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Auteur Sujet: sujet unique : les ours  (Lu 57504 fois)

09 juin 2015 à 06:34:42
Réponse #175

J.


Super! merci à vous deux pour les liens et les explications :)


25 juin 2018 à 20:32:53
Réponse #176

aliɔs


Chargés par une ourse dans les Pyrénées, deux randonneurs toulousains racontent :
En une fraction de seconde, j’ai évalué la situation. On ne pouvait pas descendre la pente à pic, on ne pouvait pas grimper aux arbres non plus, avec nos sacs sur le dos. Et là, j’ai vu l’ours qui courait vers nous, avec deux petits derrière elle. Elle nous chargeait. Clairement. Je ne faisais vraiment pas le malin. Subitement, à 30 m environ, elle s’est arrêtée. Et elle est repartie, avec ses deux petits.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/06/25/2824710-une-ourse-fonce-sur-deux-randonneurs-en-haute-garonne.html

«Croiser une femelle et ses petits, c'est très rare», selon un technicien à la Fédération de chasse de Haute-Garonne
Qu'est-ce qui a déclenché la charge de l'ourse en leur direction ?
Sans hésitation, c'est leur chienne qui a déclenché la réaction de l'ourse. Elle est partie devant, en aboyant. L'ourse a voulu protéger ses petits, et a chargé le chien, qui est venu se réfugier près de ses maîtres. C'est là que l'ourse les a aperçus, et elle a rebroussé chemin.
S'ils avaient tenu leur chienne en laisse, cela serait-il arrivé ?
Je ne pense pas. Si la chienne n'était pas allée au-devant de l'ourse, celle-ci serait restée silencieuse, et aurait simplement regardé ces promeneurs s'éloigner. Il est extrêmement rare de croiser une femelle et ses petits dans la nature. Moi-même, en cinq ans, de métier, j'ai déjà vu des ours, mais jamais de femelle avec ses petits.
Pour quelle raison ?
Leur survie dépend de leur discrétion. Ils se déplacent peu, contrairement aux mâles en période de reproduction (mai-juin), par exemple.


https://www.ladepeche.fr/article/2018/06/26/2825214-croiser-femelle-petits-est-tres-rare-selon-technicien-federation-chasse.html
« Modifié: 26 juin 2018 à 20:02:23 par aliɔs »

22 août 2018 à 21:05:34
Réponse #177

aliɔs


Ariège : un randonneur nantais poursuivi jusqu'à un précipice par une ourse

D'abord pétrifié, il décide ensuite de s'enfuir. Le plantigrade le poursuit jusqu'à un précipice. Coincé, le jeune Nantais hurle et gesticule pour impressionner l'animal, avec succès.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/08/22/2855226-ariege-randonneur-nantais-poursuivi-jusqu-precipice-ourse.html

17 septembre 2018 à 00:46:53
Réponse #178

DEPLANQUE JOEL


Je connais très très mal la mentalité des ours noirs. Bien plus habitué au jaguar de Guyane, je réalisais au Québec quelques images de ces ursidés, confiant que j'étais à cause de propos hyper rassurants d'une personne n'en connaissant pas plus que moi sur les ours...
C'est ainsi que je me suis retrouvé seul au milieu de neuf ours noirs vautrés dans un champ d'avoine. surpris, un énorme s'est levé, s'est mis à se dandiner à dix mètres de moi et m'a passé une gueulante. N'écoutant que mon immense trouille, je me suis mis à gueule et courir vers lui. Après une interminable hésitation, il est parti en courant et les autres aussi. Cet instant de "bravoure" est sur une vidéo restée au Canada. J'ai rejoint ma voiture à 500 m de là et n'ai jamais remis les pieds dans ce secteur riche en ours.  :o

17 septembre 2018 à 09:42:27
Réponse #179

bloodyfrog


Content que tu puisses nous raconter cette histoire. :)

Attention quand même, charger un ours pour le faire fuir peut NE PAS marcher à tous les coups.

Manu.

17 septembre 2018 à 11:35:53
Réponse #180

Kilbith


Rappel : Un ours est un animal sauvage, pas un nounours.

Habituellement, du moins pour l'ours noir, on ne fait pas partie du menu et nous n'avons pas grand chose à craindre. Souvent, il sait qu'il fait partie de notre menu et à tendance à nous fuir.

Mais il arrive qu'on ne lui laisse pas le choix de la fuite et dans ce cas il va défendre sa bouffe, ses petits, son territoire.

Parfois il a aussi oublié la leçon homme=danger et comprend qu'un homme peut être une bonne "opportunité" (bouffe, ses enfants, ses chiens, lui). L'occasion fait le larron, y compris chez les ours.

Parfois il a une rage de dent et il est dans un mauvais jour.

Et un ours, même la variante pyrénéenne,  cela a une force incroyable....

Bref : laissons les ours tranquilles.  ;)
« Modifié: 17 septembre 2018 à 11:42:01 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

06 novembre 2018 à 19:25:09
Réponse #181

Nikolapland


Salut à tous :)

Après quelques années déjà à étudier et/ou côtoyer les ours : bruns d'Europe (Scandinavie : vu un ours, mais mort, et Roumanie, où je l'ai entendu roder dans la nuit noire à une vingtaine de mètres du bivouac en entendant sa respiration), Kodiak (sur l'île du même nom en Alaska)  et malais en début d'année à Bornéo, voilà mes quelques retex :)

En Alaska, je me suis retrouvé face à un ours Kodiak...ou plutôt dos à un ours Kodiak, pendant que je pêchais, il est arrivé à 4-5m derrière moi (un jeune mâle de 200-250kg environ, sans être un énorme mâle), puis s'est avancé en marchant doucement vers moi... Je me suis mis face à lui, j'ai reculé doucement et calmement, en lui parlant, il a continué à avancer vers moi, pas agressif, mais curieux, jusqu'à ce que je me retrouve avec de l'eau à mi-cuisses dans le lac juste derrière. Avec l'autre personne qui était derrière moi, on a alors levé les bras, fait des gestes amples en haussant un peu la voix...puis il s'est arrêté, retourné, a traversé la rivière en pêchant une truite femelle (oui : ils sont extrêmement sélectifs, pour récupérer les oeufs et les poissons non nécrosés), puis il a continué à vaquer à ses occupations de l'autre côté de la rivière.

Sur ce même séjour, un jeune guide avec qui on était, parti chasser avec un de mes amis, se sont fait charger par un ours après avoir tué un cerf sitka lors d'une chasse. Les ours sont attirés par le bruit du fusil. Ils ont pris leurs jambes à leur cou sur 1km en emportant les beaux morceaux déjà découpés et mis dans leur sac, mais l'ours s'est arrêté sur la carcasse, sans chercher plus.

Enfin, lors de ma dernière expé en solitaire en jungle de Bornéo cette année, en février, je me suis retrouvé au bord d'une rivière, au bas d'une pente abrupte, et j'ai entendu un cris rauque. Puis, j'ai vu roder une petite boule de poils dans la végétation à 2-3m de moi... En regardant de plus près, j'ai vu que c'était un petit ourson malais. Deux secondes après, j'ai vu la mère débouler de la forêt en courant (c'est impressionnant de voir la vitesse que ça a), traverser la rivière en une fraction de seconde en grognant, en courant vers moi. Je n'ai pas bougé, juste écarté légèrement les bras et mis un pied en avant. L'oursonne s'est stoppée à 3m devant moi, les griffes posées sur un tronc d'arbre couché (impressionnantes : ça fait près de 10cm, malgré la relativement petite taille de cette espèce : moins d'1m40 pour environ 40kg pour les femelles) à me regarder deux secondes, puis elle a continué vers son petit que j'avais pris soin de laisser partir sans être sur la trajectoire.  :lol:

Tout ça pour dire que ça rejoint tous les témoignages d'avant et les éternelles recommandations face à un animal sauvage et plus encore face à un ours : dans 90% des cas, il ne faut surtout pas tourner le dos et courir : le guide a fait une "semi-erreur" (il s'est d'ailleurs fait engueuler par son mentor, guide depuis plus de 30ans). Les ours ne sont pas agressifs et leurs charges, aussi impressionnantes soient-elles, ne sont quasiment jamais des vrais attaques, mais des charges d'intimidation. Si on court, l'ours nous poursuite, mais s'il voit qu'on n'est pas agressifs, qu'on ne fuit pas comme une proie, qu'on reste calme et sans lui tourner le dos, ça va le surprendre au pire, le rassurer au mieux. Ensuite, il va parfois (comme mon ours Kodiak) s'avancer pour montrer qu'il est bien le plus puissant : se grandir, hausser la voix, va alors lui montrer qu'on n'est pas non plus prêt à se laisser impressionner.  :doubleup:

Quelques guillemets toutefois  :closedeyes: :
  • s'il y a de la nourriture, surtout de la viande (d'autant plus si c'est une proie de l'ours), il faut s'en écarter absolument (au moins une cinquantaine de mètres), parce que l'ours n'est pas partageur : c'est pour ça que je disais plus haut, une "semi-erreur" : il fallait bien s'écarter rapidement de la viande pour ne plus être en situation de concurrence avec l'ours, mais toujours garder un oeil derrière soi et une fois écarté de la carcasse, continuer en reculant prudemment en observant le comportement de l'ours ;
  • s'il y a des petits, la mère va les protéger en éloignant les indésirables ou menaces potentielles, mais elle ne va pas non plus se mettre en danger, donc si on n'est pas entre elle et ses petits et qu'on laisse les petits vaquer à leurs occupations sans montrer d'agressivité envers eux (ne pas bouger ou s'en éloignant en reculant doucement, en parlant calmement, pour laisser la mère s'approcher des petits) la mère ne va pas attaquer : rester observateur passif ;
  • enfin, un gros mâle territorial peut parfois montrer des signes plus agressifs, en grognant ou grommelant, en faisant de petite accélérations (2-3 pas) vers son opposant, en grattant ou frappant le sol : dans ce cas, reculer humblement, tête baissée (sans perdre l'ours des yeux pour autant), parler doucement (et oui, encore) ; s'il fait une charge ou commence à être trop proche, hausser le ton et faire des gestes amples vers lui avec les bras, éventuellement avec un pas en avant.

Après, ce sont des recommandations générales, mais ça reste des êtres vivants, avec chacun leur personnalité, leurs humeurs, leur particularité et il arrive qu'un ours vienne vraiment au contact (ou qu'on n'ait pas le temps de s'éloigner assez). Dans ce cas, si les grands gestes, cris et coups de sifflets (type sifflet de gendarme, si on en a : les ours ont peur des bruits stridents) ne stoppent pas l'ours, soit on a un refuge solide à proximité directe (moins de 1 seconde pour l'atteindre, 2 max si l'ours n'est pas juste à côté), soit on se couche au sol, face contre terre et on protège la tête et les flancs (organes vitaux) en essayant de limiter les dégâts.  :blink:

Voilà toutes les leçons que j'ai pu tirer de mes expérience, mais qui ont porté leurs fruits et m'ont permis d'approcher des ours de (très) prêt, sans jamais être en danger, en en tirant les plus belles expériences de ma vie d'aventurier et de biologiste ;)
Nikolapland
http://nikoxyd.free.fr
L'homme fait partie de la nature, il doit vivre avec et non la soumettre à sa volonté...

06 novembre 2018 à 21:19:18
Réponse #182

Boris


Merci pour ces explications et ce partage d expériences, et les photos!!!
 :doubleup:
Cependant une question, quand tu dis de leur parler, et de leur parler doucement, y a t-il un sujet de discussion recommandé ? 
 :up:
 ::) :lol:

06 novembre 2018 à 21:26:48
Réponse #183

Nikolapland


 ;D :lol: :lol: :lol:

Cependant une question, quand tu dis de leur parler, et de leur parler doucement, y a t-il un sujet de discussion recommandé ? 

Evidemment, la théorie des branes ou éventuellement celle des univers cycliques ;) Mais l'important, c'est plus l’intonation que le sujet je pense ;)
Nikolapland
http://nikoxyd.free.fr
L'homme fait partie de la nature, il doit vivre avec et non la soumettre à sa volonté...

07 novembre 2018 à 08:55:09
Réponse #184

Baptistator


Je sais pas si ça un intérêt, mais les russes conseillent quand on tombe face a un ours de lui parler poliment, de l'appeler monsieur et de lui demander des nouvelles de sa famille.

De toute façon personnellement de base, un truc capable de me démonter la tête à coup de patte je suis poli avec  ;D

À ma grande honte j'ai bossé à une époque dans un zoo qui possédais des ours. Je devais parfois rentrer seul avec eux dans les cages pour nettoyer.

Je crevais de trouille de base, mais j'ai appris à reconnaître les signes d'agressivité. De base je leur parlais en permanence. Dès la première manifestation d'une possible attaque (ours qui commence à danser d'un pied sur l'autre) je reculais lentement tout en  parlant lentement et calmement.  Je déverrouillais la porte de la cage sans quitter le contact visuel et sans cesser de parler. Et une fois que la porte était ouverte je plongeait dans le couloir en claquant la porte derrière moi.

Et en général le mouvement brusque déclenchait l'attaque.

J'ai encore tout mes membres et pas de cicatrices mais c'est souvent passé très proche

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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