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Auteur Sujet: les brûlures  (Lu 14643 fois)

02 janvier 2012 à 15:20:51
Réponse #25

Rosetta


:

- les HE de lavande et d'immortelle, que j'ai toujours dans ma trousse de secours, semblent prescris pour les brûlures. Comment se mettent ils en oeuvre ? Dès les premières minutes ? Comment ? Sur une compresse et on tapote ? Après que la cloque soit percée ? Faut il appliquer les deux, ou c'est au choix ?
perso je mets de la lavande seule, et immédiatement après avoir refroidi la zone, pure, je perce si la cloque grossit trop, sur une compresse sans frotter, ou avec le doigt en massant très légèrement.

- Quand je me suis brûlé, j'étais sur une plaque de neige plus gelée qu'autre chose. J'ai immédiatement eu le réflexe de poser le doigt sur la glace pour le refroidir. Dès que je l'enlevais, la douleur revenait au galop. J'ai donc alterné, 5 minutes sur la glace, 2 minutes à préparer le couchage, 5 minutes sur la glace pour soulager, etc, et ce pendant plus d'1h jusqu'à que la douleur diminue suffisamment pour que je puisse dormir (c'était lors du bivouac du soir...). Est ce qu'il aurait fallut privilégier de plonger le doigt dans la nalgène (eau trés froide,  moins de 10°C)  ? Je n'avais pas de ruisseau à proximité pour faire ruisseler de l'eau dessus...
La glace c'est trop froid, il aurait fallu que tu casses de la glace et que tu la fasses fondre un peu près du corps dans un linge + sac plastique si t'avais ça sous la main (le gelé fait aussi mal que le bouillant...).

- quels sont les moyens naturels à notre disposition (hormis l'eau, la neige ou la glace) pour traiter dans les première minute une brûlure (refroidir le plus possible) et par la suite, soigner une brûlure (corps gras à appliquer) ? De ce que j'ai pu lire, l'argile humide semble être un bon moyen, avec pas mal d'inconvénients (changement fréquent de cataplasme, potentiellement infectieux entre autre). Quoi d'autre ?
J'ai lu quelque part que l'application d'un corps gras en première intention n'était pas souhaitable, mais je ne me souviens plus où , je cherche.


Edit : oui, pas de corps gras : http://www.vulgaris-medical.com/urgences/brulures-13.html
a bove ante ab asino retro a stulto undique caveto

03 janvier 2012 à 00:45:04
Réponse #26

Meven


Salut,


En ce qui concerne le traitement immédiat de la brûlure, ton reflexe a été le bon, à savoir refroidir le plus rapidement possible pour limiter l'extension thermique par conduction dans les tissus et bénéficier des effets antalgiques du froid. Même si dans l'absolu pour cela, l'eau entre 15 et 18° est recommandée, à part se faire une poche à glace avec un t-shirt, torchon ou autre contenant de la neige pour éviter un contact direct avec les tissus lésés et la glace, c'était dur de faire mieux avec ce que tu avais sous la main.



- quels sont les moyens naturels à notre disposition (hormis l'eau, la neige ou la glace) pour traiter dans les première minute une brûlure ?

Dans la littérature médicale, il n'y a pas d'autre recommandation que l'eau froide, avec un temps d'exposition d'au moins 10mn, sans recommandation en ce qui concerne le temps de refroidissement optimal. Il est à adapter en fonction de la douleur. Attention aussi au risque hypothermique lorsque l'on refroidit une brûlure, penser à se couvrir, au besoin utiliser une couverture de survie.

Pour ce qui est des huiles essentielles, rien n'a été démontré à leur sujet, à prendre donc avec des pincettes.

Pour ce qui est de l'argile, le risque septique me parait effectivement beaucoup plus important qu'avec de la neige ou de l'eau.



- j'ai essayé de comprendre le mécanisme de qui se met en oeuvre lorsqu'on se brûle, mais force est de constater que je n'y arrive pas vraiment.

Un petit mot donc sur la physiopathologie des cloques :

Dans une brûlure, il y a 2 zones différentes :
- une zone de nécrose centrale (peau morte, partie sup de la cloque) correspondant à l'endroit de la brûlure, plus ou poins superficielle dans les stades 2, profonde dans le stade 3.
- une zone d'inflammation périphérique et en profondeur.

C'est cette inflammation qui va déclencher tout un tas de mécanismes cellulaires dont le but premier est de faciliter la cicatrisation, mais qui vont aussi avoir quelques effets "secondaires" qui vont conduire à l'apparition des cloques.
 
à savoir :

- Un "effet passoire" : les capillaires se dilatent et deviennent hyper-perméables, de l'eau et des molécules passent donc dans l'espace interstitiel.
- Un "effet buvard" : La brulure, en désorganisant les structures "architecturales" de l'espace interstitiel, créent un "appel d'eau" des capillaires déjà hyper-perméables, vers l'espace interstitiel.



Après, quelle conduite à tenir face à ces cloques ?

Il n'y a pas vraiment de consensus en la matière, mais :
- Leur contenu est stérile, les conserver permet de protéger, du moins les premiers jours, des infections.
- les cloques sont hyper douloureuses, les percer permet de soulager efficacement.
- Une fois percées, n'ayant plus d'épiderme pour jouer le rôle de barrière naturelle, le risque septique devient plus important. Il faut donc maintenir la brûlure propre et la protéger par un pansement adapté, à changer tous les 2-3 jours.
- Il est de toute manière recommandé de retirer la peau détachée au bout de 4 jours.



Comme David dans un des premiers posts de ce topic, je ré-insiste aussi sur le fait qu'une brûlure de la face ou de la gorge est TOUJOURS grave.
Une brûlure chez un enfant est TOUJOURS grave.
Les brûlures ne sont pas des blessures à prendre à la légère, qui peuvent avoir des conséquences importantes à court, moyen et long terme. Ne pas hésiter donc à consulter un médecin ou aux urgences au moindre doute.

Penser également à vérifier sa vaccination anti-tétanos. C'est toujours une maladie mortelle, et la vaccination se refait tous les 10 ans.


Mon gravier,


Meven
« Modifié: 03 janvier 2012 à 00:52:11 par Meven »

03 janvier 2012 à 10:03:49
Réponse #27

marvic


Je me permets un petit rectificatif : dans la dernière version du PSC 1, il n'a plus de donnée de temps pour la durée de refroidissement. Le texte précise
 que pour une brûlure simple on peut arroser tant que ça soulage. La durée de temps n'est valable que pour les brûlures graves afin de limiter le risque d'hypothermie.
Après, il est recommandé d'emballer la cloque avec un pansement si possible pour éviter qu'elle se perce pour les raisons que vous avez citées.

A +
Marvic
Mon chien a l’expérience de la nature humaine. Je fais confiance à son discernement, plus prompt et pondéré que le mien.

03 janvier 2012 à 17:29:59
Réponse #28

Meven


Merci pour les précisions.  ;)

Je me réfère aux recommandations de la Société Française de Médecine d'Urgence, donc je ne suis pas toujours au courant des dernières évolutions du PSC1, qui est une version simplifiée, destinée à des situations où les moyens techniques et humains sont moins importants qu'à l’hôpital.

++

Meven

04 janvier 2012 à 00:15:47
Réponse #29

inzemix


Pour ce qui est de l'argile, je peux en parler, j'ai essayé... sur moi, et sur mon fils...
Ca marche super bien, j'ai jamais vu la douleur passer aussi vite, même sous l'eau froide (enlever et renouveler la couche d'argile quand la douleur revient)...
En ce qui concerne les suites, et le risque infectieux, mes brulures a moi n'ont jamais été assez importantes pour avoir un risque majeur d'infection, mais mon fils était bien cramé (un peu trop pressé de manger des pop corn, la casserole n'avait pas finie de refroidir...), ca a cloqué, les cloques ont pété... on a mis de l'argile dessus (avec des HE de tea tree) pendant 3 jours, et en 3 jours, c'était complètement guéri... (pour être honnête, j'ai jamais vu une brulure cicatriser aussi vite... c'est vrai qu'il avait 2ans et qu'a cet age la, ca va vite, mais la, je suis resté vraiment scotché..)

Après libre a vous de choisir votre camp, mais moi brulure = agrile, après tests... additionné de tea tree, le risque infectieux est très diminué...

04 janvier 2012 à 00:17:19
Réponse #30

Achille


perso je mets de la lavande seule, et immédiatement après avoir refroidi la zone, pure, je perce si la cloque grossit trop, sur une compresse sans frotter, ou avec le doigt en massant très légèrement.

J'ai subi quelques petites brûlures de l'index lors de bricolages et manipulations de réchauds à bois et, comme Rosetta, j'ai constaté que la lavande vraie est très efficace pour calmer instantanément la douleur et favoriser la cicatrisation. Je procède de la même manière en massant légèrement puis si nécessaire, en posant un pansement imbibé de quelques gouttes de HE.

04 janvier 2012 à 19:20:42
Réponse #31

StormX


Nickel !  :doubleup:

Merci pour toutes ces interventions.

J'ai vraiment été étonné comme cette brûlure ne me faisait pas mal en faite. Certe, elle n'était pas sur un endroit souvent sollicité, m'enfin quant même. Il n'y avait que les bords, légèrement enflés, qui présentaient une légère gène (même pas une douleur). J'ai percé et protégé il y a deux jours. Découpé la peau morte hier. Tout ça dans un pansement + HE de lavande.

 :up:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

06 avril 2012 à 16:40:24
Réponse #32

dkjm


Salut,

Petit retex à propos d'une brulure,


En Russie pour deux semaines, j'étais avec un ami Russe (je ne parle pas Russe et lui ne parle pas Français nous parlions donc un vague allemand pour communiquer, ma copine étant en fait mon traducteur habituel) au Bania (un Sauna Russe, c'est leurs manière de se laver à la Campagne). Le Bania n'étant pas mixte j'étais donc seul avec lui (on voit ici poindre la première erreur qui a été de rester dans un bania avec un Russe sans vraiment avoir de moyen de communication). Il faut savoir que dehors il faisait environs -5°C et qu'il y a beaucoup de neige, la tradition Russe est de faire plusieurs passage dans le bania, de sortir et de se jeter de l'eau gelée puis de la neige dessus.

Donc tout ce passe bien jusqu'à ce que je me trompe de sceau pour prendre l'eau froide sensée rincée tout le corps. En lieu et place de prendre de l'eau froide voir très froide, j'ai pris de l'eau brulante (que l'on jete en fait dans un compartiment plein de pierre aménagé juste au dessus du poele à bois) et bien sur je me l'a suis jeté sur le buste et dans le dos. Evidemment, après les premiers hurlements et m'être jeté de l'eau froide dessus autant que je pouvais,  j'ai demandé une douche froide afin de refroidir la blessure sachant que les premières minutes sont cruciales, et là, c'est le drame... Pas de douche ! Pas d'eau courante en fait, l'ami Russe en question désigne la neige comme douche et revient avec un pot de graisse (de lapin je présume), ne sachant quoi faire, je m'étale la graisse de lapin dessus (troisième erreur).

Après plusieurs minutes à ne pas savoir quoi faire nous somme allé à l'hopital le plus proche où on m'a séparé des personnes permettant une traduction du Français au Russe (autre erreur, se rendre dans un pays dont on ne maitrise absolument pas la langue) là les medecins m'appliquent une crême orange et m'injectent du sedatif (la douleur, la peur, la brulure et le froid exterieur (j'étais en maillot de bain lorsque je me suis brulé) me faisaient trembler). Après 5 jours d'hopital, je suis ressortis, il me reste des traces, je pèle dans tout le dos, au niveau du coup, j'ai des sortes de plais sèches sur le buste autour desquels je pèle bien sur (la peau était partie directement au moment de la brulure, au lieu d'avoir des cloques j'avais donc des zones où la chaire était directement à vif).

Je rentre en France dimanche et vais aller chez le medecin dès mardis (lundi férié) pour m'assurer d'une continuité dans les soins.


Plusieurs constatations importantes (déjà donnée mais bon) :
    - Même en l'absence d'eau liquide à portée, ne jamais mettre de graisse sur les brulures et encore moins les plaies
    - D'instinct j'ai refusé de me mettre de la neige dessus craignant que ça n'empire la situation (je ne sais vraiment pas si j'aurais du)
    - Pareil, d'instinct j'ai refusé de mettre tout vetement sur le buste craignant qu'ils restent collé
    - La mentalité russe étant ce qu'elle est, je me suis vu proposé de la vodka moins de 10 minutes après l'incident, j'ai naturellement refusé. Ne jamais boire d'alcool suite à une brulure du fait de la déshydratation que ça provoque
    - L'expression : "don't do stupid things with stupid people" s'applique plus que jamais dans un pays étranger où on ne peut communiquer
    - Reste la problèmatique du suivi médical, en effet, le système médical Russe est extrement différent du système européen : écriture cyrrilique, hopitaux assez vetustes, équipe attentionné si on est Français mais parfois à la limite de l'incompétence ; on ne m'a pas nettoyé les plais quand je suis arrivé à l'hopital, on me remettait de la creme sans rien nettoyé, certaines zones n'ont pas été traité immédiatement (j'ai du signalé que j'avais été brulé au niveau de l'elastique du maillot de bain pour qu'on regarde). Dans ce genre de situation essayer de s'arranger pour que tout les noms des médicaments avec lesquels on a été traité soit écris en latin avec les doses correspondantes pour favoriser le suivi.

 Qu'auriez vous fait dans une telle situation ? Rapatriement ? Mettre de la neige voir de la glace sur les brulures ? etc.


EDIT : Si besoin je peux rajouter quelques photos des brulures au jour d'aujourd'hui (brulure le 30 mars donc il y a 6 jours environs), et j'ai hésité à poster cela dans le sujet sur les brulures de bébé après inattention mais je me suis dis que cela ne correspondait pas au sujet et que ce post correspondait plus.

06 avril 2012 à 21:44:39
Réponse #33

fry


Salut,

Tu aurais pu prendre un fond de seau d'eau brûlante ( en vidant le reste ), et y rajouter de la neige. En fondant immédiatement dans le seau, elle aurait donné de l'eau très fraiche qui aurait pu servir à refroidir sans risque la brûlure - idéalement une eau à 15 degrés -. Effectivement le contact direct avec la neige n'est pas spécialement recommandé, mais la faire fondre est chose aisée, il faut s'en servir. Si il y avait dans les parages un sac plastique ou autre support ( serviette, t-shirt ) pouvant accueillir de  la neige pur une application indirecte de froid, tu aurais aussi pu tenter.

Citer
Pareil, d'instinct j'ai refusé de mettre tout vêtement sur le buste craignant qu'ils restent collé

En fait l'histoire des vêtements et des brûlures, c'est qu'il ne faut pas retirer un vêtement brûlé ( donc déjà sur la victime lorsqu'elle se brûle ) s'il colle à la peau. Dans ton cas, ta peau ayant en surface refroidie assez vite, poser un vêtement dessus n'aurait pas suffit à le consumer. Il y a en revanche d'autre raisons de ne pas mettre un t-shirt à ce moment là: il fallait refroidir la brûlure ( un bon quart d'heure ), et la couvrir ensuite de manière protectrice. En l'absence de pansement stérile, une serviette propre aurait pu faire l'affaire.

La graisse dans les premiers instants est effectivement une mauvaise idée ( mais pas dans les suites, puisque pendant plusieurs semaines la protection se fera par pansements gras... stériles, pas de la graisse de lapin ! ).

Citer
La mentalité russe étant ce qu'elle est, je me suis vu proposé de la vodka moins de 10 minutes après l'incident, j'ai naturellement refusé. Ne jamais boire d'alcool suite à une brulure du fait de la déshydratation que ça provoque

C'est un bon réflexe. La brûlure provoque les mêmes effets que l'alcool, une vasodilatation excessive. Ce n'est pas le moment d'aider la brûlure à perturber ses échanges. Tout ceci ne vaut que pour une surface importante / brûlure graves / d'un haut degré, mais si on ne sait pas, trop de prudence vaut mieux que pas assez.

Pour le rapatriement: tout dépend de la gravité. Au delà d'une certaine étendue ou si brûlure trop grave, oui, le rapatriement n'est pas abérrant. S'il ne s'agissait que d'un premier degré sur le haut du dos et le torse, les mesures de premiers recours seront probablement suffisante, avec derrière un bon suivi de retour en France.

12 avril 2012 à 18:45:25
Réponse #34

Anonymous


Posté par survivalfred


C'est faux, Fab, si tu fait bouillir l'eau c'est que tes tissus sont déjà bien au-dessus de 100°C donc tout est mort ! Par contre, sur certaines brûlures chimiques (par exemple sodium) il ne faut en aucun cas mettre de l'eau !!  


Pourquoi le sodium ?
We are Legion. We do not forgive. We do not forget. Expect us.

12 avril 2012 à 18:50:22
Réponse #35

Lio


Parce que le sodium réagit avec l'eau et il y a combustion donc ça aide à brûler.
T'as pas fais l'expérience à l'école en chimie? :D

Lio ;)
C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages.
Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer:" jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien"
Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. (La Haine)

12 avril 2012 à 18:55:53
Réponse #36

VieuxMora


... Et cette combustion du sodium, en prélevant l'oxygène de l'eau libère de l'hydrogène gazeux qui s'enflamme et explose !
La totale  :o

12 avril 2012 à 19:02:37
Réponse #37

Anonymous


Parce que le sodium réagit avec l'eau et il y a combustion donc ça aide à brûler.
T'as pas fais l'expérience à l'école en chimie? :D

Lio ;)
Je suis en 3eme...
We are Legion. We do not forgive. We do not forget. Expect us.

12 avril 2012 à 21:47:57
Réponse #38

fry


Il est vrai que le terme générique de " sodium " n'est pas très parlant en secourisme ( le "sodium" tout seul décrit le sodium métallique en opposition avec " l'ion sodium ", et avec lequel on se brûle assez rarement dira-t-on. )

Pour ce qui est du registre des brûlures chimiques, la soude ( solutions d'hydroxyde de sodium ) te parlera peut-être plus Anonymous, ou du moins te parlera bientôt si c' est au lycée que vous commencez les TP de chimie. Ce caustique est le plus connu des responsables dans les brûlures chimiques par bases.

Conseiller de ne pas mettre d'eau dans cette situation est une erreur courante.
Dans les faits, il faut rincer abondamment la brûlure à l'eau, et le terme " abondant " prend vraiment tout son sens ici, car effectivement la réaction de la soude avec l'eau va entraîner une forte production de chaleur ( ce qui fait qu'on peut aggraver la brûlure si on se contente de l'asperger vaguement d'eau ). En faisant couler en abondance et de manière continue une eau froide sur la blessure, on pourra simultanément refroidir la réaction de production de chaleur eau-base, et d'autre part rincer et évacuer le produit de la surface de la peau, où il aurait invariablement continué à brûler.

En milieu spécialisé on peut traiter par produits locaux spéciaux ayant un effet de blocage de la réaction chimique, mais la plupart de ces produits ne sont pas validés dans leur utilisation courante, et n'ont pas montré de franc bénéfice en comparaison d'un lavage ( très abondant et continu ) à l'eau.

Ne faites jamais vomir quelqu'un ayant ingurgité de la soude.

Toute brûlure oculaire par une base est très grave.

Quoiqu'il arrive, composez tout de suite le 15.

13 avril 2012 à 11:14:33
Réponse #39

Anonymous


Salut à tous,

Pour la soude, je savais qu'il  fallait rincer IMMEDIATEMENT et ABONDEMMENT à l'eau fraiche et claire, mais je ne savais pas qu'une brulure à l'oeil avec une base était grave, pourquoi cela ? N'est-ce-pas plutôt avec une acide que la brulure est grave, à l'oeil ou n'importe où ailleurs ?

Anonymous
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13 avril 2012 à 11:55:29
Réponse #40

fry


Toute brûlure chimique au niveau de l’œil est grave et doit être prise en charge par des professionnels. Mais une brûlure par base est beaucoup plus grave qu'une brûlure par acide.

La raison est que la gravité d'une brûlure oculaire est notamment corrélée au degré de pénétration intra-oculaire de la dite brûlure.

Or les acides de par leur composition ne sont responsable la plupart du temps que de brûlures superficielles, et sont bloqués par la barrière de protéines épithéliales de la cornée en formant un précipité ( et en occasionnant au passage quelques dégâts, c'est certain ).
 
Les bases quant à elles, entraînent une saponification de la barrière des cellules épithéliales ( c'est par cette réaction qu'on produit du savon, dans les faits, c'est une destruction par hydrolyse de la barrière épithéliale en milieu basique ), là où les acides sont bloqués, les bases traversent donc très rapidement et sans difficulté, pour aller endommager loin en profondeur, l'iris, le corps ciliaire, le cristallin,  pouvant même entraîner une atrophie globale du globe oculaire. Une fois dans l’œil, la base entraîne nombre d'autres réactions compliquées aggravant encore la lésion et rendant les suites difficiles, notamment la cicatrisation.

Va voir ce lien pour t'y retrouver dans l'anatomie de l'oeil:
http://perso.id-net.fr/~brolis/docs/oeil/images/oeil_physio.gif

Ne retient que l'essentiel:
- La brûlure chimique occulaire est grave.
- Les bases font bien plus de dégats que les acides ( seuls certains acides forts ont un pouvoir de nuisance voisin, comme l'acide fluorhydrique ).
- La conduite à tenir est un lavage abondant de l’œil à l'eau, en faisant bien attention ( c'est très important )  de ne pas faire couler l'eau sortant d'un œil, vers l'autre œil, sous peine de le brûler lui aussi. Et bien sûr, appeler rapidement les secours.
- Pour rappel, quand on manipule des produits chimiques de ce genre, on doit porter des protections appropriées, notamment des lunettes de protection.


13 avril 2012 à 13:37:33
Réponse #41

Anonymous


Salut à tous,

Merci pour cette réponse complète fry
We are Legion. We do not forgive. We do not forget. Expect us.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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