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Auteur Sujet: LA THÉORIE DU GROS  (Lu 31015 fois)

28 octobre 2012 à 19:04:31
Réponse #50

jacqueline


C'est quoi un  Wygiss ? intouvable avec Google

28 octobre 2012 à 19:06:37
Réponse #51

inzemix



28 octobre 2012 à 19:15:16
Réponse #52

jacqueline



28 octobre 2012 à 21:55:11
Réponse #53

guillaume


Bref, je trouve que le point de vue exprimé dans le premier post est intéressant (et certains clichés qui le suivent beaucoup moins), mais qu'au final c'est à chacun de se faire sa propre opinion sur son matos, en fonction de ce qu'il a expérimenté sur le terrain. Il ne s'agit pas de suivre aveuglément une théorie trop générale pour être universelle - et d'ailleurs je suppose que le premier post avait été écrit dans cet esprit. Cette remarque devrait sembler inutile, mais en lisant certaines remarques par la suite, j'ai eu un doute. :)

Personne ne demande à personne d'adhéré à l'idée, on ne force personne ::). Les mots "théorie du gros" sont là pour faire une boutade je le rappelle.

Ceci dit, je trouve que Moléson a plutôt bien résumé l'idée dans son dernier poste (même si j'ai des choix de matos différents) alors que je n'étais pas d'accords avec lui sur le gros=lourd. À ce propos :

Le truc c'est que on se rend compte que le reste c'est presque superflus. Suffit de voir les couches géologiques dans un sac après une semaine. ;D

Carrément ! Peu de matos est utile au final. Mais celui qui l'est, l'est VRAIMENT. Faut pas lésiner dessus. Il faut du rustique, du solide, du fonctionnel, du léger (léger et solide ne sont pas incompatible mais si ils le sont souvent ;D), de l'efficace. C'est un peu ça aussi qui se cache derrière la théorie du gros.

a+

30 octobre 2012 à 12:47:15
Réponse #54

oli_v_ier


Et pour ne pas induire le lecteur en erreur, la liste d'Olivier n'est pas une illustration de la théorie du gros hein on est d'accord  ;D  

QUOI ?  :D

J'avais un gros sac à dos pour pas m'emmerder à attacher trop de trucs à l'extérieur, en toile épaisse et tramée dyneema pour pas m'emmerder à le réparer trop souvent
J'avais une grosse isolation thermique synthétique pour pas être emmerdé si de l'eau s'infiltrait
J'avais une grosse veste 3 couches parce que c'est la seule que j'ai trouvée avec une grosse visière, pour pas m'emmerder par vent de face avec l'eau qui ruisselle du visage dans le cou et sous la veste
J'avais un abri en toile épaisse et avec de gros renforts pour pas être emmerdé par le soucis de la résistance au vent
Etc

... On est toujours le gros d'un autre ;D .

J'aurai pu dire que j'avais un petit abri pour pas être emmerdé par le vent ;) .

Un petit abri avec des gros renforts, c'est dans l'idée de cette théorie ? :)

30 octobre 2012 à 17:30:01
Réponse #55

Lemuel



... On est toujours le gros d'un autre ;D .


Un petit abri avec des gros renforts, c'est dans l'idée de cette théorie ? :)

Oui :)

Et l'histoire du gros de quelqu'un d'autre, en quelque sorte.

Parce que la "théorie du gros" c'est pas tant que ça un absolu, ça dépend aussi de tes priorités.
Tes priorités étaient "mobilité" et "s'occuper de soi".
Avec, très présente, la possibilité d'évacuer cas de pépin.
Normal que tu pousses le curseur vers la légèreté plutôt que vers la solidité ou "avoir de la marge".

Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

30 octobre 2012 à 17:41:21
Réponse #56

Nirgoule


Il est loin le temps ou le monde de la « marche » et du « camping » se divisait en deux : les coton et les nylon. Et pour les deux : chaussures de cuir, chaussettes en laine, popotte alu et duvet plume.
Notez que les mili étaient très proches des campeurs dans leur choix en ajoutant ici ou là un peu plus de cuir !

Aujourd’hui, la progression du pouvoir d’achat, le marketing et quelquefois la recherche nous ouvrent l’accès à de multiples choix. On se pare des attraits du consommateur malgré lui. Alors qu’on fond, on aime ça le matos, on en discute sans fin.  ;#
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

30 octobre 2012 à 18:29:29
Réponse #57

Criss Kenton


QUOI ?  :D
Je disais ça pour restaurer ton image. L'administrateur de Randonner Léger qui se réclame de la théorie du gros ça fait tâche. Genre la première trompette de l'apocalypse. Mais libre à toi de semer la panique hein  ;D

Parce que la "théorie du gros" c'est pas tant que ça un absolu, ça dépend aussi de tes priorités.
Tes priorités étaient "mobilité" et "s'occuper de soi".
Avec, très présente, la possibilité d'évacuer cas de pépin.
Normal que tu pousses le curseur vers la légèreté plutôt que vers la solidité ou "avoir de la marge".
Je croyais que c'était une démarche radicale, sans compromis, ni de poids ni de volume, et uniquement dirigée vers l'efficacité, la fiabilité et la pérennité. Une démarche allant au delà de la notion de loisir et de plaisir. En fait t'es un gros charlatan, un vendeur de savon à la sauvette...
Ce dont tu parles là ça relève typiquement de l' "adéquation Matos-Bonhomme-Terrain" qui désigne pour moi le compromis optimal entre les besoins/envies, l'expérience et les objectifs du bonhomme, son équipement et les spécificité du terrain. Soit des solution matérielles sur-mesure et égo-centrées.

Alors qu'avec ton premier post et la discussion dans le Kangoo je voyais la théorie du gros comme quelque chose de beaucoup plus radical. Une démarche qui comme tu le disais ne se justifie pas forcément en loisirs. Une démarche justement où ce n'est plus le bonhomme qui est au centre mais la mission ou le boulot. Dans ce cadre le bonhomme en question n'est pas là pour avoir une relation privilégiée avec son matos ou l'environnement. Le matos se doit d'être limité en nombre, efficace directement, simplement, sans restriction et permettre de faire abstraction de l'environnement pour être à 100% dans le job. Je pense au militaires ou au matos réglementaire de Mathias sur les plateformes. Bref un truc radical quoi.

C'est la dichotomie loisir / boulot qui faisait l'intérêt du truc pour moi, le fait que pour une fois la tâche et non le bonhomme était au centre de tout. Mais bon en fait ce que tu as pompeusement appelé "Théorie" n'est qu'un corrolaire de la Vraie théorie universelle qu'est l'Adéquation Matos-Bonhomme-Terrain...

C'est triste et c'est moche. :nana:


PS: Et de toute façon je m'en fous, pour moi la rando, même au long cours ça rentre dans la catégorie loisir. Je peux continuer à marcher léger du coup  :closedeyes:

30 octobre 2012 à 19:05:16
Réponse #58

guillaume


Alors qu'avec ton premier post et la discussion dans le Kangoo je voyais la théorie du gros comme quelque chose de beaucoup plus radical. Une démarche qui comme tu le disais ne se justifie pas forcément en loisirs. Une démarche justement où ce n'est plus le bonhomme qui est au centre mais la mission ou le boulot. Dans ce cadre le bonhomme en question n'est pas là pour avoir une relation privilégiée avec son matos ou l'environnement. Le matos se doit d'être limité en nombre, efficace directement, simplement, sans restriction et permettre de faire abstraction de l'environnement pour être à 100% dans le job. Je pense au militaires ou au matos réglementaire de Mathias sur les plateformes. Bref un truc radical quoi.

À la base c'était ça à 100%, en tout cas pour moi. Mais à force d'utiliser cette "théorie" -et là je parle pour moi- je me rend compte que je l'utilise de plus en plus, y compris en "rando". Des solutions radicales, simples, robustes, fonctionnant dans 95% des situation. Pourquoi s'en priver ?

a+

30 octobre 2012 à 19:34:01
Réponse #59

Lemuel


Je disais ça pour restaurer ton image. L'administrateur de Randonner Léger qui se réclame de la théorie du gros ça fait tâche. Genre la première trompette de l'apocalypse. Mais libre à toi de semer la panique hein  ;D
Je croyais que c'était une démarche radicale, sans compromis, ni de poids ni de volume, et uniquement dirigée vers l'efficacité, la fiabilité et la pérennité. Une démarche allant au delà de la notion de loisir et de plaisir. En fait t'es un gros charlatan, un vendeur de savon à la sauvette...
Ce dont tu parles là ça relève typiquement de l' "adéquation Matos-Bonhomme-Terrain" qui désigne pour moi le compromis optimal entre les besoins/envies, l'expérience et les objectifs du bonhomme, son équipement et les spécificité du terrain. Soit des solution matérielles sur-mesure et égo-centrées.

Alors qu'avec ton premier post et la discussion dans le Kangoo je voyais la théorie du gros comme quelque chose de beaucoup plus radical. Une démarche qui comme tu le disais ne se justifie pas forcément en loisirs. Une démarche justement où ce n'est plus le bonhomme qui est au centre mais la mission ou le boulot. Dans ce cadre le bonhomme en question n'est pas là pour avoir une relation privilégiée avec son matos ou l'environnement. Le matos se doit d'être limité en nombre, efficace directement, simplement, sans restriction et permettre de faire abstraction de l'environnement pour être à 100% dans le job. Je pense au militaires ou au matos réglementaire de Mathias sur les plateformes. Bref un truc radical quoi.

C'est la dichotomie loisir / boulot qui faisait l'intérêt du truc pour moi, le fait que pour une fois la tâche et non le bonhomme était au centre de tout. Mais bon en fait ce que tu as pompeusement appelé "Théorie" n'est qu'un corrolaire de la Vraie théorie universelle qu'est l'Adéquation Matos-Bonhomme-Terrain...

C'est triste et c'est moche. :nana:


PS: Et de toute façon je m'en fous, pour moi la rando, même au long cours ça rentre dans la catégorie loisir. Je peux continuer à marcher léger du coup  :closedeyes:

Ouais t'as raison.
Faut que j'arrête de composer avec les gens moi, ça m'obscurcit les idées.

Désolé Olivier. C'est pas gros. Faudrait être complètement con pour faire gros quand on fait du loisir, qu'on est là pour s'occuper de soi et qu'en plus le loisir est de type sportif.
Je sais qu'on peut être soit disant mul avec 20 kilos, mais là on est pas chez mémé.
Gros c'est gros.
Gros bisous.
  ;D

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http://natureandforcefield.tumblr.com

31 octobre 2012 à 02:51:41
Réponse #60

François


Faites gaffe, vous êtes sur la mauvaise pente, bientôt vous allez vous laisser aller à dire que ce qui compte c'est ce qu'on fait, plus que le matériel avec lequel on le fait :o
VADE RETRO  :bienmal:
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

10 novembre 2012 à 22:18:32
Réponse #61

fredlafouine


QUOI ?  :D

J'avais un gros sac à dos pour pas m'emmerder à attacher trop de trucs à l'extérieur, en toile épaisse et tramée dyneema pour pas m'emmerder à le réparer trop souvent
J'avais une grosse isolation thermique synthétique pour pas être emmerdé si de l'eau s'infiltrait
J'avais une grosse veste 3 couches parce que c'est la seule que j'ai trouvée avec une grosse visière, pour pas m'emmerder par vent de face avec l'eau qui ruisselle du visage dans le cou et sous la veste
J'avais un abri en toile épaisse et avec de gros renforts pour pas être emmerdé par le soucis de la résistance au vent
Etc

... On est toujours le gros d'un autre ;D .

J'aurai pu dire que j'avais un petit abri pour pas être emmerdé par le vent ;) .

Un petit abri avec des gros renforts, c'est dans l'idée de cette théorie ? :)

ET :
3 GROSSES sardines alu qui diminuent les contraintes au sol (+ de surface, moins de pression).
2 GROS bâtons de rando beaucoup plus lourds que les "standards" light.
Un GROS morceau de ductape
Une GROSSE dose de silnet
Une GROSSE longueur de ficelle en rab
Un GROS sac de survie alu alors que tu avais testé ton abri par vents violents avant de partir.
Un GROS sac de couchage (1033 gr!)
Un GROS couteau opinel n°8 (tu comptais couper des arbres, en Islande?)
Une GROSSE poche platypus (2.4L) en ajout de ton contenant 1L.
Une GROSSE popote (850 ml, de quoi faire fondre de la neige si nécessaire).
Un GROS réchaud à gaz 2x plus lourd qu'un Gnat par exemple. Pièces sur-dimensionnées plus fiables?
Une GROSSE dose de crème nok
Une GROSSE boussole avec miroir
Une GROSSE paire de chaussettes en laine
Une GROSSE 2eme doudoune Neutrino (qui n'a pas servi)
Une GROSSE dose de bouffe
etc

4 ans plus tard, avec toute la GROSSE expérience accumulée et toute la GROSSE réflexion menée en parallèle, j'imagine qu'à repartir une GROSSE optimisation serait à prévoir parce que là, on a beau toujours être le gros d'un autre, faut pas déconner non plus. :o ;#

Le GROS c'est bien, encore faut-il garder une ouverture d'esprit permettant une remise en cause perpétuelle, ce que tout comme moi tu cultives Olivier. Et c'est là je pense que le GROS prend son plein envol.

Gaffe au GROS pour le GROS, quoi. ;)



« Modifié: 11 novembre 2012 à 09:31:40 par fredlafouine »
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

10 novembre 2012 à 22:47:21
Réponse #62

Gros Calou


Bon ça suffit  ;#

11 novembre 2012 à 00:20:51
Réponse #63

fredlafouine


C'est "le GROS prend son plein envol" qui t'a fait tiquer? :)

Nan mais sérieusement il me semblait important de souligner la discipline de remise en cause.
C'est là que ça devient intéressant il me semble.
« Modifié: 11 novembre 2012 à 00:28:58 par fredlafouine »
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

11 novembre 2012 à 09:27:51
Réponse #64

fredlafouine


Tu noteras qu'une AMDEC pondue par quelqu'un qui ne sait pas se remettre en cause ne fera pas avancer le schmilblick d'un yota.

Plutôt que de sortir la grosse artillerie des outils "qualité" qui sont censés cibler les défaillance (AMDEC), définir des besoins (diagramme pieuvre, diagramme pareto etc), je préfère toujours dans un soucis d'efficacité et de moindre perte d'énergie cérébrale (=je suis une feignasse :)) laisser place au concret et à la jugeote.
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

11 novembre 2012 à 09:35:40
Réponse #65

xackurush


Le problème c'est qu'avec 6-7 kg en plus sur le dos tu as beaucoup moins de mobilité, plus de poids sur les articulations des chevilles et moins de capacité à te ratrapper en cas de perte d'équilibre.
Du coup la probabilité augmente et tu augmentes les risques. Sans parler de l'hiver et de faibles températures, mais pour une rando à la journée en moyenne montagne, je trouve plus dangereux de predner 5L d'eau, un tarp et un sdc, alors qu'1L d'eau, une polaire et un raincut suffisent.

11 novembre 2012 à 12:05:22
Réponse #66

Karto


Lemuel a appelé ça la "théorie du gros", pas la "théorie du trop gros."

11 novembre 2012 à 13:07:16
Réponse #67

VERDUG0


ET, cette theorie s'applique surtout dans le cas ou on se retrouve sur le terrain avec des obligations, genre gerer 15 stagiaires, etre en territoire ennemi etc...

Il a pas parle de rando de 3h...

11 novembre 2012 à 15:06:54
Réponse #68

Bison


Citation de: fredLafouine
Nan mais sérieusement il me semblait important de souligner la discipline de remise en cause.
C'est là que ça devient intéressant il me semble.

En effet, c'est là que cela devient intéressant, parce que c'est là justement que - à mon avis - la théorie du gros se démarque effectivement de la "discipline" de la marche ultra légère.

La théorie du gros, n'est pas du tout de moi, mais voici comment je la perçois :  j'ai du matos costaud, avec lequel je peux affronter un large éventail de conditions difficiles, sans me prendre la tête ni lors de la préparation de la sortie, ni pendant celle-ci.  Théoriquement, j'ai conscience que ma mobilité n'est pas optimale. À noter que la théorie du gros n'implique ni une surabondance de matos, ni un sac excessivement lourd par rapport au bonhomme (important, cette relation).
Remise en cause : Il n'y aura vraisemblablement de remise en cause que lorsque le poids du sac - par rapport au bonhomme deviendra vraiment un problème - soit parce que le bonhomme faiblit, soit parce que le sac s'alourdit de nourriture (autonomie sur plusieurs jours) ou d'équipement "extra" en vue d'une activité connexe.

La philosophie mul - le U étant pris au sérieux par les "anorexiques du portage" :  
J'aime compter les grammes longtemps avant chaque sortie. Théoriquement, j'ai conscience que ma marge de sécurité est réduite, sinon ténue, et, en cours de sortie, je ré-évalue sans cesse cette marge de sécurité par rapport à moi-même et par rapport aux circonstances.
Remise en cause :  voir "Réflexion sur l'effet yoyo" de peyo, ou encore Stupid light d'Andrw Skurka. Plus prosaïquement, la recherche de la légèreté s'arrête et fait demi-tour "item par item", quand on se rend compte à l'expérience que tel ou tel équipement léger ne fait pas l'affaire. Exemple :  j'ai payé bien cher quelques sardinnes en titane, avant de revenir à l'alu ... Bon, il est malheureusement des économies de poids qui chaque année font des morts de froid ... mais en principe il s'agit surtout d'inconscients mal informés ... ou de "risque-tout", surtout parmi les alpinistes adeptes de la course légère et rapide (engagée, ils appellent cela).

Théoriquement  ;#

1. La perte de mobilité est un handicap, mais, en pratique il y a adaptation :  avec un sac plus lourd, on fait naturellement un peu plus attention où on met les pieds. Ceci dit, le poids du sac doit toujours être mis en relation avec le poids du bonhomme, et avec sa condition physique :  aux alentours de 80-90 kg de poids total, une "surcharge" de 4  kg ne représente que 5% de la masse d'inertie ... C'est  pratiquement négligeable auprès d'une personne "bien charpentée" : Olivier ne s'est pas senti handicapé par son sac lourd au début de sa traversée de l'Islande. Pas plus que les aventuriers qui ont traversé l'Alaska en autonomie complète par la diagonale du vide.

2. L'évaluation permanente de la "marge de sécurité" est une excellente chose. En pratique cependant, j'ai un doute sur la prise de conscience effective par les non professionnels de cette bonne attitude. C'est stressant, et on n'est pas là pour cela. Après de nombreuses sorties "sans problème", il s'installe vite un sentiment de confiance et la fausse sécurité n'est pas loin. C'est d'ailleurs une faiblesse de la théorie du lourd :  elle retarde le moment où il faut vraiment faire gaffe, elle n'incite pas à rester en alerte. Il faut mettre absolument au crédit du forum de David de lutter contre cette paresse intellectuelle et de recommander vigilance, anticipation, évitement et "fuite" aussi bien en sortie dans la verte qu'en survie urbaine.
________________________________________

Pour ceux qui ne le savent pas :  j'ai travaillé pendant 40 ans dans l'aéronautique. C'est un milieu où l'économie de poids est un facteur capital de rentabilité. On parle en terme de conquête de marché pour les constructeurs, donc en milliards de dollars, en milliers d'emplois ... ou en termes de rentabilité quotidienne pour les opérateurs, et donc, là aussi en chiffres astronomiques en fin d'année.

Le conflit entre le poids et la sécurité est omniprésent et arbitré par des règlements stricts qui spécifient des critères minimaux de sécurité  tant au niveau des constructeurs que des opérateurs.
Mais il reste à chacun une marge de manoeuvre, une fois la règlementation satisfaite. Et "la triche" n'est pas tout à fait absente ...  :down:

Ainsi - théorie du gros :

Vaut mieux un pilote plein qu'un réservoir vide  :D
Cette boutade est employée par certains équipages pour justifier un emport excessif de carburant afin d'évacuer le soucis "réserve de carburant" en cours de vol. Or, à force de se trouver "largement" en sécurité, on oublie d'être en alerte. Un jour, immanquablement, ce genre de paresse intellectuelle se termine mal :  grosse angoisse à l'atterrissage avec une jauge à zéro, demande de priorité à l'atterrissage parce que "minimum fuel", voir "short of fuel", atterrissage cochonné parce il ne reste plus rien pour recommencer etc ... Tôt ou tard aussi, le déficit de performance au décollage du au surpoids se paie - en général très cher.
Bref, en aviation, la "discipline" paye, la théorie du gros n'est pas en odeur de sainteté. Tous les opérateurs l'ont remise en question depuis longtemps!

Ainsi encore - philosophie de la MUL parfois pratiquée en aviation :

Je décole systématiquement avec le minimum de fuel réglementaire. Je suis un pro et je fais mon boulot "dans les règles" aussi bien lors de la préparation du vol que lors du "suivi" de la situation en cours de vol. L'avion est aussi léger que possible, les performances sont les meilleures et la sécurité qui va avec l'est également. Rarement, mais pas exceptionnellement, les choses ne se passeront pas comme prévu et il faudra alors "se détourner", renoncer à atteindre la destination, atterrir ailleurs. La sécurité est maintenue, mais le coût et les embrouilles liés à un tel renoncement sont indescriptibles ...

Résultat :  après une ou deux expériences pénibles, on remet vite en question cette quête de l'allègement "limite". On prend un peu plus de marge de sécurité sur la réserve légale de carburant, on se montre systématiquement moins confiant dans les prévisions météo, on apprend à reconnaître les "concours de circonstances" qui vont faire foirer les meilleurs plans ... etc.

Parce que c'était mon métier,
parce que, avec une formation d'ingénieur, le terme "optimisation" est sacré,
parce que l'aviation est un milieu où le partage d'expérience est institutionnalisé,
parce que j'ai toujours été passionné par "les performances" ...
parce que j'ai été sérieusement impliqué dans les arbitrages entre sécurité et économie ...
Pour toutes ces raisons, j'ai été en mon temps un véritable expert dans l'allègement intelligent.

Capable de réaliser des "exploits" en matière de rayon d'action - en sachant reconnaître les jours où c'était jouable, et les jours où c'était foireux.
Capable aussi de faire découvrir à d'autres les pièges qui les guettent à jouer au plus fin avec les normes minimales de sécurité.

C'était mon métier, ma passion ...

Aujourd'hui place à la randonnée.
Ce n'est pas mon métier.
Comme beaucoup d'entre nous, je n'ai qu'une expérience relativement modeste de la moyenne montagne ou des conditions hivernales sérieuses.
Par ailleurs, les montagnards (sauf exception) ne sont guère "partageurs" au niveau du vécu d'expériences tragiques ou simplement peu glorieuses. Il est par exemple jugé indécent d'étudier les circonstances d'un accident mortel, trop souvent considéré comme une "fatalité"; quant à disposer d'un rapport d'enquête approffondi ...

Dans ces conditions, la sécurité basée principalement sur la mobilité, sur le principe de la vigilance constante, sur la discipline de la diversion en cas de doute ... je n'y crois pas vraiment - du moins au niveau d'un pratiquant "amateur" :
 - un petite entorse, une douleur au genoux ... adieu mobilité (surtout si on a rien prévu pour cela);
 - l'esprit constamment en alerte, attentif à l'évolution des circonstances, analysant en boucle la situation, examinant et plannifiant toutes les options ... c'est une attitude peu fréquente chez les touristes que nous sommes ... Un peu de fatigue, une progression difficile, un mal de crâne, un début de crève ... et on oublie!
 - l'expérience pour reconnaître les enchaînements de circonstances conduisants aux situations pourries ... peu de non-professionnels en sont dotés;
 - la discipline du renoncement, de la diversion ... combien en sont réellement capables, combien ne préfèreront-ils pas ignorer les signaux d'alarmes, se rappeler que tout s'était bien passé "auparavant"?

Remise en question :  une petite couche de gros ne fait pas de tort.
_______________________________________

Les enchaînements de circonstances

Murphy, ou la loi de l'embrouille maximale.
C'est LE piège ...
Parce que les possibilités sont infinies ...

Une difficulté "à la fois", une défaillance unique du matos ... vont rarement compromettre la succès d'une sortie.

Deux difficultés :  un mauvais passage à descendre, un pied qui fait mal (simple ampoule, rien de tragique ... mais on "placera" le pied autrement que d'habitude)
Deux défaillances :  un bâton foutu, une semelle qui part en vrac ...

Et bardaf c'est l'embardée ...
C'est quel numéro encore pour appeler l'hélico?
Oh m ... le portable ne passe pas!
On a de quoi calmer la souffrance, se tenir au sec et au chaud jusqu'à l'arrivée des secours, demain matin?

_______________________________________

In medio stat virtus

Il paraît que c'est Aristote qui l'a dit :  :doubleup:
Pas en latin, hein ...
« Modifié: 11 novembre 2012 à 15:16:23 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

11 novembre 2012 à 17:41:10
Réponse #69

Karto


Bison, à mon avis, tu viens de pondre un post d'anthologie qui trouvera sa place dans le top-few du forum.

 :akhbar:

11 novembre 2012 à 17:51:37
Réponse #70

Bison


Merci Karto, j'ai laissé cela mûrir un certain temps ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

11 novembre 2012 à 18:40:33
Réponse #71

fredlafouine


Salut Bison. :)

Tu pourrais résumer en quelques lignes stp?

Parce que là j'ai peur de ne rien avoir bité (et j'ai lu 2 fois, tranquillement). :-[
« Modifié: 11 novembre 2012 à 18:51:25 par fredlafouine »
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

11 novembre 2012 à 19:10:58
Réponse #72

Kilbith


Salut Bison. :)

Tu pourrais résumer en quelques lignes stp?

Parce que là j'ai peur de ne rien avoir bité (et j'ai lu 2 fois, tranquillement). :-[


Si ce n'est déjà fait et sans préjuger de la réponse de Bison, la lecture d'un des liens qu'il donne est très éclairante me semble-t-il : http://andrewskurka.com/2012/stupid-light-not-always-right-or-better/
« Modifié: 11 novembre 2012 à 19:25:50 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

11 novembre 2012 à 19:39:04
Réponse #73

fredlafouine


Salut Ith. :)

Oui j'avais lu il y a quelques temps cette réflexion d'Andrew, et ce qu'il dit me semble couler de source : Bien sûr que du matériel trop fragile/difficile à utiliser/pas adapté au milieu est un mauvais choix.

Le post de Bison laisse entendre que moi par exemple (pour ceux qui ne me connaissent pas je suis un des modos du forum randonner-leger.org), je ne suis pas sur la même longueur d'onde. C'est ça que je ne suis pas sûr d'avoir correctement interprété.
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

11 novembre 2012 à 20:04:51
Réponse #74

Bison


Personne n'est visé ... différents exemples (des deux côtés) me sont passés par la tête mais je n'ai pas voulu viser / critiquer qui que ce soit.
 
Simplement marquer ce qui démarque la théorie du GROS de la démarche MUL, et montrer les limites et les pistes de remise en question.

J'ai fait un parallèle avec le monde de l'aviation, parce que c'est un domaine où l'on a plus réfléchi à la question du poids qu'on ne le fera jamais sur RL et BPL.

Et où les gens se remettent en question en profondeur, génération après génération.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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