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Auteur Sujet: Peaufinons notre SAC  (Lu 1554 fois)

22 août 2014 à 13:37:32
Lu 1554 fois

Outdoorsman


Avant de penser au matos, peaufinons notre SAC.

S = SAVOIR FAIRE
A = ATTITUDE
C = CONNAISSANCES

S = SAVOIR-FAIRE

Les savoir-faire se rapportent aux techniques : trouver et rendre potable de l'eau, construire un feu par tous les temps, construire un abri, se servir d'un couteau, d'une hache.
Cela n'exclut pas le matériel, ça inclut au contraire une expertise dans l'utilisation du matériel. D'après moi, l'idéal est d'avoir peu de matos, versatile, simple et solide, très adapté à mes besoins et dont je maîtrise parfaitement les différentes utilisations, les réparations potentielles.
Les savoir-faire s'apprennent mais surtout se travaillent dans la répétition et sous différentes conditions (ce qu'on réussit facilement dans son salon peu devenir très ardu sous la pluie ou par grand froid ou sous stress).

A = ATTITUDE

L'attitude, c'est la niak, la combativité, la volonté de lutter pour (sur)vivre.
Ce n'est pas inné, ça se travaille. Comment ? En mettant à l'épreuve sa volonté, en apprenant à faire face à l'adversité.
Quelques exemples : se donner des objectifs proches de sa limite lors d'exercices physiques et ne pas lâcher avant de les avoir atteints, sortir faire des randos par mauvais temps, marcher longtemps sous la pluie, …

1ère anecdote :

Un jour je faisais une ascension d'une voie difficile au Mont Blanc. J'étais pas bien entrainé, pas acclimaté à la haute altitude. Cependant la voie était en bonne condition, les copains ont insisté, je suis parti quand même. Arrivé au sommet du Mont Blanc après 12h d'escalade, j'étais cuit, rectifié, lessivé. J'ai eu le mal d'altitude (je délirais à moitié). Je n'avais jamais autant puisé dans mes réserves, approché si près mes limites. Et je n'étais qu'au sommet. A cette époque le téléphone portable n'existait pas, nous n'avions pas de radio et de toute façon sauf en cas d'accident grave, on appelait pas les secours. Il a fallu que je marche encore 6 h entre 4800 et 3800 pour descendre jusqu'à l'aiguille du Midi.
Ce jour-là, j'ai compris que mes limites étaient beaucoup, beaucoup plus loin que ce que j'imaginais et qu'avec de la volonté, de la niak on est capable de choses insoupçonnées.

2ème anecdote :

Un copain part faire l'ascension hivernale du Ben Nevis, petite montagne écossaise culminant à 1500 m mais exposée à des conditions climatiques qui rendent son escalade himalayenne.
Le matin dans le refuge, le copain ouvre la porte et constate la tempête : vent à 60 km/h, grésil horizontal. Il déclare que vu les mauvaises conditions, il reporte son ascension au lendemain. Là, un guide écossais l'interpelle : « What ? It's full condition !! ». Pour lui, la météo était optimum. Des deux, qui a le plus de chance de survie pris dans une tempête hivernale ?

C = CONNAISSANCES

Ce sont les connaissances théoriques et pratiques (règle des 3, C²VMD, météo, orientation …) qui vous feront prendre les bonnes décisions. C'est aussi la connaissance du terrain, des possibilités de repli, des ressources locales, mais aussi de vous-même.
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whimper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

22 août 2014 à 15:12:03
Réponse #1

musher



Ton anecdote sur l'ascension du Mont Blanc est en contradiction avec le C (des possibilités de repli, des ressources locales, mais aussi de vous-même.).

Si arriver au sommet du Mont Blanc, tu avais fait une crise ou si tu avais tellement puisé dans tes ressources, que tu n'aurais pas été capable de rejoindre le refuge de l'Aiguille du Midi (qui n'est pas une balade en forêt de Fontainebleau), tu serais peut être pas là pour le raconter.

Les PGHM font majoritairement des sorties pour aller chercher des gens qui ont voulu aller trop loin. Et parfois en haute montagne, ils redescendent la personne dans un sac noir car elle a tellement été cherché loin qu'elle est morte d'hypothermie avant l'arrivée des secours.

Les alpinistes qui rentrent, ont toujours gardé 50% de ressources sous le pied au cas où.

Maintenant je te suis sur les autres exemples
Citer
se donner des objectifs proches de sa limite lors d'exercices physiques et ne pas lâcher avant de les avoir atteints, sortir faire des randos par mauvais temps, marcher longtemps sous la pluie, …
à condition d'avoir un back-up stable (copain qui peut venir vous rechercher, chemin de retour facile au cas où....)

Faire ça sans avoir de backup fiable, c'est se mettre en danger mais surtout mettre en danger ceux qui vont venir te chercher parce que t'as voulu aller trop loin.

Par contre le guide écossais avait peu être des infos que ton copain avait pas et il savait que l'ascension dans ces conditions était tout à fait réalisable (mais peu être pas très agréable). Fallait juste se donner un coup de pied au c*l pour sortir par ce temps  ;D

La volonté, c'est pas d'aller au bout en se mettant en danger, c'est continuer alors qu'on sait qu'il y a un chemin plus facile et qu'on peut prendre quand on veut.

Les stages d'aquérissement, à tout moment, on peut lever le pouce et faire sonner la cloche. C'est parce qu'on le fait pas qu'on forge sa volonté.

22 août 2014 à 19:27:45
Réponse #2

Hurgoz


Yo,

Ton anecdote sur l'ascension du Mont Blanc est en contradiction avec le C (des possibilités de repli, des ressources locales, mais aussi de vous-même.).

Ouais, mais comme son anecdote servait à souligner le A, c'est pas trop grave ;)

Les alpinistes qui rentrent, ont toujours gardé 50% de ressources sous le pied au cas où.

Et tu le juges à quoi ton 50% si tu ne connais pas le 100%? ;)

Après, c'est pour moi surtout une question d'attitude générale. La question est en faite pas trop de savoir si on est à 50 ou 60%, mais de ne pas laisser la morosité, la peur ou le doute nous attirer vers le bas. "Avancer, ne rien lâcher" simplement.

Enfin, super sujet  :up:

Tcho

Hugo
« Modifié: 22 août 2014 à 20:11:18 par Hurgoz »
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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