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Auteur Sujet: Réappropriation  (Lu 8451 fois)

21 juillet 2014 à 11:19:05
Réponse #25

Phil67


Là où je rejoins complètement le texte de David c'est sur le bouleversement d'internet. Il offre ce qui a toujours manqué à la société civile pour se constituer en tant que force de proposition politique solide : les savoirs et la communication.
Internet permet le développement du "système D" à l'échelle mondiale... mais reste extrêmement fragile et aléatoire.

Il faut un empilement monstrueux de technologies pour faire tenir le système actuel debout. Chaque couche rajoute son lot de dépendances et de points de défaillances potentiels. La conception "militaire résiliente à une attaque nucléaire" relève aujourd'hui plus du mythe : il y avait très peu d'utilisateurs, peu de trafic, peu de volumes de données, une décentralisation totale et un plus gros maillage comparé aux usages actuels.

L'Internet d'avant 2000 n'a strictement rien de commun avec l'Internet actuel (à part les protocoles de base). Le partage des savoirs et la communication massive à la portée de n'importe qui ne sont possibles que via des outils encore totalement dépendants d'une infrastructure fragile sur le plan technique et politique.

De la même façon le "bouleversement d'Internet" repose sur le bon vouloir des acteurs politiques. La Chine a crée son "Internet parallèle" entouré par une "grande muraille" relativement hermétique pour le citoyen lambda. Les russophones ont leur propre alternative à Facebook. Les occidentaux utilisent essentiellement des outils soumis à la législation US très "intrusive" ;). La sécurité et la confidentialité des échanges sont remises en cause à tous les échelons politiques (pour se protéger de pédophiles néonazis terroristes adeptes du téléchargement islamistes n'importe qui selon le sens du vent).


=> Ne confondons pas l'Internet tel qu'il a été conçu au départ (résilience technique) et détourné par des baba-cools ;) californiens et européens (accessibilité, liberté...) avec l'actuel Web 2.0 (et ses dérivés) plus proche d'un Minitel mondialisé.
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

21 juillet 2014 à 13:40:19
Réponse #26

Karto


J'avais fait ce gribouillis pour Facebook il y a peu de temps, suite à une discussion avec un bon pote.
(PJ, invisible si pas connecté).

Le systèmes de contrôles aujourd'hui sont présents au delà de leur compétence, donc pervertis, donc néfastes. Une transition aura sûrement lieu avec l'élaboration d'une nouvelle strate. On voit déjà des mouvements en ce sens. C'est comme une mue où une civilisation se rhabille d'une nouvelle peau plus grande, permettant aux systèmes de contrôle qui aujourd'hui sont au sommet de reprendre une place plus petite où ils peuvent rendre un service utile plutôt que de tout pourrir par leur ineptie.
La mue est l'occasion de s'insérer dans le changement qui se fait au sommet, et d'essayer de l'influencer pour le meilleur.
Mais pour le moment, candidats au futur sommet y'a des gens comme Google, futur intermédiaire universel de l'information (y compris des objets connectés qui empliront les maisons).
"Don't be evil..." ? ;)

21 juillet 2014 à 14:13:14
Réponse #27

Manengus


Là où je rejoins complètement le texte de David c'est sur le bouleversement d'internet. Il offre ce qui a toujours manqué à la société civile pour se constituer en tant que force de proposition politique solide : les savoirs et la communication.
 
Internet permet le développement du "système D" à l'échelle mondiale...

 Nuance qui est de taille, je ne parle pas de système D mais bien d'une force de proposition politique émanant de la société civile. Installer le citoyen en entrepreneur de proposition politique viable. Le centre de l'action ne se trouve pas dans un système parallèle (qui peut toutefois exister, la divergence a toujours du bon) mais dans la mise en communication d'éléments du système (les individus de la société civile) doublé d'un accès sans précédent de ces éléments à la connaissance. 

 Pour parler de vécu, quand un responsable politique se trouve face à un acteur ayant l'air de représenter correctement les intérêts d'un public qui lui présente un dossier solide, documenté, cohérent, proposant des solutions sur un problème donné, il ne peut pas ne pas l'écouter. Sauf que l'écouter ne fait pas tout. En fait il lui autorise juste l'accès au ring sur lequel il va devoir se foutre sur la gueule avec les "autres" qui partagent pas forcément sa vision des choses. Et à ce petit jeu là les "autres", ceux qu'on cible souvent comme à l'origine de nos maux, sont juste très très très bons. Sur deux points assez précis notamment : décrire précisément les caractéristiques d'un problème,  former de grandes coalitions poussant dans le mêmes sens.

 C'est sur ces deux points là qu'internet change radicalement la donne pour la société civile. Ce forum en est la preuve concrète. Hélas, contrairement aux "autres" la société civile n'a pas forcément conscience du poids politique d'une bonne contre expertise et du pouvoir dont elle dispose donc par ce biais.

Citer
mais reste extrêmement fragile et aléatoire.

 Ca par contre j'aimerais bien que tu m'en dise plus. Internet est vraiment si fragile ? Je veux dire est ce que la probabilité que tous les éléments qui pourraient conduire à sa "chute" se coordonnent est vraiment élevée ? Si oui quels sont ils ?

merci  ;)

21 juillet 2014 à 14:31:17
Réponse #28

Karto


Tu parles d'un truc un peu comme les visions que le bonhomme aimerait développer ici : http://www.humanex.net/ ?



Ca par contre j'aimerais bien que tu m'en dise plus. Internet est vraiment si fragile ? Je veux dire est ce que la probabilité que tous les éléments qui pourraient conduire à sa "chute" se coordonnent est vraiment élevée ? Si oui quels sont ils ?

Les technologies de base d'internet sont fantastiquement robuste, et chaque ordinateur individuel en porte l'ADN. Vu la dissémination des ordinateurs, maintenant cette technologie là n'est pas prête de s'éteindre.

Le truc c'est que pour le moment on n'utilise cette technologie quasiment que sur des infrastructures qui n'appartiennent pas au peuple. Donc ça reste soumis au bon vouloir des braves gens qui trouvent du fric à y faire.
« Modifié: 21 juillet 2014 à 14:37:28 par Karto »

21 juillet 2014 à 14:37:43
Réponse #29

musher


Ca par contre j'aimerais bien que tu m'en dise plus. Internet est vraiment si fragile ? Je veux dire est ce que la probabilité que tous les éléments qui pourraient conduire à sa "chute" se coordonnent est vraiment élevée ? Si oui quels sont ils ?

merci  ;)

Aujourd'hui, la grande majorité des infrastructures d'internet appartiennent à des sociétés qui sont liés au pouvoir.

Pour faire tomber internet, il suffit d'arrêter les serveurs DNS qui traduisent les URL en adresse IP et ne pourront surfer que ceux qui connaissent l'adresse IP du destinataire.
Après une partie de la population pourra continuer à surfer en utilisant des infrastructures parallèles, mais ce sera une minorité de Geeks. Le bon peuple n'aura plus accès à internet.



21 juillet 2014 à 15:17:33
Réponse #30

musher


Concernant le texte de David.

Notre système français repose sur un concept de l'an 1000.
On a 3 "ordres".
Le 1er ordre : Ceux qui protègent les corps  : La noblesse et ses forces armées qui met sa force au service
Le 2ème ordre : Ceux qui protègent les âmes : Le clergé qui priait pour l'au dela et la sauvegarde dans l'éternité des autres
Le 3ème ordre : ceux qui travaillent et qui nourrissent ceux qui protègent leur corps et ceux qui protègent leurs âmes.

Au fil des siècles, le 1er ordre a créé l'armée, la police, la justice puis la sécu, la retraite.
Le 2ème ordre a vu perdre de son pouvoir.
Le 3ème ordre continue à travailler pour nourrir le 1er ordre. Le % sur les récoltes a été remplacé par la gabelle puis l'impot sur le revenu et la TVA.

Depuis plus de 1000 ans, le peuple français a confié sa sécurité matérielle au premier ordre. Ca s'est appelé la monarchie, aujourd'hui ça s'appelle la République Française. A chaque révolution, le peuple français jete à terre le 1er ordre mais paniqué par sa liberté et n'ayant plus personne pour s'occuper de sa sécurité, il recrée un 1er ordre et lui a confié sa liberté.

En plus la France a une structure pyramidale et cela au gré des gouvernants depuis Philippe Auguste, Louix XI, Napoléon, Thiers, De Gaulle... qui a chaque fois ont un peu plus concentré les pouvoirs dans les mains d'une élite royale, impériale ou républicaine. Ce qu'on ne retrouve pas chez nos voisins allemands ou italiens qui ont un état central très jeune (autour de 1870).

Donc pour que les français se réapproprient leur destin, il faudrait un tsunami.
Certes les français gueulent, rouspètent contre l'état (c'est même un trait de son caractère), promettent chaque jour le grand soir.
Certains se sont réappropriés leur destin (Les hippies) mais en général, ils rentrent dans le moule.

Aujourd'hui, l'état n'a plus les moyens d'assurer le confort des français : Diminution des moyens des forces de l'ordre, faillite du modèle social (sécu, retraite) car on vit au dessus de nos moyens. Mais les français s'accrochent à leur modèle car ils ont peur de reprendre en main leur destin (grèves, refus des reformes).

Il y a toujours eu des gens qui se réapproprient leur destin et la différence, c'est que avant internet, on le savait pas (ou peu) et que maintenant n'importe quel survivaliste peut le faire savoir au monde entier.   

Je suis pas aussi optimiste que David.
Le modèle actuel occidental a vécu car on n'a plus les moyens de se le payer mais les français s'y accrocheront tant qu'ils auront pas les pieds dans le vide.

Certes, certains se préparent et reprennent leur destin en main mais n'est ce pas ces 5 % et David a la chance de côtoyer majoritairement ces 5 %.

Dans mon quotidien, c'est plutôt des gens qui continuent comme avant sans voir (ou vouloir voir que leur monde s'écroule),
qui rouspétent contre le gouvernement car :
leurs médicaments de confort ne sont plus remboursés,
qu'ils partiront pas à la retraite à 60 ans, que tout coute plus cher,
qui veulent leur morceau de viande à chaque repas et pas cher mais qui crient au scandale quand ils découvrent qu'ils bouffent de la m**de pas chère,
qui crient quand on supprime des services publics mais qui traitent les fonctionnaires de faignants et que si c'était eux, ça ferrait longtemps qu'il les auraient virés....

Des romains dans leur orgie alors que les barbares sont aux portes de Rome.

Mais ça fait 1000 ans qu'on s'occupe d'eux, qu'ils ont pas besoin de prendre en main leur avenir.

21 juillet 2014 à 16:31:31
Réponse #31

Manengus


 Merci pour les infos sur la solidité d'internet.  ;)

Tu parles d'un truc un peu comme les visions que le bonhomme aimerait développer ici : http://www.humanex.net/ ?

 Humm...ouais, complètement. La formule de "maître d'ouvrage citoyen" et son articulation avec le "maître d'oeuvre" et l'"assistant de maître d'ouvrage" est vraiment géniale.

 Après je mettrais juste un petit bémol sur la confiance un peu trop prononcé à mon goût dans ce qui relève du chiffrable et d'un "attribut éternel de l'humain". Mais c'est un autre débat.

 En fait l'idée générale du projet se situe dans le prolongement de la démocratie dialogique et ses forums hybrides dont je parlais dans mon premier post, qui s'inscrit elle même dans les STS amorcées il y a une trentaine d'années.

 Et du coup tu le sors d'où ce site fantôme dont il n'existe aucune trace sur l'internet ?  C'est toi Jérémie ? ;#

21 juillet 2014 à 16:32:38
Réponse #32

Phil67


Attention : pavé HS sur la "résilience" d'Internet... vous pouvez sauter directement au message suivant. ;)


Ca par contre j'aimerais bien que tu m'en dise plus. Internet est vraiment si fragile ? Je veux dire est ce que la probabilité que tous les éléments qui pourraient conduire à sa "chute" se coordonnent est vraiment élevée ? Si oui quels sont ils ?
Les technologies à la base d'Internet sont très robustes et résilientes (sauf catastrophe globale énergétique et/ou technologique).

En revanche l'Internet tel que nous le concevons et l'utilisons aujourd'hui est très fragile.

P.ex. sur le plan matériel il y a quelques années il a suffit qu'un chalutier arrache accidentellement un câble sous-marin du côté de l'Asie du Sud-Est pour impacter tout le trafic mondial (et perturber durablement certaines multinationales ayant du mettre en œuvre en urgence des solutions de repli pour leurs système d'information).

Dans un autre registre les inondations en Thaïlande en 2011 ont engendré une pénurie mondiale durable de disques durs avec des tarifs doublés en moins de 3 mois (l'essentiel de la production mondiale se trouve en Thaïlande). Évidemment des industriels en situation de quasi-monopole se sont gavés au passage, mais on paye encore aujourd'hui les disques au moins 50% plus cher que s'il n'y avait pas eu de crise.

Une catastrophe naturelle (p.ex. le Big One californien ;)) peut toucher quelques nœuds, data-centers ou cœurs d'entreprises névralgiques (Google, Amazon, opérateurs télécom...), des organisations terroristes peuvent s'attaquer à des câbles (hypothèse prise au sérieux par les spécialistes surtout pour les câbles passant à proximité de "zones chaudes")...

Comme déjà mentionné : TOUTES les adresses Internet reposent sur les DNS qui sont techniquement et stratégiquement fragiles.

Un Google hors-service nous rendrait quasiment aveugles sur le web (ceux qui ont connu le web avant Google peuvent en témoigner).

Un Facebook ou Twitter hors-service nous couperaient d'une partie non-négligeable de la population qui ne communique plus que via ce type de supports centralisés et vulnérables.

Un Amazon hors-service entraînerait dans sa chute une partie non négligeable du web : la moitié du "cloud" et une partie non négligeable des site officiels ou personnels, blogs et forums dont l'hébergement final se trouve en réalité chez Amazon.

Un Akamaï hors-service ferait ramer le web comme à l'ère du modem 56K.

Les fournisseurs d'infrastructures physiques (tuyaux, routeurs type Cisco, Alcatel & co.) sont également soumis aux mêmes aléas.

Autre point commun : ils sont TOUS soumis à la loi américaine (avec tout ce que cela implique ;)) et leur santé financière dépend énormément de l'évolution de la bourse.


Dans tous les cas les données finiront encore par passer, mais ça sera concrètement inutilisable. Des millions d'individus envoyant des millions de requêtes chaque minute finiront par saturer définitivement l'infrastructure encore opérationnelle : exit 90% des usages "temps-réel" (le web étant considéré comme temps-réel) et retour au débit digne du Minitel (mais avec des sites et technologies conçues pour fonctionner avec du haut-débit). Seuls le mail, les transferts de fichier au ralenti ou de vieux protocoles style Usenet & co. pourront encore fonctionner raisonnablement en mode dégradé.

Le quasi temps-réel ou le transfert rapide d'énormes volumes de données (téléchargements, vidéos, audio, streaming...) n'ont jamais fait partie du cahier des charge initial ayant abouti aux technologies à la base d'Internet.

La tendance lourde à la centralisation et à l’interconnexion des applications et services les rend toujours plus vulnérables au moindre incident ou tentative de contrôle politique (et la "mode" du cloud et de l'externalisation ne fait qu'empirer les choses).


(Désolé pour le pavé... mais c'est un peu mon dada depuis le temps que je baigne dans ces domaines. ;))
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

21 juillet 2014 à 18:07:21
Réponse #33

AC


Sur la résilience d'Internet, il faut distinguer:
  • la résistance aux pannes aléatoires, aux catastrophes naturelles;
  • la résistance au contrôle politique, à la censure.
Concernant le premier point: Google, Akamai, Facebook, Amazon et les fournisseurs d'accès ont les moyens et la motivation nécessaires pour maximiser la disponibilité de leurs services. Leur survie économique en dépend.

Concernant le second point: On a bien vu pendant les révolutions au moyen-orient que les gouvernements n'ont aucune difficulté à couper les backbones Internet aux frontières. Les dissidents ont dû dépoussiérer leurs modems analogiques et se connecter à des FAI étrangers par téléphone pour exfiltrer des infos vers Facebook et Youtube.

Pour revenir au sujet, on pourrait se demander comment se réapproprier Internet:
  • connaître les alternatives aux services dont on dépend: Google n'est pas le seul moteur de recherche, Facebook n'est pas le seul réseau social;
  • avoir une adresse mail sur un nom de domaine perso, chez un registrar sous juridiction bien choisie;
  • savoir monter un serveur de fichiers, un serveur web, un serveur mail, un serveur de synchronisation d'agenda/contacts (chez un hébergeur local, ou carrément chez soi);
  • d'une façon générale, savoir tirer profit d'Internet en se passant de Google, Facebook etc, voire en se passant du DNS;
  • savoir déployer un réseau WiFi mesh en cas de panne des infrastructures locales;
  • avoir chez soi des copies synchronisées des sites dont on aurait besoin en cas de coupure d'Internet (wikipedia.org, wiki.davidmanise.com, etc).
« Modifié: 21 juillet 2014 à 22:52:55 par AC »

21 juillet 2014 à 18:43:18
Réponse #34

Merlin-Max


"Partout nous voyons la main mise grandissante de l’État centralisateur sur la communauté de base, sur l’individu. La montée des fascismes économiques, politiques, religieux. Le progrès technique incontrôlé, celui qui nous fait accepter n’importe quoi pour assurer notre profit, notre bien-être. Le refus d’accepter l’autre comme un être différent qui peut naître, mourir, se nourrir, s’habiller, aimer, briller de manières différentes. Alors que faire? Hein? Qu’est ce qu’on fait ? Continuons de croire que notre couleur de peau est la plus belle, notre civilisation la meilleure, notre religion la seule vraie… et à la fin, crevons. CREVONS D’ÊTRE TROP RICHES, D’ÊTRE TROP GRAS, D’ÊTRE TROP CONS!!! Ou bien RE-FU-SONS. Refusons d’assoir notre prospérité collective sur le meurtre déguisé de millions d’Hommes. "
Bernard Lambert
(cf. film Tous au Larzac)
Plateau du Larzac, 1974
http://www.youtube.com/watch?v=dUAQ6Qmfrkg

Ça ne rajeunit personne mais sonne assez juste, le Larzac, exemple de bottom-up?
L'âme sûre ruse mal. ;)

21 juillet 2014 à 22:00:19
Réponse #35

Manengus



(Désolé pour le pavé... mais c'est un peu mon dada depuis le temps que je baigne dans ces domaines. ;))

 Bah nan pas de désolé. Tu vois justement, même si j'avais bien une idée, je savais pas tout ça. Y a pas si longtemps il m'aurait fallu plusieurs heures ou jours de recherches pour avoir toutes les infos, sans être sur de les trouver. Là tu m'informe et rends tout ça intelligible. Ca m'empêche pas de faire un travail de recherche moi même, mais ça facilite méchamment le truc. Acquis de connaissances, mise en circulation.  :)

 Pour rebondir sur le poste d'AC et dans le prolongement du reste, notre plus petit dénominateur commun (à ceux qui veulent changer le système et ceux dont son effondrement en toucherait une sans faire bouger l'autre) semble être la pérennité de notre cher internet, principalement semble-t il dans son usage libre.

 Questions :
  • Je ne crois pas vraiment à une coupure des "backbones" dont parle AC, intenable politiquement et économiquement. Néanmoins y a-t il des éléments, plus insidieux, sur lesquels il faut vraiment être vigilent ?
  • Est ce que ça vous semble envisageable de sanctuariser légalement l'espace internet ?
  • Si sanctuarisation il y avait, quels seraient les point clés à sanctuariser ?
  • Est ce possible de le faire sans grosse contrainte type nationalisation des infrastructures et des technologies (type logarithme google)?

 Merci pour les réponses


En attendant pas mal de pistes là (oui c'était assez logique...)

 
« Modifié: 21 juillet 2014 à 22:10:47 par Manengus »

21 juillet 2014 à 22:06:17
Réponse #36

Cheyenne


Comment se réapproprier Internet:
  • connaître les alternatives aux services dont on dépend: Google n'est pas le seul moteur de recherche, Facebook n'est pas le seul réseau social;
  • avoir une adresse mail sur un nom de domaine perso, chez un registrar sous juridiction bien choisie;
  • savoir monter un serveur de fichiers, un serveur web, un serveur mail, un serveur de synchronisation d'agenda/contacts (chez un hébergeur local, ou carrément chez soi);
  • d'une façon générale, savoir tirer profit d'Internet en se passant de Google, Facebook etc, voire en se passant du DNS;
  • savoir déployer un réseau WiFi mesh en cas de panne des infrastructures locales;
  • avoir chez soi des copies synchronisées des sites dont ont aurait besoin en cas de coupure d'Internet (wikipedia.org, wiki.davidmanise.com, etc).
Ca semble te paraitre évident mais pour l'utilisateur lambda ???? :'( :o
C'est bien de dire Yaka/fautquon mais tu pourrais expliquer COMMENT.
Merci

21 juillet 2014 à 22:34:30
Réponse #37

Phil67


Ca semble te paraitre évident mais pour l'utilisateur lambda ???? :'( :o
C'est bien de dire Yaka/fautquon mais tu pourrais expliquer COMMENT.
C'est bien le problème : il existe des solutions alternatives à presque tout... mais réservées (pour l'instant) à une "élite" ayant les compétences techniques.

L'Internet s'est mis à la portée de (presque) tous mais généralement via des outils et sites propriétaires et centralisés.

Se "réapproprier" Internet demande les mêmes compétences qu'il y a 15-20 ans lorsqu'il fallait mettre les mains dans le cambouis avec des prérequis techniques trop élevés pour le grand public.

De plus on risque de se retrouver à dialoguer dans le vide tout seul sur son alternative maison à Facebook ou Twitter. C'est bien le problème de la plupart de ces outils : ils sont fermés, non interopérables et sont dans une situation de quasi-monopole.

Le "bottom up" ne peut se faire qu'en étant capable de communiquer librement avec n'importe qui n'importe où sur la planète, pas uniquement dans un petit milieu de technophiles hackers ou à l'échelle locale avec du WiFi mesh.
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

21 juillet 2014 à 22:55:16
Réponse #38

musher


Je ne crois pas vraiment à une coupure des "backbones" dont parle AC, intenable politiquement et économiquement. Néanmoins y a-t il des éléments, plus insidieux, sur lesquels il faut vraiment être vigilent ?

Il y a 2 façons de couper les backbones.
Les couper physiquement :  C'est à dire que plus rien rentre et sort du pays. Effectivement, c'est l'effondrement économique. Le pouvoir a trop besoin d'internet car tout fonctionne avec Internet.

Les filtrer : le pouvoir met de gros firewall sur les backbones et il interdit toutes connections à FaceBook, Google..., tous les mots comme révolution, émeutes...
Internet fonctionne mais ne circule que les infos que le pouvoir veut. La censure à la mode web 2.0..

La résilience d'internet passe par la capacité de vivre sans internet car on peut pas recréer internet dans son coin comme on peut produire de l'électricité, de la nourriture, de la chaleur...

Donc à un moment ou un autre on passera par des infrastructures controlés par les gouvernements.

Ensuite, on peut choisir ses infrastructures.
Un exemple : Octave d'OVH dans la crise de WikiLeaks n'a accepté d'ouvrir à la justice française le contenu du serveur supposé contenir la sauvegarde du site de WikiLeaks. D'autres hébergeurs français et étrangers ont permis aux américains de fouiller leurs data center sans injonction de la justice de leur pays.
De même Octave a crée OVH USA et OVH Canada de manière à ce que les autres filiales d'OVH ne sont pas concernés par le Patriot Act.
Il a bien rentabilisé son montage avec le coup de la NSA  ;D

Mais on peut supposé qu'avec ses prises de position régulières pour l'indépendance du Web, Octave ferra tout pour protéger ses data center de l'intrusion du pouvoir, dans le cadre légal.
« Modifié: 21 juillet 2014 à 23:09:36 par musher »

21 juillet 2014 à 23:18:48
Réponse #39

Phil67


Pour rebondir sur le poste d'AC et dans le prolongement du reste, notre plus petit dénominateur commun (à ceux qui veulent changer le système et ceux dont son effondrement en toucherait une sans faire bouger l'autre) semble être la pérennité de notre cher internet, principalement semble-t il dans son usage libre.

 Questions :
  • Je ne crois pas vraiment à une coupure des "backbones" dont parle AC, intenable politiquement et économiquement. Néanmoins y a-t il des éléments, plus insidieux, sur lesquels il faut vraiment être vigilent ?
  • Est ce que ça vous semble envisageable de sanctuariser légalement l'espace internet ?
  • Si sanctuarisation il y avait, quels seraient les point clés à sanctuariser ?
  • Est ce possible de le faire sans grosse contrainte type nationalisation des infrastructures et des technologies (type logarithme google)?
Concernant les filtrages / censures : la Chine vit très bien dans son "Internet parallèle" fermé.

En occident on peut très bien imaginer un filtrage et une censure plus insidieux sur le web. Qui va s'apercevoir que certaines publications sont filtrées par des algorithmes sur Google, Facebook ou Twitter pour être mises en avant ou inversement en retrait de façon à manipuler les masses en accélérant ou ralentissant la diffusion d'informations ?

Google et Facebook nous enferment déjà dans des bulles filtrantes : http://dontbubble.us/


AMHA la sanctuarisation d'Internet passe par sa neutralité, par l'hétérogénéité des opérateurs, par la libre concurrence et la lutte contre les monopoles (surtout pas de "nationalisation"), par la décentralisation, par l'interopérabilité et par des solutions Open Source (elles seules peuvent garantir un minimum de confidentialité et sécurité à tous).

Bref... plutôt le contraire des tendances lourdes depuis une décennie...
« Modifié: 21 juillet 2014 à 23:24:11 par Phil67 »
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

22 juillet 2014 à 00:46:36
Réponse #40

Hurricane


Plop,

Bomby étant manifestement en vacances :closedeyes:, je vous signale le dernier post en date de David sur son blog:

http://www.davidmanise.com/reappropriation/

Je copie le texte ci-dessous, pour pouvoir éventuellement citer les passages qu'il vous plaira de commenter.

Je me reconnais tout à fait dans son analyse et je pense que je ne serai pas le seul ;)

Dans une logique "communautaire", pour ceux qui ne connaîtra pas le mouvement je me permet de vous poster un lien vers le site du mouvement de la "Transition": http://www.transitionfrance.fr/ pour je l'espère susciter des vocations ;#

Cordialement,
Arnaud.

Merci, très interessant.  :up:
"Des choses simples pour des gens simples". Benoit, NDS.

22 juillet 2014 à 08:02:20
Réponse #41

Barbara


Qui va s'apercevoir que certaines publications sont filtrées par des algorithmes sur Google, Facebook ou Twitter pour être mises en avant ou inversement en retrait de façon à manipuler les masses en accélérant ou ralentissant la diffusion d'informations ?

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/sous-surveillance/201406/29/01-4779809-facebook-a-manipule-les-emotions-de-ses-utilisateurs-pour-une-recherche.php
Citer
Facebook a manipulé les émotions de ses utilisateurs pour une recherche

22 juillet 2014 à 11:44:46
Réponse #42

Loriot


Internet est facilement censuré, même en France...

Voici un petit résumé que je trouve assez incroyable quand même...

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/03/13/2433323_internet-censure-la-france-sous-surveillance.html

Cinquième quand même!
Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

27 juillet 2014 à 12:03:46
Réponse #43

DavidManise


A l'occasion, j'aimerais bien qu'il explique ce qui le différencie (philosophiquement j'allais dire) de piero San Giorgio ou de Volwest.

De Vol West, pratiquement rien.  De San Giorgio / Falotti pratiquement tout. 

Je vais volontairement éviter le sujet ici...  parce que pour le coup, ça va me rendre triste.  Et quand je suis triste, ...

;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

27 juillet 2014 à 12:26:06
Réponse #44

DavidManise


Salut :)

De retour des Cévennes, je constate avec plaisir que mon petit pavé dans la marre a fait gamberger plein de gens, et je trouve ça génial.

Quelques précisions, en réaction aux posts de ce fil.  Je prends en vrac et sans citer, ça ira plus vite :

1) il est absolument vital de comprendre un concept qui est "l'émergence" en systémie.  Comment un ensemble de facteurs décentralisés, sans chef d'orchestre, finissent par créer par leurs intéractions des comportements "intelligents".  Il est facile de prêter des intentions à des boucs émissaires sur la base de ces propriétés émergentes.  "Les banques" par exemple.  Elles n'ont que le pouvoir qu'on leur donne sur nos vies.  Pour ma part je n'ai bientôt plus aucun crédit (quelques mois de prêts étudiants à rembourser encore, et les savoirs achetés avec ça ne sont pas saisissables) et je ne m'en porte pas plus mal...

2) Internet, dans sa version très-haut-débit ultra performante actuelle est effectivement assez fragile et censurable.  Les réseaux / maillages décentralisés, et les technologies pour communiquer sans toute cette grosse architecture existe déjà (serval, OMPCs, etc, etc.)...  Ca sera évidemment moins facile et moins accessible au premier blaireau venu, mais celui qui se donnera la peine d'apprendre pourra continuer à échanger et à apprendre, et à diffuser.  Et je suis confiant dans l'idéalisme et l'amour de la liberté des hackeurs du monde entier.  Ils pondront un Internet libre vraiment performant, et vraiment difficile à contrôler.  Et ils le feront aussi souvent que nécessaire... 

3) La pire censure, la pire forme de privation de liberté, la pire forme de castration, c'est celle qu'on s'impose à soi-même librement.  Si on la refuse, si on est prêt à en payer le prix, on reste libre.  Et on donne l'exemple.

L'autre jour en stage on discutait de la résistance.  Et on se disait "ça serait bien difficile de savoir si à l'époque on aurait eu les c*u!lles de faire partie des résistants de la première heure".  A ça j'ai répondu "la vraie question c'est surtout de savoir si aujourd'hui on résiste, là maintenant, au vrais problèmes qu'on observe maintenant"...

Ca a fait un blanc, et y'a eu deux ou trois étincelles qui sont passées dans les yeux... ;)

Bise à tous ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

27 juillet 2014 à 13:08:00
Réponse #45

camoléon


Réappropriation: hier soir, j'ai revu un reportage sur les "incredible édible" http://gensol.arte.tv/incredible-edible/   et le post de David m'est revenu en tête.Pourquoi?

-Réappropriation de ses moyens de subsistances (du moins, la démarche, le but du mouvement n'étant pas l'autonomie)
-Réappropriation de son quartier,de son identité, recréer des liens avec ses habitants, ses voisins.
-Réappropriation de sa fierté, beaucoup d'antennes locales ayant commencés dans des quartiers défavorisés, sinistrés économiquement.

Il est étonnant de voir comment la simple démarche de planter des légumes peut devenir une démarche sociale et à la limite "politique", car se débrouiller tout seul, former des groupes, se réapproprier des lieux publics (public, ça veut bien dire qui appartient à tous, non ;)), peut susciter autant de réactions des élus et par la même de l’État. 
« Modifié: 27 juillet 2014 à 13:14:50 par camoléon »
"Pour vivre heureux (et vieux), marchons invisible et silencieux"

"Le courage est le juste milieu entre la peur et l'audace"

"Je marche au pas de Loup"

27 juillet 2014 à 15:22:46
Réponse #46

DavidManise


"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

27 juillet 2014 à 15:31:12
Réponse #47

Spip


Ton point 1sur  "l'émergence" en systémie me parait confus, mais je pense saisir la teneur. Est-ce cette idée que la conscience collective n'est pas dans la conscience individuelle ? Ex: le système administratif est compliqué. On a l'impression qu'ils font tout pour que ce soit compliqué, mais chaque acteur de l'administration, pris individuellement, ne cherche pas à pourrir la vie des gens.

Je suis plus ou moins dans le bon ?


"Les banques" par exemple.  Elles n'ont que le pouvoir qu'on leur donne sur nos vies. 

[...]

3) La pire censure, la pire forme de privation de liberté, la pire forme de castration, c'est celle qu'on s'impose à soi-même librement.  Si on la refuse, si on est prêt à en payer le prix, on reste libre.  Et on donne l'exemple.


Il n'y a plus qu'à relire/réécouter La Boétie, et on est bon :)

https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire
http://audiolivres.wordpress.com/2009/03/21/la-boetie-discours-de-la-servitude-volontaire/


Merci.

27 juillet 2014 à 17:20:50
Réponse #48

Spip


Un autre exemple...  ;)

http://gizmodo.com/using-gotennas-pocket-antenna-to-send-texts-without-cel-1610015964

Bisous :love:

David

Le principe est bien, mais le gros point noir est que ce système est fermé ce qui pose plein de problèmes :
* pérennité
* interopérabilité
* bidouillabilité
* limites artificielles d'usage
* backdoors

Je sais qu'il y a des discussions similaires sur le forum résilience, mais un réseau mesh basé par ex sur BATMAN ou babel me semblent plus intéressants.

* http://www.open-mesh.org/projects/open-mesh/wiki/Experience
* http://numaparis.ubicast.tv/videos/22-06-2013-124257/ (Conférence à PSES)

27 juillet 2014 à 17:52:35
Réponse #49

AC


GoTenna est basé sur MURS (151-155 MHz 2 W), une allocation de fréquences spécifiquement américaine. Aucune chance que ça arrive tel quel en Europe. Ce qu'on a de plus approchant, c'est les talkies dPMR qu'on commence à trouver pour moins de 100 euros, mais la portée est beaucoup plus faible (446 MHz et 0,5 W).
Techniquement GoTenna n'a rien de révolutionnaire, les radioamateurs savent faire l'équivalent (et plus encore) depuis longtemps. C'est la législation qui empêche le développement de produits grand public.

Puisqu'on parle de se réapproprier les moyens de communication, certains ont peut-être entendu parler de mygaspard, un système d'appel d'urgence communautaire géolocalisé. Je ne vais même pas énumérer les risques de dérives et d'usages pervertis qui me viennent immédiatement à l'esprit, mais le simple fait qu'une entreprise pense qu'il y a une demande pour un tel produit doit signifier quelque chose.
« Modifié: 27 juillet 2014 à 18:05:56 par AC »

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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