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Auteur Sujet: 20 km dans la neige. ta mère la luge !  (Lu 5750 fois)

12 février 2013 à 18:25:02
Lu 5750 fois

Nirgoule


Récit de trois jours passés en hiver sous la neige, à quatre sur 20km de chemins entre 900 et 1000 m d’altitude. Quatre gaillards équipés et entraînés. Les prises de risques furent limités et adaptées à l’équipe et aux conditions de terrain.   

Je cite quelques marques, non pour la pub, mais pour le côté technique ou économique.

Vendredi
Vers le point de rendez vous : l’église de Millevaches. Plus j’approche des lieux et plus la neige se fait épaisse et recouvre la campagne. A l’altitude de 900m l’épaisseur atteint 10-15 cm à ce que je vois de la voiture. Il fait assez froid -5°C. 

Laurent me téléphone, il sera au rdv vers 22h.
-A ton avis, j’emporte mes raquettes ?
-Ma foi pourquoi pas.
-Jérôme demande si il peut, emporter une luge.
-Une luge ?
-Il l’a trouvé dans une déchetterie récemment. Ses deux duvets ne rentrent pas dans son sac à dos. Alors il compte tirer sa luge plutôt que porter ses deux duvets ?
-Là, je ne sais pas trop.
-Le camp est loin du village ?
-Non, il pourra la ramener au cas où. Tu sais je n’ai jamais utilisé de luge pour porter du matos. Qu’il l’emmène on verra bien !

Pendant que mes trois amis sont sur la route, je me charge de mon sac et commence à avancer. Il fait encore jour. La neige recouvre tout, il faut deviner sa route. Je prends mes points de repère : ruisseau, pylône. Un tracteur est passé là et dessine parfois le chemin. La lumière tombe lentement. Je pose à mi parcours un cyalume pour m’aider au retour. Un deuxième plus loin.

J’approche, grande zone couverte de neige, je m’enfonce à mi mollet. Une plantation de douglas, j’y pénètre et remonte une des allées. Je trouve enfin le lieu repéré il y a deux mois. Nous sommes sur un point haut à 950m et la neige atteint le genou par endroit. Je sais qu’il y a ici un point de vue sur la chaîne des puys, le Sancy et le plomb du Cantal. Je dégage un carré prêt du bois pour installer le tipi. Nous sommes à l’abri du vent. Ce qui vaut mieux pour ce type d’abris. Le travail est fastidieux. J’ai heureusement de bonnes chaussures en GTX plus mes guêtres. Je garde les pieds au sec.

Le tipi livré est sans tapis de sol (exped). Je pose donc au sol un tapis (BW) un peu lourd (410g) mais solide. Il est 21h, je refais le chemin en sens inverse pour aller chercher mes compagnons de rando. La nuit est tombée, quelques lueurs encore à l’ouest. J’espère ne pas me perdre, j’emporte un petit sac, un EDC, un bivy poncho et ma frontale. Je marche dans la neige, j’ai laissé mes bâtons qui servent de mâts au tipi. Je m’en confectionne un pour m’aider à marcher. L’ambiance est particulière et inquiétante. Pas un bruit, lumière éteinte je m’imprègne des lieux. Je retrouve un à un mes cyalumes.
 
Une fois à la voiture, j’attends le reste de l’équipe qui arrive peu après. Je découvre Jérôme et sa luge. Aïe ! C’est une luge en bois. Ne va-t-elle pas s’enfoncer dans la neige ou se déséquilibrer avec son chargement ?
Tous 3 se préparent, l’équipement est un peu juste pour certains. Bon, il faut bien faire son expérience pour saisir la nécessité d’emporter ceci ou cela. J’ai bien communiqué une liste de matos, mais elle me correspond. D’autres verront autrement. On s’échange du matériel et on s’approche de l’essentiel.
Et puis une fois prêts, tous quatre nous remontons le parcours fait déjà deux fois par moi. La luge ne va pas si mal. Elle tombe bien de temps en temps…

La nuit est noire maintenant et nous découvrons le vaste ciel étoilé. Il fait froid, sans doute -6 à -7°C.
Arrivés au camp, L et J monte leur tarp (D4) tandis que D et moi coupons quelques branches de douglas pour en tapisser notre tipi et nous isoler du froid.

Ensuite, nous nous attaquons au feu. Il n’y a ici que du conifère. Il a plu sans arrêt depuis des semaines. Le bois devant être sec est recouvert de gel et de neige. Nous essayons plusieurs fois de faire un bon feu sans succès. Un me faudrait du feuillu pour amorcer et constituer des quelques braises et pouvoir brûler le douglas. Mais dans cette nuit, impossible d’en trouver. Je sors mon réchaud à bois (BB) et il nous permet de boire chaud. Nous échangeons la nourriture genre andouille limousine et saucisse de langue de porc (Tripes et Cie).

Pas de feu en tant que tel. Il est plus de minuit et décidons d’arrêter là. Demain soir le défi sera de faire un vrai feu ! Ils nous ont sorti une bouteille de rouge, nous n’y touchons pas encore.
J’ai emporté une outre de 4 L, le bouchon est gelé, l’eau se fige à l’intérieur.

Nous rentrons dans nos sacs. Ils sont isolés chacun par un tapis de sol, un matelas gonflant (D4, thermarest 120cm) ou mousse, le tout sur un lit de branches. Ceux qui n’ont pas de sac chaud ont choisi d’enfiler deux sacs. Ainsi D se met dans un D4 5°C puis enfile par-dessus un lafuma ultra léger tous deux sarco. D n’aura pas froid en y ajoutant une cagoule et un caleçon. Je rentre dans mon brenva tout habillé (ts laine, chemise laine, pantalon fjall raven et chaussettes, cagoule laine). Je me réveille en pleine nuit avec un froid aux pieds. Je touche la paroi du tipi. Je ferme ma veste gtx (Mac de 1985) et l’enfile autour du pied du sac. Impeccable.   
Sauf que le vent tourne à l’ouest et commence à secouer le tipi. La jonction des deux bâtons de marche tient mais n’assure pas un alignement droit. La toile mal tendue bat, mais nous dormons malgré tout. La vapeur d’eau que nous dégageons se colle à la toile et givre. Le vent fait battre la toile et le givre se décolle et tombe en petite neige sur nos sacs. Ah, c’est pas l’été ici !
« Modifié: 12 février 2013 à 18:42:24 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 février 2013 à 18:31:30
Réponse #1

Nirgoule


Samedi
Le jour est levé, 8h. Il faut sortir du sac. J’enfile ma doudoune (bergaus) puis mes chaussures puis j’ajuste le bas de pantalon qui se fixe aux lacets. Les guêtres (coton VC) sont gelées et je mets un temps avant que tout soit en place. Je plie le matelas. L s’est levé et est content d’être là, il le dit bien fort. Le paysage est magnifique. La neige givrée se colle aux branches et scintille au soleil.



Je sors, le vent est toujours là. Par contre en sous bois leur tarp est à l’abri. Le BB nous réchauffe de quoi boire chacun une tasse. C’est déjà ça. Je pense à Demaison coincé sur sa paroi de face nord en plein hiver.
Le grand confort aurait été le réchaud à gaz, mais cela aurait été trop facile pour une simple sortie de trois jours (en fait une nuit, un jour plein et une matinée). Echange de pain d’épices.
 
Pliage du camp, chargement du sac et en avant plein Est. Il faut traverser ce sommet plateau recouvert de 50cm de neige par endroit.



L ouvre avec ses raquettes puis J derrière avec sa luge. De temps en temps le soleil apparaît et là c’est encore plus beau. Les  sommets du massif central sont néanmoins bouchés, dommage.
Nous descendons du sommet et là illusion. J s’assoie sur sa luge et descend la pente, nous l’envions un instant. Comme nous passons non loin du village il est encore temps de renoncer à la luge. J ne renonce pas à sa luge. Erreur.

Le chemin continue à descendre la neige est un peu tassée et donc l’objet se tient à peu près. 
Mais la progression réelle est bien plus lente que prévue, il faut écourter un peu et prévoir un autre lieu de campement pour la nuit. Le vent nous souffle à la figure de la neige fine.
Nous traversons un hameau en granit rose. Une habitante nous voit passer et nous échangeons quelques mots. Elle s’affaire à sa cheminée, elle à la moitié du visage tartiné de suie!
La luge tombe souvent, L trouve le truc de pousser derrière avec ses deux bâtons.

Je me concentre sur l’orientation. Je vais en reconnaissance car toute trace de chemin est effacée par la neige. Je fais un point gps. Je pensais avoir été plus vite mais non. L’équipe me rejoint et nous arrivons à la tourbière du longeiroux. En 2008 il y a eu le roncier, en 2013 ce sera la tourbière. Un chemin la traverse, nous l’empruntons sur sa première moitié et passons le pont sur la vézère qui n’est qu’un ruisseau ici. Puis le chemin disparaît. Nous prenons un cap et tout droit. Galère de galère. L qui ouvre tombe plusieurs fois, je pense qu’il plaisante. Non, il s’enfonce bien jusqu’aux cuisses. Et nous y passons tous. La luge est maudite plusieurs fois. Ces 500 m n’en finissent pas. Epuisante fin d’après-midi. Nous avons en vue une hauteur qui marque la fin de l’épreuve de la journée. L’heure tourne, nous qui voulions arriver de bonne heure pour chercher du bois sec ! Enfin c’est la libération, nous sortons de l’enfer. Ta mère la luge. Cris de joie.
 
Nous repérons un endroit pour le camp sous un grand conifère et entouré de feuillus. Les toiles sont tendues. Le tipi, je le suspends à une cordelette lancée autour d’une branche haute.
Et puis les mêmes corvées qu’hier.
L lance :
- vous pensez au boulot ?
- Euh, non !
- c’est bien ce qui me plait ici. Dit-il la machette à la main en train de débiter son bois.

J a trouvé un bon paquet de résine. Je l’ajoute à du feuillu réduit en fine brindilles plus de petites baguettes, deux allumettes. Et c’est parti. Course à fendre du petit bois. Il faut se caler sur le type de bois, la longueur et sec ou pas. On y arrive : deux heures de travail pour avoir un feu qui brûle les chaussures et les bas de pantalon à 1 mètre. Maintenant le feu accepte tout même du sapin gorgé d’eau.

On fait fondre la neige pour le thé, le bouillon et la soupe chinoise. On mange. Sauf J qui est rincé d’avoir tiré sa luge. Curieusement le vin reste là, bouché. Du vin de Corrèze pourtant (!). Nous sommes bien un peu déshydratés et sans se concerter chacun pense que boire ce vin va aggraver les choses. La corvée de faire fondre la neige est fastidieuse. Nous avons deux gamelles dont une petite et une moyenne d’un demi litre qui une fois remplie de neige va donner généreusement une tasse d’eau.
Et puis on va se coucher plus tôt. La neige tombe encore, elle nous éteindra le feu.
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 février 2013 à 18:35:10
Réponse #2

Nirgoule


Dimanche.Le camp se réveille vers 8h30. Il a fait moins froid. Mon sac de couchage est un peu mouillé mais n’a pas perdu de son pouvoir isolant.



Nous repartons à 10h, en ayant mangé quelque peu et bu très peu faute de feu. Il est vrai que nous n’avons à tenir que jusqu’à midi, mais quand même nous délaissons trop l’hydratation. Du coup la marche est plus dure, et je ne parle pas de J qui tire la luge !

Nous suçons la glace et je bois un verre glacé dans ce ruisseau traversé après un autre passage de tourbière. Le raccourci oblige à couper parfois hors sentier et ainsi nous traversons des zones difficiles.  La neige avec la montée de température se transforme et se fait plus mouillante. Elle nous rince en 1 heure sans que nous nous en apercevions.
Heureusement nous arrivons aux voitures à 13h. Nous savons détenir deux litres d’eau gazeuses elles sont rapidement bues.
Nous déconnons et nous nous en prenons à la luge. J s’est attaché et refuse que nous la brûlions. Et promis il nous donnera des nouvelles. Ben tiens !
 
Cela fait la 5e édition hivernal en Limousin, la deuxième avec des températures négatives et la première avec de la neige. La cinquième pour L et moi, la troisième pour D et la première pour J et sa luge.
Nous avons une pensée pour ceux qui n’ont pu venir, mais soyez rassurés, la prochaine fois : J gardera sa luge à la maison. Si elle ne finit pas dans la cheminée avant.
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 février 2013 à 18:41:46
Réponse #3

jeremy1271


Superbement écrit, j'ai pris beaucoup de plaisir à te lire (je dirai même, à vivre l'éxpé). On en redemande !  :doubleup:

12 février 2013 à 19:05:48
Réponse #4

Kilbith


Citer
Ensuite, nous nous attaquons au feu. Il n’y a ici que du conifère. Il a plu sans arrêt depuis des semaines. Le bois devant être sec est recouvert de gel et de neige. Nous essayons plusieurs fois de faire un bon feu sans succès.

Là il faut s'entrainer : Faut prendre de petites brindilles, puis des un peu plus grosses, puis mettre du plus gros. Le bois sec c'est celui qui fait un bon "crac" quand on le rompt. Faire attention à la direction du vent et pas trop étouffer le feu.

(ça énerve hein ces platitudes...c'est de la jalousie ;# )
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

12 février 2013 à 19:37:10
Réponse #5

gmaz87


 Superbe récit (en fait j'en ai eu une version non expurgée  ;D en live au tél par Nirgoule  )
Bon, après une lecture attentive, je ne regrette pas de ne pas être venu  ;#, déjà que je galère sur du terrain normal, alors là...
En fait, je regrette quand même car à ces sorties dites "limousines" l'ambiance est toujours sympa, et Nirgoule à le talent de trouver des endroits différents à chaque fois.
Laurent qui est un fou de neige a du être servi, les autres participants auront découverts les joies des feux au bois gorgés d'eau, Corbak, Athlon, Pierr et moi avions déjà "travaillé" le sujet lors de la sortie "humide" dans les Monédières..
Pour compléter au sujet des conditions climatiques, samedi chez moi à 450m d'altitude et à environ à 50km à vol d'oiseau des lieux de bivouac c'était 5cm au sol, à 700m c'était 30cm et Millevaches c'est petit pied 900m.....
C'était bien toi Nirgoule qui disait dans les mails de préparation et en rigolant, "on est la pour en chi*r"  ;), manifestement ce n'était pas un vœux pieux, chapeau bas..
A+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

12 février 2013 à 20:50:22
Réponse #6

Nirgoule


Jeremy
Merci. La prochaine fois sera en Ecosse en mai!

Hurgoz
Oui en effet mais seul Laurent avait des raquettes et la neige très récente. Et puis Gmaz87 l'a rappellé , le but n'était pas le confort mais se confronter aux éléments avec un minimum de matos. Je crois que cela nous a permis de graver quelques impressions indélébiles.

Kilbith
Merci du conseil. Cela fait déjà longtemps que j'applique la recette. Les ingrédients ce jour là n'étaient ceux d'habitude. Le seul bois sec était au coeur de grosses branches. Et il a fallut tailler et tailler, ... le lendemain.  ;#
Il faut bien comprendre les conditions : 1 mois de pluie et quelques jours de neige. Le bois sec ne l'était plu. Nous connaissons ces phénomènes dans la région, ils sont assez différents des conditions de neige et d'air sec des régions de montagne. En même temps il était possible de faire mieux puisque le lendemain nous avons réussi !

Gmaz87
Nous avons eu une pensée pour toi samedi soir. Mais les routes étaient vraiment très difficiles.   :'(
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12 février 2013 à 20:54:47
Réponse #7

guillaume


Je crois que cela nous a permis de graver quelques impressions indélébiles.

Et des Expressions à ce que je vois ;).

Aviez vous des pelles à neige ? Je pense à cela en voyant le tipi : n'aurait-il pas été aisé de creuser une fois celui-ci monté pour augmenter l'espace ?

Concernant le feu, merci à toi de me donner encore un argument en faveur du batonnage ;).

Merci pour le retex !

a+

12 février 2013 à 21:06:26
Réponse #8

Kilbith


Kilbith
Merci du conseil. Cela fait déjà longtemps que j'applique la recette. Les ingrédients ce jour là n'étaient ceux d'habitude. Le seul bois sec était au coeur de grosses branches. Et il a fallut tailler et tailler, ... le lendemain.  ;#
Il faut bien comprendre les conditions : 1 mois de pluie et quelques jours de neige. Le bois sec ne l'était plu. Nous connaissons ces phénomènes dans la région, ils sont assez différents des conditions de neige et d'air sec des régions de montagne. En même temps il était possible de faire mieux puisque le lendemain nous avons réussi !

Euuuhh...je faisais de l'humour!  :-[

Tafdak avec toi. Même en montagne, selon l'altitude on peut rencontrer des situations assez semblable à ce que tu décris. Pluie/gel/pluie/gel/ et tout est trempé et dans ces conditions faire du feu c'est vraiment galère. Si en plus il y a du vent (souvenir d'un feu avec Diesel) c'est vraiment, vraiment galère.

Citer
Concernant le feu, merci à toi de me donner encore un argument en faveur du batonnage ;).
Attention, le bois gelé à cœur est très dur. C'est sur ce type de bois, à la suite d'un temps du type décris ci-dessus, que j'ai explosé mon helle qui pourtant avait déjà pas mal encaissé à cet exercice (ex : je l'avais lors de notre sortie hivernale dans le Vercors)  ;)

Pour moi, le batônnage reste une option. Mais si ce doit être fait sur une base régulière autant prendre une hachette. On peut aussi prendre un couteau vraiment adapté à cet usage, mais c'est plus cher et aussi lourd qu'une hachette et pas plus solide. J'aurais bien ajouté que ce sera en plus un mauvais couteau, mais Christobal nous a démontré que ce n'était pas toujours le cas.

Dans dix jours en Laponie : hachette wetterlings+mora.

 :)

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

13 février 2013 à 09:41:27
Réponse #9

Nirgoule


GuillaumeOui la pelle à neige aurait été un "plus". En découvrant les conditions j'ai demandé par téléphone à Laurent s'il avait une pelle à neige. Il n'en avait pas.
Tu préconises de monter le tipi et ensuite de creuser à l'intérieur. Il faut que les piquets soient bien ancrés profond dans la neige. Le tipi fait 2m par 2 en même temps...

Kilbith
Là j'ai pris premier degré  ;#. remarque ça m'a permis de ré expliquer !

Sur le bois comme je l'ai dit plus haut, j'ai constaté que le sapin se gorge plus d'eau qu'un feuillu type hêtre ou charme. En le bâtonnant on trouvait un coeur un peu plus sec.

Comme outils nous avions à disposition des couteaux fixes ou à lame bloquante, une machette tramont et deux scies pliantes. Dans ces conditions la hachette aurait été un plus assurément pour des bûchettes ou un bon couteau de camp à lame plus épaisse que la tramon. Bien sûr je ne l'avais pas pris pour une fois.

La technique du bâtonnage a été découverte par une partie de l'équipe. Et mise en oeuvre le deuxième soir par tous. D'ailleurs une fois le truc compris par tous, la productivité s'est améliorée. On voit bien que l'impro ne paie pas. Faire un feu dans ses conditions demande technique et méthode, comme monter le camp d'ailleurs. Perdre du temps à préparer sa couche permet de mieux dormir. Ce qui me fait dire qu'il ne faut arriver sur les lieux du camp trop tard dans la journée car le boulot ne manque pas :
- repérer le meilleur endroit plat et pas gorgé d'eau pour le tarp
- monter la toile, recueillir les fougères et branchages pour la couche,
- installer le tapis de sol, le matelas, le duvet et sursac,
-choisir et ramasser le bois, allumer le feu
- préparer la bouffe
- faire sécher les vêtements au besoin.
On se partage le travail, mais ça prend un temps énorme.
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13 février 2013 à 10:20:33
Réponse #10

Kilbith


Dans pas mal de conditions, si on a du matériel low tech, le feu est vraiment indispensable. Récemment dans une situation pluie/neige fondue lors d'un bivouac sous tarp dans la neige, faire un feu a permis de sécher ma veste en "ventile like" qui s'était bien imbibée lors de la montée à la frontale sous la pluie/neige. Et faire partir le feu rapidement n'a pas été simple dans ces conditions.

Oui, bâtonner c'est un gros plus pour faire du feu dans des conditions délicates. Ici un exemple vers 2000m avec encore pas mal de neige et du résineux comme carburant. Pour atteindre le bois gras il fallait réussir à placer des cales dans le bois.
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13 février 2013 à 10:45:36
Réponse #11

Kilbith


Edit: une question peut être HS Didier: pourquoi, dans ton exemple, as tu placé un coin en milieu de buche pour batonner ensuite à 90° ?

Sur la photo :
Je voulais ouvrir en corolle ce bois très dur qui ne se fendait pas afin d'exposer largement le bois gras situé à l'intérieur. D'ailleurs le coin est lui même constitué d'un éclat de bois gras. L'ensemble fait un bon allume feu et une piètre torche.

(Je n'aime pas m'exposer, mais c'est vrai que les photos sont sources de questions et donc de progrès. On voit mieux là). Perso, je ne fais pas de feu dans les alpages : biotope trop fragile, trop long à se renouveler. Seulement en moyenne montagne et encore très rarement pour les mêmes raisons.

On est en train de pourrir le post de Nirgoule, je vais effacer mes deux derniers posts ;)
« Modifié: 13 février 2013 à 10:56:03 par Kilbith »
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13 février 2013 à 11:25:35
Réponse #12

Nirgoule


On est en train de pourrir le post de Nirgoule, je vais effacer mes deux derniers posts ;)

Je proteste ! Le but du post est d'échanger sur nos expériences.

Ta photo montre des gants. Ce we j'ai utilisé des mitaines convertibles et moufles de chez NF. Cela m'évite d'enlever et remettre les gants sans arrêt.
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13 février 2013 à 12:15:22
Réponse #13

guillaume


Tu préconises de monter le tipi et ensuite de creuser à l'intérieur. Il faut que les piquets soient bien ancrés profond dans la neige. Le tipi fait 2m par 2 en même temps...

Ou avoir des sacs à neige. Etant arrivé dans une région où la neige est courante en hiver, j'envisage sérieusement de m'en confectionner.

a+

13 février 2013 à 12:16:26
Réponse #14

Kilbith


Ta photo montre des gants. Ce we j'ai utilisé des mitaines convertibles et moufles de chez NF. Cela m'évite d'enlever et remettre les gants sans arrêt.

Sur la photo j'ai des gants de jardinage en cuir et toile. J'en prends une paire en mode "bushcraft".

Dans mon expérience c'est rare de jouer avec du bois et des outils sans se blesser aux mains, à minima des ampoules (même une écharde est une blessure qui peut devenir incapacitante si elle s'infecte lors d'une longue sortie terrain ou si on doit travailler la tripaille). C'est aussi rare de faire du feu/cuisine sans finir par se brûler un petit peu, parfois beaucoup. Pour ces raisons j'ai des gants de cuirs.

Mais les gants de cuirs c'est lourd et une fois mouillé (j'étais entouré de neige c'était seulement un spot sec) c'est la grosse misère à sécher et c'est glacé. Je préfère donc les modèles avec de la toile dessus : plus ventilé sèche mieux à coté d'un feu et au final plus souples et moins lourds.

Les gants sur la photo sont larges pour pouvoir mettre dessous mes gants "de randonnée" (habituellement du windstopper, mais si sortie full bushcraft c'est de la laine). Ce faisant, les gants de cuir deviennent une partie de mon équipement global (polyvalence des items du sac).

 :)
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13 février 2013 à 14:21:17
Réponse #15

Nirgoule


Mais les gants de cuirs c'est lourd et une fois mouillé 

Exact. J'ai pourtant une paire dans le sac pour les travaux de bâtonnage et ramassage de bois. Ils se mouillent vite mais ils protègent et si l'on bouge ils se réchauffent.
Alors, une astuce pour le cuir (je crois que j'ai déjà du en parler dans un topic ici), c'est l'huile de pied de boeuf;

Est ce plus efficace qu'une autre huile?
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"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

13 février 2013 à 14:38:02
Réponse #16

Poussin6367


@Nirgoule : C'est une huile animale et apparement ça pénètre mieux dans l'animal. C'est l'huile que conseille Tandy Leather pour entretenir les cuirs et je dois t'avouer que je n'ai jamais pensé mettre autre chose.
Elle est plus épaisse aussi que les autres huiles, peut-être un rapport avec son efficacité.

14 février 2013 à 21:15:10
Réponse #17

Outdoorsman


Récit très sympa. Merci du partage.

La corvée de faire fondre la neige est fastidieuse. Nous avons deux gamelles dont une petite et une moyenne d’un demi litre qui une fois remplie de neige va donner généreusement une tasse d’eau.

La technique la plus efficace est de faire tiédir un peu d'eau et de rajouter de la neige progressivement, en gardant toujours un fond liquide.
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whimper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

21 février 2013 à 11:58:55
Réponse #18

Galileo


Pour ton outre de 4l si tu veux eviter qu'elle gele transporte, le bouchon vers le bas  (si tu craint pas les fuites) et arrive au bivouac si tu veux pas qu'elle gele la nuit enfouie profond la dans la neige la tete toujours en bas)
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

22 février 2013 à 10:46:38
Réponse #19

Nirgoule


Galiléo
L'outre était restée dans le tipi. En l'enfouissant effectivement j'aurais évité ce désagrément.  J'aurais pu également la mettre dans le sac à dos la couvrir de vêtement.
 
Je paie là, la faible fréquence des périodes de neige dans la région! La répétition des expériences produit des solutions, entretien les savoirs faire et provoque des rappels à l'ordre.
 
C'était aussi le but de cette sortie, outre la convivialité, de bien vérifier des hypothèses et faire prendre conscience, tant aux "nouveaux" qu'aux "anciens", des difficultés des sorties en hiver et de plus sous la neige.

C'est une préparation. Et il est sympa de la partager entre nous ici sur le forum. Quand je parle de René Demaison, je fais référence aux lectures d'expéditions qui pour moi font partie de la préparation mentale.
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22 février 2013 à 12:01:44
Réponse #20

jeanjacques


C'était aussi le but de cette sortie, (...) faire prendre conscience, tant aux "nouveaux" qu'aux "anciens", des difficultés des sorties en hiver et de plus sous la neige.

Je ne suis pas certain que ce soit l'attrait principal de votre CR intéressant. Les difficultés que vous avez rencontré sont dû à l'équipement inadapté ainsi qu'au manque de connaissance, pas à l'hiver en lui même. C'est peut être cela qu'il aurait été bien de mettre plus en avant ;)

Voila par exemple la première sortie hivernale d'une membre de RL avec 3,5kg de matériel: http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?id=22571
On voit que les difficultés sont abordées sous un angle totalement différent. Et surtout, que finalement avec des compétences acquises sur d'autre rando en été et avec du matériel adapté, ce genre de sortie ne pose pas grand nombre de problème.

L'idée n'est pas de lancer n'importe qui dehors, mais de faire un petit plaidoyer pour ne pas se priver de sortie en cette saison sous prétexte que les difficultés sont insurmontables ;)
Adhérent Unpact.

22 février 2013 à 15:29:46
Réponse #21

Nirgoule


"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
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26 février 2013 à 09:44:06
Réponse #22

Nirgoule



Ambiance...



Ici on voit parfaitement l'esprit MUL de l'équipe : sac D4 années 80, veste armée F idem, le bonnet en laine impitoyable s'inscrit aussi dans la démarche. Notez les chaps de chasse à moins d'un kilo, une performance !
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27 décembre 2013 à 23:33:35
Réponse #23

BlasterDjé


Bonsoir Nirgoule,
Bon il m'a fallu presque 1 an pour me mettre sur le forum , mais sentant arriver le prochain départ il m'a semblé indispensable de m'y inscrire car je vais avoir besoin de conseils avisés !
Promis !!! Neige ou pas , je ne prendrais pas ma luge ... sauf si la sortie ne se compose que de descentes !!! ... et encore !
J'ai relu ton récit et il colle parfaitement à ce que l'on a vécu, on en a bavé et c'est tant mieux !!! On été pas venu acheter le terrain !!!
 A bientôt pour de nouvelles aventures !!!
Il y a deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine ... mais pour l'univers je suis pas sûr !      A.Einstein

29 décembre 2013 à 22:21:29
Réponse #24

Nirgoule


Bienvenue à toi sur le forum, BlasterDjé !

J'aime particulièrement traverser nos petites aventures locales avec des personnes telle que toi.  :up:
Et cet hiver je sais que tu es de la partie, donc ça nous promet encore de bons moments.
Le principe sera le même que les fois précédentes : petite équipe, coin relativement isolé du Limouz, deux bivouacs, une rando d'environ 15 à 20km, bouffe locale, fin de partie le dimanche midi.
Affute ta luge  tes semelles !!  ;)

(Quand tu le jugeras nécessaire, passe par la rubrique "présentation")
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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