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Auteur Sujet: m*rde à ceux qui catégorisent les autres  (Lu 7480 fois)

17 avril 2014 à 09:12:47
Lu 7480 fois

woody


Merci David pour ton dernier post sur ton blog.
Il y en a assez des gens qui te prennent pour un fou paranoïaque quand tu leur parle de résilience.
m*rde à tous ceux qui vivent dans leur monde de bisounours.
On a bien le droit de vivre comme on veut tant qu'on porte atteinte à personne.
Encore merci David et tous du Forum.

17 avril 2014 à 09:45:56
Réponse #1

azur


La lecture de cet article (pertinent et percutant comme j'aime tombe à point nommé après ce post de Verdugo (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,64416.msg510647.html#msg510647) qui m'avait laissé dubitatif.

Ma conclusion, c'est que notre société où, soit-disant, la liberté est reine, le provocateur est devenu roi et au nom du "respect" et du "vivre ensemble", il n'est permis à personne de faire un quelconque reproche ou même d'avoir un avis qui sorte du socialement correct, quand bien même il serait pragmatique: c'est ainsi que les femmes peuvent être victimes d'agressions plus ou moins ouvertes sans que personne parmi les présents ne ressentent l'intérêt d'intervenir (le fil sur lequel Verdugo est intervenu en est un exemple patent)

Paradoxalement, il est devenu quasi-impossible de vivre indépendamment des modes de la société sans en être la risée et provoquer les railleries ou la curiosité malsaine (l'article de David l'illustre très bien) et finalement être rejeté aux bans de la communauté.
J'y vois aussi une illustration de ce que me disait mon prof de philo en terminale (y a de ça presque 20 ans... ça file!): notre société rejette ce qui pourrait lui montrer ses propres défauts: on met les vieux en maison de retraite (ou mouroir), on met les fous en asile... et on trouve des excuses aux nuisibles qu'on ne peut pas emprisonner. On vie dans un monde des bisounours qui refuse d'admettre la réalité de la société humaine avec ses travers, ses défauts, ses laideurs.

Tout ceci me fait penser qu'on en arrive à un retour d'une certaine forme de barbarie où la société rejette tout ce qui pourrait lui rappeler ses faiblesses et laisse le champ libre à quelques dominants (pas pour leur intelligence) qui imposent leur loi et s'évertuent à éliminer, médiatiquement au moins, toute éventualité de contestation.

Pour résumer, j'ai le sentiment qu'actuellement, pour agir librement sans être inquiété, il faille le faire en s'imposant et, finalement, sans marquer aucun respect pour l'autre.  :glare:
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

17 avril 2014 à 10:39:14
Réponse #2

cassepied


tafdac avec ça deja je vais faire lire le texte a ma femme meme si nous avons profité de bon nombres experiences vue sur le site

17 avril 2014 à 10:48:38
Réponse #3

musher


Je sais pas si le fait de mettre les gens dans de petites boîtes bien étiquetés et bien rangés est typiquement franco-franchouillard, occidental ou humain ?

Mais c'est notre côté cartésien. On aime bien que ce soit rangé, que chaque chose soit à sa place et quand quelque chose rentre pas dans une case, ça nous chagrine, ça nous chiffonne et on en fait des insomnies donc on se dépêche de le mettre dans une case (parfois la moins mauvaise, parfois la première qui nous tombe sous la main)

Quand il y a trop de choses qui n'ont pas de cases adaptés et que ces choses ont une ressemblance, on crée une nouvelle case pour mettre ces choses.
Oufff, on a sauvé le monde.

Et pour créer des cases, on est inventif. Regardez la nomenclature des ERP (établissements recevants du public) des pompiers. On a pensé à tout.

Et quand y a des trucs qui rentrent pas dans les cases (Tipis, yourtes, cabanes dans les arbres, cabanes flottantes, pods...) ces trucs qu'on appelle des hébergements insolites, ben, on réunit un aréopage de hauts fonctionnaires et on crée un procédure de catalogage pour les mettre en hébergement itinérant, maison individuel, PRL... Dans des cases quoi !

Et ben pour les humains, c'est pareil, il faut qu'on puise les classer et quand on peut pas classer quelqu'un, soit on le classe de force, soit on l'élimine socialement, soit on crée une nouvelle case.

Ca rassure que pouvoir mettre une étiquette sur les gens, on sait à qui on a à faire. Et après on applique tous les préjugés, appriories qui vont avec.

Un J,nss avec une capuche qui dit à une veille dame" Eh ziva, m'dame, tu veux un coup de main pour traverser", c'est inquiétant car normalement, il aurait du lui voler son sac à main. Donc, c'est une ruse pour lui voler son sac à main.

C'est rassurant de savoir que le jeune va lui voler son sac à main et inquiétant qu'il l'aide à traverser la rue car hors de la case.

Pour la journaliste, c'est rassurant de mettre David dans la case des survivalistes car c'est la case qui correspond le plus à ce que David lui rappelle.
Après si le reportage avait eu lieu, elle aurait été deçue que David ne lui parle pas de survie post nucléaire et qu'il lui parle de survivre à une panne de voiture sur une départementale en hiver.
Car ça rentrait pas dans les appriories qu'elle avait sur la case ou elle avait mis David.

Si demain, la résilience devient un phénomène de société, on créera une case de résilients.

17 avril 2014 à 11:20:49
Réponse #4

musher


Ma conclusion, c'est que notre société où, soit-disant, la liberté est reine, le provocateur est devenu roi
Le provocateur a toujours existé mais au XXIème sc, il a de sacré haup parleur pour se faire entendre 'YouTube, la télé, le Web2.0 (avec le web 2.0, n'importe qui peut écrire sur internet), les réseaux sociaux.
avant l'audience du provocateur se limitait à la place de son village

Paradoxalement, il est devenu quasi-impossible de vivre indépendamment des modes de la société sans en être la risée et provoquer les railleries ou la curiosité malsaine
Phénomène des cases. La mode n'est qu'une case vestimentaire. Un j'nss des banlieues qui n'a pas la ceinture du pantalon au milieu des fesses et l'entre jambe aux genoux et une casquette XXS ne fait pas partie de la tribu car pas dans la bonne case.

Mais sous Louis XIV, celui qui ne s'habillait pas comme le Roi était rejeté, raillé. Mais ça se limitait à la cour du Roi et à certaines villes de province.   
Aujourd'hui, n'importe quel chanteur ou star peut lancer une mode et être suivi par des milliards de gens via YouTube et FB
 
Pour résumer, j'ai le sentiment qu'actuellement, pour agir librement sans être inquiété, il faille le faire en s'imposant et, finalement, sans marquer aucun respect pour l'autre.  :glare:
Ou alors vivre sans s'occuper de l'opinion des autres (hormis les gens que tu estimes) sinon tu deviens un provocateur à ton tour.

Je vais au boulot avec un sac tactique (solide, pratique, plein de rangements) avec dedans une pochette 1er secours, un pansement isréalien et un EDC urbain, rangers goretex aux pieds(problème ortho), etui double chargeur à la ceinture (multitools + ses acccessoires)., fringues D4 ou rando
Totalement hors mode, voir carrement vu comme un dangereux psycopathe qui cache un arsenal chez lui ou un Warrior qui s'est trompé de théatre d'opération.
Sauf que maintenant au boulot, on vient me voir à chaque fois qu'il y a un problème, quelqu'un qui n'a pas son feu pour la pose cigarette (alors que je fume pas), une blessure...
Ca permet en même temps de sensibiliser à la "survie" non survivaliste, à comment vous ferrez si je suis en déplacement, congés...

Je vis ma vie sans provoquer volontairement (je viens pas en camo au boulot même si j'ai des fringues camo super plus pratique qu'un jean et je met une chemise et une veste lorsque je vais à certaine réunions)
« Modifié: 17 avril 2014 à 14:01:25 par musher »

17 avril 2014 à 11:40:07
Réponse #5

Phil67


Les catégories ont tout de même des avantages : elles permettent de partager des concepts communs simplement et sans trop d'ambiguïtés.

Il est quelques fois plus efficace de se définir en creux par rapport aux catégories que de faire un long discours ("Je ne suis PAS un numéro survivaliste.").

On peut également se définir en quelques mots comme l'union et/ou l'intersection de listes de catégories longue comme le bras.

On réduit généralement les catégories à des boîtes : il faudrait plutôt les considérer comme des ensembles (au sens mathématique) ayant des propriétés communes sachant que chaque élément peut appartenir à de nombreux autres ensembles.

La "racaille à capuche" n'est que l'intersection de "racaille" et "capuche" pouvant également se combiner en "racaille sans capuche" et "capuche non racaille".
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

17 avril 2014 à 12:03:47
Réponse #6

Phil67


Ma conclusion, c'est que notre société où, soit-disant, la liberté est reine, le provocateur est devenu roi et au nom du "respect" et du "vivre ensemble", il n'est permis à personne de faire un quelconque reproche ou même d'avoir un avis qui sorte du socialement correct, quand bien même il serait pragmatique"
Ma notion de "vivre ensemble" est assez différente.

Ça ne consiste pas à tolérer tout et n'importe quoi au nom d'un pseudo-respect : la liberté des uns va forcément finir par empiéter sur celle des autres. Or "vivre ensemble" n'est pas "vivre sur le dos des autres".

Inversement le rejet de la différence de l'autre est également incompatible avec la notion de "vivre ensemble" qui n'est pas "vivre contre les autres".

"Vivre ensemble" est plutôt un équilibre délicat entre libertés individuelles et respect des autres. C'est tout aussi difficile à concilier dans une grandes ville très (trop ?) permissive que dans un petit village où tout ce qui sort de la norme est rejeté.


Quant à la notion de "respect" : elle ne se décrète pas (par intimidation ou injonction morale), mais elle se mérite (par des actes ou une éthique).


Ne laissons pas les discours politiques et médiatiques vider les mots de leur sens...
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

17 avril 2014 à 12:09:51
Réponse #7

azur


La "racaille à capuche" n'est que l'intersection de "racaille" et "capuche" pouvant également se combiner en "racaille sans capuche" et "capuche non racaille".
Je crois que le problème de notre société, c'est qu'elle catégorise et "sanctionne" les individus sur l'apparence, mais qu'on s'interdit de critiquer les actes (le fameux "il a le droit de faire ce qu'il veut, t'as pas le droit de le juger")... alors que, justement, c'est par ses actes qu'un individu se place dans une société parmi les contributeurs ou les nuisibles!
Peut-être qu'un jour on verra enfin qu'il y a des "chevaliers blancs" en sweat à capuche et des racailles en costard armani!!!

Ne laissons pas les discours politiques et médiatiques vider les mots de leur sens...
C'est précisément pour cela que j'ai mis ces mots entre guillemets car je ne souscris en rien à leur définition actuelle.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

17 avril 2014 à 12:22:39
Réponse #8

camoléon


malheureusement, rien de neuf sous le soleil.
Par exemple, beaucoup de scientifiques (Galilé, Darwin...) ou d'artistes (Van Gogh, Picasso...) ont été raillés, méprisés de leur vivant et portés en triomphe longtemps après leur mort. Pourquoi? La différence, ce que l'on ne comprends pas, ce qui dérange, fait toujours peur. Heureusement, si un certains nombre de personnes condamnent, ignorent, d'autres sont piqués par la curiosité et osent (c'est le vrai courage) se poser des questions et questionner le "trickster" sur son comportement, au risque d'apprendre quelque chose de neuf ou de voir son petit monde chamboulé. C'est plus facile de bêler avec les moutons que se remettre en question. Vivre et laisser vivre...

Une attitude franchouillarde ? Peut être pas, mais je trouve nos amis nordiques et anglo-saxon plus ouvert d'esprit, moins snobs, plus pratique
, plus entreprenants et progressistes.   
"Pour vivre heureux (et vieux), marchons invisible et silencieux"

"Le courage est le juste milieu entre la peur et l'audace"

"Je marche au pas de Loup"

17 avril 2014 à 14:28:21
Réponse #9

musher


Les catégories ont tout de même des avantages

Elles ont même beaucoup d'intérets :
Dans le cas des ERP, en catégorisant les ERP et en sachant dans quelle catégorie, l'établissement rentre, on sait tout de suite la réglementation à appliquer. Ca simplifie la vie, ça clarifie les décisions.

Le langage est basé sur la catégorisation : le mot chat désigne une catégorie de félins ayant des caractéristiques communes.

Sans la catégorisation, on aurait du mal à se comprendre.

Le souci est lorsque la catégorisation n'est plus un outil mais un mode de pensée.

Et donc l'autre doit obligatoirement rentré dans une catégorie et lorsque on l'a mis dans une catégorie, on va pouvoir lui attribué les adjectifs liés à sa catégorie : branché, ringard, fréquentable, à éviter... et ensuite béler avec le reste du troupeau qui a adopté ces mêmes catégories.

Pour les ados, cette catégorisation est nécessaire, ça lui permet de s'identifier, de savoir qui appartient à sa tribu et qui n'appartient pas.   

Pour les adultes, ce qui est grave, c'est pas qu'ils catégorisent (Lorsque on croise quelqu'un pour la première fois, on va tout de suite le catégoriser pour le situer : n'est ce pas la base de la SD), mais qu'ensuite, ils soient pas capables de prendre la personne pour ce qu'elle est sans chercher obligatoirement à le mettre dans une catégorie.

« Modifié: 17 avril 2014 à 14:36:41 par musher »

17 avril 2014 à 16:22:16
Réponse #10

Bison


Sans voir la complexité réelle, changeante, d'une personnalité.
Sans remettre en question sa première impression ...

Mais bon, quand on en a vu "des beaucoup les mêmes", cela aide quand mêmes à prévoir, à mieux gérer les relations humaines ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

17 avril 2014 à 18:21:18
Réponse #11

bpc


qu'est ce que cela peut faire, ce qui disent et pensent de soi des inconnus ?

au sujet de ce que je pense de la coutellerie, j'ai reçus une ou deux fois, des messages insultants ..... et anonymes, bien sur:

j'en revient pas que de parfaits inconnus pour moi puissent croire un seul instant que je vais m'intéresser à leur prose ......ça me fait mourir de rire que l'on puisse être aussi enfantin!   :lol:

18 avril 2014 à 23:39:52
Réponse #12

Copper Jack


STOP ! Ne catégorisons pas les catégoriseurs !
Moi j'utilise quotidiennement la catégorisation mentale, comme un simple outil pour trouver plus vite une attitude pertinente face à une situation/ une personne inconnue.
Quand je rencontre quelqu'un, je le regarde et j'observe des caractéristiques. Or j'ai remarqué que certaines allaient souvent ensemble. Par exemple, si je vois que quelqu'un 1)parle peu; 2)est assez peu remarqué; 3)semble mal à l'aise lorsqu'il est amené à prendre la parole devant public, je le catégorise "introverti", c'est à dire que constatant qu'il présente de nombreuses caractéristiques de ce que j'appelle "introverti" je suppose qu'il présente aussi les autres.
 Et tant qu'il reste dans la case "introverti", je tiens pour probable qu'il fasse certaines choses et pas d'autres (mettons, ne le dire à personne si il tombe malade); et j'en tire les conséquences (être particulièrement vigilant quant à son état de santé).
Au fur et à mesure que j'observe plus de caractéristiques, selon ce que je vois, je l'enlève de la petite case "introverti", ou je le mets dans une sous-case plus petite de la petite case "introverti".
Bien sûr, dans les faits, il faut rarement plus de dix minutes pour qu'une personne ait sa petite case qui lui soit propre. Durant cet intervalle, ma petite case "introverti" me sert à deviner certaines de ses caractéristiques, à tort ou à raison, et ce dans un but pratique.

Le problème n'est pas de catégoriser les autres. Le problème est de catégoriser de manière statique et rigide, dans l'ignorance de ce qu'on ne veut pas voir. Bref, le problème c'est les certitudes naïves.

Je rajoute une petite anecdote : un jour ma belle-mère a regardé le stand d'un brocantier pendant quelques dizaines de secondes, puis lui a raconté sa vie. La vie du brocantier, au brocantier, lequel a passé les quelques minutes suivants à dire "oui, c'est vrai, oui, c'est vrai".

19 avril 2014 à 08:58:33
Réponse #13

bison solitaire


De manière simpliste:
on a tous nos représentations (ex: on a sûrement tous une représentation de que devrait être selon nous un prof, un policier, un ingénieur en informatique…).
Les stéréotypes et les préjugés sont des représentations.
Les préjugés (ex: prof= gaucho de base, policier = fasciste de base…) sont généralement des jugements à l'emporte pièce connotés de manière négative.
Les stéréotypes (ex: les profs sont habillés en jean, chemise sans cravate, les policiers en civils sont habillés en jean et bombers) peuvent parfois aider à un "cheminement mental" plus rapide, pas forcément complet, mais pas faux non plus.

20 avril 2014 à 09:19:39
Réponse #14

azur


http://www.bvoltaire.fr/nicolasgauthier/quel-donc-crime-mere-petite-mia,57222

Une histoire qui révèle bien comment, sous un habillage de société prétendument "ouverte et tolérante", les petits et les humbles sont catégorisés et traités... avec si peu d'humanité!

L'aspect politique de l'affaire n'est pas l'objet de mon message.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!

21 avril 2014 à 02:50:52
Réponse #15

Meven


C’est marrant, mais le post qui a servi à lancer ce topic est en fait un beau paradoxe à lui tout seul :
« Disons m*rde à tous ceux qui nous catégorisent ! Vous voyez ceux dont je veux parler ? Ceux là, là ! Les Bisounours, tout roses avec un grand B … »
Comme exemple de catégorisation, ça se pose là…

De même, pour revenir sur le billet de David, avec un peu (beaucoup) de mauvaise foi intellectuelle, on pourrait se demander si finalement, ce qui le tarabuste le plus, ce n’est pas tant de voir des gens se faire fourrer une étiquette dans le cul, mais plutôt qu’on lui en mette une dans le sien. (Cf article « Les carnivores »)


Bref.

De ceci, je pense que tout le monde sera d’accord pour dégager au moins deux idées :

1) Nous catégorisons tout, tout le monde et tout le temps, même quand on voudrait justement dénoncer ça.

2) Personne n’aime être catégorisé.

La réalité est complexe. La personnalité humaine également. Avec sa part d’inconnu, d’imprévisible, d’incontrôlable, souvent source de peur et d’appréhension. Alors on se rassure. On se raccroche à des choses que l’on connait, que l’on maitrise déjà, et qui nous font nous sentir plus en contrôle de la situation.

Catégoriser, c’est dessiner un grossier croquis mental de quelque chose, ou de quelqu’un  pour le faire coller à un concept déjà identifié, expérimenté, maitrisé.
 
Catégoriser, c’est donc simplifier, et c’est un exercice extrêmement salutaire. En nous permettant d’orienter notre réponse face à  un phénomène inconnu, en le rapprochant tout d’abord de concepts connus, puis d’accélérer la réponse mise en œuvre  via l’utilisation de tactiques déjà éprouvées dans le passé, ça a dû probablement éviter bien souvent en d’autres temps, à nos ancêtres de se retrouver en tartare au menu du prédateur local.

Mais catégoriser, ça a aussi des limites, et des effets pervers.

Parce que c’est voir quelqu’un  à travers notre prisme tout personnel, dans un contexte bien précis, à un moment donné ; ça fait déjà beaucoup de variations, d’erreurs et d’approximations possibles.

 En le faisant en plus correspondre à une ou plusieurs catégories simplistes pour nous permettre d’appréhender plus facilement la complexité d’une personnalité, et faciliter notre raisonnement et notre prise de décision, on renie forcément en même temps une partie de cette complexité qui fait l’humain, et plus généralement, le vivant. On lui enlève une part d’humanité. On le chosifie. Il devient un objet, que l’on peut ranger sur l’étagère mentale correspondante.

Personne n’aime être réduit à l’état d’objet. Donc personne n’aime être catégorisé. Même si personne ne peut s’empêcher de le faire pour les autres malgré tout.

Ce qui est par contre détestable et dangereux, c’est l’instrumentalisation de ce processus de catégorisation. Parce qu’en cantonnant un être humain à une poignée de qualificatifs, c’est du coup extrêmement facile d’occulter tout ce qui fait de lui un de nos semblables. Et de s’en servir pour tout justifier, même les pires atrocités :
« Eux c’est des rouges en slip qui mangent des patates, nous nous sommes des bleus en caleçon et nous mangeons des frites, nous n’avons absolument rien en commun, nous pouvons donc leur marcher sur la gueule l’esprit tranquille… »

En fait, catégoriser, ce n’est ni bien, ni mal, c’est juste un bon outil, dont l’utilisation est inévitable.
Gardons juste à l’esprit que c’est toujours subjectif. Toujours contextuel. Toujours partial. Jamais définitif. Jamais exhaustif. Et donc toujours injuste.


Mon gravier,

Meven
« Modifié: 21 avril 2014 à 03:22:48 par Meven »

21 avril 2014 à 11:19:59
Réponse #16

Bison


Merci !

Notez l'évènement :  j'ai marqué mon appréciation    :D!
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

22 avril 2014 à 21:51:59
Réponse #17

DavidManise


Citer
Ce qui est par contre détestable et dangereux, c’est l’instrumentalisation de ce processus de catégorisation. Parce qu’en cantonnant un être humain à une poignée de qualificatifs, c’est du coup extrêmement facile d’occulter tout ce qui fait de lui un de nos semblables. Et de s’en servir pour tout justifier, même les pires atrocités :
« Eux c’est des rouges en slip qui mangent des patates, nous nous sommes des bleus en caleçon et nous mangeons des frites, nous n’avons absolument rien en commun, nous pouvons donc leur marcher sur la gueule l’esprit tranquille… »

En fait, catégoriser, ce n’est ni bien, ni mal, c’est juste un bon outil, dont l’utilisation est inévitable.
Gardons juste à l’esprit que c’est toujours subjectif. Toujours contextuel. Toujours partial. Jamais définitif. Jamais exhaustif. Et donc toujours injuste.

Certes.  L'instrumentalisation des catégories est bien gonflante...  mais pire que ça, pour moi, ce qui peut me pousser au meurtre assez facilement c'est les gens qui, devant un refus d'être catégorisé ou catalogué (métaphoriquement parlant = rangé définitivement dans une petite case = simplifié sans le moindre espoir de retour vers plus de finesse), refusent à la personne cataloguée le droit de se rebeller. 

Je suis le premier à reconnaître l'utilité des catégories et des simplifications.  J'en utilise tout le temps.  La preuve dans cet article...  je suis également le premier à les dénoncer dans leur aspect trop collant. 

Bref, complètement d'accord avec toi pour la fin de ton texte, même si ton intro est particulièrement à chier.

David ;)
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

23 avril 2014 à 03:50:09
Réponse #18

Meven


[...] devant un refus d'être catégorisé ou catalogué (métaphoriquement parlant = rangé définitivement dans une petite case = simplifié sans le moindre espoir de retour vers plus de finesse),

Je comprends bien les raisons qui font que quelqu’un ne veuille pas être catégorisé, mais je doute que dans les faits cela soit possible.

A mon sens, l’esprit humain ne peut s’empêcher de penser en suivant une logique de mimétisme et d’appariement : ce qui se ressemble va ensemble, est régi par les mêmes principes et fonctionne de la même manière. Si A fait quelque chose et obtient un résultat B, en faisant la même chose que ce que faisait A j’obtiendrai également B. Si je ne veux pas obtenir B, je ne fais pas ce que faisait A. C’est une méthode de pensée qui facilite grandement l’apprentissage et la transmission des savoirs.

Dès lors que nous faisons quelque chose, nous sommes immédiatement analysés avec une marge d’erreur, rapprochés d’autres choses semblables, assimilés et pétrifiés (au sens littéral). On ne peut être « reclassé » que lorsque des éléments nouveaux nous éloignent trop du modèle de base, ou bien nous rapprochent davantage d’un autre.

Le mieux est à mon humble avis d'essayer de comprendre les raisons qui nous font entrer dans telle ou telle catégorie, pour essayer de les modifier, et de se retrouver sous une autre étiquette avec laquelle on sera plus en phase. Mais ça demande des arguments solides... et du temps.

Ou alors, on peut aussi décider de s'en foutre royalement. Mais la communication fonctionnant dans les deux sens, en coupant le canal afférent, cela revient surtout à s'isoler.

[...]refusent à la personne cataloguée le droit de se rebeller.
Refuser à quelqu’un le droit de faire quelque chose n’est en aucun cas lui enlever le pouvoir de le faire.

même si ton intro est particulièrement à chier.
Je m’attendais à ce que tu me rentres joyeusement dans le lard. Finalement c'est plutôt soft. ;)


Meven

02 mai 2014 à 14:41:07
Réponse #19

Hurgoz


Yo,

Le langage est basé sur la catégorisation : le mot chat désigne une catégorie de félins ayant des caractéristiques communes.

Oui....mais ;# Ce qui catégorise, défini, ce qui défini limite, ce qui limite détruit en ne laissant pas d'autres possibilité d'expression que celle de la définition...et du coup on se coupe de tout un champ de possibilités et d'expérimentations.

Après, dans cette histoire d'étiquettes, à la limites, les plus emmerdantes c'est pas celles qu'on me colle (parce que celles là, à la limite, ce ne sont pas vraiment mes problèmes), mais celle que je me colle moi même...  ;)

Tcho

Hugo
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

02 mai 2014 à 15:59:32
Réponse #20

Vanhans


« Modifié: 06 mai 2014 à 12:12:47 par Vanhans »

02 mai 2014 à 16:27:12
Réponse #21

Hurgoz


 :lol:

Le seul intérêt que je vois à la dialectique, c'est la possibilité d'échanger, dans la limite où nous nous en tenons au principe que ce n'est qu'un vecteur de transmission auquel chacun peu calquer sa propre expérience et donc sa propre appréhension.

Toutefois, il faut, d'après moi, accepter aussi le fait que certaines choses ne soient pas transmissibles par les mots, et que ceux ci soient, de façon générale, qu'un raccourcis n'ayant d'autre but que celui de mettre sur la piste; en somme, tout les dogmes doivent mourir  ;#

Tcho

Hugo

Edit: un point qui me semble important dans l'article de David (vaut mieux que je précise si je ne veux pas recevoir la visite des Seals  ;# ), c'est qu'on lui a collé une étiquette, ça c'est une chose, mais on a aussi essayer de se servir de lui pour la véhiculer, et ça, s'en est une autre ;)
« Modifié: 02 mai 2014 à 17:56:58 par Hurgoz »
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." DUDH

02 mai 2014 à 20:10:33
Réponse #22

mrfroggy


ça y est, vous m avez filé un mal de tête  ;#
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

16 septembre 2015 à 00:58:18
Réponse #23

cassepied


Aujourd’hui on m'a traite de fou tous ça parce que j'ai une réserve de 24 rations dans mon atelier, des fringues pour mes enfants (en faite ,se sont des vêtements pour eux qui devrait leurs aller l’année prochaine) ainsi qu'une bonne partie de notre matos de camping
évidement j'ai demander a cette personne ce qu'il ferai si il arrivai un gros soucie a sa maison
il est rester sans réponse
mais je passe pour un fou au yeux des gens

16 septembre 2015 à 10:10:42
Réponse #24

Merlin06


J'ai envie de dire: "Est-ce que c'est grave?"   ;)
Parce que franchement le regard des autres et la pression sociale de la masse des médiocres, il peut être intéressant de s'en affranchir.
Bien faire et laisser braire.
L'âme sûre ruse mal. ;)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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