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Auteur Sujet: Psychologie et survie  (Lu 19380 fois)

17 août 2006 à 18:10:21
Réponse #125

Ancien forum



Posté par silencio

Alors je ne sais si on est collègue car je suis encore étudiant (en psycho bien sur), normalement si tout va bien je suis psy dans un an.
Tu as raison William, il ne faut pas dire que ce n'est pas grave, il ne faut pas déculpabiliser la victime (ça serait un peu long à expliquer)
Quand j'étais en stage à l'hsoto je m'appuyais sur un référentiel lacannien pour prendre en charge le traumatisme dû à l'annonce d'une maladie létale.
Je n'avais pas penser à la belle mère, mais je le conseillerais aux patients!!!!
Pour Ferenczi non je ne connais pas son approche de la thérapeutique du trauma. J'ai un peu lu ses textes, mais sans plus. Si tu as une référence bibliographique je suis prenneur. (bon là on s'éloigne un peu du sujet)
Je n'ai jamais eu à faire à une situation de trauma en situation de randonnée donc je ne peux pas donner de conseil. C'est pas pareil que derrirèe un bureau.

17 août 2006 à 18:22:42
Réponse #126

Ancien forum



Posté par bison_solitaire

Euh les gars ce serait possible de faire plus abordable pour les bourrins comme moi.

Pour vous donner une idée de mon niveau de psychologie: la violence résout tous les problèmes.

OK c'est bêtement provocant et caricatural d'autant que je m'intéresse à certains aspects psychologiques voire limite sectaires comme l'ennégramme et ce qui tourne un peu autour de Gurdjieff, ou encore Lorenz, mais par exemple pour moi Freud est un frustré qui s'est planté (pas la peine de demander, je ne m'appuis sur rien d'autre que l'idée que je m'en fais et sur mon propre vécu dont certains aspects ne regarde que moi, et je préfère Lorie à Nietszche parce qu'au moins elle a la joie de vivre).

Et pour bien montrer que cette courte prose est faite sur un ton d'humour ... :) :)

17 août 2006 à 18:33:21
Réponse #127

Ancien forum



Posté par Waylander

eh eh....rien à voir mais je post quand même : je pense que tous les hommes ont leurs démons et qu'en chacun d'eux il y a une part de mal. mais le mal, c'est vague non?
L'équilibre des choses, de la vie etc...ne se repose ni sur le bien ni sur le mal mais sur une fusion des deux. pour cela je n'aime pas trop star wars ou les pro-BUSH car ils caricaturent trop le Bien et le Mal. quand on choisit une voie on ne prend pas que ce qui nous intéresse. il faut en apprendre toutes les facettes pour pouvoir être objectif. nous pouvons nous servir parfois de notre euh...côté obscur. pour l'un ce cote sombre sera la violence, pour l'autre se sera la jalousie, et ainsi de suite...

17 août 2006 à 23:51:42
Réponse #128

Ancien forum



Posté par silencio

Citation de: bison_solitaire link=1124307743/120#127 date=1155831762
Euh les gars ce serait possible de faire plus abordable pour les bourrins comme moi.

En fait pour faire plus simple le trauma apparait quand le sujet fait face à un événement auquel il n'est pas préparé, et sur lequel il ne peut pas mettre de mots. C'est pour cela que certains événement seront traumatiques pour certains, et pour d'autre nons, car si tu préfère on a pas tous le même dictionnaire pour expliquer ce qui passe autour de nous.
Voilà en plus simple

18 août 2006 à 01:39:47
Réponse #129

Ancien forum



Posté par Langue fourchue

Bienvenue sur le forum silencio,

Félicitation pour avoir fait remonter ce post dont je n'avais pas connaissance. Je suis moi-même plutôt partisan de psychologie analytique jungienne et je pense que l'approche de l'effraction du réel dans la symbolique est très approprié. De même, les propos de william sur ce que raconte les personnes ayant vécu un traumatisme sont très complémentaires.

À la demande et pour continuer sur la ligne de la simplification. À mon avis le fait qu'un traumatisé passe au travers ou non est directement lié à son propre système de croyances. Pour tenter de schématiser simplement, le fait qu'un individu se retrouve à s'exprimer ainsi: "je pouvais pas le croire, j'avais l'impression de voir la scène au ralenti, c'était comme regarder un film, je me voyais..., etc etc. " est le résultat d'une confrontation par rapport à ses croyances. Ainsi, le traumatisme pourrait s'exprimer par une conjonction entre le passé, présent et le futur de l'individu. Autrement dit, la personne essaie de se rééquilibrer mentalement en tentant de se reconstruire un nouveau système de croyances mieux adapté à ses besoins et cela plus ou moins consciemment.

18 août 2006 à 07:40:23
Réponse #130

Ancien forum



Posté par Pierrot

En fait comme on dit souvent, il n'y a que la foi qui sauve.  ;D

18 août 2006 à 13:36:52
Réponse #131

Ancien forum



Posté par bison_solitaire

Merci pour la simplification  :)
Moi qui croyais que les mots "traumatisme" et "traumatisé" étaient employés en dépit du bon sens... je me rends compte que tout dépend de la perception de celui qui subit, même s'il peut y avoir exagération.
Cela dit l'appréhension d'un traumatisme peut-elle être travaillée par analogie?
Parce que si chaque situation est unique, le traumatisme lui peut peut-être annihilé par l'analogie que l'on fait: du genre "ah ouais, j'ai déjà connu une situation similaire".
Et puis traumatisme parce qu'on est pas préparé... je veux bien mais dans ce cas les traumatismes peuvent nombreux... à moins que la seule représentation mentale d'une situation puisse suffire à se préparer, ce dont je doute...
Euh, c'est à peu près clair?  :-?

18 août 2006 à 14:00:05
Réponse #132

Ancien forum



Posté par silencio

En fait dans la théorie tu ne peux pas poser de mots ou mettre de représentation sur un événement traumatique, donc normalement tu ne peux pas te dire "ah bien tien j'ai déjà vécu ça"
C'est pas tellement l'absence de préparation qui crée un trauma, c'est plus l'impossibilité à rattacher l'événement à une représentation, ça c'est le rôle de l'inconscient. Comme je l'ai dit dans un post précédent. On peut dire que c'est une histoire de dictionnaire. L'inconscient est un dico dans lequel on inscrit des mots et leurs définitions tout au long de ta vie. Mais quelque fois il manque des mots dans ton dico pour définir un événement bouleversant, et c'est pour ça que le trauma apparait.
Mais bon tout ça c'est de la théorie, et ça ne marche pas toujours comme ça, il faut prendre du recul.

18 août 2006 à 19:53:27
Réponse #133

Ancien forum



Posté par william

Salut,
bison_solitaire, c'est marrant que tu dise la violence résout tout les problémes car une femme Pierra Aulagnier a écrit "la violence de l'interprétaion", un ouvrage qui définit une instance non prise en compte par la théorie freudienne mais théorisée par l'école de Budapest dont Freud était d'ailleurs fier de son chef de file, Ferenczi (ancien analysant je crois!). Bref, pour cette école il y avait quelque chose avant l'imaginaire et le symbolique (deux mode d'appréhension du réel pour faire simple). Ils appelaient ça le Contact, piera Aulanier appelle ça l'originaire. Bref c'est un truc hyper archaïque qui définit notre premier mode de relation au réel, réel dont nous n'avons j'amais qu'une idée filtrée (par donc l'originaire, l'imaginaire et le symbolique). Ok c'est compliqué, mais ça va venir. Pour ceux qui connaissent Lacan, souvenez vous de RSI : ( :-Xattention puriste : vulgarisation :-X)
- Réel : le monde exterieur tel qu'il est, cela comprend aussi les autres individus;
- Symbolique, mode ultime de relation au monde, celui du symbole étymologiquement qui rassemble, lie, permet l'évocation de quelque chose sans que cette chose soit présente. si je dit table, vous l'avez sous les yeux, et pourtant elle n'est pas là, vous savez de quoi je parle alors que chacun d'entre vous n'imagine pas la même, et oui, le symbolique et facteur de communion d'idée! parceque le dernier..
- Imaginaire, ben c'est cette table que vous voyez, votre table et ce qu'elle évoque, disons que c'est plus intimes que le symbolique.
Aulagnier rajoute
-l'Originaire, mode de relation au monde passant par une forme de sensation, vous avez une idée de ça en comparant votre humeur le matin et la façons d'envisager la journée, c'est ce que les phénoménologues appellent Dasein, ou Stimmung, c'est l'humeur, ou plus prosaïquement "se lever du pied gauche ou du pied droit."
Au cours du developpement, on passe par O, puis s'y ajoute I et enfin S.
Lors d'un trauma, le réel de la mort, irreprésentable par nature vient signifier quelque chose qui ne peut être filtrer, la mort dans sa nature même, donc sans filtre. Cette mort, c'est la sienne, celle des autres... pa

18 août 2006 à 19:56:49
Réponse #134

Ancien forum



Posté par william

Salut,
bison_solitaire, c'est marrant que tu dise la violence résout tout les problémes car une femme Pierra Aulagnier a écrit "la violence de l'interprétaion", un ouvrage qui définit une instance non prise en compte par la théorie freudienne mais théorisée par l'école de Budapest dont Freud était d'ailleurs fier de son chef de file, Ferenczi (ancien analysant je crois!). Bref, pour cette école il y avait quelque chose avant l'imaginaire et le symbolique (deux mode d'appréhension du réel pour faire simple). Ils appelaient ça le Contact, piera Aulanier appelle ça l'originaire. Bref c'est un truc hyper archaïque qui définit notre premier mode de relation au réel, réel dont nous n'avons j'amais qu'une idée filtrée (par donc l'originaire, l'imaginaire et le symbolique). Ok c'est compliqué, mais ça va venir. Pour ceux qui connaissent Lacan, souvenez vous de RSI : ( :-Xattention puriste : vulgarisation :-X)
- Réel : le monde exterieur tel qu'il est, cela comprend aussi les autres individus;
- Symbolique, mode ultime de relation au monde, celui du symbole étymologiquement qui rassemble, lie, permet l'évocation de quelque chose sans que cette chose soit présente. si je dit table, vous l'avez sous les yeux, et pourtant elle n'est pas là, vous savez de quoi je parle alors que chacun d'entre vous n'imagine pas la même, et oui, le symbolique et facteur de communion d'idée! parceque le dernier..
- Imaginaire, ben c'est cette table que vous voyez, votre table et ce qu'elle évoque, disons que c'est plus intimes que le symbolique.
Aulagnier rajoute
-l'Originaire, mode de relation au monde passant par une forme de sensation, vous avez une idée de ça en comparant votre humeur le matin et la façons d'envisager la journée, c'est ce que les phénoménologues appellent Dasein, ou Stimmung, c'est l'humeur, ou plus prosaïquement "se lever du pied gauche ou du pied droit."
Au cours du developpement, on passe par O, puis s'y ajoute I et enfin S.
Lors d'un trauma, le réel de la mort, irreprésentable par nature vient signifier quelque chose qui ne peut être filtrer, la mort dans sa nature même, donc sans filtre. Cette mort, c'est la sienne, celle des autres... est LE signe (outils de S), Le fantasme (outil de I) qui ne peut être lier à la chaine des autres signes/fantasmes. car nous fonctionnons selon une chaine de signification.
je reviens.

18 août 2006 à 20:30:44
Réponse #135

Ancien forum



Posté par william

Bon je m'emporte. Disons que le Réel de la mort, lors du trauma fait effraction dans le psychisme. Il franchit la barriere du symbolique, de l'imaginaire et viens se loger dans l'originaire et il fait des petits. et oui. disons que le psychisme va entourer ce morceau de réelo comme le fait l'huître avec le grain de sable. Cette concretion le fait se lier avec des signifiant divers est varié mais ce sera toujours en marge, jamais dans une chaîne donc, pour continuer avec les images marines, imaginez une moule sur un cordage, et bien cette corde c'est la chaine signifiante comprenant O.I.S et la moule c'est le trauma, qui tiens parce qu'en contact avec un point de signification on vas dire. et bien lorsque cette corde se dévide et ajoute du sens selon les modes O.I.S, parfois, le trauma (la moule) vient frotter, et là ça fait mal. cela donne un sentiment sous jacent d'insécurité, des conduite de type obsessionnel, voire des pseudo hallucinations (pseudo parceque d'origine non psychotique ou toxique) de type Schyzo ou parano. Et cela peut se déclarer longtemps aprés, trés longtemps aprés, le jour ou la moule ne frotte plus, mais touche! Le fondement (O) étant envahit par l'objet Trauma, il ne peut être recouvert (la chaîne) par I et S.
Bon c'est schématiques et le fruit d'une école de pensée. Mais l'essentiel est là disons.
Donc, le trauma c'est l'instant T aprés lequel va se développer le traumatisme, déclaré ou pas, et ceux, de façons trés personnelle.
On pourrais poursuivre jusqu'au bout de la nuit là. mais bon, c'est un premier pas pour différencier ça du stress à proprement parler.
Bon faut que j'y aille.
Bye William

18 août 2006 à 20:37:53
Réponse #136

Ancien forum



Posté par silencio

A tous hasard William, tu ne serais pas prof de psycho, encore mieux membres du jury de sélection du master pro??  ;D (moi interessé?? Non non pas du tout... ;) )
Sinon pour le trauma il y a le film de Michael Cimino, Voyage au bout de l'enfer.
Tout d'abord je trouve que c'est un très bon film, puis on voit bien le mécanisme du trauma. L'un des personnages Nick (interprété par Christopher Walken) est témoin de la mort de ses amis à cause du jeu de la roulette russe. Ce jeu (et la mort de ses amis) fait trauma, et par la suite Nick reproduira ce jeu pendant plusieurs années. La répétition est l'un des symptômes du trauma.
Le film dure trois heures, il est dur, mais comme je l'ai dis c'est un trés bon film.

18 août 2006 à 20:41:29
Réponse #137

Ancien forum



Posté par DavidManise

Ok.  Tout ça c'est un peu trop abstrait à mon goût...  ;)  Mais bon.  Chacun ses goûts hein...

En guise de pavé dans la mare, une question : comment expliquez-vous que les débriefings fonctionnent aussi bien pour prévenir les problèmes liés aux chocs post-traumatiques, etc. ?  

Ciao ;)

David

19 août 2006 à 01:52:41
Réponse #138

Ancien forum



Posté par Razak

Je ne suis pas psy, mais je dirais que lors d'un débriefing, tu racontes tes péripéties, et tout ce qui t'es arrivé...
Je pense qu'un syndrôme post traumatique ne peu s'installer que si tu "gardes pour toi" les faits qui se sont produits.
Pour preuve, la mise en place systématique depuis quelques années de cellules psychologiques lors d'évènements traumatisants (prise d'otages, crashs, attentats...).

19 août 2006 à 09:03:55
Réponse #139

Ancien forum



Posté par silencio

La question du débrefeing renvoie à la question du trauma et notamment à la question de l'apport théorique. Le débreffeing va de paire avec une conception psychiatrique du trauma (en référence au DSM IV).
Louis Crocq et François Lebigot (l'initiateur des Cellules d'Urgence Médico Psychologique en France) ont écrit un livre qui s'intitule Les traumatismes psychiques. Se livre est très intéressant car même si les auteurs ont une approche freudo-lacanniene du trauma, ils passent en revue tous les théories sur le trauma (de Freud au PTSD) et de toutes les techniques de "traitement".
Je n'ai plus le livre sous les yeux car je l'ai prété à un ami psy qui avait un cas de trauma particulier dans la clinique où il bosse. Mais si je me rappel bien il y a un chapitre conscré au débrefeing, et comme le dit Razak, c'est la victime qui parle, qui raconte ce qu'elle a vécue. Or comme il l'a été écrit dans les posts précédents, en cas de trauma la personne n'est plus dans le symbolique, elle ne peux plus mettre de mots sur ce qu'elle a vécue (grossièrement le symbolique est ce qui te permet de parler, de dire "je". Puristes, ne me jettez pas de pierres!!  :D ) Comme je l'ai déjà dit, l'expérience que j'ai du trauma est celle que j'ai eu en hopital pour tout ce qui était annonce de cancer et de séropositivité (ça été l'objet de mon mémoire). Les patients qui n'avait pas la possibilté d'élaborer l'annonce de la maladie pouvait se retrouver dans une situation traumatique, et ils étaient dans l'effroi et la sidération, dans l'impossibilité de parler, de poser des mots sur un au delà de la souffrance, sur ce qui est irreprésentable. Le psy est là pour replonger le patient dans un bain symbolique, pour qu'il revienne des enfers, le ramener dans le monde des vivants (en référence au mythe d'Orphée).
Je pense qu'en fait il y a une confusion pour les trauma, ont met du trauma à toutes les sauces, et tout est traumatique ou non. Je me souviens qu'il y a quelques années, lors de la sortie du film "Il faut sauver le soldat Ryan", des cellules psychologiques avaient mises en places à la sortie des cinémas américains. Ces cellules avaient pour but d'apporter une aide psychologique aux personnes qui auraient été traumatisé par le film. Or la confusion est là, on met du trauma de partout, et on décide que tel ou tel événement sera traumatique. On fait fit du vécu de la personne.
Pour répondre à ta question David, le debreffeing marche pour les cas de stress aigu, de grande peur, etc.. mais pas de trauma, car la victime est dans l'impossibilité de poser des mots, car il y a eu un blanc.
Je le répète, ceci est de la théorie, je n'ai pas eu à faire à des trauma dû à des catastrophes sociales ou microsociales, donc je ne peux pas établir un champ théorique sur les cas de trauma lors de situation de survie. Je n'aime pas faire de grande leçon théorique sur les domaines que je ne connait pas.
Par contre si des personnes ont des témoignages, je pense que ça serait très intéressant s'ils pouvaient nous les faire partager, car le but de la théorie, est d'offrir une base pour ensuite la réinventer. (ah la jeunesse et la fougue des étudiants.. si on nous écoutait on réinventerait la psychanalyse au grand désespoir de nos profs  ;) )


19 août 2006 à 10:19:03
Réponse #140

Ancien forum



Posté par Patrick 3 C

Chers amis psy ou étudiants psy avec tout le respect que je dois à votre savoir, merci de penser à ceux qui éventuellement n'entravent que pouic à votre verbatim, sinon on s'éloigne furieusement de l'objet du forum qui est le partage et l'échange.

Merci d'avance  :)

19 août 2006 à 13:36:45
Réponse #141

Ancien forum



Posté par DavidManise

Silencio,

Question : est-ce que, justement, le débriefing ne peut pas ramener un évènement dans l'ordre du symbolique en permettant à la personne de mettre des mots sur tout ça ?  En partie, peut-être ?

Ciao !

David

19 août 2006 à 13:44:28
Réponse #142

Ancien forum



Posté par bison_solitaire

C'est donc bien ce que je pensais les mots "je suis traumatisé" sont galvaudés.
Je m'interroge sur un autre truc (notez le vocabulaire très recherché): toutes ces théories sont tout de même formulées par le cerveau "intellectuel", or la plupart des situations traumatisantes, stressantes ou tout autre terme que vous préférerez, sera plutôt ressenti par la part émotionelle du cerveau ou ça part reptilienne, peut-on alors réellement faire un travail sur cette partie du cerveau atteinte?
En demandant cela, je pensais à la sophrologie: je l'ai pratiquée, à une époque j'y croyais dur comme fer et finalement je me suis rendu compte qu'en fait je ne faisais qu'un travail du genre "je fais de la sophro donc je suis calme, serein". Mais on ne change pas son comportement et tout ce qui me rendait anxieux était toujours présent mais s'interdisait de "sortir".

19 août 2006 à 15:40:48
Réponse #143

Ancien forum



Posté par survivalfred

Salut,

Bon, malgré que mes théories stricto-sensus datent un peu et que de relire des briques de blabla psy me gave un peu parfois, je me permet d'intervenir ... et je vais essayer d'être clair et pragmatique, si, si  :)

Je pense tout d'abord que le débriefing peut être mené de plusieurs manières, il y a la théorie et la pratique ... de plus le bébriefing est bien sûr différent suivant le trauma, qui est très différent lorsqu'on annonce une mort prochaine, donc là on débrief un événement encore abstrait et donc imaginé, ou lorsqu'on débrief un événement des plus concret puisqu'il vient d'arriver.

(PS: je sais tu ne débrief pas la mort, ou la maladie, en tant que telle, mais le "choc" de l'annonce ... c'est là que ça doit être difficile).

Je bosse avec le Dr Delatte, un psy bien connu justement dans le domaine du PTSD (post traumatic stress disorder), et on est vraiment d'accord à 100 % sur l'utilité du débriefing et de la prise en charge rapide des victimes, témoins et intervenants lors d'une situation "traumatisante" ou vécue comme telle.

Je dis vécue comme telle car une situation peut très bien être vécue (ressentie) comme "traumatisante" pas une personne et non par une autre qui en était témoin au même titre.

Le fait, de réaliser, de façon précoce, un débriefing permet déjà, primo, à la victime de se sentir reconnue comme telle ... ça c'est super important dans la pratique.

Deuxio, cela permet au patient de mettre des mots (entrer dans la symbolique) justement de façon précoce par rapport au faits et donc d'avoir le moins de chance possible d'y intégrer des éléments imaginaires, fantasmatiques ou pseudo-délirants par la suite.

Ensuite, cela donne une prise de contact avec un professionnel, et donc de démystifier le recours, a posteriori, à l'aide d'un psy ... ça fait encore peur à bcp de gens d'aller voir un psy : si on va voir un psy, c'est qu'on est "fou" ! Le patient reviendra plus facilement en consultation et avec déjà une certaine confiance envers l'intervenant, donc facilité de créer une relation thérapeutique.

Et en résumé, s'il y a débriefing, il y a prise en charge précoce et dans l'absolu c'est ça l'important, non ?


Enfin, ça permet pour les équipes de terrain de faire "le tri" entre les cas qui vont décompenser et ceux pour qui la situation sera moins problématique ... bon, parfois on se plante aussi  :-/

Bon, pour être pragmatique je vais vous donner un exemple, ça tombe bien j'ai été bosser ce matin et nous avons actuellement dans le service une dame qui illustre bien, enfin mal, mes propos (pardonnez moi si j'en parle de façon détachée mais je ne peux y mettre de sentiment, c'est mon boulot):

Madame X, mère d'une ado, divorcée, rencontre un nouveau petit ami ... quelques mois plus tard, du à l'alcoolisme et la violence de celui-ci, elle décide de le virer.

Le gars, s'arme d'un couteau et va chez Madame X avec la ferme intention de lui faire regretter leur séparation. Madame X est absente, pas de chance sa fille de 16 ans rentre à ce moment là, le type l'assassine et tente ensuite de se suicider.

Madame X rentre chez elle et tombe sur la scène.

Les faits se sont passer il y a déjà plusieurs années. Nous traitons madame depuis quelques temps pour troubles de la personnalité, auto-mutilation, anxiété, dépression ...

Madame n'a pas été suivie au moment des faits, elle n'a pas été considérée comme victime ... seule sa fille a été considérée comme victime (forcément, mais elle était DCD donc il n'y avait plus grand chose à faire).

La patiente a en plus développé un énorme sentiment de culpabilité : c'était son ex-petit ami, elle était probablement la cible, elle était absente etc ...

Je pense qu'un débriefing aurait pu lui permettre de sortir du piège "puisqu'elle n'est pas victime, elle doit forcément être responsable" ... "pourquoi ma fille et pas moi ?" > "je suis une mauvaise mère, je n'ai pas su protéger mon enfant" > "et pire c'est moi qui ai amené ce gars, je suis donc responsable" > " si je suis responsalbe je dois être punie" ... etc ...  

Le travail avec cette patiente est beaucoup plus difficile a posteriori, il aussi fallu mettre en place tout le processus relationnel thérapeutique etc qui aurait déjà pu être initié lors des événements. Que de temps perdu puisqu'il n'y a pas eu de prise en charge précoce, que de mécanismes de défense mis en place avec le temps nous n'aurions pas du passer si l'action avait été réalisée plus tôt.

Bref, en conclusion, si Madame X avait été prise en charge rapidement, qu'un débriefing avait eu lieu et une prise en charge dans le continuum de celui-ci La situation aurait peut-être été différente.

Et, moi, ce matin, je n'aurai peut-être pas du soigner les 82 brûlures de cigarettes que Madame X s'est infligée sur la poitrine, les bras et la gorge cette dernière semaine ...  :-?

Voilà, voilà, j'espère n'avoir pas été trop long ni confus ...

Fred

[size=9]PS : tiens, ça me fait un débriefing cathartique de ma journée[/size]  ;)


  


19 août 2006 à 18:20:34
Réponse #144

Ancien forum



Posté par Patrick 3 C

Citation de: survivalfred link=1124307743/135#144 date=1155994848
Voilà, voilà, j'espère n'avoir pas été trop long ni confus ...
Bien que titulaire du bourrin award 2006, j'ai tout compris dis-donc.

Ca me rappelle cette histoire d'un gars que je connaissais ayant traversé un enfer pendant la guerre d'indochine (combats + déportation + évasion + blessures + handicap permanent résiduel) et qui se suicidat 20 ans plus tard parce que sa femme le trompait.

Il y a des choses horribles que l'on peut supporter et d'autres qui paraitront supportables et qui ne le sont en fait pas du tout parce qu'elles renvoient à d'autres choses plus profondes.

On à tous nos leviers.

19 août 2006 à 19:38:24
Réponse #145

Ancien forum



Posté par silencio

Citation de: Patrick 3 C link=1124307743/135#145 date=1156004434
Bien que titulaire du bourrin award 2006, j'ai tout compris dis-donc.

Ca me rappelle cette histoire d'un gars que je connaissais ayant traversé un enfer pendant la guerre d'indochine (combats + déportation + évasion + blessures + handicap permanent résiduel) et qui se suicidat 20 ans plus tard parce que sa femme le trompait.

Il y a des choses horribles que l'on peut supporter et d'autres qui paraitront supportables et qui ne le sont en fait pas du tout parce qu'elles renvoient à d'autres choses plus profondes.

On à tous nos leviers.

Tu viens de bien résumer ce que peut être le trauma, il y a cette idée d'un premier trauma qui sensibilise les défenses. Ensuite un incident qui peut paraitre anondin va déclencher une névrose traumatique.

Dans le cas que tu présente Survivalfred, tu pointes deux apsects importants. Le premier, est la notion de victime. C'est un point très délicat car selon la discipline (droit pénal, philosophie, psychanalyse, anthropologie, sociologie, histoire...) la définition ne sera pas la même, et c'est une notion à manier avec prudence. Ca peut paraitre choquant ce que je dis, mais ça serait très long à développer.
Le second point que tu soulèves c'est la notion de culpabilité. Alors attention, je vais être brute de décoffrage, mais la culabilité est nécessaire. Je m'explique (enfin je vais essayer). Je crois qu'on ne pourra jamais déulpabiliser Madame X. Elle a vu sa fille se faire assasiner, la chair de sa chair, "à cause de l'homme qu'elle a choisi". C'est impossible de lui oter sa culpabilité, et je dirais que c'est nécessaire qu'elle culpabilise. Pourquoi? Car la culpabilité permet la retraversée de l'oedipe. C'est à partir de cette retraversée qu'un travail d'élaboration de l'événement traumatique (de l'effraction du réel pour être exact) est possible. J'ai conscience que ça peut paraitre obscur ce que je dis.
Pour ta question David, je ne pense pas que le debreffeing puisse ramener un événement dans le symbolique car (je vais faire mon tatillon) car c'est pas l'événement que le psy et le patient vont tenter de symboliser, mais l'effraction du réel. Je sais que ça peut paraitre comme un détail, mais dans la pratique ça a son importance. Le souci dans la prise en charge rapide des situations traumatiques c'est qu'on ne peut pas savoir qui est traumatisé ou qui ne l'ai pas. Prenons l'exemple d'un attentat. Un bâtiment explose, des personnes perdent la vie, d'autres sont blessés, et d'autres sont sous le choc. Ces dernières personnes seront prises en charges psychologiquement. Mais je pense que c'est très difficile dans ce genre de situation de savoir qui va s'inscrire dans une névrose traumatique et qui arrivera à élaboré. En général les psy de CUMP n'interviennent pas de suite, ils peuvent intervenir quelques jours après les événements. Avec le débreffeing, si mes souvenirs sont bon, les psy interviennent de suite, et je pense que ça doit être difficile de distinguer l'état de choc d'une névrose traumatique. Il existerait d'autres raisons que je n'évoquerais pas ici car ça serait que des batailles de clochers ;)
Mais bon je suis encore un nombril humide, un p'tit étudiant qui croit avoir tout compris à la psycho mais qui a encore sacré bout de chemin à faire!!!  ;) Donc ce que je dis doit être pris avec du recul et sur le terrain notament en situation de survie je pense que les plus important n'est pas de savoir si il faut être un clinicien ou un analyste pour prendre en charge  une victime, mais plutôt de se montrer présent, à l'écoute, éviter le suraccident, être rassurant.
Après dans le cabinet d'un psy il y a différente façon de prendre en charge le trauma, c'est en fonction du psy, mais et surtout du patient. Je ne suis pas un lacanien pur et dur, je me concidère comme naïf et ma plus grande référence en terme de théorie est Woody Allen.
Voilà, j'espère ne pas être trop lourd!!!

19 août 2006 à 19:53:37
Réponse #146

Ancien forum



Posté par survivalfred

Salut,

Silencio,
Citer
Donc ce que je dis doit être pris avec du recul et sur le terrain notament en situation de survie je pense que les plus important n'est pas de savoir si il faut être un clinicien ou un analyste pour prendre en charge  une victime, mais plutôt de se montrer présent, à l'écoute, éviter le suraccident, être rassurant.

Ben, voilà,  :) on est d'accord  [smiley=thumbsup.gif]

Ha, si tu es ouvert à autre chose que Lacan (ouille, elle est lourde celle-là  ;D), que penses tu des travaux de Carl Rogers ? Et de ses techniques empathiques qui justement permettent l'accès à l'énonciation du mot ... c'est très intéressant a appliquer en post trauma précoce.

Fred

19 août 2006 à 21:35:14
Réponse #147

Ancien forum



Posté par silencio

C'est essentiel d'être ouvert à autres chose que l'enseignement universitaire. J'ai déjà vu des étudiants de troisième année inscrit à la cause freudienne, je trouve ça lamentable.
Je connais Rogers de nom et j'en ai un peu entendu parlé, mais je n'ai jamais rien lu de lui. Sinon je m'interesse aussi à l'hypnose ericksonienne. J'ai eu la chance d'assister à des scéances d'hypnose dans le cadre de psychothérapies pour des pathologies cancéreuses, et je dois avouer que je fus vraiment impressionner. Les patients sont appaisés les angoisses diminues, et même en situation de crise. La psy est intervenue sur un patient très agité, extremement stressé, et rien que le fait de lui parler comme elle le fait lors d'une scéance classique a permis d'abaisser les tensions. Elle se callait sur le rythme et la respiration du patient et utilisé un certain vocabulaire.
Je pense que rien que ça dans des situations difficiles c'est super. Je me souviens quand j'étais pompier volontaire ça nous arrivais souvent que des victimes soient très excités ou extrêmement angoissées, et si il n'y avait pas le médecin avec nous pour faire une piqure, c'était très dur de calmer la victime, je pense que la technique ericksonienne aurait été super utile dans ces situations.

10 mai 2017 à 10:40:46
Réponse #148

Troll


Hello,

Petit up sur la résilience, en sus d'une lecture de Taleb (Anti-Fragile)

Grosso modo, il s'agit de trouver l'état d'esprit permettant transformer un désagrément / évènement négatif en une source d'amélioration pour progresser

Bien à vous,

Troll
Semper potest proficio

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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