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Auteur Sujet: [RECIT] Nuit en solo dans le Bas-Bugey  (Lu 2460 fois)

24 février 2011 à 10:22:44
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belfeuil


C'est avec un peu de retard et après une longue période sans poster grand chose, que me revoilà pour vous narrer une petite sortie en solo, dans le Bas-Bugey, au mois de Novembre dernier. L'objectif de la sortie était d'accéder au petit matin au point culminant du secteur (environ 1000m d'altitude) pour profiter du lever du jour et assister avec un peu de chance au lever du soleil, malgré une météo pas très encourageante.

Le départ :

Après quelques hésitations : dois-je sortir en solo sous la pluie avec le peu de matos approprié dont je dispose? oui-non, non-oui, je me suis lancé, sachant que la voiture ne serait pas bien loin de mon lieu de campement. Je laisse ma vieille Astra sur un parking de chasseurs et m'engage dans un champ que j'avais repéré au cours d'une précédente balade. Le temps que j'arrive en haut du champ à la lisière d'une forêt riche en bois mort, la pluie s'arrête. J'improvise un abris sommaire avec mon tarp dans un endroit relativement plat puis j'entreprends de constituer ma réserve de bois avant la nuit noire.



Première leçon: Comme le disait maman quand j'étais petit, "faut se déshabiller pendant l'effort et se couvrir après...". A l'évidence j'ai oublié cette recommandation simple et me voilà, trainant du bois, cassant du petit bois, sciant du gros bois, complétement trempé de sueur sous ma veste bien chaude et pas très respirante... quel abruti je fais! bref, le feu prends et je mets à séchermon tee-shirt thermique sur un piquet à bonne distance puis j'enfile le tee shirt de nuit que j'avais apporté... ça va un peu mieux de suite, quel plaisir de se sentir au sec.

Deuxième leçon: La légère pente sous mon abris, le film plastique qui m’isolait du sol, l’humidité présente et mon duvet synthétique m’ont rendu le couchage atroce… pour résumer le bouzin, je dormais comme sur un toboggan… fallait que je me hisse tant bien que mal, toutes les dix minutes pour ne pas me retrouver les deux pieds dans l’herbe à l’extérieur du tarp… Cette satanée pente, je l’avais pourtant bien vue en arrivant, mais je la croyais insignifiante. Bien joué mon gars !



Après la nuit :

La nuit passe donc, entre glissade perpétuelle et quelques ronflements. L’avantage avec de telles nuits, c’est qu’on a aucun problème à se lever à 5h00 du mat, on est même plutôt joyeux de se mettre debout. Je plie donc le camp après un thé, ne laissant aucun déchet et minimisant mes traces. Carte IGN sous le bras, lampes au front et dans la main, je m’engage sur le GR qui monte vers ma destination. Une heure d’ascension plus tard, presque arrivé à mon objectif, j’observe un joli arbre qui s’est accommodé du vent de manière spectaculaire.



Quelques enjambées plus loin me voici arrivé. Oui j’aurai pu profiter du somptueux paysage, oui j’aurai pu virer dans l’extase poétique, laisser libre cours à mon imagination devant une telle œuvre de la nature, oui j’aurai du jouir du moment magique… mais non… et pourquoi non ??? parce que des imbéciles, des crétins de la pire espèces ont souillé les lieux par un feu de camp et leur détritus laissés sur place. Je les hais ces gens là qui me forcent à nettoyer leurs souillures au lieu de profiter pleinement d’une nature intacte.



Whhaaaouuuuu :

Bref, je nettoie et ensuite j’ouvre grand les yeux : un ciel voilé, percé par endroits par les premier rayons du soleil. Le Bas-Bugey, la Charteuse, le Vercors au fond… la plaine alluviale du Rhône et ses méandres à droite… Moment intense dans lequel je me plonge égoïstement.



Après l’émerveillement, j’entame le retour. La descente c’est vraiment pas mon truc. Je suis trop lourd, je commence à souffrir des genoux… et effectivement, je galère tout en restant prudent pour rejoindre ma caisse. Un arbre tombé sur le chemin m’offre un nouveau spectacle sympathique. Merci aux mousses et champignons, qui profitent de la saison humide pour étaler leur splendeur à hauteur du regard des promeneurs.



Pour finir :

En conclusion, je trouve que les sorties en solo, ça permet d’évoluer dans la nature à son rythme, de profiter totalement du calme, de se sentir plus proche de son environnement que lorsqu’on est en groupe. Bref, j’aime ça.
A vos remarques.

Belfeuil





24 février 2011 à 10:59:13
Réponse #1

guillaume


Chouette sortie et magnifiques photos :love:.

Deuxième leçon: La légère pente sous mon abris, le film plastique qui m’isolait du sol, l’humidité présente et mon duvet synthétique m’ont rendu le couchage atroce… pour résumer le bouzin, je dormais comme sur un toboggan… fallait que je me hisse tant bien que mal, toutes les dix minutes pour ne pas me retrouver les deux pieds dans l’herbe à l’extérieur du tarp… Cette satanée pente, je l’avais pourtant bien vue en arrivant, mais je la croyais insignifiante. Bien joué mon gars !

Tu aurais pu, par exemple, mettre ton sac à dos sous tes genoux pour bloquer la glisse. C'est ce qu'on fait en montagne quand le terrain est rarement plat ;D.

a+

24 février 2011 à 12:22:27
Réponse #2

Santarem


Hello,

Merci pour ces belles photos.

Dans quel coin etais tu ? Pour ma part, quand j'étais lyonnais, j'allais vers HOSTIAS ou HAUTEVILLE.

Dommage qu'on n'ait pas fait connaissance avant.

A bientot,

Philippe

24 février 2011 à 12:30:06
Réponse #3

StormX


Salut  :)

On est pas très loin l'un de l'autre. Je suis dans le Pilat, entre Vienne et St Etienne (sud de Lyon). C'est de la moyenne montagne comme toi. Si ça te dit, ça peut être sympa de s'organiser des ptites randos sur un week end pour se faire découvrir nos régions respectives  :)

Quelques remarques  :D

L'objectif de la sortie était d'accéder au petit matin au point culminant du secteur (environ 1000m d'altitude) pour profiter du lever du jour

A quelle heure es tu parti ? Je suis justement en train d'attendre une éclaircie dans le temps pour me faire une rando nocturne, et si possible, uniquement à la lumière de la pleine lune. Tes retours sur la marche "dans la nuit" m'intéresse. Des sensations nouvelles, une autre gestion des efforts physique etc.

Après quelques hésitations : dois-je sortir en solo sous la pluie avec le peu de matos approprié dont je dispose? oui-non, non-oui, je me suis lancé, sachant que la voiture ne serait pas bien loin de mon lieu de campement.

Attention tout de même à ne pas partir "sans rien". Et même si la voiture est pas loin, se retrouver bloqué car immobilisé, la nuit, sous la pluie et le vent, en fin d'hiver, même qu'à 1000m, cela peut mal finir.  ;) Peux tu nous donner une liste du "peu de matos approprié" dont tu nous parle ?
Pourquoi avoir choisi un champ découvert pour ton camp ? Il n'y avait pas de spot sous les arbres qui t'auraient au moins coupé du vent et un peu de la pluie ?

Première leçon: Comme le disait maman quand j'étais petit, "faut se déshabiller pendant l'effort et se couvrir après...". A l'évidence j'ai oublié cette recommandation simple et me voilà, trainant du bois, cassant du petit bois, sciant du gros bois, complétement trempé de sueur sous ma veste bien chaude et pas très respirante... quel abruti je fais!

Il faut avoir fait au moins l'erreur une fois pour s'en souvenir  ;D

bref, le feu prends

Quelle méthode as tu utilisé pour faire prendre ton feu avec l'humidité ambiante ? Sur ta photo, je trouve que le feu est un peu loin non? Tu n'as pas trop eu froid ? Quelles étaient les températures ? Tu aurais peu être du fabriquer un petit réflecteur, cela t'aurais permis de laisser loin le feu pour plus de sécurité tout en y gagnant en chaleur...

Deuxième leçon: La légère pente sous mon abris, le film plastique qui m’isolait du sol, l’humidité présente et mon duvet synthétique m’ont rendu le couchage atroce… pour résumer le bouzin, je dormais comme sur un toboggan… fallait que je me hisse tant bien que mal, toutes les dix minutes pour ne pas me retrouver les deux pieds dans l’herbe à l’extérieur du tarp… Cette satanée pente, je l’avais pourtant bien vue en arrivant, mais je la croyais insignifiante. Bien joué mon gars !

Ca m'est arrivé aussi, lors de ma première rando en solo. Tout comme toi, une pente "insignifiante" qui se transforme en tobogan lubrifié une fois dans le sac en synthétique posé sur la space blanket. J'avais réussi à bloquer une position "confortable" avec le sac, lui même bloqué par un bout de bois comme le dit Guillaume.

Après la nuit :
La nuit passe donc, entre glissade perpétuelle et quelques ronflements. L’avantage avec de telles nuits, c’est qu’on a aucun problème à se lever à 5h00 du mat, on est même plutôt joyeux de se mettre debout.

Combien de fois je me suis fais cette réflexion !  :lol: Mais cela nous laisse plus de temps pour profiter de dame nature.  :)

Pour finir :
En conclusion, je trouve que les sorties en solo, ça permet d’évoluer dans la nature à son rythme, de profiter totalement du calme, de se sentir plus proche de son environnement que lorsqu’on est en groupe. Bref, j’aime ça.

Je me retrouve complètement avec toi. Partir seule dans la verte, c'est totalement différent que partir en groupe. Et même si des fois, l'on aimerait pouvoir partager ces paysages, ces sensations, ces efforts, ce bonheur avec ceux qui nous sont chère, l'on continuera à partir seul, car c'est l'un des meilleurs moyens pour se retrouver et se ressourcer. Parfois, l'on a besoin d'être égoïste.  :)

Merci pour ton retour !  :up:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

24 février 2011 à 13:29:06
Réponse #4

Phil dehors


Bonjour,

Petit post pour dire que ce retour donne envie.Perso pour moi c'est rando à la journée le week-end, mais l'idée de passer la nuit dehors me prend depuis quelques mois sans pour autant être passé à l'acte.
TAFDAK avec vous en ce qui concerne être seul dans la verte,je vois ça comme un moment à soi,ou on peut faire le vide d'une cetraine manière, ou on se retrouve seul avec soi même et permettant de faire le point.
Mais je vois également que l'on est proche les uns des autres(tous est relatif), et je me permettrais de vous demander si cela pouvait vous intéresser que de faire des sorties ensembles, dans les coins que l'on affectionne respectivement.Nous permettant ainsi de découvrir de nouveaux coins,et de partager.

à bientôt
Un "Tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras".

All work and no play makes Jack a dull boy.

24 février 2011 à 15:34:56
Réponse #5

Nirgoule



Le couchage, que de paramètres : l’emplacement et l’organisation du couchage est une science !
Humidité, température et dureté du sol. Inclinaison, exposition à la pluie et au vent, condensation, chaleur du sac, moustiques l’été, bruits divers…

Quand je vois la nuit arriver, je me dis : je ne vais pas avoir le temps de choisir l'emplacement et de préparer correctement le camp. Pourtant c'est une des priorité d'une randonnée qu'on sous estime trop. Il y va d'une bonne récupération ou pas.

Il arrive que l’on n’y accorde pas le temps et la réflexion nécessaire, et on le paie alors pendant des heures.  >:(

Et sinon superbe coin et très jolies photos.  :up:

A+


"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

24 février 2011 à 22:58:10
Réponse #6

Ghaudik


Superbes photos, particulièrement celle des mousses et champignons sur le tronc d'arbre.  :up:
Pour info, est-ce que ta réserve de bois a suffi pour ta nuit?

25 février 2011 à 09:11:44
Réponse #7

Diesel


De bien belles photos, ça fait envie  :up:

Deuxième leçon: La légère pente sous mon abris, le film plastique qui m’isolait du sol, l’humidité présente et mon duvet synthétique m’ont rendu le couchage atroce… pour résumer le bouzin, je dormais comme sur un toboggan… fallait que je me hisse tant bien que mal, toutes les dix minutes pour ne pas me retrouver les deux pieds dans l’herbe à l’extérieur du tarp… Cette satanée pente, je l’avais pourtant bien vue en arrivant, mais je la croyais insignifiante. Bien joué mon gars !
L'un des 1er truc à connaître en rando, c'est de trouver un endroit plat  pour passer une bonne nuit (sauf si on a un hamac). ;)
En cherchant bien, c'est rare qu'on ne finisse pas par trouver son bonheur.

26 février 2011 à 14:42:50
Réponse #8

belfeuil


Réponses à tout le monde :

Diesel : Je suis aussi un habitué du hamac, mais là j'ai voulu dormir au sol, et donc, je n'ai pas fait gaffe à la pente. Mais c'est noté pour la prochaine fois.

Gaudhik : Non, ma réserve de bois n'a pas suffit, mais je ne comptais pas me chauffer avec le feu la nuit. Je l'ai entretenu en soirée pour le plaisir puis je l'ai laissé s'éteindre. Il ne faisait pas trop froid, les températures restaient positives et j'avais du matos assez chaud.

Nirgoule : Repérez un emplacement de couchage au poil sera désormais mon objectif premier lors de mes sorties!

Duddley : Faire des sorties ensemble, pour moi je t'avoue que ça serait difficile. J'ai du mal à plannifier mes propres sorties, généralement je part sur un coup de tête lorsque l'occasion se présente. Cela dit, l'idée d'une rencontre entre gars du coin est bien sûr alléchante...

StormX : Le matin je me suis levé vers 5h30, le temps de prendre un petit déj et de plie rle camp j'ai du entamer la marche vers 6h30, au mois de novembre ça représentait à peu près une heure de marche avant le levé du jour. En bref, j'avais pas assez de temps pour arriver à mon objectif pour le lever du soleil. Mais bon, vu les nuages... Au sujet d el'emplacement du camp, ça ne se voit pas sous les photos, mais je suis à la lisière d'unf forêt sur deux côtés, donc partiellement coupé du vent (surtout qu'il n'y en avait pas...).
Pour le matos qui me faisait défaut c'étit surtout une bonne veste de pluie, un bon poncho. J'avais tout de même un bon duvet et une veste chaude. C'est l'imperméabilité qui craignait... Au sujet du feu, comme dit précédemment, je ne comptais pas me chauffer durant la nuit avec. Il a prit sans problème avec un oeuf manise et des brindilles à peu près sèches trouvées de ci de là.

Santarem : J'étais à proximité du village de Lhuis, dans l'Ain.

A tous : merci pour les compliments au sujet des photos, je suis pas photographe mais j'essaie de tirer quelques clichés sympas.

Jérôme / Belfeuil







28 février 2011 à 13:23:38
Réponse #9

Phil dehors


Bonjour,

Citer
Cela dit, l'idée d'une rencontre entre gars du coin est bien sûr alléchante...

C'est plutôt comme ça que je le voyais.Pas de contraintes, ou de caractère systématique.

A+
Un "Tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras".

All work and no play makes Jack a dull boy.

 


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