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Auteur Sujet: Primus EtaPackLite - Réchaud - www.primus.se - TOPROCK - [Test DM]  (Lu 12781 fois)

01 novembre 2010 à 20:17:11
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Kilbith


PRIMUS ETAPACKLITE


Website Fabricant : PRIMUS - http://www.primus.eu
Fiche Produit : EtaPackLite - http://www.primus.eu/Templates/Pages/Product.aspx?ItemId=87449
Fournisseur : TOPROCK - http://www.toprock.fr





Cette fois-ci, le forum m’a confié la tâche de tester un réchaud à gaz de la marque Primus, le modèle Primus EtaPackLite.

J’utilise principalement des réchauds à gaz sur le terrain, depuis plus de vingt ans.

Comme tout le monde, j’ai commencé avec le « bleuet » de Campingaz quand il fallait perforer les cartouches (type CV206 de Campingaz), puis des réchauds à cartouche détachable (type "easyclic" CV270 de Campingaz), plus facile à ranger dans le sac. Par la suite je me suis équipé de réchauds à cartouche déportée plus stables et plus faciles à protéger du vent (Tristar de Campingaz).

Enfin, j’ai abandonné les réchauds à cartouche clipsées (norme Campingaz) au profit des réchauds vissables (type Epigas, conformes à la norme EN417) pour pouvoir trouver des cartouches dans le monde entier et offrant un mélange Butane/Propane/(Isobutane) plus performant sous 0°C.

Pour plus d’information sur les réchauds à gaz, je ne peux que recommander la lecture de l’excellent site de Roger Caffin (en anglais) : http://www.bushwalking.org.au/FAQ/FAQ_GasStoves.htm#EN417


Description

Le Primus EtaPackLite est un modèle à cartouche déportée qui a comme particularité de se présenter sous la forme d’un kit complet comprenant le réchaud, la gamelle avec son manche repliable et détachable, un bol en plastique sans bis-phénol (BPA pour les inquiets), un pare-vent, une coupelle de protection et un couvercle pouvant servir d’égouttoir et ne comprenant pas de bis-phénol.




L’ensemble peut se ranger de façon compacte dans la gamelle puis dans un sac filet.
Il est possible d'inclure une mini-cartouche de 100g dans la gamelle, mais il faut de la patience pour que cela tienne.
La cartouche de 100g est onéreuse et elle n'est pas efficiente (on porte beaucoup d'aluminium pour très peu de gaz).




Le réchaud accepte les cartouches de gaz à « visse » conformes à la norme EN417 (norme Lindal, d’abord utilisée par la société Epigas).
Pour employer avec ce réchaud des cartouches françaises clipsables « marque Campingaz "easyclick" », il faudra se munir d’un adaptateur de la marque Vaude ou Markill.

La particularité de ce modèle (poids total 710g), c’est d’afficher un excellent rendement. C’est à dire que la plus grande partie de l’énergie de la combustion est récupérée pour chauffer le récipient.
Le constructeur annonce 80% alors qu’un réchaud standard n’exploite que 40% de l’énergie dépensée. Ce bon rendement est obtenu grâce à quatre éléments :

  • Un brûleur performant. C’est le brûleur « standard » de la marque Primus. Le tube en laiton passe à coté du brûleur de façon à réchauffer les gaz et permettre une bonne vaporisation, même par des températures basses. Il possède un allumeur piezo électrique.
     
  • Un pare-vent adaptable. Un réchaud nécessite un pare-vent dans la mesure où sa consommation peut passer des quelques minutes à l’infini en présence du vent (voir à ce sujet l'excellent article dans Carnet d'Aventures n°11, 2008).
    En effet, certains réchauds seront incapables de faire bouillir de l’eau par grand vent car la chaleur dégagée par les gaz de combustion ne parviendra pas à réchauffer suffisamment la gamelle. Ici, le pare-vent sert aussi à canaliser les gaz chauds le long de la gamelle. Il est en aluminium épais.
     
  • Un couvercle en plastique pouvant servir de passoire. L’usage d’un couvercle permet d’augmenter fortement le rendement d’un réchaud, surtout par temps froid.
     
  • Enfin, une gamelle en aluminium de 1,2 litre avec un revêtement anti-adhésif dont la composition n'est pas indiquée. Elle est munie d’ailettes à la base de façon à maximiser la surface d’échange entre la gamelle et le réchaud. Il faut se souvenir que ce qui transmet principalement les calories avec un réchaud à gaz, ce sont les gaz chauds et non pas les radiations. En permettant à ces gaz « d’échanger » facilement leur chaleur avec le récipient à chauffer, on augmente le rendement ce qui permet de limiter la consommation de gaz.

La limitation de la consommation de gaz a pour avantage, avant tout, de limiter la pollution (rejet CO2) et secondairement d’économiser du poids et de l’encombrement.
En effet, la présence de l’échangeur et du pare-vent augmente sensiblement le poids de l’ensemble et il faut donc une très longue utilisation pour que la moindre consommation compense le poids de ces perfectionnements.

Dans la pratique, il sera souvent plus léger d’emporter un mini-réchaud très puissant et très léger que l’on vissera directement à une cartouche.

En revanche, si l'on souhaite (usage de grande gamelle, plusieurs personnes) ou si l’on doit (utilisation grand froid, grand vent et fonte de la neige) utiliser un réchaud à cartouche déportée lors de randonnée de plus d’une semaine : le Primus EtaPackLite offre une solution compétitive en terme de poids et d’encombrement.

Un avantage accessoire de l'utilisation d'un système à échangeur c'est le fait que le rendement excellent et la présence d'un pare-vent n'oblige pas les constructeurs à trop rapprocher le brûleur de la gamelle. La combustion est donc de qualité et limite l'émission du Monoxyde de Carbone qui est un gaz inodore et mortel.


Conditions du test

J’ai utilisé ce réchaud au printemps, en été et à l'automne lors de randonnées dans les Pyrénées et en Laponie.





Je l’ai utilisé essentiellement pour faire bouillir de l’eau à pleine puissance car je ne « cuisine » pas en randonnée, j’utilise des plats lyophilisés. Comme avec les autres réchauds à brûleur étroit, si on l'utilise pour d'autres préparations (ex : flageolets aux oignons) il faut faire attention à ne pas brûler le fond de la préparation en prenant soin de régler le brûleur sur feu doux.
Le fait que le revêtement anti-adhésif puisse contenir des PFOA n'est pas un problème lorsqu'on fait bouillir de l'eau car la chaleur ne dépasse pas 100°C.

Je regrette de n’avoir pas encore eu l’occasion de le tester en camping hivernal pour fondre de la neige, car il me parait très adapté à cette situation très énergivore.

Mon objectif principal était de déterminer la praticité de l’ensemble et sa solidité.

Je n’ai pas cherché à mesurer de façon systématique les performances du réchaud en contrôlant la température de l’eau et de l’atmosphère par exemple.
Quelques essais chronométrés (une dizaine) me permettent toutefois de dire qu'elles sont très bonnes.
Un litre d’eau met environ 4 minutes à bouillir lors des essais en été et sans vent sensible. La consommation est d’environ 11 grammes de gaz alors que dans les mêmes conditions (pas la même gamelle, mais diamètre proche) mon MSR Pocket Rocket va consommer environ 16 grammes. Par temps froid et par grand vent la différence serait beaucoup plus importante entre ces deux modèles.




L’EtaPackLite est un poil moins performant que son grand frère le Primus EtaPower fonctionnant sur le même principe et possède un brûleur du même type, mais qui bénéficie d’une gamelle plus large et d’un pare-vent récupérateur plus englobant, ce qui lui permet d’avoir un meilleur rendement (mais un poids et un encombrement difficilement compatibles avec la randonnée en solo).




Si je compare l'EtaPacklite à mon Jetboil, je constate qu'il est plus lourd, plus encombrant et plus difficile à mettre en œuvre que le Jetboil.
En revanche, il est plus résistant au vent, beaucoup plus stable et peut être utilisé en conditions froides sans problèmes.


Essais sur le terrain

La taille du réchaud permet de l’emmener avec soi dans une randonnée de 48 heures en été en montagne.
Sur la photo, vous constaterez qu’il rentre dans un sac à dos de 35 litres avec l’équipement nécessaire pour bivouaquer en hamac par une température d’environ 10°C par temps humide.




J’ai lors de mes manipulations trouvé que l’on pouvait mettre en œuvre le réchaud relativement facilement, même avec des gants.
En revanche, certains détails de construction (par exemple le clip qui maintient le brûleur) n’inspirent pas une grande confiance. Ce clip est nécessaire pour pouvoir faire tenir l’ensemble des éléments dans la gamelle principale.




Sur le plan de la solidité, l’allumeur piezo a arrêté de fonctionner au bout de deux sorties, mais s’est remis à fonctionner à la fin de l’été.
C’est conforme à ce à quoi je m’attendais : un allumeur piezo est, dans mon expérience, un élément de confort au fonctionnement intermittent qui ne remplace jamais un briquet ou un firesteel.

Le vaporisateur peut se démonter facilement, grâce à une bague, pour accéder au gicleur. En revanche, à la différence des modèles à essence, le réchaud est livré sans clef de démontage qui aurait permis de démonter le gicleur.  
Un peu trop facilement d’ailleurs, cette pièce avait tendance à se desserrer spontanément mais on doit pouvoir régler cet inconvénient en « forçant » un peu avec une pince.

Il n’est pas très facile de ranger l’ensemble du dispositif dans la gamelle, particulièrement si on veut y inclure une petite cartouche de gaz.
Dans ces conditions le couvercle ferme mal. La housse livrée avec le réchaud est en nylon avec une partie en filet. Ce n’est pas une bonne idée, la partie en filet n’a aucune utilité et les mailles du filet sont fragiles et se prennent dans l’articulation de la poignée. Personnellement, je remplacerais la housse par un modèle plus pratique.

Le grand bol en plastique a pour utilité première de protéger le revêtement anti-adhésif lorsque l’on stocke le matériel dans la gamelle.
Ce bol permet aussi de garder la nourriture au chaud en attendant qu’elle finisse de cuire ou d’être consommée une fois le réchaud éteint.
En effet, une fois le réchaud éteint, l’échangeur de la gamelle devient un « refroidisseur » particulièrement efficace, surtout s’il y a du vent. C’est pour cette raison que sur les modèles semblables la gamelle est soit isolée par du néoprène (Jetboil) ; soit on dispose d’un grand rangement isolant (Primus EtaPower).
Un capuchon en plastique vient protéger les ailettes de la gamelle lors du stockage et peut servir en hiver à isoler la cartouche du sol.

Lors de la randonnée d’une dizaine de jours en Laponie (mais sans bivouac), le réchaud devait servir à préparer les repas lyophilisés pour trois personnes par tout les temps.
Cela veut dire résister au vent et à la pluie et être rapide et facile à déployer. Il a rempli sans problème cette tâche, mais on peut noter quelques traces d’oxydation à l’endroit où la poignée en inox touche la gamelle, rien d’inquiétant toutefois.

Le Primus EtaPackLite fonctionne sans problème en mode « gaz liquide ». C’est facilité par le fait que la cartouche est déportée, qu’il y a un réchauffeur et que le joint présent sur le tuyau du robinet coté cartouche puisse pivoter.
Avec un peu de savoir faire, ces différents dispositifs permettent de faire fonctionner convenablement le réchaud par -18°C sans problème (mon congélateur ne va pas plus bas). On peut donc utiliser ce réchaud très stable en conditions hivernales tout en utilisant le propane ET le butane de la cartouche (voir Carcajou n°3). Quand ce sera l’hiver, j’apporterai des commentaires supplémentaires sur ce point.

Encore plus simplement, on peut positionner la cartouche sur le couvercle de la gamelle, mais seulement avec une petite ou moyenne cartouche car le flexible est après trop court.





Un des défauts du système de gamelle à ailette/échangeur, c’est qu’il est très spécialisé.




Par exemple, si vous posez la gamelle sur un poêle de refuge (qui chauffe donc par conduction) pour économiser du carburant, les ailettes vont isoler le fond de la gamelle et empêcher un bon transfert thermique.




D’autre part, si vous utilisez la gamelle directement sur un feu de bois, vous risquez de faire fondre les fines ailettes en aluminium.
Enfin, si vous surélevez la gamelle sur un feu, cela va très bien fonctionner grâce aux gaz chauds récupérés, mais prévoyez un long moment pour nettoyer l’ensemble qui risque d’être très rapidement encrassé (et donc non fonctionnel). C’est donc un produit spécialisé et pas du tout « low tech ».




Conclusion

J’ai trouvé ce réchaud pratique. Par rapport à un réchaud déporté standard il offre une solution compétitive en terme de poids et d’encombrement si l'on considère qu’il inclut une grande gamelle, un pare-vent, un grand bol et un couvercle.

J’aime bien le concept, qui d’ailleurs peut être utilisé sur une cuisinière à gaz « standard ». Dans ce cas on gagne énormément en rendement et donc en vitesse et consommation de gaz. Au final, cela permet de préserver les ressources en énergie fossile et de limiter les rejets de CO2. C’est en accord avec ma conception du « leave no trace ».

Attention : le Primus EtaPackLite est principalement construit en aluminium ayant une faible inertie thermique. En revanche le vaporisateur et le brûleur sont en laiton massif qui emmagasine beaucoup plus la chaleur et met longtemps à se refroidir. C’est techniquement parfait puisque cela assure une combustion optimale (c’est le même vaporisateur sur les réchauds essence de la marque), mais je me suis brûlé par inadvertance en rangeant le réchaud alors que je pensais qu’il était froid après avoir touché les parties en aluminium qui étaient depuis longtemps froides.




« Modifié: 01 novembre 2010 à 20:35:18 par Mathieu »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"


01 novembre 2010 à 20:44:35
Réponse #2

** Mathieu **


Je signale une vidéo de présentation du Primus EtaPackLite trouvée sur Youtube (en anglais) :

<a href="http://www.youtube.com/v/hhCyUgP1CdY?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;rel=0" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/hhCyUgP1CdY?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;rel=0</a>
http://www.youtube.com/watch?v=hhCyUgP1CdY

26 novembre 2010 à 13:14:21
Réponse #3

habo


Citer
D’autre part, si vous utilisez la gamelle directement sur un feu de bois, vous risquez de faire fondre les fines ailettes en aluminium.

660° Celcius la température de fusion de l'aluminium. J'aimerais bien voir un feu de bois ouvert qui atteint ça...

Sur un feu de bois par contre les ailettes doivent se couvrir grave de suie et ça doit être tout sauf le bonheur à nettoyer...
« Modifié: 26 novembre 2010 à 13:37:01 par plumok »

26 novembre 2010 à 13:29:22
Réponse #4

Kilbith


Bonjour,  :)


660° Celcius la température de fusion de l'aluminium. J'aimerais bien voir un feu de bois ouvert qui atteint ça...
Si la gamelle est sur le feu, cela forme comme un four et la température augmente. Il me semble bien que le risque de destruction des ailettes soit réel car elles sont très fines.
Personnellement j'arrive à "brûler" sans problème du papier d'aluminium sur un feu de bois, d'ailleurs les propriétés mécaniques de l'aluminium sont détériorées bien avant le point de fusion.

Citer
Sur un feu de bois par contre les ailettes doivent se couvrir grave de suie et ça doit être tout sauf le bonheur à nettoyer...
C'est le mise en garde que je fais dans le paragraphe suivant. D'ailleurs le simple fait de recouvrir les ailettes d'une couche isolante doit rapidement faire baisser le rendement du système.

Pour un usage "sévère", l'encrassement des ailettes est le point faible. C'est aussi pour cette raison qu'il faut éviter de poser la gamelle dans la boue ou la neige : pas simple à nettoyer.

Cela reste à mes yeux une solution élégante pour minimiser la consommation de gaz et limiter l'impact écologique. AMHA, l'ensemble devrait être particulièrement intéressant lors d'une longue randonnée hivernale.
« Modifié: 26 novembre 2010 à 17:24:57 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

26 novembre 2010 à 17:01:38
Réponse #5

habo


Bonjour,  :)

Si la gamelle est sur le feu, cela forme comme un four et la température augmente. Il me semble bien que le risque de destruction des ailettes soit réel car elles sont très fines.
Personnellement j'arrive à "brûler" sans problème du papier d'aluminium sur un feu de bois, d'ailleurs les propriétés mécaniques de l'aluminium sont détériorées bien avant le point de fusion.

Hum dans les braises d'un feu "normal", pas une forge quoi, je n'ai jamais dépassé un rouge plutôt très sombre pour le fer, qui correspond à environ 600 degrés. C'est vrai qu'on est assez proche du point de fusion de l'alu. Mais c'est en mettant la piece de fer dans la braise et non sur le feu. Pour le "brulage" de papier d'alu je pense qu'il s'agit plus d'oxydation accélérée, la couche d'oxyde de chaque coté pouvant atteindre l'épaisseur totale du papier, j'ai déja observé le phénomène mais toujours avec du papier très fin et jamais les gouttes d'alu liquide qui devraient apparaitre si c'était de la fusion.

Du coup j'ai fait un tour par Wikipedia qui donne 20 µm d'épaisseur pour les feuille d'alu et l'épaisseur de l'oxyde se formant naturellement de quelques µm. On voit bien qu'il ne fait pas grand chose pour qu'il ne reste que de l'oxyde...

Enfin bon tout ça pour dire que je trouvais juste le risque de fusion des ailettes un peu exagéré. Le perpective du nettoyage me suffit largement pour ne jamais tenter de le mettre sur un feu.

Très bonne revue en tout cas, je me laisserais bien tenter par l'engin, ça à quand même l'air bien plus versatile qu'un Jetboil.

26 novembre 2010 à 17:34:34
Réponse #6

Kilbith


Enfin bon tout ça pour dire que je trouvais juste le risque de fusion des ailettes un peu exagéré.
Je dois dire que n'ayant pas expérimenté sur un feu et par bon vent... c'était plus une "expression" qu'une affirmation.  ;D

Citer
Le perpective du nettoyage me suffit largement pour ne jamais tenter de le mettre sur un feu.
Là, c'est indiscutable.  :closedeyes:

Citer
Très bonne revue en tout cas, je me laisserais bien tenter par l'engin, ça à quand même l'air bien plus versatile qu'un Jetboil.
C'est clairement plus polyvalent puisque la contenance est supérieure et on peut vraiment "cuisiner" dans cette gamelle. En plus la gamelle du Primus Eta Packlite est "téflonnée" donc plus facile d'entretien. Le Jetboil, c'est quasi exclusivement un (bon) "réchauffeur d'eau", rapide à mettre en œuvre mais relativement instable du fait de sa forme colonne .

Le gros avantage du Primus Eta Packlite sur le Jetboil c'est lors de l'utilisation par grand froid. La gamelle devrait permettre de faire fondre une bonne quantité de neige tout en économisant du carburant. Le système est très stable donc on peut "touiller". La cartouche peut être placée au chaud et on peut aussi l'utiliser en phase liquide pour consommer le butane sous son point d'ébullition.

Plus de nouvelles à la fin de l'hiver.... ;)

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

16 décembre 2010 à 18:47:45
Réponse #7

Kilbith


Bonsoir,  :)

Comme l'hiver est là et peut être la neige, il est temps de reparler ici des méfaits du monoxyde de carbone. En effet, il est très "tentant" de passer de longues heures à faire fondre la neige dans la tente, ou même dans son abside. C'est dangereux, car du monoxyde de carbone qui est un poison inodore peut s'accumuler rapidement et vous causer de graves dégats physique ou même vous tuer.

Des informations précises sur ce sujet ici : http://www.davidmanise.com/survie/COcampeurs.pdf

Idéalement, on ne devrait donc utiliser un réchaud qu'à l'extérieur (d'ailleurs c'est écrit dessus) ou, à la limite, dans un endroit très bien ventilé. Ceci dit, les réchauds ne sont pas tous équivalents.

Dans une série de remarquables articles publiés sur le site de "BackPackingLight", Roger Caffin a très sérieusement testés différents modèles de réchauds à gaz. Certains modèles sont effectivement très dangereux car ils dégagent énormément de monoxyde de carbone.

Site de la remarquable revue en ligne BackPackingLight, l'accès d'une aprtie des articles est payant : http://www.backpackinglight.com/cgi-bin/backpackinglight/index.html


Lors du test du Primus EtaPackLite, les mesures ont montré que ce réchaud dégageait, dans les conditions exactes de l'expérience, relativement peu de monoxyde de carbone. Il est donc moins dangereux que la grande majorité des réchauds à gaz. Ce qui le rend particulièrement adapté pour une utilisation hivernale, pas à l'intérieur d'une tente bien sûr!

Kilbith

En pièce jointe, vous trouverez le relevé des mesures effectuées par Roger Caffin pour le compte du site BackPackingLight. S'agissant d'un "court extrait" de l'article et la source étant citée ci-dessus, il est possible d'en faire état ici me semble-t-il. Pour rappel, le seuil de danger est d'environ 25 PPM pour une exposition prolongée de 8 heures.
« Modifié: 16 décembre 2010 à 19:01:13 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 décembre 2010 à 18:56:26
Réponse #8

Kilbith


Bonsoir,

Comme je viens de passer quelques jours solitaire en autonomie dans le Vercors (J'ai passé deux nuits sous tente et une nuit en refuge), j'ai eu l'occasion de tester le réchaud Primus EtaPackLite pour faire fondre la neige (désolé pas de photos car j'étais en solo et les conditions n'étaient pas "faciles").

Le réchaud c'est montré performant dans ces conditions et ses qualités "d'économie de carburant" sont appréciables. Pour trois jours j'ai utilisé approximativement 80g de gaz par jour pour faire fondre de la neige et bouillir environ 3,5l d'eau par jour (trois gamelles). Ce sont des estimations, je n'ai pas réalisé de mesures précises et j'ai parfois préparé mes repas en refuge (donc facteur vent moindre, même si le réchaud se comporte bien au vent). A la différence d'une petite cartouche (voir photo ci-dessus sur le Kungsleden), une cartouche de gaz "moyenne" (230gr) est difficilement maintenue sur le couvercle du réchaud durant le chauffage (dans le but de la maintenir à bonne température afin d'utiliser le butane par temps froid), il faut la maintenir avec la main.

Sur le plan pratique, les ailettes de l'échangeur, si elles sont un avantage pour la consommation, présentent des inconvénients. D'une part, comme je l'avais noté précédemment on ne peut pas poser directement le pot sur un poêle et il n'est pas non plus possible (sauf en urgence) de s'en servir sur le feu (à cause de l'encrassement). D'autre part, quand on prélève de la neige directement avec le pot, il faut faire attention à ne pas en mettre dans les ailettes. Enfin, dès que le feu est coupé, il faut transférer l'eau rapidement car les ailettes de l'échangeur augmentent considérablement les échanges thermiques et le refroidissement est très rapide (pour cette raison les gamelles des Jetboil sont isolées avec du néoprène).
 

Conclusion :
Ce réchaud est intéressant pour une utilisation camping léger hivernal : relativement compact, dégageant peu de monoxyde de carbone, utilisable en mode "gaz liquide" par température négative et très économe en carburant. En revanche, il est moins adapté à une utilisation "vie sauvage" du fait de sa grande spécialisation.

 :)

(A suivre... ;) )
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

18 mars 2014 à 09:22:18
Réponse #9

Kilbith


Bonjour,

J'avais dis dans le message précédent : "A suivre". Fallait attendre quatre ans  ;#

Voici donc la suite. Depuis la dernière revue, j'ai un peu modifié le système.

- J'ai viré la coupe en plastique à l'intérieur que j'ai remplacé dans son rôle de protection par une lingette microfibre. Elle permet en plus de laver le truc et accessoirement c'est ma serviette de secours en randonnée.

- J'ai remplacé le parevent métallique par un modèle fabriqué dans une feuille de titane. C'est un peu plus léger mais surtout beaucoup moins encombrant, je peux ranger le parevent à l'intérieur de la gamelle. Un peu moins fonctionnel dans le sens où c'est plus dur à mettre en place, mais pas non plus compliqué et c'est compensé par la facilité de rangement. L'ensemble peut être mis en oeuvre avec des gants et même avec des moufles.

- J'ai gardé la coupe en plastique inférieure qui permet par exemple de protéger les ailettes lors du transport et d'isoler la cartouche en mode inversé.

J'utilise exclusivement ce modèle lors de randonnée nécessitant de faire fondre la neige pour obtenir de l'eau et ce durant plusieurs jours. sinon c'est trop lourd. J'ai donc complété le réchaud par une petite planchette de bois qui lui sert de base pour l'isoler de la neige et éviter qu'il ne s'enfonce.

J'ai utilisé ce réchaud jusqu'à des températures de -17°C en mode inversé lors de randonnée. Par ailleurs il a passé plusieurs mois dans mon congélateur avec une cartouche de gaz et a démarré sans problème.
En utilisant des cartouches "moyennes" 230g de gaz c'est assez facile de les tenir au chaud contre soi ou dans un sac de couchage (pour moi entre le sac en duvet et le sursac synthétique).
On démarre à ces températures en mode "normal" (aucun problème avec le propane qui représente entre 20 et 30% des cartouches 4 saisons jusqu'à -20°C) et dès que le réchaud est assez chaud on baisse le débit de gaz et on retourne la cartouche pour passer en phase liquide. C'est facile, le tuyau pivote donc la gamelle ne se renverse pas.

Constat à l'utilisation :

- J'ai constaté récemment un petit "gendarme" sur le revêtement en fil métallique du tuyau. Rien de grave, j'ai limé avec une lime à ongle ce qui dépassait. Problème résolu. Bizarre tout de même : je suis soigneux avec mon matériel et je ne sais pas comment c'est arrivé.

- Lors d'une récente virée boréale, j'ai constaté que le réchaud refusait de de fonctionner le premier soir.
J'ai d'abord pensé à une cartouche défectueuse (ça m'est arrivé par le passé). Mais j'en avais acheté trois dans deux magasins différents pour pallier à ce problème. Les trois ne fonctionnaient pas. De plus quand je dévissais le tuyau sur la cartouche, du gaz liquide se rependait sur mon gant (et s’évaporait au contact de ma peau, comme l'essence).  Le gaz sortait bien mais n'arrivait pas à créer une flamme (en secouant juste une petite flamme).
Après avoir étudié différente hypothèses, il est apparu que le gicleur (32) était bouché. C'est la première fois que ça m'arrive sur un réchaud à gaz (courant sur les modèles essences).
Je pense que c'est du à l'utilisation fréquente en mode "gaz liquide" qui doit favorisé l'encrassement de la buse. En phase vapeur les dépôts éventuels sont expulsés au fur et à mesure par la pression des gaz.

On peut facilement démonter l'ensemble du réchaud à la main (s'entrainer avant!). En revanche, si le gicleur est accessible, il faut une clef de 8 pour le démonter. Et là : je n'en avais pas (oubli).
 
Après avoir essayé de secouer, chauffer, tremper dans l'eau, alcool gélifié...J'ai réussi à déboucher le gicleur à l'aide d'une micro lancette de diabétique que j'emporte pour crever proprement les ampoules. J'ai peut être d'ailleurs légèrement agrandi le diamètre du gicleur.

Ce n'est pas trop grave pour une utilisation en mode "inversé" mais le gicleur est peut être moins optimisé (plus gourant mais plus puissant) en mode gaz. il faut penser à légèrement réduire le débit au besoin.

Conclusion :
Pour une utilisation individuelle en petite tente par temps froid les réchauds à gaz inversé fonctionnent convenablement jusqu'à -18°C. Mais il faut alors les considérer comme des réchauds essence et prévoir le kit réparation.
Ce réchaud à l'énorme avantage d'être démontable et on peut facilement accéder au gicleur, c'est rarement le cas avec les réchauds à gaz. Il suffit d'une clef de huit.

NB : sur la photo, prise dans une cabane de secours, on voit une illustration en mode "inversé" et le réflecteur titane. A noter le bol en plastique de chez Carouf qui n'est pas cher et à l'énorme avantage de s'adapter parfaitement à une cartouche moyenne qui tient dedans : gain de place, nourriture maintenue au chaud plus longtemps, facilité de nettoyage...(j'ai cherché longtemps).
« Modifié: 18 mars 2014 à 16:00:51 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

 


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