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Auteur Sujet: Importance de l'efficience en situation de survie  (Lu 3796 fois)

10 novembre 2011 à 17:33:20
Lu 3796 fois

-stan


Salut :)

L'efficience, c'est l'art d'obtenir un résultat avec le minimum d'effort. En situation de survie, ça prends donc tout son sens puisqu'on vise l'économie de calories et la minimisation des risques.

Concrètement, comment ça peut s'opérer sur le court terme ?

3 heures sans régulation thermique :

Abri : un truc d'un mètre carré suffira, construction la plus simple possible, avec le moins de coups de couteaux. Style petite hutte.
Feu : est-ce qu'on a vraiment besoin de faire le feu de la saint-jean à chaque sortie ? Non ! Pour moi, le bois de glanage, les petites branches sèches sur les troncs des résineux suffisent. Les Indiens font un petit feu et se réchauffe près de lui, tandis que les Blancs en font un gros mais se réchauffent en allant couper les gros troncs  ;#
Dans ce cas, ce qui est approprié : c'est fixe de 4-5 pouces + scie, plutôt qu'un gros couteau de camp qui est plus gourmand en énergie + temps pour le même résultat. Par contre à long terme, je prendrais l'inverse (on gagne en fiabilité).

Vêtements : couvrir la tête en priorité, eh oui... c'est là où c'est le plus efficient. Les chaussures : bien réfléchir avant au rapport "difficulté du terrain/robustesse des chaussures", ça fait soulever des tonnes à l'issue d'une journée.

Boire/manger :

- en groupe, parler le minimum possible, pas de blabla inutile, que du signal. Communication efficiente.
- pareil pour les gestes.
- respiration : par le nez.
- l'emport d'un filtre à eau (et/ou pastilles) par exemple, ça fait gaspiller moins d'énergie que faire un feu, etc...
- on considère son estomac comme une gourde, on remplit à fond quand on trouve de quoi ravitailler.
- privilégier la cueillette, chasse au collet plutôt que "poursuite" du gibier, et pêche bien-sûr.

Voilà, je serais content qu'on puisse détailler un peu tout ça, voir de donner des exemples concrets...  ;)
N'hésitez à me dire si c'est du caca.

10 novembre 2011 à 17:50:36
Réponse #1

DavidManise


Je trouve le concept d'efficience vraiment super...  et extrêmement vaste.  T'as l'efficience à court terme, l'efficience globale (coût en énergie sur ta vie, quoi...), l'efficience à long terme...

:love:

Un bon exemple d'efficience, pour le coup, les sachets de riz précuits de Guillaume.  J'ai adopté.

Tout le monde se trimballe des lyophs dégueux, chers, et sont obligés de trimballer plus de flotte pour les réhydrater.  Donc sauf si on peut / doit se ravitailler en route, les lyophs ça sert strictement à rien.  Solution plus efficiente : les sachets de riz uncle bens à réchauffer en 2 min au cro'ondes.  Deux cuillers à soupe d'eau bouillante dedans, tu refermes, ça chauffe, et t'as du vrai bon riz.  Un bout de saucisson en plus pour les prots, et hop, ça commence à ressembler à un repas nourrissant pour la moitié du prix d'un lyoph.  Et c'est bon.  Et au final c'est pas plus lourd...

Bref :)

ENORME, ce concept.  Une fois qu'on le maîtrise un peu, on peut vraiment jongler avec et en tirer des trucs de dingue ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

10 novembre 2011 à 18:33:54
Réponse #2

Aerazur


N'hésitez à me dire si c'est du caca.

Ben non, bien au contraire!  ;)

Avec ce concept, tu touches comme l'écrit David, un domaine fort vaste. Et qui au final une idée qu' il a su nous communiquer et faire partager (et adopter) au sein de ce forum: "comment faire plus avec moins".
Si, comme le disait Léonard de Vinci "ne pas prévoir, c'est déja gémir", trop prévoir c'est psychotter. Survivre, c'est s'adapter. Nous, etres humains, devons savoir nous adapter. Nous sommes nus, et extrèmement vulnérables si nous ne sommes pas préparés. Pour beaucoup (et j'en fis partie), la préparation est lourde, encombrante, imposant une logistique qui nous rassure mais qui devient vite désordonnée, ou qui impose trop de moyens (physiques, financiers, intellectuels...). Là, nous devenons contre productifs à force de vouloir devenir opérants, ou "opératifs de la survie". Tu nous invite à etre aussi "spéculatifs de la survie", en inscrivant notre pensée dans quelque chose qui n'est pas figé. Donc ce ne peut pas etre du caca! :)

Une sorte de juste équilibre entre l'ensemble "b!te-couteau", et le sac de 50 kg. Du matériel bien pensé (et pesé), une connaissance du terrain, des saisons, des objectifs, du domaine d'action, de la gestion du temps, de l'énergie... en laissant place à l'adaptation plutot qu' aux scénaris multiples préétablis et répétés mille fois.

Une harmonie de la survie. Ton idée me plait, je vais m'efforcer de la creuser au quotidien.

10 novembre 2011 à 19:31:01
Réponse #3

Raiderscout


Economie des moyens
Concentration des efforts
Préservation des forces
Conservation de la liberté d'action / initiatives
Simplicité des actions
etc.

Quelques principes pouvant guider nos reflexions et qui aident à rationnaliser nos actions pour rendre nos actes efficients sur le terrain. je pense que cela vaut aussi et surtout dans le cadre de la survie.

Christophe
"Be Prepared !"

12 novembre 2011 à 05:17:35
Réponse #4

VERDUG0


Ne pas fumer, ne pas boire d'alcool, cela desaltere.
Gerer la bouffe (rationner, gaffe au deshydratement etc...)

Prendre une decision intelligente quand on a ses moyens, et s'y tenir.

12 novembre 2011 à 11:16:08
Réponse #5

sebeu


+1


"Mode HS possible"

Par rapport au sachet de riz précuits de David
Attention cependant aux aliments précuits, qui augmentent de manière importante la glycémie par un pic, et qui tiennent moins longtemps cette même glycémie. Pas l'idéal pour durer.

http://www.idealine.fr/cms.php?id_cms=7
http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_glyc%C3%A9mique


Dans les faits je n'ai jamais ressenti de différence, mais des potes trailer  & raider si. A creuser

" Mode HS possible probable OFF"

J'essaie aussi autant que faire ce peut de maximiser mon efficience, et celle de mon équipement (+ versatile).
Et de l'allégement du sac à l'économie de ses forces en marchant, le sujet est applicable à peu pres n'importe ou

Au dela de l'aspect survie, j'essaie d'optimiser cette efficience au boulot, et dans ma vie quotidienne.
Je pense que tu a mis le doigt sur un gros sujet.

Wikipédia différencie l'efficience de l'efficacité en faisant rentrer en jeu le facteur "moyens mis en oeuvre".
Bref un rendement (au sens energétique du terme, et pas financier).


Mes quelsques lignes



13 novembre 2011 à 11:48:46
Réponse #6

Patrick


Vous avez raison de parler d'efficience mais, n'est-ce pas une habitude à prendre avant de se retrouver en situation ? J'ai du mal à croire que quelqu'un qui soit désorganisé et qui manque de discipline au quotidien va se transformer radicalement.

13 novembre 2011 à 12:00:03
Réponse #7

Thanos


[
Deux cuillers à soupe d'eau bouillante dedans, tu refermes, ça chauffe, et t'as du vrai bon riz.  Un bout de saucisson en plus pour les prots, et hop, ça commence à ressembler à un repas nourrissant pour la moitié du prix d'un lyoph.  Et c'est bon.  Et au final c'est pas plus lourd...

Et le moral est bien meilleurs quand on à la sensation d'avoir bien mangé !  :up:

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

13 novembre 2011 à 12:58:28
Réponse #8

VERDUG0


D'accord avec Patrick, etre efficient par defaut permet d'avoir plus de ressources au moment ou on en a besoin, entre autres.

Illustration: voyage en 4x4 au kenya; je gaspille pas d'eau, meme si je sais que dans deux heures, on est au village...

13 novembre 2011 à 13:43:56
Réponse #9

-stan


Exact, DavidManise.  Plusieurs niveaux d'efficience.  Moi j'appelle ça de la survie intelligente :)

C'est à la fois un état d'esprit et une façon d'envisager chaque acte en terme de rentabilité (pas au sens financier).  Ensuite, on peux faire varier proportionnellement le niveau de risque et la consommation de ressources que ça induit selon la rentabilité du résultat en retour.

Tout part d'une réflexion au préalable en fait, que ça soit dans la vie de tous les jours, ou bien en situation de survie.  En psychologie, il est démontré qu'en situation embarrassante, un acte commun est d'agir dès lors que survient en tête une solution, alors qu'il faudrait en choisir une (la moins pire) selon une liste de solutions envisagée et réfléchie.  De fait, on choisit pas souvent la solution la plus efficiente.  Et la mauvaise habitude étant de se borner à l'accomplissement du résultat sans être conscient de l'énergie consommée, tel un âne derrière une carotte.

Plus pragmatiquement, quelques exemples d'efficience qui me viennent en tête :

- le bivouac "froid" plutôt que bivouac "chaud" => en gros privilégier le gros sac de couchage plutôt que le gros outil coupant (perso, c'est une évolution dans la façon de passer une nuit dehors);
- l'entomophagie : grosse productivité (ex.: criquets), pas trop d'impact sur la nature (tient dans peu de place, à nourrir de façon même peu qualitative ET quantitative).  Ratio protéines / poids total supérieur à la viande animale et poisson;
- isolation d'une maison : matériaux naturels et cheminée, en en plus on gagne en autonomie;
- l'agriculture bio (ou l'agro-forestie).  La doxa dit qu'il faut absolument des produits phytos pour cultiver, faux.  Donc bio pour aucune dépense chez Devil-Monsanto, une alimentation de *bien* meilleure qualité, garantir la pérennité de la richesse de la nature ET une agriculture moins gourmande en énergie (pas de labour profond, juste du grattage.  On laisse les plantes sauvages qui ré-équilibrent le sol en azote, phosphore, etc... sans parler de toutes les petites bestioles qui décomposent, aèrent, nourrissent...).

Pour l'urbain :

- une frappe légèrement détendue, plutôt qu'une frappe crispée (muscles contractés), plus de Newton à l'arrivée pour moins de gaspillage de force;
- les doigts dans les yeux plutôt qu'une grosse droite poing fermé;
- le covoiturage;
(- faire des pompes au Bac, plutôt que de réviser pendant des mois)  ;D

Etc...  à vous de compléter.

Bref, efficience = sang froid + réflexion = acte(s) optimisé(s) selon le contexte.  Pour moi le bon exemple, c'est Cody.  Le contre-exemple, c'est Berk Grylls.

A+ ;)

P.S.: d'ailleurs à l'ACDS si j'ai bien compris, vous avez fait le choix d'une petite panoplie de techniques épurées parce qu'elles sont efficientes, justement.
« Modifié: 14 novembre 2011 à 09:01:50 par -stan »

14 novembre 2011 à 09:03:30
Réponse #10

-stan


P.P.S.: d'ailleurs j'ai oublié de mentionner...  un super exemple d'interface informatique ergonomique et efficiente : Ubuntu.

14 novembre 2011 à 09:24:18
Réponse #11

DavidManise


Pour moi le bon exemple, c'est Cody.  Le contre-exemple, c'est Berk Grylls.

Cody a vécu plusieurs années dans les bois.  Berk, non.  La différence est là.  L'expérience réelle, concrète, de terrain.  Berk, il a fait des trucs spectaculaires avec de la logistique derrière.  C'est pas ça de la survie.  Pour moi c'est complètement autre chose.

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

14 novembre 2011 à 11:01:30
Réponse #12

kall



- privilégier la cueillette, chasse au collet plutôt que "poursuite" du gibier, et pêche bien-sûr.

Je pense que la pêche au filet (ou par tout autre piège) est un bon exemple d'efficience.

14 novembre 2011 à 22:24:41
Réponse #13

NeverSayDie



"Mode HS possible"

Par rapport au sachet de riz précuits de David
Attention cependant aux aliments précuits, qui augmentent de manière importante la glycémie par un pic, et qui tiennent moins longtemps cette même glycémie. Pas l'idéal pour durer.

http://www.idealine.fr/cms.php?id_cms=7
http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_glyc%C3%A9mique


Dans les faits je n'ai jamais ressenti de différence, mais des potes trailer  & raider si. A creuser

" Mode HS possible probable OFF"


En effet la pré-cuisson provoque une dextrinisation partielle de l'amidon c'est à dire une dégradation des liaisons osidique ( entre les glucides) se qui tend à réduire les chaines glucidiques ( on passe de chaines ramifiées - amidon - à des chaines plus courtes - dextrine -). Ainsi, on facilite en quelque sorte la digestion ce qui entraine une plus grande rapidité d'absorption -> augmentation rapide et peu prolongée de la glycémie.
C'est pourquoi, il est toujours préférable de consommer des glucides qui contiennent pas mal de fibres ( ralentissent l'absorption des glucides) EX : pain complet plutôt que pain blanc.
"Qui veut gravir une montagne commence par le bas" Proverbe chinois

16 novembre 2011 à 12:41:16
Réponse #14

guillaume


Patrick a mis selon moi, le doigt sur un truc important. Pour continuer à être efficient sur le terrain, fatigué par exemple, il faut qu'on le soit par nature dans la vie de tous les jours. Ce n'est pas le moment d'essayer d'intégrer le concept.
J'essaie d'être comme ça tous les jours. Ça me rappel la fois où, dans un job d'été, j'ai voulu être plus efficient qu'un ancien dans le protocole de fermeture ;#.

Être efficient c'est aussi savoir s'économiser ;).

a+

16 novembre 2011 à 13:27:25
Réponse #15

Kilbith


Je pense que la pêche au filet (ou par tout autre piège) est un bon exemple d'efficience.

A première vue c'est efficient : on choppe sans effort plein de calories. Mais ce n'est pas efficace (on n'atteint pas le but souhaité)

Là où je trouve que ce n'est pas très efficace c'est que le filet n'est pas discriminant, un peu comme la pêche au carbure. On n'atteint donc pas obligatoirement l'objectif fixé : prélever la "bonne" calorie, ni trop, ni trop peu. Un bon dispositif de piégeage devrait être discriminant...



On doit toujours avoir à l'esprit : l'efficacité (atteindre le but) ET l'efficience (atteindre ce but au moindre effort).

  ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

16 novembre 2011 à 15:02:06
Réponse #16

Raiderscout


A première vue c'est efficient : on choppe sans effort plein de calories. Mais ce n'est pas efficace (on n'atteint pas le but souhaité)

Là où je trouve que ce n'est pas très efficace c'est que le filet n'est pas discriminant, un peu comme la pêche au carbure. On n'atteint donc pas obligatoirement l'objectif fixé : prélever la "bonne" calorie, ni trop, ni trop peu. Un bon dispositif de piégeage devrait être discriminant...

Salut  :)

Je suis assez d'accord avec le rapport "investissement/rendement = efficacité" ciblé sur un objectif donné, mais pas en situation ou ta vie en dépend.

Je m'essaye à un petit raisonnement sur ton exemple :

L'efficience = est un rapport "moyens + efforts + temps" (= investissement) à minima pour un résultat (= éfficacité) à maxima.
en survie la cible est necessairement plus large. Dans cette situation, le piegeage vise à ramener des "protéines" et non tel ou tel type de gibier.

Je pense qu’il est illusoire de chercher à poser le piège parfait qui rammènera à coup sur et rapidement le type de gibier précis qu’il nous faut. Dans la réalité ce n’est pas vraiment réalisable. Il s’agirait plutôt de poser le maximum de pièges pour se donner les plus grandes chances de ramener « quelque chose ». La finalité étant de sortir au plus tôt de cette situation de survie.

Là où l’efficience prend toute sa valeur, c’est en amont de la situation qui pue : dans la recherche et l’apprentissage de techniques, l’acquisition d’expériences, la préparation des matériels ou l’utilisation des moyens de circonstance, etc.
Surtout, c’est dans la mise en place d’un mode de raisonnement au quotidien, qui appliqué en situation de crise (sous stress), permet d’être le plus efficace possible.

En survie, pour la recherche de nourriture au filet ou au piégeage, le point moyen de l’efficience serait de poser le moins de piège possible (réduire les efforts et le temps consacré) pour ramener le plus de nourriture possible (le nécessaire + = efficacité) et si possible en ciblant les victimes (impact moindre sur un environnement que l’on veut ménager dans la durée  en prévision de la sortie de la situation de survie ? et de la poursuite en bushcraft et vie en autarcie).

C’est pour cela que je trouve le filet particulièrement utile dans un Kit de survie. Le plus efficace pour la pêche, polyvalent au bivouac, pouvant servir à la chasse ou au piégeage, ne tuant pas nécessairement et permettant même le luxe de sélectionner le type de prise et la quantité nécessaire.
L’efficience pourra être, quand la maitrise de son utilisation en fonction des besoins et milieux sera maitrisée, en amont de la situation qui pue.

Ce n’est qu’un essai de définition.

Christophe.
"Be Prepared !"

16 novembre 2011 à 15:09:31
Réponse #17

DavidManise


On doit toujours avoir à l'esprit : l'efficacité (atteindre le but) ET l'efficience (atteindre ce but au moindre effort

Tafdak.

C'est une partie de ce que j'entends par "faire plus avec moins" ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

16 novembre 2011 à 15:53:39
Réponse #18

Kilbith


Je m'essaye à un petit raisonnement sur ton exemple :

L'efficience = est un rapport "moyens + efforts + temps" (= investissement) à minima pour un résultat (= éfficacité) à maxima.
en survie la cible est necessairement plus large. Dans cette situation, le piegeage vise à ramener des "protéines" et non tel ou tel type de gibier.

Je pense qu’il est illusoire de chercher à poser le piège parfait qui rammènera à coup sur et rapidement le type de gibier précis qu’il nous faut. Dans la réalité ce n’est pas vraiment réalisable. Il s’agirait plutôt de poser le maximum de pièges pour se donner les plus grandes chances de ramener « quelque chose ». La finalité étant de sortir au plus tôt de cette situation de survie.

En premier l'efficacité : collecter des calories. Si je n'ai qu'un filet, j'utilise un filet.

En second l'efficience : "on peut aussi traire une vache en la soulevant : on obtient du lait mais c'est plus fatiguant"

Le problème du filet, c'est qu'il est pratique mais pas toujours discriminant (en fait il faudrait préciser le type de filet : carrelet, filet grosse maille, filet posé, filet qui sert à rabattre...un filet peut être discriminant). On va donc manger à satiété une fois. Et puis après, on fait quoi ?

C'est pour ça que j'ai illustré mon propos avec une mine papillon+poupée :
- Elle ne sont pas discriminante ces mines. Comme elles ressemblent à un jouet, les enfants ont tendance à jouer avec et sont donc blessés ou tués. Si l'on considère que l'efficacité (but) consiste à gagner une guerre...alors c'est pas bon, parce que cela contribue à discréditer l'action de celui qui disperse les mines papillons. Or l'objectif est bien stratégique ici : gagner la guerre. L'utilisation de ce type de mine va rendre l'objectif plus difficile, ce n'est pas efficient.

Dans l'histoire du filet.
Je le répète : si je n'ai qu'un filet, je l'utilise. Moi le seul filet que je transporte c'est une moustiquaire de tête ou un genre de chèche...cela ne va pas être terrible. Mais si j'ai un hamac en maille, évidemment que cela peut le faire, aucun problème pour l'utiliser en l'absence d'alternative.

Mais si j'en suis réduit à devoir me nourrir sur le terrain...c'est que je pense devoir y rester pour un bon moment et que je ne peux pas bouger (j'exclue la prédation sur le biotope par facilité comme la pêche à la grenade effectuée par des bidasses désœuvrés). La nourriture n'est pas une priorité en survie, sauf à long terme. L'objectif stratégique c'est de "faire durer" la faune le plus longtemps possible (efficacité : atteindre ce but). D'où l'idée de promouvoir des méthodes plus sélectives : retenues, nasses, etc...Si j'envisage de me nourrir sur le terrain avant de partir, alors j'ai du matériel de pêche.



 ;)

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

16 novembre 2011 à 16:48:15
Réponse #19

Raiderscout


OKA  :)

La règle des 3 place la nécéssité de se nourrir à plus ou moins 3 semaines avant de basculer en situation de "survie".
Avant cette échéance la recherche de nourriture n'est donc pas la priorité absolue puisqu'elle ne menace pas ma vie.
Par conséquent je peux me permettre d'adapter finenement mes moyens pour obtenir des résultats ciblé (type et quantité) =
moins de pression sur les délais, plus de temps pour concevoir, réaliser, prélever. Je n'ai pas non plus le stress de devoir me nourir immédiatement ou absolument. Ce qui n'empêche pas d'être efficient bien au contraire.
Passé ce délais sans résultat, AMA l'équation change du tout au tout, ce qui oblige à être efficient mais peut être moins regardant sur les méthodes.

Ce qui serait peut être interessant, ce serait de dégager une méthode de raisonnement élémentaire applicable à nos actions quotidiennes et transposable, en réflex, comme méthode de raisonnement en situation de survie et/ou de stress (capacité réduite).  :huh:

 ;)

"Be Prepared !"

05 décembre 2011 à 19:18:25
Réponse #20

Mani


Salut,

J'ai fait un petit essais sur la manière de reflechir de facon " efficiente " ... Soyez indulgents ce n'est qu'un essais.
Je ne donne que des exemple je ne peux pas traiter chaque problème au cas par cas j'ai pourtant essayer mais ca donnerai un diagramme de plusieurs kilomètres  :o

Besoin?  manger, s'hydrater, se rechauffer, s'abriter, etc...

Urgence?  situation normale, situation de survie, situation extrême

Ressources disponible? suivant ma situation géographique, le biotope ou je me trouve, etc..

Quantité / Qualité?  juste quelques racines et quelques baies ou gros repas pour véritable fringale, un maximum de calories,  juste remplir ma gourde ou me réhydrater complètement, petit feu pour me redonner un peu de peps ou hypothermie donc mega urgence, m'abriter pour passer la nuit ou parce que le ciel va me tomber sur la tête, etc...

Etat physique/ mental? En forme pas de problème, fatigué a cause de la déshydratation, de la faim, du froid, perte de la mobilité des doigts a cause du froid ou d'une blessure, déplacements limités, etc...

Moyens techniques? le materiel dont je dispose ou pas...

Efficacité / temps / Impact des moyens dont je dispose? mettre le plus de chance de mon coté, prélever ce dont j'ai besoin pas plus, avec le moins de travail possible, qui couvre mes besoins et qui ne fait aucun tort a qui que se soit ou a quoi que se soit

Mise en oeuvre.


Je suis sur vous allez trouver pleins de choses a rajouter  ;#

Mani

12 décembre 2011 à 19:19:10
Réponse #21

-stan


Salut :)

Je reviens sur ce sujet car je pense qu'il y a un GROS parallèle à faire entre ce concept et la permaculture.  La permaculture ne tend pas vers une productivité maximale, mais plutôt la diminution de l'énergie dépensée − en travail ou en fossile − par la pérennisation de l'agriculture, l'enrichissement de l'humus et de la biodiversité.

Par exemple avec le non-labour, les buttes autofertiles, le mulching ∕ toilettes sèches, les semis direct sous couvert, la fertilisation animale, les techniques culturales simplifiées (TCS), etc...

On obtient au final une agriculture légèrement mécanisée, en minimisant fortement les intrants.  Car effectivement, si on se lance dans cette agriculture d'avenir, c'est pas pour revenir bêtement et exclusivement aux méthodes de nos aïeux, restons réalistes : en se servant intelligemment de la technologie et des connaissances géologiques, agronomiques, chimiques, physiques, biologiques et écologiques modernes vecteurs d'efficience et qualitative à tous les niveaux.

Bref, je me demande comment j'ai oublié d'aborder ça...  ayant baigné dans ce milieu depuis presque toujours.

Je mettrais des exemples concrets s'il y a des demandeurs intéressés ;)

A+

12 décembre 2011 à 19:26:48
Réponse #22

DavidManise


Justement y'a un fil sur la permaculture qui vient de naître.  Je suis fortement intéressé par le concept, perso...  J'attends tes infos avec impatience.  Et ensuite je vais mettre ça en pratique sur le petit bout de jardin auquel j'ai accès.

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

12 décembre 2011 à 23:33:34
Réponse #23

lelo


Je pense que le concept d'efficience
[dans le sens meilleur gain/moindre coût ou encore, plus large,  efficacité/coût ]
est généralisable, au-delà des situations de survie, à bien des aspects de notre vie.

Le BG qui cherche quoi se mettre sous la main, moi au marché, ma fille quand elle doit mettre la table, le moyen de ranger mes 10 stères de bois...

Pour en revenir à la survie, ce que j'ai appris en stage nature :
"Si tu as très, très faim, qu'une pomme sur un arbre te rapporte 200kcal (par ex) et que l'escalade te coûte 300kcal : tu salives et passes ton chemin..."
Ca m'a fait tout bizarre la 1ère fois.

(oui je sais, y'a d'autres moyens de récupérer cette foutue pomme, c'est pour l'idée !!!   :D )

Ne pensez-vous pas que ce principe bénéfice/coût, s'il est encore plus pertinent en cas de survie, régit en fait une grande partie de notre vie ?
"Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent." Gide

 


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