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Auteur Sujet: [Randonnée] 3 jours aux 7 laux  (Lu 5326 fois)

31 juillet 2012 à 12:35:53
Réponse #25

VieuxMora


Bonjour StormX
Beau récit !

En ce qui concerne les névés, le principal a été dit.

Etant sur un forum de survie et de prise de conscience des risques, je crois utile de préciser que pour des lecteurs randonneurs non avertis (vivant en zone non montagneuse), il faut savoir que la vue de la neige évoque souvent un terrain magique, sympa et facile.

Pourquoi: la neige habituelle en ville, dans les jardins, dans les champs est fraîche, poudreuse ou mouillée et ne dure pas bien longtemps. C'est l'occasion de sortir les luges pour les mômes, s'il y a un peu de pente (N'est ce pas Karto  ;) ) et d'essayer des glissades.

En station de ski, domaine devenu artificiel, la neige est retravaillée chaque nuit par les ratracks, adoucie par les canons à neige, nivelée, les dangers balisés etc.
Seule existe la conscience des risques d'avalanches en ski hors piste.  Serious game magnifié par les videos go-pro des boissons à bulles qui ne montrent que les envolées et rarement les loupés.

Donc un bout de névé, et hop on va jouer avec !

Mais:

1 Les dimensions, les distances, la pente sont souvent sous estimés dans le milieu montagne, ou l'oeil citadin n'a pas ses repères.
 -Attention en particulier aux névés bombés dont on ne voit pas la fin. (Pierrier, barre rocheuse, crevasses?)

2 La nature de la surface et son exposition, qui passe de extra-dure au lever du jour ( encoches possibles au piolet ou crampons)  puis légèrement friable par une semelle vibram dure, puis attaquable de face par la chaussure, puis par le pied entier, pour se transformer en gouttières glissantes après quelque temps au soleil, et enfin soupe molle ou l'on s'enfonce jusqu'au genou, ou neige molle sur glace vive)

- Chaque texture entraîne une technique de progression adaptée, voir un "no go" si l'on a le moindre doute.

Les méthodes de descente ( souvent le moment le plus dangereux dans une ballade) varient de:

Si la pente est délicate ( Avec piolet et éventuellement assuré du dessus corde tendue souple par le plus entraîné)
- Descente face à la pente en crampon, en canard  semi accroupi tronc droit (entrainement nécessaire à la maîtrise des crampons, et quadriceps qui chauffent )
- Descente face à la pente en tapant les talons qui créent des marches
- En cas de glissade, avec crampons se retourner sur les genoux, les crampons en l'air, et se freiner en piolet ancre.
Sans crampons, se retourner et se freiner avec la pointes de chaussures et le piolet ancre

Si la pente est connue ( cas des courses avec un guide qui connaît l'état du moment) ou visible, se terminant en cuvette ou un long replat sans crevasse (donc pas sur un glacier) on peut envisager la ramasse: on "skie" avec les chaussures, sans crampons bien sûr, jambes semi-fléchies, et contrôle de la vitesse avec le piolet, une main sur la panne et l'autre appuyant fortement assez bas sur le manche, la pointe du manche du piolet traçant un sillon dans la neige. La vitesse doit rester constante, elle peut être assez rapide et permet de déniveler rapidement.

En cas de perte de contrôle, retournement et piolet ancre.

La glissade sur les fesses, façon toboggan est risquée, au minimum cul trempé, ce qui ne peut s'envisager que si le séchage est proche,
déchirures  et coupures si cailloux ou glace affleurante.

Variante, dure pour le matos, à cheval sur son sac en l'utilisant comme luge.

On peut aussi descendre en longues enjambées avec pas glissé.

Tout ceci s'apprend soit en stages, écoles et avec l'habitude de la fréquentation du terrain montagneux.
Enfin, les pentes les plus spectaculaires ne sont pas les plus dangereuses, les risques se trouvent surtout dans le terrain mixte à chamois ou il faut apprendre à circuler rapidement en équilibre, les anneaux à la main ou sans cordes.

Avec la conscience et la pratique, cela devient un grand plaisir d'évoluer à l'aise dans ces magnifiques univers obliques !



« Modifié: 31 juillet 2012 à 12:45:59 par VieuxMora »

 


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