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Auteur Sujet: survie en contexte dégradé... pour nos proches  (Lu 1246 fois)

03 avril 2014 à 12:47:36
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Olcos


Bonjour à tous et toutes,

J'ai en ce moment un sujet de préoccupation qui de mémoire n'a jamais été abordé ici. On a écrit beaucoup sur l'autonomie, la préparation, la résilienence, etc. mais que faire quand nous ne sommes pas concerné par la dégradation de la situation ? Comment réagir et aider nos proches qui y sont confrontés ?

Si ce sujet m'est apparu, c'est que je suis concerné. J'ai des proches en Ukraine, dans le centre du pays. Une zone a la jonction des régions dites russophones et ukrainophones. Je me servirai donc de cette situation pour illustrer mes réflexions. Je compte sur l'auto modération de chacun pour nous épargner des débats politiques ou de la géopolitique de comptoir...

Bien sur ce fil pourra intéresser quiconque aurait des proches dans les zones en crises ou en état de catastrophe. J'attends et espère vos retours d'expériences, critiques constructives et réflexions.

1) États des lieux

La première chose qui me soit venu a l'esprit quand j'ai constaté que la situation se dégradait fut d'établir l'état des lieux. Je traduis cela par la hiérarchisation des problèmes auquels ils risquent d'être confrontés, et l'établissement d'un code couleur (le même qu'en survie urbaine).

Ce code couleur de jaune a noir est purement informel. Il me sert a prendre des décisions (y aller ou non, envoyer un colis ou non, proposer des solutions d'évacuation ou non...). Tout comme en survie urbaine, il va du jaune: situation inconfortable, appelant a la vigilance ; orange : situation tendue, risques avérés mais stable pour le moment ; rouge : situation dégradée, danger évident appelant un changement de comportement et une prudence manifeste ; au noir : situation de guerre, de chao et/ou d'anarchie, la Centre Afrique ou la Syrie.

A l'instant ou j'écris ces lignes je classe l'Ukraine en orange foncé. L'économie tourne a peu près, les russes annoncent éloigner une partie de leur troupe de la frontière (ce n'est pas le cas selon les USA), les manifestations se sont apaisées. Mais des groupes extrémistes patrouillent dans les rues des villes de provinces (loin des caméras), le gaz va augmenter de 50%, la monnaie est au plus bas et le FMI va fixer ses règles, les leaders politiques ont des discours guerriers ( cf Yatseniuk, Klitschko ou Timoschenko sur la Crimée). (<- je simplifie et synthétise).



En parallèle j'ai établi la liste des problèmes auquel les miens pourraient être confrontés.

Eau : celle du robinet est impropre a la consommation sans filtration, une rupture des chaines d'approvisionnement n'est pas a exclure.

Alimentation : la chute de l'URSS a laissé des habitudes de petit bazar (marchés) et la plupart des familles ont encore des potagers et les conserves qui en découlent. Chaque logement a une "cave", plutôt un trou aménagé, pour conserver la nourriture au frais.

Médication : pas de problème dans la famille et pourvu que ça dure, il ne faut pas rêver en cas de problèmes il y aura des prioritaires pour l'accès aux soins et aux médicaments.

Économie : la Hryvnia a déjà beaucoup perdu, les importations vont devenir très couteuses, la dette est colossale par rapport a l'économie du pays, les russes ont la main mise sur le gaz (qui alimente les industrie et chauffe logement et eau des particuliers), la fraude fiscale et la corruption sont "normales"... C'est a mon sens le plus grand problème pour les ukrainiens dans un avenir proche.

Sécurité : intérieur : la police a été discrédité par les événements sur le maidan, elle était corrompu jusqu'à la moelle mais elle faisait plutôt peur. Est ce encore le cas ? Du coup les groupes d'auto défense fleurissent. Ici le secteur droit néo-nazi, là les démocrates anti corruptions, là les pro russes sécessionnistes, là encore les opportunistes et pillards... Bref le gouvernement veut désarmer les civils. En attendant la prudence est plus que jamais de mise.
Extérieur : les russes font ce qu'ils veulent. La communauté internationale presse, peut être que ça suffira.... Ou pas. Personne ne sait si demain les russes ne marcheront pas sur l'Ukraine. Inutile de parler des militaires ukrainiens (pas d'argent, pas de matos et peu ou pas d'expérience) reste le courage et la guérilla, pas terrible pour les civils. Mon sentiment est tout de même que l'on va vers un règlement politique à la manière d'un accord de Yalta (ironie de l'histoire) et que la Russie finira par prendre le donbas (S-E Ukraine) de manière plus pernicieuse, cette remarque n'a pour autre but que de signifier que j'éloigne l'éclatement d'un conflit de mes hypothèse principales de travail.


2) Aider au mieux

C'est sur ce point que je suis le plus embêté. D'une manière générale il est difficile d'aider sans vexer. Bien que mes intentions soient bonnes et motivées par mon attachement a eux, ils sont plus âgées (ce sont mes beaux parents) et du coup qui suis je, jeune français bien au chaud pour vouloir les aider. La diplomatie en temps de crise...
Je n'approffondie pas cet aspect des choses, mais il faut le garder en tête.

Je préfère me pencher sur le "comment aider".

Le lien : tant que l'on peut, je crois essentiel de parler. Les technologies actuelles nous permettent de communiquer de manière tellement efficace ( vidéoconférence par skype, mail, téléphone...). Savoir que NOUS allons bien est déjà un réconfort pour des parents et grands parents. Ensuite on peut mieux cibler ce qui manque, être plus réactif.

Y aller : outre le plaisir de se voir, de se parler et d'être ensemble, c'est le moyen le plus sur d'amener des médicaments, des devises , documents ou que sais je. Attention toutefois a la douane...
Par contre cela implique de se mettre en danger. S'il y a une dégradation de la situation on se retrouve alors dans l'incapacité de les aider, pire on est soi même en situation dangereuse (encore plus en tant qu'étrangers), on devient une charge (nourriture, soin...).
Y aller est forcément un pari. A l'heure actuel, je pars 3 semaines cet été.

Envoyer des colis : moins risque pour soi, le risque est qu'il n'arrive jamais. Entre les douanes et les distributeurs, il est difficile d'expédier a coup sûr. Envoyer des devises par la poste est inenvisageable, des médicaments il faut être prudent (des poursuites pour trafic ou je ne sais quel prétextes) et se renseigner sur les législations...

Envoyer des devises : par mandat, tant que les banques ne sont pas bloquées. Inconvénients, vous vous retrouvez a retirer des sommes en espèces dans un endroit ou il ne vaut mieux pas attirer l'attention. Un guichetier corrompu et opportunistes, un prédateur a l'affut... On peut envisager de faire plusieurs mandats de moindre valeur, mais le coup fixe (de 20€ de mémoire) va vite devenir un problème pour l'aidant.

Préparer une évacuation : la France a cette générosité d'accorder le statut de réfugiés. On peut envisager cette option si la situation se dégrade ce point. Cela implique de se renseigner sur le plan administratif, des associations peuvent aider.
Mais, plus pointu, comment venir jusqu'ici ? Il faut réfléchir a cette option en amont (et là encore être diplomate et pédagogue). Et que faire dans le cas d'une famille recomposée, on laisse les bababouchkas ? Quid de la demi soeur, de son mari et de leur bébé ? Doit on envisager le fuite de tout le clan ? Comment les accueillir décemment ? Évacuer la petite soeur de trois ans et laissez les adultes ? Comment ? Pour combien de temps ? L'évacuation est toujours un drame.

Voilà pour mes réflexions. Puissent elles entrainer de la réflexion, des retours d'expériences et peut être à la fin servir d'aide a quelqu'un quelque part.
"Le chien apprend à l'enfant la fidélité, la persévérance... et l'obligation de tourner trois fois sur lui-même avant de se coucher."

Robert Benchley

03 avril 2014 à 18:40:36
Réponse #1

Merlin-Max


Je vais faire un topo "prepper" à ma famille ce week-end, c'est prévu de longue date. Je me demandais comment bien introduire le sujet et tu viens de me fournir l'outil parfait, actuel, proche, détaillé, merci.  :up:
L'âme sûre ruse mal. ;)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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