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Auteur Sujet: Accident  (Lu 3994 fois)

24 septembre 2014 à 02:33:40
Lu 3994 fois

onc roger


Il y a un peu plus d'un an j'ai "eu" un accident de moto ...
Un "gros" accident de moto ...


L'été s'était bien passé.
Pour mes 50 ans j'avais décidé que le seul cadeau que je voulais c'était des grandes et vraies vacances et en plus des trois semaines habituelles j'avais posé  quatre semaines sans solde. Mis à part le traditionnel séjour dans la maison familiale avec ma fille je n'avais pas de programme établi, juste l'envie d'être tranquille et de pouvoir me dire chaque jour "tiens j'ai envie de faire ça" ... et de le faire !
Du coup j'ai commencé par profiter du beau temps en alternant l'entretient de la moto et les balades puis quand la moto a été prête et que ça m'a pris j'ai installé les sacoches, mis des fringues dans un sac de voyage et je suis parti plus ou moins au hasard sur les petites routes pour une grosse virée pleine de petites routes, de paysages, de virages et d'amis retrouvés.
Puis je suis rentré ... et reparti en voiture et en famille puis de nouveau à moto, etc.
Enfin bref fin aout il a bien fallu reprendre le boulot et retrouver la banlieue et sa circulation chaotique ...

Quelques jours après la reprise je suis allé un soir diner avec une copine. Il faisait très chaud, et j'en avais pour à peine 20 minutes de trajet mais après délibération avec moi-même j'ai quand même mis le gros blouson en cuir avec toutes ses coques dorsales etc, les gants coqués et les chaussures montantes et j'ai juste remplacé le pantalon en cuir par un jean parce que l'idée de marcher pour aller au restau en étant englué dans un cuir c'était trop même pour un apôtre du "protégez-vous".

Voyage aller normal avec le périph à l'heure de pointe et son lot de camionnettes qui déboitent sans clignotants, de païlotes qui prennent l'interfile pour un circuit de course, etc, pas agréable mais habituel. Soirée sympa puis je reprends la route vers mon chez moi parce que j'ai beau tourner autour du pot il va bien falloir y arriver à ce put**n d'accident !.

On est fin aout, fin de soirée un jour de semaine donc la circulation est peu dense, la route est sèche et la visibilité excellente sur l'autoroute.
J'arrive dans une grande ligne droite à trois voies mais limitée à 90 avec un radar automatique au bout où les quelques véhicules présents (moi y compris) respectent scrupuleusement la limitation et je reste sur la file du milieu car je sais qu'au bout de la ligne droite il y a une sortie et que j'ai souvent vu des furieux se rabattre au dernier moment.

Tout d'un coup j'entends un crissement de pneus très violent et très proche derrière moi ! Je n'ai pas le temps de regarder dans mon rétro que je vois des phares me doubler très vite et que je sens la moto se mettre en travers.

Tout va alors très vite et très lentement ... J'ai le temps de sentir que la moto se couche pendant que je suis éjecté, d'attendre le choc de l’atterrissage en espérant que la moto ne va pas me retomber dessus, de sentir le choc et de rebondir sans avoir vraiment mal puis, pendant que je vole une seconde fois, d'espérer que les autres véhicules ne vont pas me passer dessus quand je m’arrêterai, de retomber, de rouler, de me dire qu'il faudrait que je rentre les membres sans rien pouvoir contrôler, de glisser en sentant le bitume qui me bouffe les genoux et qui rappe le casque, de rouler de nouveau puis encore de glisser en sentant que cette fois ci c'est la fesse qui prend. Enfin je m'arrête ...

Je sais que je suis abimé et que j'ai des trucs pétés mais il faut que je me lève tout de suite parce que je ne veux pas crever ici sous les roues d'une voiture alors je me lève, repère la bau et cours m'appuyer contre le rail tout en notant que celui qui m'a envoyé au tas ne s'est pas arrêté.

Plusieurs voitures se garent, j'essaie d'ouvrir mon blouson mais mes bras ne veulent pas bouger, j'insiste mais je sens des crissements bizarres dans l'épaule gauche, j'essaie à droite mais là je vois que ma main est tordue d'une drôle de façon. Des gens courent vers moi, me parlent, je réponds, je commence à avoir mal. Je fais un bilan des zones douloureuses, bouge les jambes, la tête, ça va, j'ai au moins une épaule et un poignet cassés ainsi que des pizzas sur les jambes mais la colonne et la tête ont l'air ok. On me fait m'assoir par terre ... je me marre intérieurement : m*rde c'est vrai moi qui suis SST je suis resté debout contre le rail comme un con alors que je sais que je risque de partir d'un coup ! J'ai chaud ... ou froid en tout cas j'étouffe un peu.
Je demande que quelqu'un m'enlève mon casque. Forcément ils refusent, je parlemente, raisonne, leur explique que mon cou et ma tête vont parfaitement bien et que j'ai besoin d'air. Ils finissent par céder, je respire. J'ai de plus en plus mal et l'épaule droite n'a pas l'air d'aller bien non plus ... m*rde ! m*rde et m*rde !


Les pompiers arrivent. L'un d'eux commence à m'examiner et voit surtout le pantalon rappé avec un peu de sang. Je lui explique que c'est plutôt les épaules et mon poignet qui m'inquiètent, il me touche le bras, je hurle ... Il prend un air très gêné et m'annonce que cela va être difficile de m'enlever mon blouson et qu'il faudrait peut être le découper ... Ben oui pas de problème découpe ! Je ne vais pas m'inquiéter pour une put**n de manche de blouson alors que je ne suis même plus sur d'avoir vraiment des bras ! Il a l'air soulagé et m'explique que certains motards même salement atteints refusent qu'on découpe leur blouson ...

Ensuite il y a un moment un peu flou ... Je n'ai pas perdu conscience mais maintenant que les pompiers étaient là c'était à eux de gérer et moi mon boulot c'était juste de répondre aux questions quand on m'en posait et de serrer le dents le reste du temps ... Ayé je suis sur un brancard dans l'ambulance je suis en calbut et ils ont découpé, en plus du blouson, le pantalon, la chemise et même mes Lowa ils ont coupé les lacets ;) la bonne nouvelle c'est que sur les jambes seuls la peau et le gras ont été attaqués par contre pour les bras ils font une drôle de tête en me disant qu'on verra à l’hôpital ...
Un jeune pompier arrive et pensant sans doute me remonter le moral m'annonce que la moto n'a pas l'air très abimée, je lui réponds que je risque de ne pas pouvoir la conduire tout de suite et que je lui échange la moto contre un bras en état !

Arrivée à l’hôpital. Pour une fois c'est moi qui gratte toute la file d'attente aux urgences. Salle de radiographie, j'ai eu beau serrer les dents et faire des blagues pourries j'ai quand même couiné un peu quand on m'a bougé, en fait j'ai de plus en plus mal, ça empire à chaque choc (Ah le ralentisseur à l'entrée de la clinique ! Même à 2 à l'heure je l'ai bien senti) ou mouvement et ils finissent par prendre les radios comme ils peuvent dans la position où je suis.
...
Une jeune infirmière sans doute pas faite pour le service des urgences m'engueule parce que  1) elle n'arrive pas à trouver de veine pour me faire ses prises de sang  2) je n'arrive pas à pisser dans son flacon.
Ben oui mamzelle ! Déjà que d'habitude j'aime bien prendre mes aises et être au calme là c'est pas avec toi qui râle et moi allongé sur un brancard avec un spot dans la gueule que ça va venir comme ça !

L'interne qui revient avec les radios a l'air bien embêté ... Je lui explique que jusque là j'ai été raisonnable et que si il a quelque chose à me dire ben je l'écoute. Bilan :
- Une fracture de l’humérus droit et c'est normal que je ne puisse pas bouger le bras vu que la coiffe a pris son indépendance mais c'est une "belle" fracture et ça devrait se remettre
- Le poignet droit est bien amoché, notamment le bout du radius en miettes, mais ça devrait pouvoir se réparer pas trop trop mal
- La clavicule gauche est en trois morceaux mais ça on s'en fout
- L’humérus gauche a une grosse fracture mais surtout la coiffe est en plein de morceaux et il ne voit pas comment c'est réparable sans prothèse

...
...
OK
Je suis vivant
Je suis conscient
Je peux marcher (enfin je pourrai marcher si j'avais envie mais là tout de suite j'ai pas vraiment envie)
OK
Ça va aller !

Opération demain
On m’emmène dans une chambre. Là l'infirmier est sympa :
- Dites j'ai mal
- Ben ils ne vous ont rien donné ?
- Nan ...
Un peu plus tard j'ai enfin droit à des cachets et à ma pompe à morphine, ce n'est pas parfait mais je peux commencer à desserrer les dents

Le jour suivant je passais sur le billard pour ma première opération, finalement les chirurgiens ont trouvé que j'étais trop jeune pour une prothèse et ils ont passé cinq heure à deux pour trier les morceaux.

Puis il y a eu une autre opération et encore d'autres et des petites victoires (la première fois où tu bois tout seul avec une paille, la première fois où tu peux te torcher tout seul, ...) et des grandes (le jour où tu rentres chez toi, le jour où tu peux conduire une voiture, ...)


Trucs en vrac :

- Merci à tout le monde ! Aux témoins qui se sont arrêtés, aux pompiers, aux flics, aux infirmier(e)s, médecins, aides soignant(e)s qui m'ont soigné,lavé et nourri, aux amis, voisins et collègues qui sont passés me voir enfin à tous les humains grâce auxquels on ne reste pas à pourrir sur le bord des routes !

- Je ne comprends toujours pas bien comment j'ai fait mais je me suis relevé, je me suis relevé en m'appuyant sur mes bras alors je n'avais objectivement plus de bras à ce moment là (mais je ne le savais pas encore ?)

-Il y a des mecs qui sont peut-être en train de crever et qui s'inquiètent pour l'état de leur blouson ?

- Je suis vivant, conscient et autonome ... mais ça s'est joué à un quart de poil de cul ! Mettez toutes les chances de votre coté et essayez d'avoir toujours le maximum de poils de cul d'avance (et pas que pour rouler à moto)

- Un pote motard qui avait toujours roulé avec un casque jet et allé s'acheter un intégral quelques jours après avoir vu les traces sur l'avant du mien

- Il y en a plein d'autres mais là il est tard ...


Demain je rentre à l’hôpital pour ma sixième opération alors je ne sais pas bien pourquoi je le fais (Témoignage ? Avertissement ? Auto-thérapie ? ... ?) mais ce soir j'avais envie de raconter ça


24 septembre 2014 à 07:15:11
Réponse #1

Draven


Pour le blouson, ça parait stupide au vu de ton accident, mais parfois ils sont prompts a tout découper alors qu'il n'y en a pas vraiment besoin...

En 2006 j'ai eu un gros accident en moto également, ils avaient décidés de me sortir les deux bras d'un coup de ma combinaison 1 pièce en cuir, la seule autre alternative pour eux c'était les ciseaux... Il a fallu que je rale, en expliquant qu'on pouvait tout a fait sortir le bras indemne et ensuite avoir du rab de place pour sortir mon bras droit ( donc la clavicule était cassée ).
Mais c'était pas les pompiers, c'était le personnel des urgences, peut être moins formé. Mais au final j'ai pu conserver mon matériel en bon état ET le retirer sans me faire mal ou aggraver mes blessures ( cheville fracturé, pouce détruit et clavicule cassée, plus trauma cranien ).

J'me suis fait la même remarque concernant le fait de se relever, ado j'ai réussi a ramasser mes lunettes après une grosse chute en roller, et a me relever alors que j'avais les deux poignets fracturés et une main déboitée, dans ces moments la on ne s'en rend même pas compte  :) Mais quelques secondes après ça tourne...  ;#

Content de te lire en relativement bon état, j'espère qu'ils ont retrouvés celui qui t'a renversé.  :doubleup:
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

24 septembre 2014 à 09:42:54
Réponse #2

wolf


-Il y a des mecs qui sont peut-être en train de crever et qui s'inquiètent pour l'état de leur blouson ?

Tu as même pas idée du nombre  :o

 Je te souhaite plein de bonnes choses pour ton opé et les suites :calin:
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

24 septembre 2014 à 09:45:02
Réponse #3

le molvanien


Salut,

Bon rétablissement à toi, même si le chemin est long tu en verras le bout (ces petites "victoires" qui jalonnent le chemin sont importantes)....

Et un grand merci aux services d'urgences et aux soignants (tous ceux qui portent une blouse blanche, de l'aide soignante au chirurgien) qui sont là pour nous ramasser et s'occuper de nous.

Perso... une spéciale dédicace au PGHM de Briançon, au service de chirurgie orthopédique du Centre Hospitalier des Escartons et au CRF de Villiers sur Marne.

24 septembre 2014 à 09:57:07
Réponse #4

zangetsu74


Merci pour ce feedback très instructif. Ca calme direct.
 >:( au chauffeur (-fard !?!) derrière toi.
Et surtout, merci de rappeler que les protections personnelles en moto, même si ca fait pas tout, ben ca aide vraiment.
Je désespère en général avec les motards autour de moi qui n'hésitent pas à prendre le guidon en short-tshirt-tongs.

Bon courage pour la suite, de tout coeur avec toi et en espérant que les opérations se passent bien pour toi !

(et je trippe aussi sur le coup de la veste, si je me retrouve dans une configuration comme ca, sérieux, c'est le cadet de mes soucis. En plus, mon contrat d'assurance remboursent ca en cas d'accident, je vois pas l'intérêt - pour moi en tout cas)
La différence entre la théorie et la pratique ?
En théorie il n'y en a pas, mais en pratique il y en a une.

24 septembre 2014 à 10:36:41
Réponse #5

cosmikvratch


salut,

bon rétablissement, tiens-nous au courant de l'avancée des progrès! :up:

Dans ton cas tu as eu le réflexe de te relever, c'est fait c'est fait... mais après un choc très violent il est conseillé de rester dans la position où on est:

-tout de suite après un accident on est "dopé" aux endorphines et on ne sent pas forcément bien la douleur ni sa localisation, en particulier bassin et vertèbres. le fait que tu te sois appuyé sur tes bras cassés le montre bien.
-certaines fractures de vertèbres sont peu douloureuses, surtout si tu as d'autres blessures qui "compensent" le signal douloureux. Ca ne veut pas dire qu'elles ne sont pas dangereuses pour la moelle épinière.
-Le test n'est pas la mobilisation! s'il y a une mauvaise fracture ça peut créer un déplacement et provoquer une paralysie (vertèbres) ou une hémorragie (éclat de bassin qui embroche un gros vaisseau). Le meilleur moyen d'être rassuré est d'appuyer sur le bassin et de "palper" les vertèbres une à une: ça déclenche une douleur précise en cas de fracture. A faire par un pro, c'est pourquoi on découpe souvent les habits pour éviter de mobiliser la colonne avant cette palpation, et c'est aussi pourquoi si on doit mobiliser avant on met une coque et un collier cervical "évidé" derrière (permet la palpation sans le retirer).
-Suivant la violence de la chute, un scanner est parfois indiqué avant toute mobilisation de la colonne.

Dans les minutes qui suivent un accident on n'est pas soi-même. Les endorphines rendent euphorique et on peut prendre de mauvaises décisions---> suivre les consignes des secours, en particulier de ne pas bouger, et s'ils le jugent nécessaire laissez-les découper ce put**n de blouson! >:( une découpe parfois évitable vaut mieux qu'une tétraplégie :-\

Life's a bitch (and then you die)

24 septembre 2014 à 10:52:21
Réponse #6

Buffalo


Un petit témoignage pour commencer: En janvier 2013 j'ai glissé bétement sur une plaque de glace en allant travailler à pied je suis tombé lourdement sur le macadam du trottoir (bilan double fracture du bassin dont une casse c*u!lle en plein centre de l'articulation du fémur) j'ai pas mal dégusté pour la mise sur la coque d'immobilisation et lors des radios et du scanner et je confirme aussi que les ambulances des pompiers ne sont pas trop confortable >:(, quand il a fallu me déshabiller pour passer au bloc opératoire les infirmières ont dû découper mon falzard et mon boxer car la douleur était terrible et je n'ai même pas pensé que mon assureur pouvait prendre en charge ces désagréments car dans le feu de "l'action" j'etais bien soulagé de moins souffrir. Fin du HS.
 Bon rétablissement à toi et courage pour la suite.
Tu verras le corps humain est une sacré machine qui récupère vachement vite du moment qu'on s'en occupe un peu. Pour mon cas au bout de 4 mois je reprenais les randos tranquillement et aujourd'huy je refait des marches de 30 bornes avec 12 kg sur le dos 
Je cause pas aux cons, ça les instruit "Audiard"

24 septembre 2014 à 11:28:34
Réponse #7

Draven


salut,
Dans ton cas tu as eu le réflexe de te relever, c'est fait c'est fait... mais après un choc très violent il est conseillé de rester dans la position où on est:


J'suis d'accord avec toi, mais pour avoir déja connu quelques accidents en moto ( un gros pour moi, et témoin de plusieurs gros accidents de copains ), tu a le réflexe de te relever...

En voiture tu est assis avec une ceinture, donc le temps de " faire le point " tu reste immobile, et tu a retrouver une partie de tes esprits avant de faire une "connerie". Mais en moto c'est vraiment un instinct binaire et basique... Tu te retrouve allonger par terre d'un coup > tu te relève, et ensuite seulement tu te dit que tu aurais du rester immobile et/ou ne pas retirer ton casque.
Encore plus quand tu est au milieu d'une route et que tu entend/voit/sent les véhicules qui passent tout autour de toi.

Pour les vétements, j'espère n'avoir pas été mal compris plus haut, dans une situation similaire j'aurais rien dit moi aussi, mais j'appuyais juste sur le fait que parfois pour des choses nettement moins graves, le premier réflexe c'est de tout découper...

Cela dit, j'ai l'impression que les personnes intervenants sur les accidents ( pompiers et samu ) sont très peu formés sur les équipements de sécurité des motards. Ils sont a l'aise sur les voitures et autres gros véhicules ( pour les mises en sécurité ), mais vis a vis des EPI du motard j'ai l'impression que c'est un peu flou pour eux.

J'ai comme exemple la marque Arai ( grande marque de casque japonaise ), qui a sorti il y a quelques années un système dans leur casque qui permet de retirer le casque sans accentuer les blessures ( en gros, plusieurs morceaux du rembourrage interne se retirent par le dessous, pour augmenter la place avant de retirer le casque, vu que sur un casque normal, faut forcer sur la sangle jugulaire pour " écarter " le casque et ne pas coincer au niveau des oreilles ).
Y'a eu un peu de communication au moment de la sortie de ce nouveau casque ( communication que j'ai vu/entendu vu que j'étais dans le milieu motard a l'époque ), mais aucun pompier de ma connaissance n'en a eu vent pourtant...

Je met pas en cause les intervenants hein, a mon avis le défaut d'informations vient des fabricants d'équipement... Mais du coup c'est des trucs un peu " mystiques " pour les pompiers/etc... Donc ils découpent ça au plus rapide pour s'en débarasser ( de mon point de vue ).

Pour les curieux : Video qui présente le système ERS Arai
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

24 septembre 2014 à 11:36:17
Réponse #8

Nahu


Content que tu sois parmis nous. Merci pour ton témoignage.
Je reconnais ma situation dans certaines phrases mais j'ai eu BEAUCOUP plus de chance que toi.


Je me suis fais renverser à 40KM/H. et je n'ai eu qu'un clavicule et cote cassées, genou et jambe rappés.


40km/h ça ne parait rien du tout pourtant la glissade/roulade semble interminable...
et j'aurais voulu avoir un futal en cuir en plus du reste...


Comme toi, la première pensée et réflexe c'est: "put**n, faut que je sorte mon cul de cette route, je veux pas mourir écrasé". On fait la contrôle santé après.
Mauvais réflexe peut être mais tellement humain.


Moi j'ai eu de la chance, le fautif s'est arrêté et m'a aidé + un autre motard qui me suivait. Ils ont prévenu les secours et sont restés à mes cotés, ont sécurisé les lieux, ont même pris de mes nouvelles plus tard. Et personne n'a eu besoin découper mon blouson ^^


Je confirme que quand on est dans un camion de pompier, traverser les travaux devant la clinique n'a pas été drôle...
Après trois mois d’arrêt de travail j'ai pu reprendre la moto et le boulot sans séquelles.


Je confirme aussi: Même à 40km/h, mon casque intégrale à une énorme rayure sur l'avant. Avec un jet, c'était mon visage qui prenait.
Jamais rien d'autre qu'un intégral pour moi. POINT!


Après mon expérience bénigne, il faut bien l'avouer, j'ai mal rien que d'imaginer ce que tu as du traverser.
Courage à toi. Remets toi bien même si la route est longue.

24 septembre 2014 à 11:50:43
Réponse #9

Merlin-Max


Merci du témoignage, roulez protégés les copains motards. ;)
V
L'âme sûre ruse mal. ;)

24 septembre 2014 à 12:11:28
Réponse #10

fry


Tout d'abord, je te souhaite avec les autres un bon rétablissement et les meilleures suites.

Une note concernant la non-mobilisation après accident de la route:

Il y a des exceptions notables à cette règle importante de l'immobilisation et de ne pas bouger / rien toucher, qui est celle du péril imminent, incarné dans le secourisme par le dégagement d'urgence.
En l’occurrence les exemples les plus criants et fréquents sont l'incendie de véhicule, et la chute sur une voie de circulation à haut risque comme une autoroute.

Dans ces cas précis, avant de s'enquérir de tous les standards de secourisme concernant ventilation, conscience etc, la première manœuvre du témoin ( après balisage sommaire pour ne pas se mettre en danger ) sera de tirer la victime hors de la route / loin du véhicule en flamme, en particulier quand la visibilité est compliquée ( nuit, virage ) et la vitesse de circulation élevée.
Même un père de famille consciencieux respectant les limitations de vitesses a toutes les chances de percuter un motard immobile au sol sur une voie rapide pour toute une série de raisons, et si il parvient à l'éviter, il peut par son écart brutal révéler trop tard le motard au conducteur derrière lui qui pour sa part n'aura pas le réflexe de l'éviter. Et on sait bien par ailleurs que tout le monde ne peut être classé dans la catégorie " respecte les limitations de vitesse, et est un conducteur consciencieux ".

Il faut contextualiser, ça dépend de chaque situation, mais onc roger aurait potentiellement pu être davantage en danger en restant là où il était.

24 septembre 2014 à 12:24:35
Réponse #11

cosmikvratch


Il faut contextualiser, ça dépend de chaque situation, mais onc roger aurait potentiellement pu être davantage en danger en restant là où il était.

tu as raison de soulever ce point important.
Ca dépend de facteurs à analyser à chaud: emplacement sur la chaussée, visibilité, vitesse limite, présence de témoins...

je rajoute que déplacer un accidenté grave doit vraiment être justifié par un péril imminent.
Souvent un triangle + voiture avec warnings placée de manière à "couvrir" la victime peut suffire.
Life's a bitch (and then you die)

24 septembre 2014 à 12:49:48
Réponse #12

Draven


tu as raison de soulever ce point important.
Ca dépend de facteurs à analyser à chaud: emplacement sur la chaussée, visibilité, vitesse limite, présence de témoins...

je rajoute que déplacer un accidenté grave doit vraiment être justifié par un péril imminent.
Souvent un triangle + voiture avec warnings placée de manière à "couvrir" la victime peut suffire.

Je pense franchement ( et au vue de mes expériences passées ), que l'analyse " à chaud " de la part d'un automobiliste qui est juste derrière un motard accidenté arrivera de toute manière trop tard. Rien que le temps de garer ton véhicule ( sans créer de sur-accident ), de mettre les warnings, de sortir en enfilant ton gilet fluo ( la loi de murphy étant présente bien entendu, il pleut et fais nuit dans ces moments la... ). Le motard aura largement le temps de se relever et de faire des gestes mauvais pour sa santé.... 

Par contre ton point de vue se tient tout a fait pour un accident implicant une automobile. En voiture en cas d'accident tu n'a pas le reflexe de te détacher pour sortir du véhicule en courant.

Et pour l'avoir vu de mes yeux, un corps humain blessé et bien abimé mais dopé a l'adrénaline et aux endorphines peut faire des trucs ahurissants... J'ai vu un pote se relever en s'appuyant a un arbre après un accident de moto, alors que 1mn après il était allongé dans le fossé a hurler de douleur sans trouver de position le soulagant ( bassin fracturé en 3 endroits, vessie et rate éclatée, etc... ). Les minutes paraissent trèèès longues dans ces moments la, pour le blessé, mais également pour ceux qui essaient de le maintenir immobile et de lui occuper l'esprit en attendant les pompiers...
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

24 septembre 2014 à 13:55:06
Réponse #13

Mezig


Bon courage pour la suite.


Personnellement, ce sont pas les crétins en tong et chemisette qui me font hurler; mais plutôt les         (je trouve pas de mots poli pour eux ) qui ont tout l'équipement sur eux mais rien à foutre du passager ( souvent une zolie m'zelle en mimi-jupe et p'tit top sexy ).


Les moyens sont la fin.

24 septembre 2014 à 21:40:56
Réponse #14

musher


je rajoute que déplacer un accidenté grave doit vraiment être justifié par un péril imminent.
Souvent un triangle + voiture avec warnings placée de manière à "couvrir" la victime peut suffire.

Malheureusement, voiture warning + triangle ne suffisent pas sur des voies rapides car la vitesse, distance de sécurité... ne sont pas respectées et la voiture en warning se fait percuter et vient écraser le blessé au sol.

Une amie qui était au SAMU 91 dans les années 90-2000 me disaient qu'en cas d'accident sur les voies de circulation, il fallait (si c'était possible sans se mettre en danger) évacuer les personnes des véhicules car leur espérance de vie était très faible sur l'autoroute.

Pour la capacité du corps à encaisser la douleur après un traumatisme, j'ai testé et ça marche.
Ca doit être un reste de notre côté animal qui nous permet de nous mettre à l'abri même blessé.

Bon courage pour la suite
Le corps a des capacités de récupération fabuleuses et les progrès en orthopédie sont assez impressionnants.

24 septembre 2014 à 23:47:38
Réponse #15

onc roger


Bonsoir

... et merci de vos réponses ! Après avoir écrit ça la nuit dernière j'ai eu un gros doute sur l’Intérêt pour le forum et et j'avoue qu'en revenant ce soir depuis le wifi de l'hosto j'hésitais un peu à tout effacer mais là si ça permet de discuter j'ai moins de scrupules


Bouger ou pas ?
Pour moi la question ne s'est pas posé pendant l'accident tout simplement parce qu'il y a déjà longtemps que j'y avais réfléchi et que j'avais tranché. Comme déjà indiqué par d'autres, sur les autoroutes ou les voies rapides du coin la circulation est telle que la seule chose à faire, si on peut, est de s'extraire des voies de circulation le plus rapidement parce que sinon, immobile aux milieu des voies, la probabilité de sur-accident est vraiment trés élevées (informations prises auprès d'amis urgentistes officiant dans le coin).
Quand je dis que la circulation était peu dense c'est "par rapport à d'habitude au même endroit" mais même à 22h un soir en semaine on était sur L'A6 à quelques km de Paris donc il devait y avoir à la louche un débit d'une voiture toutes les 2 à 3 secondes sur l'ensemble des voies. Beaucoup trop pour attendre les secours sans bouger au milieu des voies, de nuit et sans moyen lourds de signalisation ...

Le casque
Oui c'est mal ... je le sais et je le savais. Je me suis posé la question sincèrement sur le coup. Alors je ne jurerai pas que ma réponse a été totalement rationnelle, ne serait-ce que parce que je n'avais pas tous les éléments pour en juger de façon certaine, mais à ce moment là, dans ces conditions là ça a été mon choix ... C'était mal, ne faites pas pareil !

Les suites en gros
J'ai pu rentrer chez moi après 6 mois de rééducation intensive (et l'aide de mon amie qui se charge de ce que je ne peux pas faire quand elle vient)
- Le poignet : Miraculeux dixit les toubibs quand ils voient les radios des urgences. Vu de moi ce n'est pas parfait mais ça marche de mieux en mieux grâce à la kiné.
- L'épaule droite : Comme le poignet sauf que c'était prévu
- L'épaule gauche : Mobilité faible et aucune force, douloureuse, ça ira peut-être mieux sans la quincaillerie qu'ils vont enlever demain mais de toute façon il y a encore un bout d'os pas à sa place qui bloque une partie de l'articulation donc à suivre ...

La voiture
Le véhicule qui m'a percuté a été retrouvé. le conducteur conduisait normalement et ne s'est pas arrêté parce qu'il n'a rien vu, rien entendu. Les témoins disent qu'il y avait deux véhicules qui d'après eux faisaient la course. Procès à venir. No comment

26 septembre 2014 à 00:58:24
Réponse #16

musher


Aujourd'hui avec un copain motard, on parlait d'un de ses copains qui il y a 2 ans a percuté à 200 km/h une voiture qui lui a coupé la route (Il était en poursuite à titre pro).
Poignet en pièce, avant bras multi fracturé,n épaule HS.
Aujourd'hui, il a perdu sa qualif moto mais il fait de la moto à titre perso et en dehors d'un baromètre embarqué, il n'a quasiment plus de séquelles.

A midi, je mangeai avec un PMR : Accident de bus dans un pays en voie de développement.
Il devait plus jamais remarché. 3 mois après il était debout et aujourd'hui il marche avec une canne, grace à l'orthopédie, à la kiné  et au magnétisme qui a déverrouillé les nerfs bloqués.

De la volonté, le moral, un bon kiné, parfois des médecines parallèles (magnétisme, ostéo, accuponcture...), un bon entourage et on fait mentir la médecine.
Après, ça nous parait toujours trop long.

Le corps humain me surprend par sa capacité à récupérer (ou alors les médecins nous annoncent toujours le pire)

07 octobre 2014 à 12:09:11
Réponse #17

onc roger


Juste  quelques nouvelles rapides :
L'opération s'est bien passée, je suis rentré chez moi rapidement et j'ai même recommencé la kiné hier avec des résultats plutôt encourageants (surtout moins de craquements et de sensations bizarres) :)

07 octobre 2014 à 15:07:58
Réponse #18

fall7stand-up8


Bonjour à tous

Du point de vue des référentiels de 1ers secours, une victime au sol sur une voie de circulation constitue un cas de dégagement d'urgence.
Danger vital, réel immédiat et non contrôlable. Ce sont les 4 critères qui déterminent si on doit ou non bouger une victime. Ont peut dire que sur un axe fréquenté avec des vitesses élevées la priorité est de se mettre hors de danger.

Un des grands principe en secourisme est de prioriser le vital sur le traumatique.

Ce qui m'amène au retrait du casque.

De nombreuses légendes urbaines circulent sur ce point.

Bien sur qu'on doit retirer le casque si la victime est inconsciente ou  si elle a besoin d'O2. Le tout est dans la manière de le faire. C'est enseigné dans les stages de secourisme niveau PSE1. Une victime de trauma cranien a de fortes chances de vomir. Si elle se noie dans son vomi on n'a rien gagné à lui laisser son casque.

Juste pour dire qu'il ne faut pas diaboliser le retrait du casque mais qu'il faut se former à ce geste pour ne pas le rendre potentiellement  nuisible.

Bonne journée

07 octobre 2014 à 20:29:21
Réponse #19

pierre2


marrant le coup du blouson que l'on peux refuser de sacrifier, mais il y a aussi des phénomènes genre perte de lucidité juste après un accident qui font que le mec impliqué ne prend pas du tout la mesure de la gravité de la situation. j'ai pu le constater malheureusement.
en gros,18 ans, je vais dans une soirée et je demande à un gars genre pote de pote si il peux me ramener. je ne me doutais pas. je savais pas que le gars avait 1 semaine de permis et conduisait sa caisse comme une mobylette de village pied au planché le nez sur le compteur. à peine 1 minute après le départ en arrivant dans le 1er virage j'ai vu, j'ai compris. je me suis cramponné à ce que j'ai pu et là le décor s'est mis à défiler de droite vers la gauche dans le pare brise. ça fait bizarre. après une embardée interminable on se plante dans un pylône edf, la caisse est épave. l'avant est enroulé autour du pylône, j'imagine le moteur presque dans l'habitacle. et là, le gars essaye... de redémarrer le moteur pour repartir. bruit de féraille broyée, et il réessaye encore. j'étais un gamin mais là j'ai clairement compris que qu'il était totalement à coté de la plaque et cela m'a dirons nous énervé. ha oui, 4 occupants et on avait rien #miracle. ses amis qui nous suivaient sont descendus de voiture et nous ont regardé comme si nous étions des putains d'extra terrestre. ce crash changera définitivement mon regard sur l'automobile.

sinon j'ai entendu une histoire de la bouche d'un pompier: femme accidentée (renversée), auteur en fuite. un samaritain s'arrête. elle ne semble pas blessée. il lui propose de s'asseoir sur le siège confortable en cuir de sa berline allemande neuve en attendant les secours. à l'arrivée des pompiers, elle se plaint d'une douleur au dos, rien de méchant mais bon. du coup les mecs découpent le toit de la voiture dans laquelle elle s'est assise toute seule pour l'évacuer par au dessus dos droit, histoire de faire le moins de mouvement possible. ok.

07 octobre 2014 à 21:04:09
Réponse #20

fry


sinon j'ai entendu une histoire de la bouche d'un pompier: femme accidentée (renversée), auteur en fuite. un samaritain s'arrête. elle ne semble pas blessée. il lui propose de s'asseoir sur le siège confortable en cuir de sa berline allemande neuve en attendant les secours. à l'arrivée des pompiers, elle se plaint d'une douleur au dos, rien de méchant mais bon. du coup les mecs découpent le toit de la voiture dans laquelle elle s'est assise toute seule pour l'évacuer par au dessus dos droit, histoire de faire le moins de mouvement possible. ok.

Ce n'est pas un cas de figure si rare...

Citation de: fry, en 2011
Il y a quelques années, un pompier, instructeur en secours routiers, tombe au détour d'une départementale sur une voiture accidentée. Il arrête son véhicule et se renseigne sur la situation. Il apprend que la victime est sortie d'elle-même de sa voiture, un témoin s'est arrêté et a proposé à la victime de s'assoir dans sa propre voiture en attendant l'arrivée des secours. Depuis qu'elle s'est assise, la victime ressent des fourmillements dans les jambes. Une fois le récit terminé, le pompier a dit au témoin " je suis désolé monsieur, nous allons devoir dépavilloner votre voiture ". 
C'est ce qu'ils ont fait, et ils ont permis à cette personne de ne pas finir paraplégique ( fracture vertébrale étagée, le témoin en asseyant la victime avait faillis provoquer une catastrophe ). Pour information complémentaire, le témoin avait acheté sa voiture 15 jours auparavant...

Content que les suites de ton intervention soient favorables Onc Roger.

08 octobre 2014 à 14:03:35
Réponse #21

Nahu


J'avoue que c'est méchant... mais ça fait rire... tant que c'est pas ma voiture.  :lol:

10 octobre 2014 à 00:21:28
Réponse #22

Douinie


Oouuuff! Je me demande si les assurances paient la réparation de la voiture, dans des cas semblables....  :ohmy:
Everyone must believe in something. I believe I'll go canoeing - Henry David Thoreau

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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