dans les nuances. Faisons le tri. Utilisons les outils conceptuels en tenant compte de leurs limites, et comme des outils de lecture et d'analyse, pas comme des œillères définitives.

Pour reprendre l'exemple de l'analogie entre la France d'aujourd'hui et la Yougoslavie d'avant son explosion, il est à la fois vrai et faux de dire que la situation est sensiblement différente et vrai et faux de dire qu'elle est sensiblement similaire. Et le degré final de similitude auquel chacun conclura après discussion et réflexion n'est pas le plus important ni le plus intéressant. Ça nous donnerait simplement des raisons d'être plus ou moins optimiste, ce qui n'est pas réellement d'un grand intérêt.

Ce qui est intéressant (et ce que la discussion ici engagée permet), c'est d'identifier précisément en quoi ces situations se ressemblent et en quoi elles diffèrent. Ce qui peut nous donner des clés de lecture pour tenter d'agir sur certains points et tenter d'éviter d'agir sur d'autres.

Cordialement,

Bomby

29 octobre 2014 à 16:52:41
Réponse #26

Karto


Merci Bomby.

Ca fait un peu écho à ce que je me dis chaque fois que j'entends un discours comme celui de David.
Il n'y a pas que les gens et les cultures qui mériteraient une place unique sur un spectre riche, intrinsèquement exempt de catégories. En vérité, chaque chose du monde est unique et subtile.

Le truc c'est que je ne connais personne qui soit capable de prendre la moindre décision utile en quoi que ce soit sans s'appuyer sur une base de connaissances classées en catégories. Et une décision est catégorisable aussi : faire/ne pas faire, aller à gauche/à droite... Je me demande si le sapiens en question n'est pas tout simplement câblé pour catégoriser.

D'ailleurs quand on essaye d'exprimer l'essence même de l'intelligence pour en pourvoir des machines, on en revient à la capacité à catégoriser un truc inconnu (réseau neuronal par exemple) ou à utiliser efficacement des catégories (par exemple la logique floue ou les systèmes experts).

Si mon impression est vraie, la lutte contre l'existence de catégories serait perdue d'avance, et si bien même elle gagnait, son utilité resterait à prouver.

Me semble que si on voulait gagner quoi que ce soit sur le front de la tolérance, plutôt que de réfuter les catégories il vaudrait peut-être mieux au contraire proposer des critères alternatifs pour catégoriser, et un esprit de souplesse quant à ces critères. Et ça c'est pas pour demain de toutes façons.

29 octobre 2014 à 17:53:49
Réponse #27

Ulf


Wooo-popopop...

On peut toujours faire de grandes typologies approximatives, trouver des frontières à ces grands groupes d'humains, et dire "eux".  Dans les faits la réalité est toujours beaucoup plus complexe et si tu regardes le détail tu vois que dans certains cas deux serbes ne peuvent pas se piffrer entre eux, et qu'un des deux s'entendra super bien et partagera plein de valeurs avec un albanais. 

Sisi, ça peut arriver :)


Évidement et heureusement même ! Ayant habité les alentours de Grigny/Evry, j'y avais des amis, même des amis de culture différente de moi, c'est à dire, à l'époque, ceux qui n'écoutaient pas du métal. ;# Et j'ajouterai que même si ça reste des zones tendues du slip, des dizaines de milliers de gens y habitent et travaillent avec plus ou moins de profit.

Par contre, la ville moi, ça me rend con et violent. J'ai gardé de beaux restes. ;#

Citer
Les grosses emmerdes commencent dès qu'on commence à faire abstraction des différences AU SEIN DES GROUPES.  Quand il commence à décrire des caractéristiques communes à tous les Albanais, Français, Européens, Musulmans, ou whatever on est :

1) toujours dans l'inexactitude ;
2) toujours dans le préjugé ;
3) toujours en train de créer un "autre" qui peut devenir un ennemi, une vermine, un non-humain qu'on peut tuer, mutiler, génocider, etc.

Oui il faut être méfiant vis à vis de soi même lorsqu'on commence à catégoriser les gens, je suis d'accord. Pour les raisons que tu décris.

D'un autre coté. Il faut bien avoir conscience que le "préjugé" (jauger avant  de juger) et la catégorisation sont AMHA des outils de SD psychologique qui ont étés sélectionnés au fil de l'évolution car favorisant la survie de l’individu. Je veux dire...

Pour juger il faut être mis devant le fait établi... Si de part ton éducation ou ton vécu... ou l'accès des statistiques, ton préjugé décris les individus de catégorie "C" comme ayant une probabilité nettement supérieure à la moyenne de te causer du tort... Tu vas attendre d'être mis devant le fait établi ?

Et je suis d'accord. Il y a des gens plus ou moins craintifs / anxieux.

La paranoïa étant encore une autre démarche.

Citer
On est tous des homo sapiens, bordel.  Et les différences culturelles et génétiques au sein de notre espèce sont ce qui permet notre robustesse en tant qu'espèce.

Oui et non. La génétique et la mémétique sont des algorithmes qui éliminent les gènes et mêmes inadaptés à la situation du moment*. Intrinsèquement, ces systèmes se nourrissent... de l'entraide... oui... mais aussi de la compétition et de l'opportunisme.  (en fait il y a 5 "groupes" -tu vas râler- d'interactions bio.)

Citer
Les thèses à la Chauprade sur les guerres de civilisations et les X grands groupes dans le monde, c'est juste poser les bases théoriques d'une guerre mondiale de plus.

[/quote]

Connais pas les thèses de Chauprade.

Citer

Faut arrêter ce bordel.  Vraiment.

David
« Modifié: 29 octobre 2014 à 18:05:57 par Ulf »

30 octobre 2014 à 10:03:13
Réponse #28

Camaro


En tout cas, il y a un point sur lequel nous semblons tous etre d'accord, c'est que quelle que soit la situation (tres bonne, un peu moins bonne, plutot craignos ou carrement caca), on a tous besoin de satisfaire certains besoins qui rendent la vie acceptable.
En voici quelques-uns inspires de la pyramide de Maslow (liste non exhaustive) :
- besoins physiologiques (nourriture, eau, temperature regulee, sexualite)
- besoins de securite (bulle de confiance)
- besoins d'appartenance (faire partie d'un groupe, s'entendre avec ses voisins)
J'omets volontairement les besoins superieurs (estime et accomplissement), mais sur le long terme ils ont aussi leur importance.

Travailler a satisfaire ces besoins, c'est une tache a laquelle nous nous attelons tous independamment de la situation generale.
Et les accomplissements faits dans la vie quotidienne, lorsque tout va (plus ou moins) bien, peuvent nous servir de base si la situation se degrade.
Par exemple, je ne travaille pas a acquerir une competence parce qu'elle me servira lors d'une catastrophe (qui n'arrivera peut-etre jamais). Non, je le fais parce que cela me rend heureux maintenant. Et tant mieux si ca peut servir en cas de coup dur.

Pour moi, il n'y a donc pas deux etats : situation bonne ou caca. Il y a juste une
evolution permanente le long d'une ligne qui joint les deux extremes. Cette evolution peut etre lente ou rapide, controlee ou erratique.
Mais la constante c'est que notre etat d'esprit ne doit pas changer. On essaie d'etre heureux et on adapte la reponse a la situation dans laquelle on est.
Ce n'est ni de l'optimisme ni du pessimisme. C'est juste de la reactivite.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ... mais parfois ca fait vachement mal.

30 octobre 2014 à 11:56:53
Réponse #29

Coq boiteux


Le truc c'est que je ne connais personne qui soit capable de prendre la moindre décision utile en quoi que ce soit sans s'appuyer sur une base de connaissances classées en catégories. Et une décision est catégorisable aussi : faire/ne pas faire, aller à gauche/à droite... Je me demande si le sapiens en question n'est pas tout simplement câblé pour catégoriser.
+1
Toute la question est là : d'accord avec David quand il dit qu'il ne faut pas catégoriser... mais comment on fait pour faire autrement ? je suis peut-être limité côté cognitif, mais je sais pas faire sans.

Edit : Hasard du calendrier, pendant que j'écris ceci, Vieux mora écris cela, sur un autre fil :
Le temps de l'action: Checklists et compagnie

Le temps de la réflexion: Debriefing, Retex et modification des Checklists s'il y a lieu.

Vouloir faire les deux en même temps est à la fois dangereux et improductif.
que l'on pourrait modifier légèrement en :
Le temps de l'action: catégories et compagnie
Le temps de la réflexion: Debriefing, Retex et modification des catégories s'il y a lieu.

30 octobre 2014 à 13:05:46
Réponse #30

VieuxMora


@ Coq Boiteux

J'accepte bien volontiers ta reformulation, l'important c'est de discerner dans quelle phase on se trouve. Et de connaître l'échelle de temps dont on dispose quand on est dans l'action.
Une erreur de chemin en rando se rattrape plus facilement qu'un dépassement hasardeux en haut d'une côte !
 


30 octobre 2014 à 13:29:01
Réponse #31

Coq boiteux


@ Coq Boiteux

J'accepte bien volontiers ta reformulation, l'important c'est de discerner dans quelle phase on se trouve. Et de connaître l'échelle de temps dont on dispose quand on est dans l'action.
Une erreur de chemin en rando se rattrape plus facilement qu'un dépassement hasardeux en haut d'une côte !
 
Effectivement : Toutes les situations ne sont pas critiques.
« Modifié: 30 octobre 2014 à 18:26:01 par Coq boiteux »

31 octobre 2014 à 04:13:03
Réponse #32

psydomos


Salut!

Merci pour ces posts passionnants et superbement bien écrit, j'aime ce forum :love: je vais essayer modestement d'éclaircir un point qui à mon avis le mérite. (je prends le message de Karto mais Bomby et Ulf disent à peu près la même chose)

(...)
Si mon impression est vraie, la lutte contre l'existence de catégories serait perdue d'avance, et si bien même elle gagnait, son utilité resterait à prouver.


Je pense que sur ce point vous n'avez pas bien compris ce que voulais dire David. Une des bases du regard anthropologique sur le monde c'est de prêter attention non pas aux grandes catégories (le travail de la sociologie) mais aux individus et petits groupes pour décrire les mécanismes d'une société dans son ensemble.

Par conséquence l'ethnologue et l'anthropologue cherchent toujours à fuir les catégorisations généralisantes pour se concentrer sur le particulier. Pas pour se la jouer rebelle, mais parce que l'expérience de terrain nous montre qu'en réalité un même élément culturel quel qu'il soit est toujours vécu de manière sensiblement différente par chacun et que, par conséquent les catégorisations en grands ensembles des individus n'existent pas en tant que réalité mais comme supports idéologiques.

C'est cette relation intrinsèque entre catégorisation et idéologie qui en fait par exemple son efficacité relative en tant qu'outil de mapping géopolitique puisque par essence, un tel raisonnement dépend en premier lieu d'une idéologie qui elle détermine la vision des choses obtenues.

Dans ces conditions, les notions de culture ou de tradition sont remise en questions en tant que réalités effectives pour décrire les humains. Elles tendent à être remplacées par des notions plus flexibles comme celles de multiculturalité, pluriculturalité puis transculturalité en tant que processus dynamique par exemple.

Pour autant, même dans ces conditions, on n'échappe pas à une certaine catégorisation des individus, en les classant par fonctions sociales par exemple. Il ne s'agit donc pas de supprimer l'existence des catégories, ce qui, comme vous l'avez démontré, n'est ni vraiment possible, ni utile.

Ce qu'il convient de faire c'est d'en limiter au maximum l'usage et de toujours s'intéresser d'avantage aux conditions d'émergences de celles-ci, en donnant toujours plus d'attention aux cas particuliers qu'aux grands ensembles. Et en gardant à l'oeil la raison pour laquelle on catégorise, qui est de différencier et donc de séparer les humains entre eux.

La catégorisations d'ensembles dépend toujours de critères arbitraires remplis d'idées préconçues et de schématisation d'ensemble plus complexes dans la réalité. La conséquence étant que, si on n'y prête pas assez attention, on en arrive vite à classer le "différend" dans une échelle de valeurs verticale plutôt qu'horizontale.
Et là, les ennuis commencent...

Ce qui est avant tout problématique et dangereux ,c'est donc les conditions d'émergences des catégorisations. Car plus les catégories sont larges, plus elles impliquent une inexactitude et l'adhésion à une idéologie plutôt que la construction d'une pensée personnelle et critique.


A+!

« Modifié: 31 octobre 2014 à 05:14:38 par psydomos »
"Je sais que je ne sais rien" Socrate
"Le progrès est ce qu'on en fait, confier son dernier souci à des milliers d'inconnus qui n'en n'ont rien à foutre ou permettre de vrais moments de vie démultipliés.."
Patrick, o "cacique" do CEETS

31 octobre 2014 à 06:19:31
Réponse #33

François


Plus généralement, catégoriser les gens c'est bon pour les banques, les assurances, les discours électoraux ou publicitaires, les stratégies commerciales ou guerrières. Pour peu que les critères soient pertinents et non issus de rumeurs, de phantasmes ou de légendes. Mais cela n'a pas de sens pour les relations interpersonnelles. On ne peut pas appliquer à un individu les stats faites sur une catégorie quelconque, c'est une erreur logique de base.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

31 octobre 2014 à 11:02:32
Réponse #34

Pouçot


(Faites un peu chier, tous, parce que la frontière entre "discussion neutre" et "discussion politique" est ténue, là, et que je perçois mal la marge de manoeuvre dont je dispose. Mais bref, je vais me retenir, du coup.)

En fait, on s'en fout.  :)

Très clairement et très pragmatiquement, ce débat n'a à mon sens aucune importance. Sans vouloir vexer qui que ce soit. Catégoriser, c'est un exercice de maths comme un autre, hein.  :closedeyes:

La question, selon moi, n'est pas de savoir s'il faut oui ou non catégoriser, c'est impossible de ne pas le faire en étant honnête et ce n'est même pas souhaitable, à mon sens.
La question est de savoir si l'on fait le choix d'opposer ces catégories/groupes ou plutôt de leur donner les clés pour mieux se comprendre, interagir, et simplement, vivre ensemble, une fois sortis du domaine de la pensée et au moment ou on l'applique pragmatiquement, cette pensée : la vie quotidienne.

31 octobre 2014 à 12:22:57
Réponse #35

raphael


"Ce qui nous unit doit être plus fort que ce qui nous sépare."

Ta signature, Poucot, résume assez bien ce qu il faut en penser
Se connaitre et s'accepter


31 octobre 2014 à 12:28:45
Réponse #36

Anke


Quand est-ce qu'on mange ?
Ousqu'il est Rantanplan ?








Et tous " Anke, tais-toi !".... Pffff (mal à la tête moi..)

31 octobre 2014 à 15:41:58
Réponse #37

musher


Plus généralement, catégoriser les gens c'est bon pour les banques, les assurances, les discours électoraux ou publicitaires, les stratégies commerciales ou guerrières. Pour peu que les critères soient pertinents et non issus de rumeurs, de phantasmes ou de légendes. Mais cela n'a pas de sens pour les relations interpersonnelles. On ne peut pas appliquer à un individu les stats faites sur une catégorie quelconque, c'est une erreur logique de base.

La catégorisation permet d'appréhender une masse de personne selon des critères généraux.
- Pour une mutuelle santé, un  + 55 ans coute plus cher qu'un jeune de 30 ans donc prime ++
- Un chomeur est plus dangereux pour une banque qu'un cadre supérieur bien établi. Donc prêt = 0

Donc c'est faux dès le départ.
Ensuite, les conseillers en agence pouvaient quand même accordé le prêt ou proposer une formule moins cher car d'individu à individu, ils pouvaient modifier ce premier jugement. On passait de la catégorisation à la personnalisation.
 
Au niveau relation interpersonnel, c'est un peu pareil. Au premier abord, on catégorise selon des critères vestimentaires, de look, de situation géographique...
Ensuite quand on connait mieux la personne, on se fait son propre jugement.

Le danger, c'est pas la catégorisation, c'est d'être incapable de sortir de la catégorisation pour se faire une opinion personnel sur la personne qu'on a en face.

L'homme a toujours catégorisé car pour lui, c'était une question de survie face à l'inconnu. 

31 octobre 2014 à 15:58:03
Réponse #38

raphael


La catégorisation permet d'appréhender une masse de personne selon des critères généraux.
- Pour une mutuelle santé, un  + 55 ans coute plus cher qu'un jeune de 30 ans donc prime ++
- Un chomeur est plus dangereux pour une banque qu'un cadre supérieur bien établi. Donc prêt = 0

Donc c'est faux dès le départ.
Ensuite, les conseillers en agence pouvaient quand même accordé le prêt ou proposer une formule moins cher car d'individu à individu, ils pouvaient modifier ce premier jugement. On passait de la catégorisation à la personnalisation.
 
Au niveau relation interpersonnel, c'est un peu pareil. Au premier abord, on catégorise selon des critères vestimentaires, de look, de situation géographique...
Ensuite quand on connait mieux la personne, on se fait son propre jugement.

Le danger, c'est pas la catégorisation, c'est d'être incapable de sortir de la catégorisation pour se faire une opinion personnel sur la personne qu'on a en face.

L'homme a toujours catégorisé car pour lui, c'était une question de survie face à l'inconnu.

Les premiers hommes ont du rapidement apprendre a catégoriser en amis/ennemis tout inconnu qui venait a leurs rencontre.
Se connaitre et s'accepter


31 octobre 2014 à 16:50:24
Réponse #39

musher


Les premiers hommes ont du rapidement apprendre a catégoriser en amis/ennemis tout inconnu qui venait a leurs rencontre.
C'est pour ça que les seconds hommes ont rapidement créés l'uniforme pour catégoriser encore plus facilement les amis/enemis  ;D

31 octobre 2014 à 17:08:33
Réponse #40

Loriot


Je pense que le cerveau catégorise aussi naturellement dans un premier temps. Il n'est pas possible a notre organe de définir une chose inconnue sans essayer tout d'abord de la mettre dans une case idoine, pour peut être la mettre dans une case nouvelle (mais est elle nouvelle).
Le cerveau fait au plus simple, non? Même si c'est déjà compliqué.
Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

31 octobre 2014 à 17:26:12
Réponse #41

raphael


C'est pour ça que les seconds hommes ont rapidement créés l'uniforme pour catégoriser encore plus facilement les amis/enemis  ;D

C'est pas faux.

Se connaitre et s'accepter


31 octobre 2014 à 21:45:16
Réponse #42

François


Les banques, assurances, etc, peuvent appliquer avec profit (pour eux ;D) des stats à des individus parce qu'elles le font sur un grand nombre d'individus, et aussi parce que les nombreuses erreurs ainsi générées ne sont pas éliminatoires.
Le chasseur-cueilleur néolithique, s'il se fie à ce qu'il sait de la catégorie dans laquelle il croit pouvoir classer tel ou tel inconnu, il va prendre un coup de bâton derrière le crane la première fois qu'il rencontrera plus malin(e) ou plus vicieux(se) que lui. Et avant ça, passer à coté de beaucoup de bonnes choses à cause de ses préjugés.

Je persiste, mieux vaux évaluer les gens selon ce qu'ils font individuellement, plutôt que selon ce que l'on croit qu'ils sont et selon ce que l'on croit que font les gens de cette catégorie.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

31 octobre 2014 à 23:23:19
Réponse #43

psydomos


Je persiste, mieux vaux évaluer les gens selon ce qu'ils font individuellement, plutôt que selon ce que l'on croit qu'ils sont et selon ce que l'on croit que font les gens de cette catégorie.

Salut!

Je suis parfaitement d'accord avec toi François, il suffit de voir les résultats (et leurs conséquences) de la plus grande entreprise de catégorisation de l'humain jamais faite, les recherche anthropométriques du XIXe siècle. Elles sont encore aujourd'hui les premières responsables de nombreux conflits, surtout en Afrique, comme celui des Tutsi et des Hutu par exemple, ethnies fabriquées de toutes pièces par les colonisateurs belges.
"Je sais que je ne sais rien" Socrate
"Le progrès est ce qu'on en fait, confier son dernier souci à des milliers d'inconnus qui n'en n'ont rien à foutre ou permettre de vrais moments de vie démultipliés.."
Patrick, o "cacique" do CEETS

01 novembre 2014 à 08:44:38
Réponse #44

bison solitaire


Salut!

Je suis parfaitement d'accord avec toi François, il suffit de voir les résultats (et leurs conséquences) de la plus grande entreprise de catégorisation de l'humain jamais faite, les recherche anthropométriques du XIXe siècle. Elles sont encore aujourd'hui les premières responsables de nombreux conflits, surtout en Afrique, comme celui des Tutsi et des Hutu par exemple, ethnies fabriquées de toutes pièces par les colonisateurs belges.

Euh, je crois que les deux ethnies existaient de manière effective. Que les puissances occidentales aient exploité les conflits sous-jacents, ça...

01 novembre 2014 à 19:08:28
Réponse #45

psydomos


Bon désolé parce que là c'est un peu HS.

les Hutus et les Tutsi ont bien été créés en tant qu'ethnie, littéralement, pour les besoins politiques du contexte colonial, à partir des travaux de recensement anthropométriques fait sur toute la population.

Pour faire très schématique, le besoin de créer une classe privilégiée destinée à certaines fonctions administratives à pousser les colons à séparer la majeure partie de la population rwandaise en 2 groupes: les grands fins plus clairs et les petits trapus plus noir pour faire simple, en respectant une proportion de 20%/80% idéal pour le contexte.

La minorité à été appelé Tustsi et destinée à être aux postes clefs, les autres sont devenus Hutus, du jour au lendemain pour certain puisqu'il s'agissait de statuts sociaux à la base et non d'ethnie.

Un excellent bouquin sur le sujet:
"Généalogie du génocide rwandais" de Dominique Franche.
Une bonne fiche de lecture sur le livre:
http://www.sens-public.org/spip.php?article74

un extrait du bouquin tiré de cette même fiche:

« comme quoi les Rwandais éprouvent plus de difficulté que les "experts" européens à distinguer Hutu et Tutsi.... Il n'en demeure pas moins que certains Tutsi sont reconnaissables, surtout les membres de l'ancienne noblesse, parce qu'ils sont plus grands, ont la peau parfois plus claire et des traits plus fins. Mais la plupart des populations présentent pareils contrastes. L'anthropologue qui mesura des Rwandais au milieu du siècle obtint une moyenne de 1,67 mètre pour les Hutu, contre 1,79 pour les Tutsi. Douze centimètres de différence, la belle affaire ! Sous le Premier Empire, Sénateurs et Pairs de France mesuraient en moyenne 1,74 mètre soit précisément... douze centimètres de plus que les conscrits de 1817. Oserait-t-on dire pour autant que bourgeois et nobles d'un côté, ouvriers et paysans de l'autre, formaient deux races ou ethnies différentes ? Et cependant, nobles et bourgeois se distinguaient aussi par leur peau blanche et fine ainsi que par leurs mains soignées. La différence des régimes alimentaires, des activités, des critères de choix du conjoint, suffit à rendre compte de ces oppositions dans le cas français. Pourquoi pas au Rwanda ? »

A+!
"Je sais que je ne sais rien" Socrate
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Patrick, o "cacique" do CEETS

01 novembre 2014 à 19:35:19
Réponse #46

bison solitaire


Bon…
Dans ce que j'avais lu les uns étaient des agriculteurs et les autres étaient possesseurs du bétail…
(dans "Ebène, aventures africaines)…

Ah oui, vu…
Je vois ce que tu veux dire… Ca se joue sur le terme "ethnie"...
« Modifié: 01 novembre 2014 à 19:42:07 par bison solitaire »

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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